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Picto L'E p î t r e Picto
NANA
L'eau de ce Canal

Le 3 décembre 2003

Ma chère Nana
Qu'elle est conne, Pascale, la cafetière la plus célèbre de la Radio, elle devrait continuer à écrire des livres que personne ne lit, car, avant de vouloir faire le ménage chez les autres, on commence par le faire chez soi et qu’elle arrête de se prendre pour la Macha du paf, “Ce n’est pas les Sex Pistols” Ispice di connass comme dirait les Guignols. Bref, voyons maintenant le cas Stéphane, le caniche royal qui vient de sortir de chez le toiletteur avec une magnifique coupe dite : lion. Ah celui-là, quel pédant, content de lui, un con fier, gentil, intelligent, drôle (as you say, my dear (comme tu dis ma chère)) et à poil dans Paris Kach. C’est dingue comme il en faut peu pour faire tourner la tête de ce genre de type, ce pauvre vaniteux, lui, il ne doute de rien, il achète la baraque avant d’avoir la fille. Pigeon, quelle classe, un bon parti, une valeur sûre, tu devrais y réfléchir à deux fois Nana, et puis c’est près de chez ta maman. Non, je plaisante. Heureusement qu'Ariel le remet bien à sa place sur son coussin de page, de valet, la place qui lui va si bien, le phénix des hôtes de ces bois.

Le 5 décembre 2003

Etonnant, ce Paul, il entend les mots « gants de boxe » il panique et crac, il s’emballe, c’est téléguidé par Marc-Olivier cet épisode et relayé par la cafetière. Sur tous les plateaux l'on n’entend plus que le son des oreillettes, au moins, toi tu es claire et hop sur la table; cela a dû être suffisant pour débuter les hostilités avec Marc, ce connard, j’ai encore en mémoire ton passage dans son émission,…“ J’ai un physique avenant ”, mouché, ce petit roitelet. Mais aussi; quelles ambitions avez-vous ? Réponse : "Je ne sais pas". Bing et maintenant ? Car, il doit le savoir dans sa comptabilité, combien ? Un million de francs par an, pour ton salaire ? Demande-lui un maximum et ne va jamais dans l’émission qu'il produit le samedi soir car l'on ne peut pas plaire à tout le monde; sinon, places-toi au-dessus de ce panier de crabe. Car, c’est toi l’arbitre, enfin, je ne t’apprends rien... J’ai hâte de voir comment tu vas traiter dans ton émission l’affaire Dieuavoué cette semaine. Dans le zapping, une chauve-souris croquée par un crocodile, l’antilope qui s’échappe des griffes d'un guépard et la mante religieuse qui déguste la tête de son partenaire, tout un programme pour cette semaine dans le courrier du cœur. Je bouffe Pascale, tu laisses Marc-Olivier dans la savane, mais tu ronges la tête de qui ? Who knows ? (Qui peut savoir ?) Stéphane ? Dans tous les cas, tu m’obsèdes, je pense à toi tout le temps, je viens de te contempler dans cet ensemble à fleur pour le lancement de l'émission que tu présentes, j’en saurai plus demain. Je dors mal. Tu me grignotes la tête. Je fume trop.

Voilà ce que j’ai trouvé sur un forum de conversation sur le net. Un message d'une certaine Virginie qui te concerne.

« J’ai des infos sur Nana, elle habite dans le 6 ème arrondissement pas loin du commissariat, elle roule soit en Mini ou en scooter (d'ailleurs le scooter, elle a du mal ça fait un mois qu'elle le possède) Voilà, c'est tout ce que j'ai »

Je viens de trouver ceci sur le forum fr.rec.télévision.programmes, est-ce que tu confirmes cette information ? Ce n'est pas un peu bruyant comme quartier ? Ma lettre précédente était un peu maladroite, la conclusion: j'ai fais mon enquête, bref; tu es une femme très désirée. L'émission était vraiment très réussie, alors, bravo à toute l'équipe. Sincèrement, je trouve la qualité des programmes, vraiment bien, sans flagornerie. J'aimerai bien voir Arlette dans une émission sur le net, elle est bien cette femme; j'ai à nouveau des projets, mais seul c'est difficile, J'ai deux idées du soft et du hard. Non ! Regardes-moi bien...je parle d'informatique. Des problèmes sur le Net, chez moi, il n'y en a pas. Sinon l'encodage sonore "real audio" c'est de la daube payante, Alain L. il est toujours chez vous ? Non, c'est une question comme ça, mais est-ce qu'il est souvent à son bureau ? Parce que je l'ai vu l'autre jour faire le con chez la concurrence. C'est juste une remarque, je serai vraiment désolé que ce pauvre homme probablement sans ressource soit licencié pour faute grave. Comme Maître corbeau...Hôte de ces bois...

Ma chère Nana

2002 : Tu en veux
2003 : tu en auras
2004 : je t’attrape

Tiens, tiens ! J'ai trouvé une réponse sur toi, peut être une lesbienne qui s’intéresse à toi et ma réponse personnelle et privée. Tu connais le fameux événement sur l'affaire "des gorges chaudes". Avec cette expression "les gorges chaudes" tu as répondu, il me semble avec "dés potron-minet" une traduction de "dès l'aube". Ici, j'ai compris que tu lisais les newsgroups et autres forum. Mon plus gros coup, ce fut les fameuses "Calanques grecs" qui étaient en réalité des "Calendes grecs". Ces pauvres types sont vraiment des ânes.

Sa question sur toi est la suivante
----- Original Message -----
From: Virginie
Newsgroups: fr.rec.tv.programmes
Sent: Wednesday, October 29, 2003 10:25 AM
Subject: Qui est Nana ?

Bonjour !
Je n'arrive pas à trouver des infos la concernant... Etonnant, non ?
Virginie

Voici ma réponse
----- Original Message -----
From: "webtronics" atohm@tiscali.fr
To: "Virginie" annes@free.fr
Sent: Wednesday, October 29, 2003 6:30 PM
Subject: Re: Qui est Nana ?

Bonne question ! Je me la pose tous les jours. Je préfère te répondre, directement car j'ai en horreur, l'atmosphère de ce forum (une bande de crétins qui pinaillent sur les fautes d'orthographes et n'ont jamais ouvert un livre de leurs vies) Par exemple, il y a un an environ : Nana dans l'une de ses interviews avait dit "truc machin (...) en fait des gorges chaudes"... ce qui veut dire : faire des louanges. Sur le forum, la majeure partie des Internautes se sont posés la question en large et en travers pour trouver une signification à la question de Nana, les suggestions étaient complètement délirantes, ils ont finalement conclus que Nixon avait évoqué "les fameuses gorges chaudes" lors de tension au Pentagone...Wouarf, c'est dire la culture de ces mecs... Bon, pour ce qui concerne ta question, c'est vrai que l'on ne trouve pas grand-chose sur le net, une interview sur infrarouge.fr, une bio, un site nana.free.fr qui reste vide de contenu, des photos lors de ses émissions, et des conneries... Je pense que le fait de ne pas trop s'exposer est probablement délibéré de sa part, elle reste très discrète, (Car maître de son image, l'on peut très vite en devenir victime...) Ariel D. interviewé dans la dernière de ses émissions parlait d'image "d’intellectuelle branchée" ce à quoi Nana a répondu "Non, pas du tout". Elle exprime pour moi en tout cas, la femme la plus troublante du paysage de la communication française, bien qu'un peu consensuel dans certaines de ses interviews, en particulier avec Christophe D... De toute façon, c'est une fille bien, sous tous les angles des quatre coins carrés de ma télévision, elle n'est pas tordue, elle garde les pieds bien sur terre, (la pire des choses pour elle : l'échangisme) vraisemblablement, elle aime les hommes, les filles "pas vraiment" (bonne nouvelle). Ce n'est pas une fille qui est méchante gratuitement, j'ai lu que ce qu'elle préfère entendre dans la bouche d'un garçon c'est "Je t'aime" que la vertu qu'elle plaçait au-dessus de tout, c'est l'amour, une fille qui révèle cela, c'est magnifique. Il y a quatre ans de cela Marc-Olivier, lui posait des questions sur son avenir, sur son physique qui était selon lui son atout majeur et très simplement elle lui a dit qu'elle avait un "physique avenant" et que dans l'avenir elle ne savait pas ce qu'elle deviendrai, et maintenant Marc produit son émission. Evidement que sa beauté fait d'elle le canon du paf, mais ce n'est pas tout, et quand l'on cherche un peu, l'on découvre vraiment une fille hors du commun. Autre exemple, lors d'une interview dans une émission sur la cinquième, son choix s'est posée sur le dernier disque de Nora Jones, et un bon choix, tout du moins judicieux. Sur le livre Archimondain Jolipunk de Camille de Toledo, qu'elle a cité bon ici, je suis moins emballé, bien que le préambule m'a bien fait rire sur la théorie de l'homme qui suffoque. Maintenant, savoir vraiment, qui elle est sans la connaître dans la vie, je ne peux que faire des hypothèses, disons que son image publique est très travaillée. Elle a façonnée sciemment, une image lisse et parfaite de la fille belle, qui n'est pas une potiche. Patrick B. l'a un peu esquinté dans un papier dans le Gifaro, mais rien de grave, rien de justifié. Elle est et reste à part dans son job, elle est l’icône, la relique sacrée, la déesse...Voilà et je crois que je ne veux pas en savoir plus sur elle, il faut maintenir une sorte de mystère sur elle, en dire trop, ce serai peut-être gâché. Je ne sais pas... elle communique bien pour l'instant, elle se positionne seulement dans des émissions sérieuses, je la vois très mal chez Thierry A. ou chez Marc- Olivier, elle doit se placer comme un arbitre "ce qu'elle est" pas comme actrice, c'est bon pour les autres dans la course de l'audimat. Bon et bien c'est tout. Il y aurait beaucoup de choses à dire mais, j'espère que tu en sais, maintenant, plus sur Nana (je me demande si c'est son vrai nom ?) et si c'est pour un sondage ou une campagne de Relation Publique avec la presse et bien, vous êtes fixés. Salut.

