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Le 26 Janvier 2016
Cheval de feu chez les chinois
Je suis né un mardi à vingt heures quarante-cinq, le neuf septembre mille neuf cent soixante-six. La plus extra lucide des voyantes expliquera que mon signe astrologique est la vierge et que je suis ascendant taureau, de toutes ces bêtises, je n'ai rien retenu mais avec une simple place dans les étoiles, il m'arrive, quand même, de consulter l'horoscope, juste pour me dire, que je vais faire le contraire de ce qui est relaté dans ces lignes. Les Chinois, eux, ne sont pas plus subtils concernant les signes astrologiques et l'année soixante-six correspond à celle du cheval et comme ce n'était pas suffisant, ils ont décrétés qu'en particulier ce devait être l'année du cheval de feu. Pour la petite histoire, c'est de mauvaise augure l'année soixante-six du cheval de feu en Chine et, toujours selon l’histoire, les femmes qui devaient accouché durant cette année se pressaient chez les médecins pour pouvoir avorter et échapper au démon animal à qui elles allaient donner vie et les médecins s’empressaient de les faire avorter. On peut penser que c’était une volonté du gouvernement chinois de propager des rumeurs et ainsi de limiter les naissances, à cette époque bien avant la politique de l’enfant unique.
i + i
Avec le nom que je porte, je ne peux être que d’origine Corse ou Italienne, c’est le deuxième choix qu’il faut retenir car mon grand-père était un exilé politique. Il est arrivé en France entre les deux guerres. Il est mort en 1953, d’une urémie, pour être précis c’est un empoissonnement du sang. Il a été mal soigné par le médecin de famille. Mon père n’avait que 20 ans. Ma mère est née d’un père breton et d’une mère Normande rien de telle pour faire un bon ménage.
La griffe
Je garde le stigmate très prononcé d'un renfoncement sur mon front, une radiologie de mon crâne faite en 2013 doit pouvoir le confirmer. On distingue très nettement la marque de trois ongles qui vont du haut du front jusqu’aux sourcils. Arrêtons-nous un instant sur l’anatomie du crâne qui contient le cerveau. Sur le haut du front se trouve la zone du cerveau, dites de la mémoire de travail. C’est-à-dire la mémoire qui vous permet de garder une mémoire ce que vous apprennez à l’instant. Sur un cerveau sain, vous lisez un texte, vous le mémorisez, votre mémoire fonctionne bien. Sur un cerveau sur cette zone, la partie cognitive est atrophiée. L’aptitude à comprendre sur le champ est altérée. Ça se traduit par une difficulté à se concentrer et à manipuler ce qui est abstrait comme le langage informel par exemple. L’intelligence, ni la mémoire sur le long terme ne sont atteintes, ça engendre des personnages un peu lunaire, un peu solitaire aussi car les modes de communications et la capacité à l’empathie reste un problème majeur. Ma mère m’a affirmé que c’était à la maternelle qu’une petite fille me griffa et ce fut être extrêmement violent. Cependant, c'est sa version. Toutefois, le stigmate (la marque sur le front n'est pas responsable des problèmes cognitifs (apprendre et comprendre) dont je souffre Il s'agit plutôt d'une trépanation chimique; qui abîme le cerveau avec l'absortion d'une produit chimique pendant la croissance de l'enfant. Les stigmates à caractère religieux n'ont rien à voir avec ce sujet, cette parenthèse. C'est probablement à ça auquel j'ai été confronté et pas le seul sur la liste des ciblés...
Ma vie aurait été bien différente si cet épisode avait pu été évité. J’aurais sans doute échappé à la dyslexie, et fait de bonne et longues études et bien d'autres choses encore...
Je ne suis pas un numéro
Le déterminisme m'a donné la chance d'être né tout près de Paris à Levallois-Perret, je me rendrais compte plus tard que c'était un luxe et plus luxueux encore, mes premières années sur cette terre, furent vécues à Versailles à trois cent mètres des grilles du château du même nom. L'appartement daté fin dix-huitième était spacieux avec un long couloir qui menait sur deux chambres, la mienne et quelques mètres plus loin, à son extrémité, celle de mon frère. Je suis le dernier d’une famille de trois enfants, mon frère et ma sœur sont mes aînées de sept et six ans. Ils ont l’un et l’autre eut des scolarités tout ce qu’il y a de plus normale et ont effectués des études secondaires, l’un à Science po paris et l’autre en histoire de l’art à la Sorbonne. Se souvenir de l’école maternelle est difficile, pourtant je me rappelle de la petite rue du peintre Lebrun où se trouvait le bâtiment qui accueille, toujours actuellement les plus jeunes enfants.