Ici tu as sa réponse

Ni l'un ni l'autre :-) Je suis impressionnée par ta réflexion. C'est très étonnant. Tu fais figure d’extra-terrestre sur le net, et je t'en félicite. En tout cas, je te remercie d'avoir accordé de ton temps à ma question. Vraiment, sincèrement, merci !

Virginie

Un extra-terrestre, bah voyons pourquoi pas le clapzoul en 3D pendant qu'elle y est...elle me félicite, oh comme je suis fier... ils peuvent toujours essayer de me soutirer une info maintenant, niet, nein, demander à ma femme...

Nana ! Le temps me manque, je dois stopper ici pour que tu reçoives cette lettre au plus tard mardi. Ils ne me verront pas dans le forum je suis invisible, je passe par mon fournisseur d'accès à Internet. J'ai eu un coup de téléphone, non, ce n'est pas Yves, Yves Mourousi, c'est une erreur mademoiselle visiblement Africaine. C'était toi ? à 21h30 c'est une bonne heure mais pas plus tard au téléphone.

Je t'embrasse
Salut à toute l'équipe.
Christophe

Deauville, le 7 janvier 2004

Ma chère Nana,

Je vous écris, une fois encore. Bien sûr, je sais que c’est ridicule d’entretenir un monologue vain et que cette lettre fera le tour des rédactions de la boite. L’occasion de pouffer une nouvelle fois est sans doute trop belle, c’est un risque que j’ai balayé depuis longtemps, je n’en ai rien à foutre.

J’ai parfois été agressif vis à vis de cette chaîne qui par culture oscille entre la branchitude et la beaufitude, je ne supporte n’y l’un ni l’autre. En dehors de vous et d’Albert A. le reste des animateurs et journalistes et plus généralement les acteurs du paf sont à mes yeux secondaire. Ils n’ont pas la même valeur, certes, mais les rires forcés des bonnes blagues à deux balles, je ne supporte pas, c’est tout ce que j’exècre, même si j’en conviens, c’est un métier qui rapporte, ce métier est obscène, les ficelles sont énormes, même les imbéciles peuvent y faire leur place. Je ne supporte pas non plus la bande son du public qui applaudit à tout rompre, souvent sans aucune justification. Bon c’est vrai, j’ai trouvé que Noguy s’en sortait bien avec son émission, -nobodys perfect - La période avec Guillaume D. était la plus étrange, la plus surprenante. Non, Albert et vous, vous êtes les seuls que je regretterais de ne pas avoir connu personnellement et dans mon cœur, vous avez une place à part. Albert, car il sait être fin et intéressant sans vulgarité, je ne le loupe jamais quand il passe à la télévision, ses sujets sont étonnants. C’est le seul qui m’est fait rire du temps du fameux général, et c'est un souvenir mémorable. Cette indépendance d’esprit qui le caractérise lui a valut de se faire vider de la chaîne avec sa phrase assassine mais au combien vrai “ la chaîne du foot et du porno ”. Heureusement, ont lui a rendu la parole mais il devrait revenir sur une grille de programme. Il vaut bien mieux que la place qui lui est réservé et c’est dommage. Il m’intrigue cet homme de télévision singulier. J’aurais voulu l’avoir comme prof, la situation idéale, j’aurais sûrement apprécié ses cours. J’adore sa métaphore à propos des chaînes de télévision qui seraient comme des châteaux forts, c’est tellement vrai…

Dans un sketch, les comédiens ont mis en scène mon frère et moi (j’étais le personnage habillé en bouddhiste qui répétait , simoni, simoni à la place de symphonie (un nom de banque en ligne)) J’ai trouvé ça curieux, vous m’imaginez vraiment en bouddhiste ! ! ? Je sais que Franck fait des journaux d’entreprises pour la chaîne, mais nous n’avons jamais évoqué le sujet ensemble. J’ai beaucoup d’estime pour lui, et bien plus encore, si vous saviez. Alors le voir sous les traits d’un gugusse en costume avec un téléphone portable, ce n’est pas le reflet, ni de la réalité, ni des liens qui nous unissent. Moquez-vous de moi si cela vous chante, mais laissez-le hors du champ de ces conneries. Peut-être avez-vous imaginés que la communication du président m’a été suggérée par lui, faux, archi faux, la lettre de démission de Pierre L et les licenciements, les junks bonds étaient sortis tout droit de mon imagination avec une bonne dose de flair car l’histoire m’a donné raison. Vous m’avez déjà vu poster un de mes messages après 20 heures ? That’s all folks.

Je t'embrasse
Christophe

J’ai été un peu con avec ma réponse à la fille qui voulait savoir “ Qui est nana ? ” qu’elle soit lesbienne c’est son affaire, c’est simplement une cruelle faute de goût. Depuis que j’ai appris la réalité du tournage de “l'appartement ” vous me fascinez encore plus. La caricature de la fille de trente-cinq ans qui a son émission télévisée, gagne un million de francs par an, la tête bien fixée sur ses épaules, une parisienne battante et occupé, un charme à tomber par terre, tout ceci c’était le côté publique, ce que l’on pouvait supposer en cherchant ici ou là. Et puis, ce papier, sur le site de l’Xpress et cette image se déforme pour laisser entrevoir une femme pleine de doutes sur elle-même, suivant une analyse, qui n’aime pas tellement son image et qui ne comprend pas ce que l’on peut bien lui trouver. Une femme à la fois introvertie et extravertie et qui cultive ce paradoxe, une femme avec un sacré esprit de contradiction, ce qui s’appelle des mécanismes de défense du moi en psychologie. Quand l’objection devient un principe de survie. Ces doutes qui vous assaillent sont en fait des atouts à mes yeux, ils vous rendent encore plus attachante. J’ai fait un rêve celui de vous aimez, est-ce ma faute ? Bon, ne comptez pas sur moi pour vous cherchez partout dans le sixième arrondissements et puis cette amour est voué à l’échec, culturellement, nous sommes, je le crois, trop différends, c’est la vie. Néanmoins toute ma vie, je garderai dans mon cœur une petite place pour vous. Et dans ma mémoire, rien ni personne ne me fera oublier la jeune femme concentrée des premiers journaux télévisés.