Un loisir merveilleux
L'école Marcel Laffitan sur le boulevard de la reine a été mon second contact avec l'éducation nationale et ce fut un échec. A ma première rentrée des classes, ce fut déchirant et la séparation avec la sphère familiale très mal vécu. Malgré tout, je devais passer l'année plutôt tranquillement bien que je m'y ennuyais sérieusement, l'instituteur était plutôt gentil, je n'ai pas eu à m'en plaindre. La seconde année dans l'école fut capitale, marqué par un incident que je ne suis pas prêt d'oublier et qui marqua un tournant décisif dans ma jeune scolarité. Alors que l'institutrice me fit intervenir au tableau pour me poser des questions sur une leçon de français dont je ne connaissais pas les réponses, cette femme eut l'idée déplorable de me donner des coups sur la cuisse avec une longue baguette en espérant me faire retrouver la mémoire sur le singulier et la conjugaison. Elle devait avoir prévue son coup car ce supplice qui dura longtemps ne fut abrégé qu'à la sonnerie de onze heures trente qui indiquait le départ pour aller déjeuner. La journée passa, mais ce n'est qu'une fois à la maison alors que je me déshabillais pour mettre mon pyjama, que ma mère remarqua les hématomes bleus, verts qui avaient tendance à tourner marrons présent sur le haut de ma jambe. Je n'avais fait part à personne de ce qui s'était passé le matin, même. Le lendemain, c'est ma mère qui s’est déplacé pour vociférer devant la jeune femme outrageusement brutale, à partir de là, l’institutrice revêche me laissa tranquille en m'excluant du rythme de la classe, sans plus me faire intervenir. De cette situation grotesque, certains jours, je manquais l'école avec l'approbation de ma mère et nous partions tous les deux à la campagne ou nous restions seuls dans l'appartement. Mais je restais dans ma chambre alors que s’étant réveillée très tôt le matin, elle récupérait son sommeil après le déjeuner. L’isolement, pendant ces périodes était fort, pourtant je ne manifestais pas ma rancœur à son égard et à cet âge, la conscience est relative. A mon retour à l’école le lendemain, je pouvais percevoir l’animosité des autres enfants qui semblaient me reprocher de ne pas être venu la veille, comme si j’en avais profité pour pratiquer un loisir merveilleux, alors qu’ils étaient astreints, eux, à travailler. Evidemment, je prenais du retard par rapport au niveau de la classe et la plupart du temps, j’étais seul dans la cour de récréation. Dans ma chambre avec mes jouets d’enfants, je passais la journée à construire et détruire des villes en briques Légo ou établir des batailles avec des petits soldats Airfix à l'échelle de un soixante douzième. Là, c’est le début du rebelle. Des modèles réduits de tank et de véhicule de toutes sortes donnaient un réalisme saisissant à ces combats. Pour la génération de nos parents, la seconde guerre mondiale était encore présente dans les mémoires pour leur rappeler une autre guerre à l'époque d'actualité celle dite "froide". Les parents m'avaient offert un petit poste de radio alors que la modulation de fréquence n'existait pas encore. Les stations audibles étaient Europe 1 et RTL et j'avais pour habitude d'écouter ce petit crachin propre au son caractéristique des transistors de cette époque et il m'accompagnait dans mes jeux une bonne partie du temps. Dans ce monde de l’information entrecoupé de musique et de discussion; dans l’univers fantastique et poétique de la radio. Je découvrais que j’étais mortelle et qu’un monde vibrait à l’extérieur de ces murs. Mes jeux était illustrées par des histoires fantastiques car j’avais à ma disposition un mange disque. De la taille d’une petite mallette cet appareil permettait d’écouter des disques vinyles 45 tours. Les livres disques étaient illustrés avec un texte additionnel et la plupart venaient de la marque Phllips.
Le couloir de la mort
Cette période fut fantastique et ce couloir de dix mètres de long au fin fond de l’appartement a été un terrain de jeu épatant. Une moquette rouge, un papier peint avec des illustrations d'un temps passé, c'est dans ce lieu que devait se jouer les moments parmi les plus exaltants de ma vie. J'exagère ? Evidemment.
L’école, une dyslexie décelée à sept ans
On avait décelé chez moi une dyslexie. Il m’est aujourd’hui évident que cette dyslexie avait été provoquée par le renfoncement sur le front. Les symptômes de la dyslexie sont en tout point similaires à celle des problèmes de mémoire de travail décris plus haut. Le retard scolaire s’accumulant, j’ai eu plusieurs entretiens avec une psychothérapeute de l’école. Plusieurs fois dans l’année, je devais me retrouver dans son bureau et la plupart du temps, elle me prêtait des livres de la bibliothèque rose ou verte. Dans ma solitude, je lisais, ainsi j’ai quasiment tout lu de la bibliothèque rose et verte. Que cela soit Eni Blyton ou Paul-Jacques Bonzon voir Jules Vernes, je dévorais bien que peu rapide ces livres qui me hantait à l’époque.
Maître de conférence
Pas si mauvais dans les exposés et les récitations, bien que j’étais un piètre élève, il arrivait que l’on me donne des directives pour présenter un exposé. Des recherches iconographiques s’imposaient et j’aimais cet exercice ou il fallait également préparer un texte et trouver l’argumentaire pour soutenir son travail. Je ne me rappel pas avoir eu de bonnes notes. Un autre de mes fer de lance devait être la récitation, je mettais du cœur à réciter comme un acteur sur les planches « mignonne allons voir si la rose » ou « le corbeau et le renard » et je provoquais la stupéfaction chez mes petits camarades plus habitués au chant morne et monotone de la litanie dont il venait de se débarrasser une fois qu’ils avaient ânonnés aux créneaux.
Les très jeunes capitaines
J'avais des amis, notamment Pierre H. dont les parents étaient décorateur et restaurateur d'antiquité, ils habitaient un hôtel particulier du dix-septième siècle, une maison immense qui logeait trois générations et servait aussi de magasin et d'atelier pour tous les objets dont la rénovation s'imposait. Les jeux que nous partagions les mercredis après-midi dans cette grande bâtisse avaient tous un point commun : la guerre. Nous n'étions pas plus belliqueux que les autres enfants de notre âge, mais elle était omniprésente et l'art de faire et de refaire des batailles ou de jouer au commando résonnait comme autant d'acte de bravoure pour les soldats immortels que nous étions. Nous avons joué à savoir mourir dans des circonstances où le plus malin et le plus habile devait être le dernier face à l'issue inexorable et fatale de la vie.
La masure
En 1972, mes parents ont fait l'acquisition d'une masure avec un terrain de 2000 mètres carré. Cette longère dans un petit village d'Eure et Loir, nommé Germainville, était situé à 75 kilomètres de Paris entre Houdan et Dreux près de la nationale 12. Pour payer les premiers travaux, ma mère dû à nouveau travailler et c'est à Parly 2 qu'elle retrouva une activité, comme vendeuse puis responsable de magasin de prêt-à-porter. Mon père lui, travaillait à Paris près de l'opéra Garnier et était ingénieur commerciale dans une société de vente d'acier inoxydable. Tous les jours pendant de longues années, dix-sept ans pour être précis, il avait pris le train de Versailles à Paris.
Shut your fuck up
Pour les grandes vacances d’été nous partions à Saint-Tropez en vacances. Une année, c’est dans une luxueuse villa que nous partîmes dans le parc de la Moutes. Toutes ces maisons étaient habitées par des gens avec des moyens. Pas très vieux, alors que je jouais dans la piscine du club privé du parc, la solitude se rappela à moi et j’eus l’idée, au combien naturelle, de trouver, que de jouer avec mes voisines de draps de bain et de mon âge, était une idée qui en valait une autre. L’une des deux pestes, non contente de voir arriver dans leurs jeux, un être du sexe opposé, disposé à partager ce que nous avions peut être en commun, me traita « d’enculé ». Elle devait parler à quelqu’un d’autre car je ne savais pas ce que cela voulait dire, c’était la première fois que j’entendais ce mot et elle me rejeta violement. Comme quoi l’argent ne fait pas tout car la grossièreté n’est pas toujours réservé aux pauvres non content du sort qui leur est parfois réservé. Sur ce, ma sœur qui de loin avait observé la scène et comprenant mon ignorance, m’appela pour me faire penser à autre chose.
Détection d’un fumiste
De Versailles nous devions nous installer en 1976 à Paris. Porte de Champerret. Lors d’une confrontation entre moi et l’ensemble des élèves de la classe, l’institutrice, une femme fine et intelligente, me dit devant tout le monde : « Christophe vous êtes un fumiste, vous savez ce que veut dire le mot fumiste, n’est-ce pas ? » Et je répondais d’un air entendu que oui, je connaissais cette signification. Elle me demanda également que voulait dire le mot fumiste et j’étais dans l’incapacité de répondre. Ce fut une bonne leçon et peut être que bien des années après cette parenthèse, j’ai essayé avec tous mes moyens de lui prouver qu’elle avait tort et ce fut peut-être pour cela que parfois dans ma vie, j’ai essayé de donner le meilleur de moi-même et tout donner se révéla comme un exutoire sain et gratifiant bien que souvent je n’atteignais pas tous mes objectifs. A cet instant, je devais être persuadé qu’il fallait ici se donner les moyens de ses ambitions et que la fatalité ne pouvait avoir de prise sur l’individu hormis et c’est peut être son seul obstacle, qu’il faut absolument vaincre, la nature. Cette institutrice était sévère mais juste, si l’on avait fait une bêtise ou une autre pendant qu’elle faisait son travail, on pouvait avoir des problèmes avec Joséphine. C’était le nom qu’elle avait donné à une règle en acajou et elle en usait si nous n’étions pas conformes à la bienséance qui s’imposait dans ces lieux. Un jour, j’ai eu l’occasion de goûter sur mes fesses à ce châtiment corporel. J’eus droit à dix coups de règles et c’est ici que c’est drôle, si l’on peut dire, car stoïque malgré les coups portés par sa leste main, je ne manifestais aucun mot, aucune douleur apparente. On pourrait vite supposer avec une psychologie à deux centimes que j’aimais cet état de fait néanmoins inconfortable. C’est plus compliqué, et sans me donner une explication qui m’arrangerai aujourd’hui, ce n’est pas que j’aimais ça, mais la perspective de montrer à toute la classe qu’une femme, toute autorité qu’elle puisse demeurer, ne suffisait pas à me faire mal avec dix coup de règles sur les fesses. Ce n’était pas vers du masochisme qu’il fallait se pencher comme explication psychiatrique. Il faut plus chercher vers la volonté de l’orgueil masculin d’un petit homme de ne pas vouloir montrer devant mes petits camarades une douleur provoquée par une femme. Ce n’est pas qu’elle était méchante madame Mussard mais devant une classe de garçon de primaire elle devait asseoir son autorité, j’admettais donc cette punition normalement, ayant inconsciemment compris qu’elle devait se faire respecter mais ma bravoure devait masquer mon embarras absolument sinon je passais pour un douillet et ça pour moi c’était pire que tout. Donc je serrais les dents. Vers le septième coup voyant que je restais de marbre, elle redoubla de force, j’exprimais quand même une sorte de grognement quasiment imperceptible au dixième et dernier coup. Il était temps. Quand je repense à cet incident je ne peux m’empêcher d’y associer un fait similaire un peu plus tard dans l’année mais qui s’appliquait sur un autre jeune garçon, Jérôme. Il subissait le même rituel et lui il était tout mon contraire car bon élève, il lui arrivait cependant d’enfreindre la loi établit dans la classe et porter sur lui la foudre de notre maîtresse. Il était d’autant plus mon contraire qu’il démontrait un manque de retenue sous les coups de Joséphine car il gigotait dans tous les sens et ses petits cris plaintifs était associés à la scène. Ce n’est pas que je portais un regard sadique à la vision de ce spectacle, mais plutôt amusé de le voir outrageusement remuant pour ses fesses de premier de la classe. Avait-il peur que maman ne l’aime plus ? J’écoutais toujours beaucoup la radio et c’était Europe 1 qui devait me faire part de ses secrets, la musique commençait à devenir omniprésente, l’un de mes camarades de jeu, était le fils de la gardienne mais le terme à l’époque usité était concierge. J’avais onze ans et nous étions plusieurs à jouer dans les escaliers et dans la rue. Il m’arrivait de dîner dans la loge avec ses parents et son frère. Son père auvergnat travaillait à l’usine Citroën de Clichy sur Seine, il faisait les trois huit c’est-à-dire que parfois, il ne rentrait que vers quatre heures la nuit à vélo, et parfois, il partait pour travailler pour six heures du matin.