le 12 septembre 2004

Ma chère Nana,

Je vous écris une fois encore, je suis bien conscient que cette lettre n’aura à vos yeux que peu d’importance. J’en prends le risque, je ne peux m’en empêcher. Résister est difficile et que cela soit en rêve ou réveillé, votre souvenir me hante constamment. Je ne suis pas dupe. Vous devez, sans doute, me prendre pour un crétin, mes textes sont, pour beaucoup d’une banalité sans bornes et d’une médiocrité qui dépassent les limites de l’entendement. Ma démarche est absurde, je m’exprime mal, je suis excessivement maladroit. Pire que ça, j’ai dû être aux yeux de quelques cyniques un sujet de conversation que j’imagine acerbe. Comme je vous comprends, à votre place, j’aurai agit peut- être de la même manière, toutefois, je ne suis cynique qu’avec moi-même jamais avec les autres, c’est une règle. Pourtant, depuis vous avoir vu dans TV Show avec Marc qui vous interviewait en octobre 1998, ma vie à radicalement pris un détour des plus curieux, je suis tout simplement tombé en extase devant mon poste de télévision, radicalement amoureux de cette jeune femme sincère et troublante qui a vite désarçonné le présentateur déstabilisé par quelques vérités bien trouvés. Après ce fut le début de la fin, si l'on peut dire. Je vous ai inondé de mes textes à deux centimes, j’étais à l’époque très malade. Je suis soigné pour une schizophrénie depuis l’âge de 22 ans. Probablement atteint à cause du LSD que j’ai absorbé en 1988 aux USA. Je ne suis convenablement soigné que depuis 2000 et j’ai une vie normal maintenant. Voilà qui explique les déraillements mentaux que vous avez dû observer me concernant. Une petite plongée dans la folie face à son téléviseur, une histoire contemporaine de télévision. Remarquez, sur vous et Albert, j’ai été d’une constance toujours égale, jamais un mot de trop mais le reste c’est n’importe quoi, j’en conviens. Pourquoi avoir décliné mon invitation à dîner ? Nana et Albert, vous auriez été reçus à bras ouvert. Vous êtes les seules personnes qui suscitent chez moi de l’intérêt, pour les autres c’est différent, je ne les aime pas. Leurs petites images de merde, je m’en moque royalement, il y a trois personnes que je regrette de ne pas connaître vous deux et pour la troisième c’est John Lydon, l’ex très charismatique chanteur des Sex Pistols et de PIL, l’homme qui crit quand il chante et pourtant ça sonne juste, il est assez inégal, parfois chaotique dans ses chansons, mais c’est un artiste singulier qui mérite d’être connu et reconnu. Je ne suis pas de ceux qui s’extasie devant Antoine, ni qui regrette la fameuse grande époque de TV4 mais je dois avouer qu’Albert est pour moi un homme formidable, intègre, drôle, son action contre l’autisme est remarquable, je l’admire sincèrement, son opinion sur les chaînes de télévision qu’il compare à autant de château fort du moyen âge est très bien trouvé. Ses éditoriaux en début de TV Show étaient caustiques, cinglants, juste, intelligent et d’avoir été viré de TV4 par Alain D. fait que j’ai de l’estime pour lui, profondément, sincèrement. En ce qui vous concerne, vous représentez la femme dans toute sa splendeur, une grosse voix de travelo comme je les aime, un visage parfait malgré les schtards (mais ça je m’en moque éperdument) des yeux magnifiques, brune comme un cheval de Séville, pour faire plus bref, une synthèse (hé, hé). Vous êtes charmante et pas simplement d’un physique avenant, mais une exception parmi les femmes actrice de la sphère publique. Je vous aime ! qui y’a t’il de mal à ça ? Sans vous connaître mais le peu que je découvre me fait rêver, certaines nuits je rêve de vous, mais c’est toujours trop bref, je me réveille et je suis charmé une fois de plus. Et dire que je voulais m’installer chez vous (un peu secoué le garçon, il faut bien l’avouer) Je n’avais peur de rien, j’ai même envisagé le suicide c’est dire dans l’état dans lequel, je me morfondais. J’ai le souvenir de cette période comme un grand moment de liberté, de pouvoir sur les choses, j’étais capable de tout, rien ne pouvait m’arrêter, évidement j’ai vite déchanté. J’ai appris plus tard que c’étaient les symptômes flagrants de la schizophrénie. J’ai cru que la télévision s’adressait à moi seul, je suis d’ailleurs bien persuadé que vous le soupçonniez, j’ai vu un journal télévisé qui employait la troisième personne du singulier pour chacun des sujets traités, c’était étrange mais je me répète, vous comme moi, nous ne sommes pas dupe, et là, j’ai trouvé la corde un peu épaisse. Plus tard, il y a eu Laurent le web animateur de choc du site de TV4, j’ai vraiment passé de bon moment à t’chater sur tout et sur rien tous les jours à 17 heures. L’idée qui venait d’Alex n’a pas pris l’ampleur escomptée, c’est dommage car c’était révolutionnaire et intéressant comme démarche, peut être que le concept devait être trop ambitieux dès le départ avec plusieurs animateurs, et que cela ne rapportait rien, je ne sais pas, mais je regrette Laurent qui était plutôt sympathique, j’espère qu’il a su se recaser tant bien que mal. Rétrospectivement, mes remarques à travers les premiers textes adressés à la boite était assez révolté, j’en voulais à quelqu’un mais je ne savais pas qui. En fait, j’avais été approché par TV4 en 1989, ils recherchait une personne pour s’occuper des films des téléspectateurs, je sortais de mon école, je venais de sortir en coédition un livre sur le skateboard. Le seul hic reposait sur le fait que je n’étais pas payé pendant les six premiers mois. J’ai pris le temps de demander à mon frère si je devais accepter, il m’a dit de refuser et c’est ce que j’ai fait. J’aurais dû négocier, cela a été une erreur, mais travailler sans être payé chez nous c’est impensable, bien que cela prime dans les secteurs de l’audiovisuel. Mais si j’avais intégré la boite, il y avait de fortes chances pour que je puisse m’occuper de sport d’action sur la chaîne. Cela vaut bien le tiercé. C’est une niche, mais elle aurait pu séduire en interne, tant pis c’est du passé, je ne pourrais y revenir. J’en voulais donc à un inconnu sans budget, un homme sans visage. Ensuite ce fut une longue errance avec douze grammes de hashish par semaine, l’utopie de faire avec le multimédia ce que je ne faisais pas avec la télévision. La drogue, la maladie, l’alcool tout était réunies pour qu’en 1998, je quittais Paris sans remords. Six ans, ce sont écoulés et le 23 septembre, nous déménageons pour aller vivre à Deauville dans deux appartements distinctes, je gagne mon indépendance, ce qui est : ni négligeable ni désagréable.

Je viens de lire l’article de "Résistances" vous concernant. Il y aurait deux femmes en vous ? Plus simplement, je pense plutôt que nous vivons chacun notre petit paradoxe. C’est incroyable comme vous suscitez l’interrogation, vous avez parfaitement distillée quelques informations, juste assez pour devenir la coqueluche des journaleux et des internautes, félicitations. J’ai, tout de suite su que vous étiez différente, un ovni parmi la bassecour des gens de télévision. L’héroïne de tous mes disques des Stranglers à Guy Marchand en passant par les plus torturés, tel que Marquis de Sade, je les connais tous par cœur. Pourtant notre histoire commune est déjà terminé avant même qu’elle ne commence, l’histoire d’un téléspectateur malade et perplexe et d’une diva des plateaux. Je ne suis pas l’homme que vous attendez. Je me suis loupé dans les grandes largeurs, c’est dommage mais c’est ainsi. J’ai eu la vanité d’y croire, l’espoir de pouvoir changer les choses, ici nous ne sommes pas en Grèce, la déesse ne dîne pas avec l’ermite tourmenté par l’amour. Pas un homme ne vous résiste, ce doit être l’embarras du choix parmi les soupirants. C’est curieux je suis traversé par un doute, optimiste dans l’action et pessimiste dans la pensée. Je ne peux me résoudre à ne pas être l’homme de votre vie, je m’interroge, partagé entre un oui et un non qui résonne en moi comme autant d’interrogations. Amoureux de vous cela ne fait aucun doute, mais que cela soit un amour impossible, je n’arrive pas à le faire accepter à mon petit cerveau malade soigné par des substances chimiques externes. Néanmoins votre silence est tellement éloquent que s’acharner plus devient indécent. C’est un cruel dilemme que je ne peux résoudre seul, mon âme vous est dédié, ma raison est préoccupé, harcelé par le doute.

Voilà, c’était une missive de plus à votre jardin de cœur. Une lettre de plus à ranger dans le courrier des téléspectateurs amoureux. Ecrite, sans grand talent et à la première personne du singulier, dont le seul bénéfice aura été d’ouvrir le voile sur des heures difficiles mais parfois amusantes qui ont jalonnés ce qui me retient à vous. Le style laisse à désirer mais les intentions sont bien là, veuillez ne pas en tenir rigueur dans la vie, sur le web où ailleurs.

Christophe

Le 19 septembre 2004

Ma chère Nana

En plein déménagement, je prends néanmoins le temps de vous écrire, Comment faire autrement ? Vous êtes la plus belle femme que j’ai eu l’occasion de voir dans ma vie. Le saviez-vous ? Ça vous étonne ? Evidement le physique est une chose mais le reste est toute aussi extraordinaire, un véritable conte de fée. Y aurait-il deux femmes en vous ? Une sage et une exubérante ? Je ne le pense pas. A l’écran, il y a la grande professionnelle qui incarne ce qui se fait de mieux à la télévision et en off, il y a une femme conviviale, tout simplement, nous vivons tous avec nos paradoxes et nos contradictions, mais dans l’article de Résistances, je ne m’attache qu’aux faits, l’avis et les conclusions de cet écrivaillon, c’est à jeter aux orties. Le papier est mauvais, mais vous communiquez de manière admirable et sur le Net de surcroît, ce qui est astucieux après le plébiscite des internautes au mois de juin sur votre émission et vous-même. Un peu de biscuit pour calmer les journalistes de tous poils qui doivent vous suppliez pour obtenir un papier. C’est étrange, je trouve des similitudes entre nos deux histoires. Dernier d’une famille de trois enfants, avec un frère et une sœur, mon père PDG d’une filiale Française de production d’acier inoxydable, ma mère, une solide femme de goût.. A eux deux, ils forment un couple de bourgeois bon teint mais très humains qui ont toujours été très près de leurs employés, ce sont des gens remarquables, j’ai une profonde admiration pour l’un comme pour l’autre, bien que nous ayons parfois des divergences. Des origines Italiennes (mon grand-père a fui le fascisme en 1921) et Normandes plus lointaines que celle qui vous rattache à la Grèce, un détail. Une famille avec une forte conscience politique qui n’a jamais fait la part belle aux extrêmes. Michel Rocard est un remarquable politique, mais c’est un vaste sujet…

Etonnant, au zapping, une séquence évoquait un fou dans une cage de fauves, quelle belle métaphore, ça me fait une belle jambe, elle n’était d’ailleurs pas reprit dans la matinale de jeudi dernier, je me demande, si c’est vraiment si drôle finalement; cette parenthèse a dû être apprécié mollement, ça donne une image de TV4 , comme traitant l’information de manière anecdotique, c’est sans doute, la raison pour laquelle le passage n’a pas été retenu pour le lendemain.