Le chahuteur
A l’âge de douze, treize ans, l’émancipation étant, et quasiment dans les derniers de la classe, soulignant un caractère épris de liberté et sensible aux chants des sirènes qui se promenaient dans la cour de récréation mixte du collège. Je fus piqué par une mouche qui devait me rendre imperméable à toute autorité selon les matières étudiées. C’est alors que j’entamais une carrière de chahuteur qui loin de faire l’unanimité auprès des élèves de la classe qui eux se passionnait pour l’anatomie et les organes de la souris ou du calamar, me permettait de rire de moi-même et de ma disposition à provoquer une réaction furieuse du professeur de science naturelle. La joie fut de courte durée car lors du conseil de classe je devais redoubler une nouvelle fois. Un jour, j’eus entre les mains un exemplaire de Best un magazine sur le rock et la pop et ce fut à cet instant que ma vie devait prendre une tournure radicalement différente. Je prenais pied dans le monde de l’adolescence où la musique était constamment présente dans la vie quotidienne. Mon frère et ma sœur écoutaient entres autres les Doors ou David Bowie et bien d’autres choses dans les années soixante-dix, nous avions cela en commun, nous partagions cela et ça nous rassemblait. Mais très vite, je m’éloignais de leur choix pour me consacrer à la coqueluche du moment en soixante-dix-neuf : le ska. A travers des groupes comme The Specials, The Beat ou Madness, je vivais à fond mon époque comme des milliers, voire des millions d’adolescents dans le monde. Très vite et pendant un laps de temps très court, ce courant fut très populaire. En 1982, je partis trois semaines dans une famille habitant à 45 kilomètres au Nord de Londres. J’avais économisé de l’argent et j’en ai profité pour m’acheter les vêtements du parfait Rude Boy c’est-à-dire une paire de Doc Martens bordeaux douze trous et trois polos Fred Perry plus un Harrington bleu marine. Ca y était, le personnage des chansons et des images qui m’avait accompagné pendant toutes ces années, était réel. Je devais rejoindre Jacques un ami le temps d’une après-midi à Londres, j’avais mon armure, j’étais en terre conquise moi le parisien le plus Londonien de la planète.
Le système méritocratique n’est pas pour lui
Je n’étais passionné par rien de ce qui sortait de la bouche du professeur, en dehors de l’histoire, de la géographie et aussi un peu du français. Bien que j’essayais, lors de mes rédactions d’avoir le mot juste et l’idée bonne, ce qui reviens à dire qu’après de nombreuses ratures, je donnais à la fin de l’heure un pitoyable texte qui n’excédait pas une demi page au maximum. Ejecté du collège en fin de cinquième, j’avais le choix soit d’entreprendre un CAP de menuisier ou dans le domaine de la coiffure, les seules voies qui ne porteraient pas atteinte à la sérénité et le sérieux des cours. Ainsi, je fini par intégrer l’école privée. Moins perturbateur, je n’en étais pas plus motivé et le retard trop important m’excluait du cours et en troisième, je quittai l’école ou plus exactement c’est l’école qui s’éloignait de moi. J’avais l’âge légal : seize ans. Aucune notion de mes faiblesses et toutefois avec la certitude et la ferme intention que la vie s’offrait à moi, elle était lointaine, majestueuse et certainement pleine de plaisir que je supposais encore plus que je ne l’imaginais.
Venice's style
La porte de Champerret n’est ni Nothing Hill et la rue Jean Moréas où j’habitais n’est pas Carnaby Street et considérant que le cœur de Paris rassemblait des gens bien éloignés de moi, c’est ainsi que je limitais mes sorties à un cercle plus limité de connaissance qui pour beaucoup fréquentait le même collège et plus orienté vers les états unis. Vint alors à moi une période qui n’était pas la pire. Subjugué par les images d’Epinal des magazines américains de la côte ouest, je fus fasciné par le style et le mode de vie des jeunes champions de BMX et de skateboard de la Californie, j’y plongeais de tout mon corps, esprit, panoplie et matériel.
Ysabel la catholique
Je me rapprochais d’Ysabel dont j’étais sous le charme et nous sommes partis dans l’arrière-pays basque avec Antoine, Brigitte, l’une de ses amies de collège et encadré par Geneviève la mère d’Ysabel et d’Antoine. Comme des mobylettes étaient à notre disposition, nous étions très mobiles et nous avons sillonnés toutes les petites routes de la campagne de l’est de la région de Biarritz. La famille d’Ysabel était originaire de cette région et nous sommes partis à la découverte d’une maison abandonnée qui avait appartenu à l’un de ses grands-parents. La demeure gigantesque recouverte d’une flore envahissante et sauvage était somptueuse. Par une fenêtre nous avons réussis à pénétrer les lieux, les pièces étaient spacieuses et surtout ce qui retins mon attention, c’est une bibliothèque majestueuse qui contenait des ouvrages datant du dix-neuvième et du vingtième siècle. Il faut ajouter également que l’humidité régnait en maître dans tout l’édifice. Pensant bien faire, en « sauvant » quelques livres de la moisissure, nous en avons sélectionné une dizaine puis rapporté au regard d’Ysabel qui en s’apercevant de cet odieux larcin, nous ordonna à moi et Antoine de remettre là où nous avions découvert ces joyaux de la littérature. J’ai toujours ressenti un sentiment de culpabilité sur cette histoire car j’avais entrainé Antoine sur le chemin du vol, pour autant, c’était un bien indirect puisque qu’Antoine en était un peu le légataire et je n’avais pas eu de mal à le persuader de trouver une substantielle rémunération si nous ramenions ce butin à Paris. Quoiqu’il en soit, nous avons remis à sa place le 'trésor', conscient et un peu honteux tout de même, que cette capture, si l’on peut en parler comme ça, avait été une très mauvaise idée venant de ma part.