Et si vous voulez tout savoir, en effet, j’ai fais un séjour en hôpital psychiatrique après la crise de 1998/99. L’établissement de Dreux est ultra moderne, la nourriture pas si mauvaise, les chambres individuelles et les sanitaires parfaitement entretenus, ce fut une vraie période de repos bienfaisante après des mois de stress accumulés. Certes, les locataires sont un peu étranges (j’y ai croisé surtout beaucoup de gens qui ont fait des tentatives de suicide) mais j’en garde, globalement un bon souvenir. Il y a encore 30 ans l’approche de la schizophrénie était différente, l'on soignait avec des douches froides et des électrochocs, aujourd’hui le traitement thérapeutique, prime sur les méthodes archaïques d’autrefois et j’ai donc échappé au pire. Pendant ce séjour, les médecins m’ont annoncés les causes et le diagnostique de mon état après une batterie de test en tout genre. Ils m’ont beaucoup aidés, je dois beaucoup à toute l’équipe soignante. Sur le sujet, je vous recommande un film : Un homme d‘exception. C’est une histoire vraie et elle résume bien les affres et symptômes de la maladie.

J’ai regardé depuis la rentrée, le nouveau 13 heures de Christophe H. ce n’est pas très intéressant, avec les moyens qu’ils ont, c’est carrément se moquer du monde. Jean-Pierre et sa fabrication de sabot dans le Perche où le brame du cerf en septembre n’a pas de souci à se faire, son Journal Télévisé rural pour les plus de cinquante ans a encore de beaux jours devant lui, en revanche sur T2 on peut se poser la question suivante : combien de temps va durer cette mascarade ? Ils cherchent à faire de l’événementiel, du spectaculaire. Ils ne rattraperont jamais T1. Il parle trop vite avec des petites intonations forcées. Je le sens très atteint par le principe de Peter, il a gravit tous les échelons de la hiérarchie (ça veut dire qu’il a beaucoup donné de son corps) et il se retrouve en haut de l’échelle prêt à faire le guignol en chantant chez Patrick S. d’ailleurs on lui donne un micro. C’est ridicule. Je fini par presque trouver quelques bonnes raisons de préférer Jean-Pierre et sa France profonde et rurale. Mais au final, je m’en moque éperdument de ce détail. Autre chose, j’ai regardé en diagonal, l’émission de Marc-Olivier avec Jabba the hunt, l’extra-terrestre dans l’empire contre-attaque dans la saga de La guerre des étoiles, diantre ! on peut effectivement parler chez lui de surcharge pondérable. Sur le cas de Guy C. le peu que je connaisse de lui fait que je suis plutôt sur la défensive, c’est souvent facile ce qu’il raconte, il chasse au canon de 75 les éléphants du paf, (Carole R. qui prendrait de la coke, sa bête noire à une époque) j’attends qu’il nous parle en plaisantant de l’homosexualité de Marc-Olivier ou de Stéphane B. et on verra ensuite, s'il est toujours drôle. Ariel quant à lui, le fait très bien, lui, a le tact ironique d’un fils de bonne famille sans être un tueur de vieilles dames.

A chaque minute, à chaque seconde, je n’arrête pas de penser à vous, c’est plus fort que moi. Il me semble même vous avoir croisé en bas de la rue de Courcelles en 1995, alors que j'étais dans un autobus, vous étiez vétue de beige, des vétements amples couleur sable et toute aussi magnifique qu’aujourd’hui. Je ne suis pas un dragueur loin s’en faut, pourtant ce jour-ci, je me suis retourné, chez moi, c’est très rare.

Je suis aussi bien conscient que votre vie ne doit pas être facile, jongler avec les journalistes, la rue, je comprends facilement qu’il vous faut manœuvrer avec précision et habileté pour vous protégez encore et encore, des ragots, des sous-entendus foireux qui briseraient une réputation de femme bien sous tous rapport. Ce sont les petits problèmes qu’amène la notoriété et qui vous font préférée et c’est tout à fait justifié, l’anonymat de la Grèce.

Je ne cherche pas à vous nuire, je ne le pourrais pas. Je suis loyal et droit, n’ayez pas peur de moi. Qu’imaginez-vous ? Que je veux vous promenez sur les Champs Elysées, faire la tournée des clubs de Paris à votre bras ? Allez au casino de Deauville en votre compagnie ? Que j’ai pu faire un pari minable avec quelques crétins ? De toute façon, je n’ai pas d’amis, juste quelques relations sans intérêt. Que croyez-vous que je cherche ? Faire le crétin sur un plateau de télévision, la célébrité kleenex pour 15 minutes chronos ? Les querelles de clocher de la télévision me laisse froid. Au mieux, j’en souris. Je reconnais qu’au départ, c’est la vanité qui m’a poussé à être autant sûr de moi, ce sacro-saint optimisme orgueilleux dans le feu de l’action qui me colle à la peau. Est-ce une tendance négative que d’avoir confiance en soi ? Comme, chantait Taï Luc le chanteur de la Souris Déglingué. Je sais, s’engager est difficile, on vient vite à penser que l’on ne vous aime pas comme il le faudrait, la situation est complexe, nous n’avons pas été présenté, l'on ne se connaît finalement qu’à peine, c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de faire simple et pure à la fois. C’est très simple, je ne me voile pas la face, mais n’ayez pas avec moi une réaction par principe, c’est ce que je redoute le plus. Mes sentiments sont profond à votre égard comment pourrait-il en être autrement, vous êtes si merveilleuse de prime abord. Vous seriez fleuriste, rien ne serait différend à mes yeux, je vous appartiens corps et âme, faites de moi ce que vous voulez, ma fidélité vous pouvez compter sur elle, elle est aveugle. Je ne suis qu’une petite molécule mais je vibre pour vous, dans l’espoir de vous voir mienne. Mes mots sont faibles, pour décrire l’amour que je vous porte, votre voix résonne dans ma tête, votre image bouscule mes neurones, vous vivez en moi tout au long de la journée, vous toujours vous, ça tourne à l’obsessionnel car vous êtes la femme idéale. Comment vous dire tout mon amour ? S’il fallait vous suivre en Grèce, je n’hésiterai pas une seule seconde, jusqu’au bout du monde, loin du marasme Parisien. Je ne crois pas à l’amour passionnel et destructeur, je crois dans l’amour total, solide, sans réserve ni infidélité, basé sur la communication et le respect de l’autre. Partagé entre raison et sentiment, j’ai choisi mon camp, j’ai littéralement pris le parti des lois du cœur, les seules qui m’inspirent et me font vibrer, je sublimerais donc au-delà de tout principe fondé sur le raisonnable, dans la vie, sur le web ou ailleurs.

Christophe

Le 21 septembre 2004

Ma chère Nana,

C’est un terrible capharnaüm, des cartons partout, mes parents qui stressent mais nous serons prêts pour notre déménagement. J’ai réfléchis, ma lettre précédente n’était pas extraordinaire, en dehors des passages vous concernant le reste ne méritait pas d’avoir été écrit. J’ai bien réfléchi et j’en arrive à la conclusion suivante. Je ne peux rester à rien faire, j’avais un projet de radio diffusé sur le Net sur un site de chroniques musicales, mais cela ne se fera pas, des problèmes techniques insurmontables et un budget trop faible empêchent sa réalisation. Donc, je me retrouve bullant comme un paresseux sur sa branche. C’est en regardant votre émission qu’il m’est venu une idée, pourquoi ne pas faire ce que j’ai réalisé sur mon site. Je m’explique. J’avais réalisé des petits programmes de 13 mn sur les publicités des années 50 et 60 américaines, bien sûr, tel quel, ils ne sont pas exploitables mais complètement revu et corrigé je pense que cela peut faire quelque chose de pas mal. Ces pubs sont intéressantes, un petit texte, une réclame et hop le tour est joué. Mon approche est prudente toutefois, des questions restent en suspend. Quel format ? 6 minutes, 13 minutes, 26 minutes ? Mon rôle dans ce projet, bon je peux écrire les textes, mais dois-je passer devant la caméra ? Ou laisser la place à une charmante jeune fille où à un leader d’opinion ? Je ne sais pas et le problème reste entier, en ce qui concerne la diffusion. Je vois bien ce programme sur TV4, un peu décalé assez tendance, cela pourrait peut-être les intéresser. Mais reste le problème principal : la production. Je me demande si je ne pourrais pas proposer ça à Paf Tévé. Je me pose la question. Evidemment, je ne compte pas sur vous pour leur en parler. Je ne veux pas être aidé. Hors de question que vous parliez de ce projet à Marc-Olivier, je vais envoyer un courrier avec un exposé des motifs, une petite bafouille et on verra bien ce que cela donnera. Pour l’instant mon idée n’est pas mûre, je dois la laisser reposer un peu et ensuite, j’enverrai mon papier. Je ne veux pas que vous interveniez, d’abord, parce que je ne veux pas vous dérangez, par ailleurs je dois agir seul comme un grand garçon qui vient d’avoir 38 ans. Comme je vous le disais plus haut c’est en regardant votre émission du 18 septembre qu’il m’est venu la révélation de continuer mes programmes de vieilles publicités. Ce sont les titres des Nouvelles en images “ fin de banquet ”, “ nouvelle star ”, “ elles ne sont pas toutes comme ça ”, “ promo sur le queer ”, “ pub ou réclame ” avec ces titres l’idées à germer, pour devenir pour l’instant encore assez vague mais je ne désespère pas que cela soit finaliser d’ici un mois, en tout cas pour ce qui concerne la présentation du dossier pour Paf. Je vais le faire parvenir à Nicolas P. et après “ attendre et voir" l'on verra bien si j’ai une réponse favorable ou pas. J’espère au moins un rendez-vous. “ Promo sur le queer ”, ha, ha , ha, nous verrons bien comment va réagir Marc-Olivier, ça devrait lui plaire des vielles publicités. Les gays sont très sensible aux modes, et puis cela à un petit côté “ pensionnat de chavagnes ” un peu nostalgique, un brin désuet et carrément suranné. Je ne voudrais pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais je suis confiant pour l’instant. Le plus difficile est de savoir sous quelles formes réaliser la chose. Devenir présentateur ? Très sincèrement, je ne sais pas si je dispose du physique pour cela. Je ne suis ni très beau ni très moche. Personne ne se retourne à mon passage, je suis banal. Trouver une charmante jeune fille qui pourrait présenter les séquences, cela se trouve peut-être, je ne sais pas, reste le leader d’opinion, je m’arrête tout de suite sur Claude C. mais: a) Je ne sais pas s'il acceptera, et
b) Je ne sais pas, s'il sera bien dans son rôle.
Le problème reste entier. Le format maintenant, court ou plus long ? Je n’en sais strictement rien, je crois en fait que le concept est là et bien là. Les pubs américaines on ne les voit que dans "Culture Pub" et le plus souvent, elles sont récentes. Alors que celle que je recherche doivent être kitches, marrantes, ou simplement dans l’air du temps de leur époque respective Bon, je vais y penser sérieusement une fois installé à Deauville. Je sens que l’air marin va être favorable à mes réflexions.