Les petits boulots
Le bmx, sport intense que je pratiquais avec acharnement devait bientôt avec des heures d’entraînements portés à conséquence, je fus sponsorisé et intégré dans une équipe, les Spins Rats. En parallèle je travaillais où je le pouvais, un peu au sein du ministère de la culture, un peu au sein au centre d’apprentissage des personnels communaux, comme magasiner ou bien coursier. Je vivais chez mes parents avec une certaine autonomie puisque j’habitais dans une chambre de bonne du septième étage de l’immeuble et en plus de la liberté de circuler j’avais aussi des moyens car je travaillais.
Le service militaire
J’ai dix-huit ans, je viens de me faire réformer du service militaire psychiatrie quatre, en réalité, je ne suis pas fou du tout, à l’origine je suis parti en ayant une formule de service militaire définie par l’armée. D’une durée de seize mois au lieu de douze, ce à quoi, j’ai le double de paye et la possibilité selon ce qui était écris sur le prospectus de choisir mon affectation et c’est ça précisément ce qui me motive à faire quatre mois de plus - Effectuer mon service militaire à Paris - Je fais mes classes en février 85 à Luxeuil le Bains dans l’armée de l’air et cela se déroule bien, c’est nouveau et exotique pour moi, je m’intègre pas trop mal, j’arrive à y trouver ma place. Les classes terminés, je passe devant le conseil d’affectation et passer son service militaire à Paris m’est refusé, bien qu’étant volontaire longue durée, j’ai le choix entre rester à Luxeuil ou Contrexéville. La base aérienne de Luxeuil est un site sensible car on ne plaisante pas avec les avions, dépité par les deux perspectives, par élimination, je choisis la petite ville des Vosges. C’est loin de Paris et pendant quatre semaines, je garde des radars et des antennes en me posant la question pourquoi rester là-dedans encore quatorze mois. Dans le contingent, il y a quelques têtes brulés, des petits délinquants, des insoumis, qui, les uns après les autres s’insurge et finissent invariablement à l’hôpital psychiatrique de Metz puis réformé P4, ils reviennent chercher leurs affaires à la base. J’en profite pour leur demander le cheminement de leur parcours, je veux connaitre la procédure. L’idée de se faire réformer prend forme, je reviens en permission chez mes parents, je suis peu décidé à retourner à la base 109, mes parents s’inquiètent et me résonne, néanmoins, je vais repartir, là-bas quand même. Les jours s’écoulent et au mois de mars, le temps est plus clément, je finis par m’y plaire et je ne donne plus de nouvelles à mes parents. Un matin, je suis convoqué par un major, chose extraordinaire alors que l’on est noyé dans la masse, comme tout bon soldat de seconde classe. Je sens tout de suite que c’est l’occasion ou jamais. je rentre dans son bureau en me disant, c’est peut être ma chance, sur ma petite chaise, je tortille ma petite casquette entre mes doigts, mon regard est fuyant et mes réponses confuses soulignent une extrême timidité et un manque de confiance en soi que je feins. Je comprends que ma mère à appeler la base, catastrophé de ne pas avoir de mes nouvelles, c’est la raison pour laquelle, je suis questionné. Plus tard, nous faisons dans un petit peloton des exercices de marche au pas, avec les traditionnels : peloton halte, demi-tour à droite, droite et je tourne à gauche. Un officier vient vers moi, je dois aller au poste infirmier voir le médecin. En réitérant ma petite scène avec la casquette comme ustensile, je recommence ma cuisine psychologique, l’après-midi, je pars pour Metz, résultat, début de mission réussie. Là, c’est plus difficile, je dois investir un personnage à chaque instant. Les petits dealers que j’ai rencontrés à Contrexeville et qui était du même contingent sont là pour quinze jours, le temps de leur poser quelques questions, de les reformer et de régler des formalités. J’apprends que pour la réforme fonctionne, il est nécessaire d’expliquer aux médecins que tu prends de la drogue, auparavant, pendant l’adolescence, j’avais déjà fumé des pétards mais sans résultat satisfaisant, j’avais vite laissé tomber. Je ne connais rien au monde de la drogue, ce n’est pas mon univers. Je me renseigne sur le cours de la cocaïne et sur les quantités, je suis novice mais besogneux et les heureux protagonistes fiers de pouvoir partager leurs spécialités professionnelles ne tarissent pas de détails. Je vais passer devant cinq médecins qui pour la plupart sont des appelés c’est-à-dire des étudiants qui venaient de terminer leur cycle d’étude, ils me questionnent et vient le fameux moment sur la drogue, j’ai une note de dix sur dix, j’ai mon examen, je suis réformé p4.