Je vous aime.

Christophe

Deauville, le 23 septembre 2004

Ma chère Nana,

Ca y est, je suis à Deauville. Le déménagement s’est bien déroulé en 48 heures, je suis à nouveau opérationnel. L’appartement est très agréable, blanc avec mes meubles noirs cela a son petit effet, ce n’est pas des Roche & Bobois mais bon. Je suis très loin du sénat mais très près de la mer. Tout rentre dans l’ordre. Chaque chose retrouve sa place. J’ai réfléchis à nouveau sur mon projet d’émission de publicité et j’en viens à la conclusion suivante, vous êtes la seule qui puisse donner l’ampleur de ce que j’imagine. J’avais beaucoup de chose à penser, cela ne m’ais pas venu tout de suite en tête mais c’est maintenant une évidence, vous êtes la présentatrice qu’il nous faut pour ces émissions. Je ne sais pas où avais-je la tête !? C’est plus calme maintenant, le rush est passé. Accepteriez-vous de présenter ces émissions ? Pour les textes, nous pouvons les écrire ensemble. Je peux le faire seul, ce n’est pas un problème, mes mots dans votre bouche, ce serait pour moi un beau cadeau, nous pouvons le faire ensemble, c’est comme vous voudrez. Je pense que pour le format, 26 minutes suffirait et il faut prévoir 4 où 5 émissions avec dans chacune d’elle des thèmes précis, par exemple : sur la ménagère, les enfants, l’animation, la voiture, ect ect rien n’est définitif je vais réfléchir à tout ça. Pour les passages où vous êtes filmés, je vois bien une grande spirale tournante noir sur fond blanc et vous debout en incrustation, peut être que c’est un peu cheap comme habillage, je ne sais pas vraiment, il faut que je cogite pour trouver le meilleur pour vous mettre en valeur. Le fil conducteur, voilà le topo à l’heure actuelle. Générique (là, il faut que je réfléchisse, je n’ai aucune idée) présentation et discours sur le thème de l’émission, pitch sur les trois premières réclames. Logo animé et diffusion des trois pubs. Logo, Ensuite re-explication sur les trois prochaines publicités. Comme ça, ainsi de suite. Pour le décor, une ambiance 50 peut être, je ne sais pas vraiment. J’hésite encore avec la spirale où des meubles 50 et 60 cela risque de gonfler le budget de la production.

Deauville, le 24 septembre 2004

Ma chère Nana,

Je suis maintenant parfaitement installé, la rue est un peu bruyante, c’est le seul défaut de l’appartement mais heureusement ma chambre donne sur une sorte de cour qui elle, est très calme. J’ai hâte de voir à quoi va ressembler l’émission. J’ai terminé un cédérom contenant des publicitéss américaines, je l’adresserai finalement à Marc-Olivier c’est lui qui a le pouvoir de décision sur un projet pareil. J’ai sélectionné 10 publicités, écrit un petit programme informatique, placé une image, de la musique et nous verrons bien le résultat. Ayant bien réfléchis, je crois maintenant qu’il ne faut pas s’arrêter seulement aux années 50 et 60 mais inclure également les années 70. J’hésite à incorporer des publicités Françaises, je ne sais pas encore, une chose est certaine, je veux les meilleures, les plus kitches possible, les plus significatives d’une époque passée. En un mot, les plus surannées.

Deauville, le 25 septembre 2004

Ma chère Nana,

Rien n’évoque mes lettres dans les programmes de TV4, enfin le silence, je préfère cela. Je viens d’enregistrer votre émission, intéressant, les titres des brèves sont évocatrices, “ l’arrache cœur ”, “ l’amour en danger ”, pas besoin de m’en dire plus, j’ai parfaitement compris. Je ne sais pas où va l’amour que je vous porte, je suis bien conscient qu’il ne mènera à rien, j’en ai l’intime conviction, je ne peux pas vous convenir, je ne suis rien, je dois avoir 150 mots de vocabulaire et l’art de la conversation m’échappe partiellement, le fossé socioculturel est bien trop vaste entre nous et vous ne serez jamais ma femme. Mes rêves illusoires, ces rêves étranges et dérisoires, je dois les laisser de côté pour me plonger dans la réalité, C’est ainsi, je dois faire avec. Pour votre mariage je vous vois bien avec un cadre d’une grande entreprise, un directeur du marketing où un entrepreneur à la tête d’une start-up dans le secteur bancaire. Divorcé avec ou sans enfants, il vous rendra, je vous l’espère heureuse. Cela ne sert à rien de se voiler la face, vous ne m’aimez pas, je vous touche peut être par ma candeur tout au plus. Mon projet de publicité a peu de chance de voir le jour, cela aussi, j’en suis persuadé mais dans le doute, je vais quand même essayer. Et vous ? Toujours votre souhait de finir au journal télévisé ? Vous en avez les capacités mais je vous le déconseille, vous vous enquiquinerez pour pas grand-chose ; vous valez autant que toutes les Carole G. et toutes les Laurence F. de la terre, elles ne vous arrivent pas à la cheville, c’est indéniable, mais c’est encore vous exposez encore plus, en avez-vous vraiment envie ? Enfin bref, je ne sais pas. C’est dommage qu’il n’existe pas un Journal Télévisé à 20 heures sur TV4, vous symbolisez tellement la chaîne. Comment rebondir ? C’est une question qui, je le suppose, doit vous taraudez et pas seulement le matin dans la salle de bain.

Deauville, le 27 septembre 2004

J’hésite sérieusement à écrire mon projet, je sais d’avance que c’est voué à l’échec, alors pourquoi s’embêter ? Je le regrette mais il faut bien se raisonner un peu, cela ne tient pas la route, du début à la fin. Je vous trouve exceptionnelle pour autant vous ne deviendrez jamais ma femme, ce sont les durs lois de l’amour. Il faut se rendre à l’évidence mais c’est si difficile, cela me paraît insurmontable. “ L’arrache cœur ” pourquoi n’avoir pas plutôt reprit “ l’attrape cœur ” le livre de Sallinger ? Je me refuse de voir dans ces titres une quelconque signification. Je porte trop d’attention à des détails. Je vous aime.

Deauville, le 5 octobre 2004

Ma chère Nana,

Une fois encore, j’ai rêvé de vous cette nuit, ce fut très agréable, je ne me souviens pas des détails mais c’était assez pour me réveiller et combler ma nocturne satisfaction. Vous étiez ravissante, une fois encore, dans votre émission samedi dernier, j’adore vous voir les cheveux tombant sur vos épaules. Je vous sens complètement à l’aise dans ce rôle d’arbitre des médias, l’émission est bien rodée, c’est maintenant une petite machine bien huilée, désormais, un peu étroite pour vous.

J’ai abandonné mon projet de programme de publicités avec vous comme présentatrice de choc, je le regrette mais il faut se rendre à l’évidence cela n’aurait pas marché, c’est juste dommage, le concept était trop vague, l’idée mauvaise. Je préfère laisser tomber, ce n’est pas si grave finalement. Toutefois, j'ai des cédéroms de programme courts et je vais faire un numéro zéro de 13 minutes.

J’aimerai vous voir, les cheveux frisés battus par le sel et le soleil, vous voir dans un autre cadre que celui de la télévision, en Grèce ou ailleurs. Je ne serais jamais votre amant, les admirateurs zélés, par principe, ne partagent pas la vie des présentatrices de télévision. Je ne me comprends pas moi-même, comment j’en suis arrivé à idolâtrer une figure des médias . C’est infiniment bizarre. Le personnage m’a tout de suite séduit, femme tronc pour les nouvelles de TV Show au vocabulaire sophistiqué, femme distribuant gage et bon point dans l’actualité des médias, rien n’aurait pu laisser supposer que je tombe amoureux de vous. Tout à fait improbable et étonnant de ma part pourtant il faut bien constater que c’est le cas. Je ne suis pas sensible aux minauderies de circonstances, avec en gros plan des émissions créées pour séduire les téléspectateurs, cela fait parties du spectacle, du jeu, mais ce qui m’intéresse c’est la jeune femme avec toutes ses contradictions et ses interrogations, la profondeur de la magnifique femme que vous êtes. L’enveloppe est remarquable de beauté et de charme, c’est un fait que personne ne remet en cause, tous sont unanimes. Pour ce qui se dissimule derrière la face publique c’est encore un mystère qui me passionne, le peu que je connaisse est stimulant, vous placez l’amour au-dessus de tout, vous ne comprenez pas l’échangisme, autant de valeur que je trouve infiniment respectueuse, cette planète est un bordel, impossible de comprendre mes contemporains sur ces questions.

Je ne crois pas à ces hypothèses de journaleux qui pour vouloir faire un “ bon papier ” se retranchent dans quelques banalités et effets de style. Vous avez bien fait de communiquer dans Résistances, ceci intervenait après le papier de l’Xpress qui complétait le programme de télévision “ L'appartement ”. Vous étiez fondante dans cette émission, vous disiez être en rétention en France, je trouve que vous êtes de plus en plus épanouie et sereine avec votre passé comme de votre futur.

Christophe

Deauville, le 18 octobre 2004

Ma chère Nana,

Ca y est, j’ai retrouvé le goût de l’activité, en effet, j’ai créé une nouvelle interface pour mon site. Le zapping textuel y trouve une toute petite place, ce n’était plus d’actualité, j’ai également fait de sérieuse coupe sombre à travers les rubriques obsolètes. Je vais maintenant réaliser une émission hebdomadaire sur les meilleurs moments de la télévision de la semaine, évidemment, je suis dans la plus totale illégalité, mais temps que je n’ai pas de réclamation, je continuerai. Ce n’est pas un zapping, c’est une véritable émission avec un début et une fin ; placer des séquences les unes à la suite des autres n’auraient eu aucun intérêt. J’espère fidéliser quelques internautes, on verra bien si j’ai des retours d’informations et si je n’obtiens que des remarques, je réagirai en conséquence. Mais je n'attend rien et je n'ai rien à perdre. La première édition est déjà en ligne, je ne suis pas très satisfait du résultat, mes lancements sont trop longs, les textes pas toujours très pertinents, j’ai dû mettre des lunettes de soleil car on ne voyait que mes cernes sous les yeux. Le son est trop élevé, j’ai un souci avec l’étalonnage, ceci dit, je vais persévérer, les prochaines seront, je l’espère, plus proche d’un résultat professionnel. En ce qui concerne le choix éditorial, je sélectionne les sujets en rapport avec le net, les interviews des gens que j’apprécie, les sketches qui m’amusent enfin bref, tout ce qui me plaît de partager comme séquence diffusée sur les six chaînes hertziennes. J’ai longuement hésité à choisir des passages avec des hommes politiques, j’ai finalement choisi que cela soit un programme non engagé, neutre. Dans le zapping de TV4 je trouve parfois qu’ils sont trop militant, je préférais de loi, le “ no comment ” d’Euroforce.

Mon magnétoscope marche quasiment 24 heures sur 24, je suis constamment à la recherche du passage le plus significatif pas forcement le plus insolite. Je renoue avec une occupation passionnante, je ne supportais plus l’apathie dans laquelle j’étais tombé, mais avec ma nouvelle vie à Deauville, le fait que j’ai mon indépendance, également, change la donne, je suis actif et j’ai la chance de faire ce qui me plaît, c’est d’ailleurs, la seule chose que je sache faire réellement.

J’ai lu que vous alliez présenter une émission spéciale sur les élections Américaines, bravo, vous allez être confrontés au direct, je suis persuadé que vous donnerez le meilleur de vous-même. Il est regrettable pourtant, que cette soirée ne soit pas diffusée en clair. Est-ce un véritable tournant dans votre carrière ? Je suis content qu’ils vous mettent en avant pour ce genre d’occasion, c’est une preuve qu’ils vous font confiance et c’est une bonne chose. Une question pourtant m’interpelle : la présence de Bruno G. dans cette émission ! Il s’exprimera au nom de qui ? Qui représente-t-il ? Si c’est au nom des Guignols, s’est placer un peu en deçà la politique Américaine. Je veux bien croire qu’il est un avis, mais sa place dans une soirée pareille, je ne suis pas tout à fait certain que cela soit très judicieux. Il observe la politique à travers le prisme des guignols et ces élections sont d’un enjeu considérable, c’est la place d’un analyste sérieux, pas d’un fanfaron.

Je suis certain que vous êtes sous employée, votre émission c’est bien, vous excellez dans votre rôle qui vous va comme un gant, mais reste à penser au futur. Je me demande dans quelle case vous reverrai-je ? Un talk show comme Marc-Olivier qui tenait la place que vous possédez aujourd’hui ? Une émission d’actualité ou d’investigation ? Une femme qui disparaît du petit écran pour se consacrer à sa famille ? Mystère total !

Christophe

Deauville, le 31 octobre 2004

Ma chère Nana,

Je viens de lire votre interview accordée à Joseph A. pour le site "tévé.fr". Je vous ai senti sur la défensive, un brin blasé par ce qui vous entoure comme si rien n’avait d’importance en France. La Grèce vous manque ? Votre famille peut être ? Je ne sais pas. Vous me donnez cette impression. Je suppose que c’est l’anonymat, le fait d’être une femme parmi tant d’autres en Grèce. Plus je vous lis, plus je trouve que vous êtes exceptionnelle. N’allez pas imaginer que je vois en vous “ un porte manteau à fantasmes ” c’est plus compliqué, vous êtes d’une simplicité déconcertante, sans aucune bonne raison de se battre pour une place future, je n’aime pas le mot fantasme, d’ailleurs je n’en ai aucun. Vous êtes mon égérie, mon éminence grise. Bien sûr, je me pose quelques questions parfois afin de savoir dans quelle émission vous seriez le plus à votre aise, mais c’est surtout pour avoir à dire quelque chose et d’éviter de parler constamment de moi. Je n’attends rien de vous, s’il devait y avoir qu’un sens unique entre nous, je crois que je le s’aurais déjà. J’ai joué au malin la seule fois où je vous ai parlé au téléphone et se fut sans appel. Il ne faut pas chercher plus loin. Est-ce que je vous dérange ? Je ne le pense pas, c’est bien peu une lettre, mais c’est beaucoup pour moi. C’est un petit moment dans la journée que j’affectionne particulièrement. Une sorte de blog pour une lectrice que j’aimerai intime mais qui ne le sera jamais. Ma démarche est spirituel basé sur aucun principe rationnel, je ne veux pas vous faire peur, je suis un peu plus qu’un admirateur mais je ne vous veux aucun mal bien au contraire. Je ne veux rien, je vous l’ai déjà dit. J’ai été malade mais maintenant tout va bien. En fait, il y a quelques années maintenant, j’étais désespéré, la vie à la campagne n’arrangeait rien. Je voulais revenir à Paris et c’est la raison pour laquelle, je souhaitais vivre chez vous, je ne me serais jamais suicidé. Je n’ai jamais été suicidaire, je suis trop curieux de la vie, pour cela, je suis un curieux du lendemain. En revanche, c’est vous qui m’inquiétez, j’avais peur pour vous, je vous voyais entourée par cette bande d’olibrius, un sketch vous mettait en scène chez les guignols, vous aviez des rictus pendant les actualitées de 19h30 qui en disait long sur l’état d’esprit qui régnait avec vos collaborateurs. J’ai toujours été constant avec vous, penser une seule seconde que je puisse vous nuire est une idée saugrenue qui n’est pas fondé. Un “ porte manteau à fantasmes ” complètement stupide comme réflexion qui ne pourrait résumer mes sentiments envers vous, je préférerais une armoire à rêves, je ne sais finalement plus pourquoi, je vous aime. Et ça vous fait peur ? Soyons sérieux…Ce n’est que de l’amour, à prendre tel quel, sans épilogue, sans larmes ni drame. Un amour vain, certes mais qui existe bel et bien dans mon cœur. Ce qui est stupide, c’est cet attachement que j’ai pour vous, cet amour à sens unique, c’est ridicule d’entretenir une telle relation mais je l’assume pleinement, l’amour ne rime pas forcément avec la raison et je suis tout sauf raisonnable. J’ai rêvé de vous faire danser. J’ai appris par les bruits de couloir et les sous-entendus du forum sur la télévision que vous habitiez près du commissariat du sixième arrondissements, que vous avez une Austin mini et un scooter. Faites attention, en deux roues la circulation est extrêmement dangereuse, je suppose que vous l’utilisez plutôt le soir, en raison du stationnement. Soyez prudente.

J’ai sélectionné cette petite compilation de morceaux musicaux que j’apprécie, j’espère qu’elle vous plaira, je l’ai longuement écouté, elle résume un peu, les sentiments que je vous porte, c’est un merveilleux programme pour la voiture, dans les embouteillages Parisiens.