Un jeune "toxico" nouveau
Peu de temps après, j’entamerai une carrière de toxicomane bien concrète au son des musiques de l’époque et avalisé par le ministère de l’intérieur dont l’un des employés était à ses heures fournisseur de cette patte huileuse que l’on appelle haschisch. Sur les recommandations de mon frère, j’étais peu porté par la drogue en poudre qui selon lui était de la merde et bien que l’ayant essayé, je devais également être convaincu par cette affirmation. Heureusement pour moi, je n'ai pas eu l'occasion de pratiquer ces drogues dites durs à l'époque. Celles avec lesquelles, vous risquez d'y laisser votre vie. La poudre blanche ou celle marron comme l'héroine. Celles qui s'injectent en intravéneuse, celles qui vous envoient jusqu'au septième ciel pour un parcours sans chemin de retour. Ces drogues qui sont vendus par un salaud de circonstance pour pas trop chère. Ces drogues qui, seront responsable de votre prochaine crise cardiaque fatale. La dope, la coke, l'héro, l'exta, toutes ces petites saloperies dont même la première des prises peuvent vous conduire à six pieds sous terre, très vite. Ooooh mais que c'est bon, et que le grand Krick me craque, car que c'est bon, comme un bon retour sur investissement. En tout cas, grâce à la prévention dont mon frère, a pu me faire part, je peux dire qu'il m'a sauvé la vie. Néanmoins, je fus littéralement envouté par les volutes bleuetées du cannabis et de la marijuana en ayant l’inconscience que, ça n’était pas si grave. Les premières impressions sur terre avec ce qui se roulait et ce qui se fumait non seulement n'était qu'un simulacre destiné à me faire tomber sous le mobile du "cool" de la drogue douce. Mon frère en 1985 en dehors de ses excellents conseils anti-drogue chimique à saura dédramatiserer ce phénomène du cannabis en pleine expansion à l'époque. Il prépare le terrain pour que je puisse rester vivant, longtemps.
Smoke it !!!
Je ne commence à "fumer" du cannabis régulièrement qu'à partir de fin 1985, donc, après mon retour du service militaire en avril. Pendant l'été, je suis amené à partir en vacances à Biarritz où je suis au milieu d'une petite bande qui rassemble : Laurent f., Laurent l., Christophe l. Denis c. et sans oublier la vénus des hôtes de ces bois, la fantastique Carole b. la seule vestale et créature aux seins ferme et prépondérant qui nous accompagne dans nos vacances glissantes et humides sur les vagues d'Anglet, la fameuse petite ville du pays Basque. Elle nous rejoint pendant une semaine et bien sûr, tous les "boys" s'affairent comme des mouches autour d'elle. Le plus motivé est Denis c. qui va offrir à Carole, une escale dans sa tente pendant trois heures après le couché du soleil. Pour autant, elle ne reste pas longtemps et lorsque, elle nous abandonne tout retombe à plat. C'est dans la tente grand confort de Denis que va s'organiser mon initiation à la "Cannabis party" comme tous les bons hippopotâmes gentils de la planète planante. Le soir, après des coups de soleil, bien mérités, il y a les coups de truelles avec la "ganja" car Denis a apporté avec lui un sac de chanvre indien et comme il est très partageur, évidemment c'est beaucoup plus agréable à plusieurs. Dans cette logique, c'est toute la petite bande qui se retrouve pour fumer des pétards ou le calumet de la paix.
Auberge de fumette
Ainsi, voilà ce qu'il faut retenir de ces vacances hallucinatoires. Ce sont mes premiers grand "voyages" avec le cannabis. Au fil des soirées qui se succèdent avec la petite bande des anciens de l'adolescence, plus je fumes, plus je suis dans un autre monde. Et ça, tous les soirs à Anglet en direct avec une réalité hautement nerveuse et sensible. Manifestement, non seulement, pendant ces vacances, je fumes du cannabis comme les autres avec un mégot passant de lèvres en lèvres mais en plus, il doit y avoir autre chose d'additionnelle dans la bouteille de soda qui nous désaltère. Je conclus donc, qu'il y a, ce que l'ont appellent des "acides" ou des "speeds" des drogues me rendant très nerveux, m'empèchant plus ou moins, de dormir, accompagnés par des rires sans pouvoir me contrôler et quand je m'esclaffe, ils ricanent. Evidemment, j'ai adoré ça, avec cette entourloupe des deux drogues pour le prix d'une. Je n'étais pas associé au mensonge qu'ils me réservaient. Le reste de la pleinitude viendra sonner à ma porte à chaque prise de cannabis, et ça pendant environ dix ans à partir de cette date avec mon esprit inconscient du danger.
Dépendance psycologique
A partir de ce moment (août 1985), je vais commençer à devenir dépendant du cannabis, dont la prise et le commerce sont un délit. Laurent f. va devenir mon "dealer en chef". Le positionement de Laurent va contribuer à vouloir me séduire avec plusieurs choses. C'est entre autre, me trouver des filles, pour un soir ou pour toujours, car je suis le "golden boy" qu'il faut savoir ménager, dorloter. Ils chercheront à veiller à ce que je n'ai besoin de rien avec tout ce qui se déroule pas trop loin de moi. C'est ainsi, que les idées bourgeonnent dans leurs petits crânes et ils organisent (les protagonnistes du "circle jerk") une vraie farandole des plaisirs disponibles avec une super fidélité et amitié renforcée. Ils seront sans failles avec de bon taux d'évolution et de croissance, mes actionnaires sympas de cette petite entreprise qui, sans gène aucune, vient presque, déjà, faire le ménage chez moi et qui, presque déjà, s'occuppe du service après-vente avec des intérêts, déjà... bien compris...
Stups ou encore
En 1986, ma famille ne peut pas être sans réaction face à mon état de santé. Mais pourtant n'approchent pas le problème de la drogue de façon frontale dans la conversation. Pour que je puisse prendre une distance avec cette drogue, il me faut agir seul. Ils constatent chez moi, une métamorphose vers un mouton docile avec l'esprit confus, presque comme une forme d'autisme... Et toujours en 1986, mon père évoque de me faire reprendre mes études et de participer à des cours pour faire de la vidéo et de la communication avec pour objectif devenir réalisateur. Enthousiate, tout de suite, j’ai accepté. Cette idée m’a séduit immédiatement, alors, j’ai intégré des cours en octobre 1987 et finalement, je ne m’en porterai pas plus mal et je reste très motivé. J’ai beaucoup de liberté et du temps que je consacre à la pratique intensive du skateboard mais aussi à mes études. Les professeurs sont décontractés mais très professionnels mais n’ayant pas le bac, je ne pouvais obtenir de diplôme; je serais donc considéré comme auditeur libre pendant deux ans. Les horaires sont plutôt élastiques, pas de cours avant dix heures du matin et dans l’après-midi de quatorze à seize heures. Dans ces conditions, la perspective de devenir un jour, un faiseur d’images commence à devenir de moins en moins utopique. J’ai un rêve, lointain; diriger, un jour, une chaine de télévision.
Ville Fantôme
En 1987, je vais beaucoup cotoyer Jane qui sera la jeune femme qui va beaucoup compter pour moi, elle est anglaise, ressemble physiquement à Charlotte rampling et à travers elle, je vois partout la femme qui va me poursuivre à tous les âges. Originaire de Coventry dans le nord de l'angleterre, cette ville, comme Birnimgham très marquée par les bombardements allemands en 1940, est frappé par les terribles restructurations de margaret thatcher dans le secteur automobile, double peine. Jane, je suppose qu'après avoir fait quelques bétises, on lui a conseillé d'aller faire un tour au sud de la manche et tout en continuant ses études, elle sera jeune fille au pair. Elle est au départ, une relation de laurent dont elle va se libérer très vite et si l'histoire est véridique, elle finit menottée à un radiateur et flagélée par laurent et un autre accolyte. C'est laurent qui me racontera cette épilogue. What a mess ! Jamais, je n'aurais osez faire une chose pareille mais j'avais appris à la connaître et c'est une provocatrice, pourtant en le sachant, je n'évoquerais jamais ce détail délirant. Puis autre chose, à la télévision l'ont diffusait le film, d'yves boisset de 1977 "Un taxi mauve" qui est une adaptation d'un livre de michel déon et je m'identifie au personnage tenu par Philippe Noiret alors que Charlotte Rampling joue l'un des premiers rôles. Elle restera froide concernant ce film qu'elle ira voir, elle passe littéralement à côté, alors que moi, je trouve cela génial. En revanche, elle m'emmêne au cinéma pour une séance "Des ailes du désir" de Wim Wenders et j'adhère instantanément au récit et peut être aussi parce que c'est elle qui me le fit découvrir. Un vendredi soir de décembre, fred, jane et moi, nous décidons de partir dans la résidence secondaire de mes parents à 70 kilomètres de paris, il est 21 heures, jane et moi, nous sommes en voiture, fred est à moto. Nous arrivons vers 22 heures, fred nous rejoindra un peu plus tard alors qu'il fait un froid épouvantable, mais il a tenu bon dans la nuit sur la nationale 20. Une heure après, elle file se coucher et nous restons fred et moi à terminer une bouteille de wisky. Le pur malt disparaissant en petite rasade, je prends mon courage avec une dernière lampée et je rassemble mes esprits pour aller me poser dans le lit à deux places dans la chambre de jane, et sans l'effleurer, je m'endors. Seul, dans le lit, le lendemain, ce n'est pas aujourd'hui que je suis prêt à conclure. Cela doit être le planté de bâton, monsieur duss. Je ne sais que dire sur cette nuit et le retour en voiture à Paris est sinistre et silencieux alors que tout m'accuse dans ce rapprochement avec la reine d'angleterre.
Flux séminal
Assurement, les anglais vont m'en vouloir tellement qu'ils inventeront le brexit, faute de ne pas avoir voulu consentir un échange séminale avec la très chère jane. En toute logique, je parlerais à ma grand-mère de mariage avec jane ce qu'elle me déconseillera. Sans doute, parce qu'elle avait été sous les bombes anglaises au Havre en septembre 1944. Néanmoins, Jane, je l'aurai bien sauté.
L'appel de Londres
Mais Jane, elle me plait, elle me plait terriblement et puis la vie nous a séparé, je ne sais plus, ni comment, ni pourquoi mais lors de mon dernier week-end à Londres en 1988, je crois la reconnaître portant de large lunettes de soleil sur une place dans le centre et puis, elle disparait, comme ça, comme elle était venue. Elle me rappelle 5 ans plus tard, nous sommes en 1994, elle est en france mais tout à changé et pour cause, entre temps, je suis tombé malade et cela n'arrange rien, bien au contraire. Il y a aussi autre chose chez elle de nouveau, elle est marié et a un petit garçon de deux ans "Frazer" Phraseur en français... et elle est en train de se séparer de son mari. Ce monsieur britannique travaille en france dans le secteur de la finance une sorte de trader, d'après ce que j'apprenderai son nom à une consonnance noble en digne citoyen de sa royale magesté la reine elisabeth. Tous les trois habitent porte maillot dans une petite rue qui ressemble à la rue Jean moréas. Un soir, nous sommes quatre en voiture, Laurent au volant, Jane, Rosie (une connaissance de Jane) et moi. Après avoir fait un petit tour dans Paris nous nous dirigeons vers le pub de la porte maillot. Laurent par bravade et de façon péromptoire prétend à Jane comme une affirmation dans la conversation, "Bah oui, après que "Christophe m'a taillé une petite pipe" évidemment, ce sont des conneries, une grosse bétise qu'il s'est sentit obligé d'affirmer. Evidemment, je n'ai jamais eu de relation sexuelle avec Laurent, cela aurait été absurde, idiot. Il ment au sens littéral du terme. Jane à partir de ce moment va commencer à avoir à la bouche toujours la même injure, "Cock succer" qui veut dire en français "suceur de bite" et là, elle emploit un mot qui visiblement, s'addresse indirectement à moi, j'en suis assez atteint parce que j'aime Jane. Evidemment, si j'avais eu une histoire, une liaison, un coït avec Jane, sur l'oreiller, l'on aurait pu se comprendre. Tout le monde connait ce genre d'histoire et ces coups tordus avec des obligations nauséabontes et des petits arrangements entre ami. C'est completement pourri. Mais faut-il que Laurent le regrette, ce geste que je n'ai pas fais ni à son attention, ni à personne d'autre. J'imagine