C’est avec un œil critique que je viens de me relire, on peut sans problème parler de niveau zéro de l’écriture. J’écris comme je parle, simplement, c’est ce qui est le plus flagrant. Ce texte que je soumets à votre sagacité doit être bien mal perçu, du haut de vos études de lettre, votre regard sur ma prose à deux centimes doit être pour le moins choqué par ce style d’une simplification extrême. Choqué n’est peut-être pas le bon terme, je ne connais pas celui qui conviendrait, j’aime pourtant trouvé le mot juste, mais mon vocabulaire me fait défaut.

Ma chère Nana,

Me voilà bien déçu, en effet j’ai suivi le zapping avec l’extrait sur le pétomane lors du concert de TV4 au Zénith à Paris. D’une part cette attraction est du plus mauvais goût, avait-t-elle sa place pour marquer l’événement ? Les abonnés méritent-ils un tel spectacle ? Est-ce drôle ? C’est grossier, gras et vulgaire pour couronner le tout. Par ailleurs, dans les gradins on pouvait voir Albert A. pouffant de rire, s’amusant comme larron en foire devant le clou du spectacle, il vient de perdre l’estime que j’avais pour lui, c’est dégradant, affligeant. Comme quoi l'on croit connaître les gens devant l’espace restreint de son téléviseur et puis l'on est dépité de constater ce triste épisode de la vie de TV4. C’est pathétique. De bien tristes gaz en l’occurrence qui auraient pu être évité.

Je vous trouve charmante avec vos lunettes, ça change et puis, c’est aussi vous. Cela n’enlève rien à votre charme bien au contraire.
Quel menteur Antoine C. il dit qu’il gagne 100 000 francs par mois, il crève la bouche ouverte depuis qu’il s’intéresse au cinéma. Acteur pitoyable, improbable réalisateur, le public le boude de plus en plus. Heureusement que sa notoriété fait vendre quelques DVD et son passage dans quelques spots de pubs le fait survivre. Je l’appréciais pour ses émissions mais déjà dans TV Show c’était une forme de déclin. Après ses apparitions pour nous parler de Bruce S. c’était plus que limite. Au fil des années, le personnage lasse, vous aurait-il fait des avances pour que vous le remettiez à sa place en précisant un quolibet qui lui appartient, lors de l'émission du soir ? C’était sans appel, direct et bien envoyé. Avec son air d’éternel premier, aurait-il eu l’impudence d’essayer de vous draguez ? Vous avez besoin d‘un mari pas d’un amant sans futur.

J’ai lu que vous aviez peur d’être prise pour un “ porte manteau à fantasmes ” Je ne connais pas la teneur du courrier que vous recevez mais loin de moi, la pensée de voir en vous ce genre de femme. Je n’aime pas le mot fantasme, je n’en ai aucun. Mais pourquoi cette peur ? En ce qui me concerne, je vois en vous une femme exceptionnelle mais je n’ai pas de fantasmes vous concernant. Evidement je me pose des questions, cela évite de parler seulement de moi. En quoi pourrais-je vous faire peur ? Si cela s’adresse à moi, je ne comprends pas du tout cette position. Enfin bref…je suppose que dans le flot de lettre que vous devez recevoir, c’est l’idée majeure qui doit ressortir, mais pour moi, je le répète, vous n’êtes pas un porte manteau à quoique ce soit, à fortiori à fantasme.

Deauville, le lundi 11 avril 2005

Ma chère Nana

Voici six mois que je ne vous ai pas écris, ce qui ne veut pas dire que je ne pense pas à vous, bien au contraire. Présente, vous l’êtes comme au premier jour, lors de l’émission TV Show, au cours de l’interview de Marc-Olivier. Comment allez-vous ? bien je l’espère. La saison se termine pour votre émission, il est peut-être temps de tourner la page. J’ai pu lire sur le net que Michel D. ne reconduira pas son programme, l’année prochaine. Des rumeurs circulent pour que vous présentiez le 19 H / 20 H dans une nouvelle émission. Cette case me paraît fort approprié pour vous, toujours sur Canal ce qui n’est pas un mal, vous devez maintenant être suffisamment à l’aise pour vous confronter au direct. Si le programme est bien huilé, tout tournera bien. Une simple formalité, comme une lettre à la poste. Entre Maïtena. B. et vous, il n’y a aucune hésitation à avoir. Voilà qui est une excellente façon pour vous de rebondir, avec l’indépendance d’esprit qui vous caractérise, je suis certain que vous vous débrouillerez très bien, ce n’est certainement pas un exercice facile, mais c’est un défi passionnant. La perspective de vous voir et de vous écoutez, cinq jours par semaine me rend particulièrement fiévreux, vous me rendez malade mais c’est si agréable. Je la souhaite à chacun cette maladie. Sur le net, il y a eu l’épisode du "www.nana.com" n’importe quoi. Un ramassis de ragot à la petite semaine, une pelleté de conneries qui valait son pesant de cacahuètes. C’est dingue l’effet que vous déclenchez, je crois que c’est inhérent à la notoriété, la preuve en est que je suis là à vous écrire, comme un amoureux transit par les affres de l’amour. Cette histoire de site vous concernant était ridicule, TV4 a dû peser de tout son poids pour l’interdire. Je crois que c’est surtout le fait d’un jeune téléspectateur car c’était maladroit comme démarche, gauche. Enfin bref, une bêtise. En revanche j’ai trouvé un article dans L'organe qui est carrément méchant, a propos du passage d’Arthur dans votre émission. Ils n’ont pas prit de pincettes et ils vous allume en bonne et dû forme. Le pire c’est qu’ils n’ont pas forcement tort, je suis le premier à prendre votre défense, mais j’avoue que cet article m’a laissé perplexe. Reprenant votre interview avec cet Arthur, ils ont su faire mouche en expliquant la place qu’il occupe dans Pif, paf, pouf production. C’est regrettable cet incident, il fallait s’y attendre. Ce sont les aléas de ce métier, il faut faire un choix et la raison de ne pas le bousculer était, j’imagine, calculé. Marc a probablement dût avoir son mot à dire sur la question. L’article n’a pas une très grande envergure, les retombées sont minimes, bien qu’il soit bien présent sur la toile. Votre cuir se durcit, “ Maître de son image, l'on peut très vite en devenir victime ” Il faut s’attendre à ce que ce genre de choses arrive, cela fait partie du jeu. Je me demande qui tient les manivelles de L’organe, ils semblent être très remontés contre TV4. Je vais suivre ceci. Sur le plan politique, ils sont complètement en dehors du temps mais c’est nouveau et curieux.

J’ai lu également une interview, une sorte de questionnaire du quotidien Farogi, vous concernant. J’ai encore eu le plaisir de vous lire et de découvrir une femme atypique dans le monde si vulgaire de la télévision. Une fois de plus, vous êtes passionnante, hors du commun, votre petit copain n’imagine pas la chance qu’il a. Je suis certain qu’il ne vous mérite pas, mais si vous l’avez choisie, je respecte ce choix. Qu’importe qui il est ? Qu’importe ce qu’il fait ? C’est un homme comblé et je l’envie. “ Usage du psy : Intensif ” Comme je l’envie, également. J’aimerai être le psychiatre et l’amant, je crois que les deux fonctions sont complémentaires. Si vous aimez la sincérité, le rôle de l’un peut avoir un effet bénéfique sur l’autre. Je ne conçois les relations amoureuses que dans cet ordre, bien évidemment je n’ai jamais pu mettre en application ce que j’affirme ici, un jour peut être… “ Le plus beau compliment qu’on puisse vous faire : porter un regard bienveillant sur moi, sans préjugés ” Alors là, je suis complètement en phase avec ce que vous venez d’affirmer, je ne sais pas d’où ça vient. Je suis plutôt assez critique à l’égard de tout le monde. Tombé sous le charme dès les premières apparitions, je ne me reconnais pas vraiment. Remarqué, je vous trouve tellement différente parmi le gotha des personnes de la sphère publique que je ne pouvais passer à côté du sublime ; sans être happé par l’excellence qui émane de vous. Pas étonnant qu'Alain, vous est contacté, alors que vous étiez en poste ailleurs. A entendre les gens, qui passent pour une raison ou pour une autre à la télévision, chantent, ou sont acteur de cinéma ou de théâtre, c’est fréquent ce genre de démarche, d’écrire des lettres enflammés pour avouer tout son amour et qui bien évidemment restent sans retour. Je vis ce genre de phénomène, c’est une sensation étrange, un peu ridicule, j’ai un peu honte de moi…La honte n’est pas le bon terme, je me sens un brin désuet, les amoureux s’écrivent-ils, à notre époque ? Des SMS peut être ? Qu’importe ! J’ai décidé de ne pas être raisonnable. Mais c’est la sensation que j’éprouve et la raison pour laquelle, je ne vous aie pas écrit depuis six mois. Je me trouvais ridicule. Personne n’est au courant, pour cette correspondance à sens unique, je n’en parle à personne même pas à mon psychiatre. Je ne vois d’ailleurs pas qui pourrait s’y intéresser. C’est mon jardin secret. Une porte sur un caractère bien fait avec une plastique parfaite (et quelques schtards) et plus je découvre la femme, plus irrémédiablement, je fonds devant une élégance rare. Unique. Radicalement attachante. En fait, j’envisage constamment, le fait que vous me trouviez lourdaud, ou sans intérêt comme le connard de service, je doute terriblement comme tout bon pessimiste. Ne suis-je pas le crétin qui envoi sa prose de manière régulière ? Un gnangnan ? Il faut savoir prendre des risques et j’ai déjà fait le choix, celui de vous aimer, comme l'on recherche le côté frais de l’oreiller avant de s’endormir. Nous sommes le mardi 12 avril, il est 16H15, j’entends les mouettes qui braillent à l’extérieur, le temps change au maussade, j’écoute “ Blue Valentine ” de Tom Waits et je pense à vous. Que faites-vous donc en ce milieu d’après-midi ? Ecrivez-vous ? En réunion de travail ? Montage d’un sujet ? Est- ce passionnant ? Autant de questions qui sont sans réponses mais cela n’est pas le sujet. Je pense à toutes ces lettres, ces emails qui vous sont parvenues. Je suis passé par tous les stades de la folie douce et parfois dans des états de démence meurtrière avec des textes violents. Un cri silencieux où seul le cliquetis sur les touches du clavier sont témoins. J’aurais été incapable de faire le moindre mal à qui que ce soit, quelques soliloques de malade, des épouvantails plein la tête. Je vous ai laissé des messages sur votre répondeur, la première fois il s’agissait de déjeuner avec vous, car j’avais d’importantes informations à vous faire part sur le rachat de Paribas par la BNP, vous aviez fait intervenir la sécurité de Canal qui m’a ensuite téléphoné. A l’époque je dormais 4 heures par nuit, je ne prenais pas mon traitement régulièrement, je parlais tout seul et avec une vague sensation d’être exceptionnel, c’était certain l'on m’attendait quelque part et si cela était dans un hôpital. Non seulement paranoïaque mais également mégalomaniaque et érotophobe. La hantise du complot me paraissait la réponse à tous mes maux et à travers tous ces emails j’exorcisais mon mal être. Je vous attendais depuis 1998. Jusqu'à mon dernier souffle, je ne retomberai pas dans ces crises, je ne connais pas de rechute depuis 2000. Je sais ce que j’ai, les médicaments sont très au point et sans trop d’effets secondaires.