que ce fut pour Jane qu'il avait dû s'adresser car c'est elle qui avait dû peut être exercer ce genre de pratique d'ordre soit financier (l'horreur de la prostitution) soit purement stratégique (la solidarité de la guerre avec application), ce qui est possible et évidemment, il fallait pour les petits trous du cul français que je porte le chapeau de ma finesse et de ma complicité avec Jane. Jane est vénéneuse mais ce n'est pas une idiote. Dans la soirée, l'on raccompagne les deux anglaises au pub, porte maillot. Et après, nous nous retrouvons tous les deux (laurent et moi) seuls et là, je remets laurent à sa petite place en lui expliquant d'une façon assez abrupt ce qu'il vient de dire dans l'habitacle de sa wolkslagen, à ce moment, Laurence, elle devient toute gentille et elle comprends ce que je lui dis et je lui impose d'aller aussitôt au pub et elle accepte tout de suite, Laurence fissa. L'on retrouve les deux nanas au pub, ça se termine avec une bière. Terminé, il ne parlera plus jamais de ça avec moi et pour moi, non plus idem pour sa fake news. Bien plus tard en avril 2022, je vais à nouveau tenter de le joindre. Il me rappel, je lui explique une autre affaire complétement différente et puis, je ne sais plus ce qu'il essaye de me raconter, une histoire de "quatre vérités" ou un truc comme ça. Je lui conseil, aujourd'hui de ne pas tenter de me rappeller, car à cette occasion, je l'ai trouvé décevant.
Mouvement Calme Affection
Après ça, je vais revoir Jane, c'est compliqué parce que j'ai gardé avec elle, en mémoire une rare complicitée que j'aurais du mal à retouver chez les françaises, (crise et pénurie de jupon et de petite cullotte, il faut produire français...), je vais tenter, néanmoins, quelque chose, un rapprochement, une prise de participation, mais nous sommes dans des logiques différentes et je serais sincère, vraiment. Elle va m'expliquer que Laurent est un con, je peux le comprendre, puis, elle déménage et elle trouve un bon boulot et son patron va l'apprécié, moi, à l'époque, je suis en plein travail sur un projet multimédia de musique techno. Sans aucun doute, elle est intelligente et nous aurions pu aller loin ensemble si j'étais toutefois, resté à Paris avec elle. Mais Paris a le blues et les volutes bleutées du cannabis sont encore sur la ville et pour moi, avec en plus les médicaments et l'addition, je suis obligé de m'installer à la campagne. Le message de son répondeur téléphonique donne l'envie de se suicider avec ce qui ressemble à des troubles bipolaires entre le royaume-uni et la france et avec son silence, il reste la joie, l'intelligence de Jane mais elle travaille en équipe avec le talent (c'est plus discutable) de Kenny Sharf et de Fred Schneider. Il m'a semblé la croiser au petit Carrefour à 100 mêtres de chez moi, mais stupéfait qu'elle est pu faire le déplacement sur les plages du débarquement, je ne peux pas sauver le soldat Ryan et puis je vois des nains partout et visiblement, elle ne court pas après moi dans les rayons de la superette dans Deauville et dans ma télévision même avec la BBC en fond d'écran. Alors, avec Jane, ce n'est pas encore pour ce soir ou jamais.
C'est Grave
Le fanzine Grave est né par une après-midi de novembre où il faisait un temps de chien. Dans l’incapacité de faire du skate, nous avions décidé, un ami et moi, de créer notre propre support media. C’est ainsi que ce projet vu le jour. Nous n’étions plus les spectateurs des magazines américains qui régnaient en maître, ni de la presse française que nous jugions ringarde, nous avions notre propre media avec notre regard et notre plume acerbe.
Une bonne opération de R.P (Relation Publique)
Dans le cadre d’une bonne opération de relation publique, j’ai envoyé aux États-Unis des numéros du petit magazine sur lesquels est inscrit mon adresse au cas où l’ont voudrait nous contacter et ce mois-ci dans le numéro de « Trasher » un magazine américain underground sur le skate, un récapitulatif des fanzines du monde entier qu’ils reçoivent est donné dans un numéro spécial. Quinze jours plus tard, je reçois un coup de téléphone, l'ont voudrait nous rencontrer pour nous proposer un projet pour un magazine français. Forcément, j’accepte et le rendez-vous est prit. Nous rencontrons le rédacteur en chef du magazine Wind (groupe Hersant) qui est consacré à la planche à voile, il nous propose de faire un numéro de Grave dans un numéro hors série consacré aux sports d’actions, Frédéric et moi l'ont accepte, c’est mal payé mais tant pis, ça donne de la légitimité au produit et c’est peut être l’occasion de passer à l’étape supérieure et de transformer l'essai.
En 1988
Après avoir créé le numéro de Grave dans le hors série, l'ont nous a proposé d’écrire un livre sur le skateboarding au sein d’une collection de livre technique et didactique aux éditions Glénât, l’occasion est trop belle et l'ont se partage la tâche Fred, Alain et moi. J’ai quelques clichés mais ce n’est pas suffisant. Fin aôut, le dernier des voyages aux usa se termine,...mal, j’ai eu faim et parfois je ne savais pas où dormir, je rentre, bien décidé, à ne jamais y remettre les pieds. Depuis 1987, je garde en mémoire, un type qui va jouer un rôle important dans mon futur. Je ne connais pas son nom; Appellons le,...: Ivan;... Ivan le nuisible.
(à suivre...)
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