Depuis le double meurtre de Pau, les médias stigmatisent la schizophrénie. Il n’y a que les médecins qui ne disent pas de bêtises et ils restent prudents et nuancés dans leur propos. Il y a 600 000 schizophrènes en France, 1% de la population mondiale est atteinte. Les crimes restent des cas extrêmes, bien réel certes, je ne les nie pas. Chez ces patients, les cas de suicides sont 12 fois plus important que chez un individu sain. Cette saloperie a gâché ma vie, qu’importe après tout, j’aurai pu évoluer en chaise roulante où aveugle de naissance…

Je crois en vous comme les premiers jours, si ce n’est plus encore. J’espère que votre journée se déroulera bien. La mienne s’achève et je viens de passer un très agréable moment en votre compagnie, vous n’êtes pas très loquace mais le peu que je connais de vous me convient parfaitement. Nous avons, je le crois, abordés tous les sujets brûlants de notre actualité réciproque. Faites attention à vous, vous êtes précieuse, bien plus que vous ne le supposez. Si vous êtes déçue ou s'il n’a que peu d’égard vous concernant, lâchez-le qu’il soit Grec, Moldave ou présentateur vedette. Vous méritez, un homme d’exception“ a love supreme ”. Vous venez d’avoir 37 ans, tout est possible et à votre portée, ne changez pas, vous êtes véritablement unique et irremplaçable. L’association du charme et de la présence d’esprit, c’est une chose qui n’est pas donné à tout le monde, vous avez un énorme capital et j’ai confiance en vous. je vous aime, sur le net, dans la vie où ailleurs.

Christophe

Deauville, le 19 avril 2005

Ma chère Nana,

Comment allez-vous ? Passez de bonnes vacances ? Dans deux phrases, je me veux sympa, comme si nous nous connaissions depuis des lustres, c’est obsessionnel, je n’arrête pas de penser à vous, je suis un cas cliniquement très atteint. Vous occupez mon esprit de jour comme de nuit, c’est assez curieux comme symptôme mais je n’ai pas envie de guérir. Une telle dévotion, pourrait avoir l’air saugrenue, j’en ai vaguement conscience, mais bon…

Albert A. a bien baissé dans mon estime, depuis que je l’ai vu, s’amusant comme larron en foire devant le triste spectacle du pétomane pour les vingt ans de canal. (une séquence est passée au zapping) Comme quoi, l'on peut être séduit et déçu tout aussi vite. L’image triche t-elle ? Sans aucun doute, oui. On s’imagine des montagnes sur un individu et voilà qu’il rit à gorge déployé sur un sketch sordide, affligeant et de très mauvais goût. Non, Albert, je ne regrette plus de ne pas t’avoir rencontré dans la vie, et puis très franchement, je ne sais absolument pas de quoi, nous aurions pu parler. Ceci étant dit, je reviens à notre égérie fatale. J’ai découvert un site perso “ Nana Café ” qui vous concerne directement, quelques photos, un forum vide, visiblement les internautes sont peu nombreux à le visiter. J’ai fait des recherches sur L'organe, ils sont probablement de la tendance libertaire, des anarchistes qui flirtent dans les mouvances alter-mondialistes d’extrême gauche. D’après ce que j’ai lu, je les ai trouvés un brin antisémite et militant pour la libération de Bertrand C. c’est dire le niveau de ces types…Donc rien de très sérieux dans leur déclaration, rien qui ne puisse vous nuire directement, bien que que cet article vous concernant représente un incident regrettable.

Votre première vocation “ Nonne vétérinaire ” Ha, ha, ha, c’est loupé, quoique en y réfléchissant bien et si l’on considère que les téléspectateurs sont des brebis égarées, c’est presque réussi. Je trouve fascinant que vous vouliez rentrer dans les ordres, j’adore ça, je suis catholique athée, mais je trouve étonnant l’impact de l’église sur les civilisations. Moi également je voulais être vétérinaire quand j’avais huit ans et auparavant je voulais être routier car on pouvait écouter la radio en même temps que conduire, j’écoutais énormément la radio étant enfant. RTL, Europe, à cette époque la bande FM n’existait pas, le transistor était roi. “ Bergère en Céphalonie ” Comme c’est touchant, je voudrais bien être votre chien de berger, un bon toutou dévoué et fidèle pour garder moutons et brebis qui souhaiteraient aller voir si l’herbe est plus verte de l’autre côté de la barrière. “ la sincérité ” Je ne peux être plus sincère, vous me captivez, je ne pourrais pas être différent, d’ailleurs, je ne vois pas tellement ce que j’aurai à gagner de ne pas l’être avec vous. Vous me fascinez. J’entretiens à votre égard une sorte de culte et mon regard est bien plus que, seulement bienveillant. Des préjugés ? Je n’ai pas le sentiment d’en avoir eu, je ne m’intéresse qu’aux faits, vous concernant. J’ai parfois dû être maladroit, abrutis mais c’est toujours dans l’optique de vouloir être plus proche, avec des hypothèses peu pertinentes. Très honnêtement, je ne suis sûr de rien, je me contente de vous suivre dans vos déclarations en n’écoutant que vos réponses, les journalistes vendent leur salade mais il n’y a que vous qui m’intéressez au final. Je ne vous reproche rien, vous menez votre vie comme bon vous semble, je vous veux heureuse car vous le méritez, vous êtes l’excellence. La population vous attribue des aventures que vous n’avez pas ? Grand misécordieu, par tous les saints  ! Laissez les baver, c’est triste mais vous suscitez, au même titre que beaucoup le contrecoup de la notoriété, que cela ne vous empoisonne pas la vie. Vous suivez une psychanalyse, cela doit engendrer un sacré recul, sans nul doute. Je vois mon psychiatre tous les mois c’est exclusivement pour l’ordonnance mais c’est un moment que j’affectionne particulièrement, c’est une femme et nos conversations pendant une demi-heure sont très constructives. Pour quelqu’un avec un rythme d’enfer comme le vôtre, s’accorder un moment et penser à voix haute, cela doit faire un bien considérable. Mesurez, analysez, appréhendez, faire des choix, c’est autant de temps gagné sur les événements qui s’enchaînent. Si je devais organiser un repas, vous seriez à ma gauche, mais pas loin l'on pourrait retrouver Marcel Aymé et Boris Vian. L’un comme l’autre laissent derrière eux une œuvre marquante et originale. Un film ? Sans hésitation “ Les ailes du désir ” de Wenders. “ Cobra Verde ” de Herzog et “ Le tambour ” Au final, une sélection très Allemande, mais il y a aussi Jim Jarmush, David Lynch, Cronenberg, Ridley Scott, Scorcese. Un acteur ? Michael Caine, Klaus Kinski, Patrick Mc Goan, Philippe Noiret. Une actrice ? Lauren Baccal, Sharon Stone, Isabelle Huppert.

J’obtiens un succès (n’exagérons rien) inespéré avec mon site web. Depuis avoir pris un nom de domaine. je comptabilise près de quinze visites par jour et ce sans faire aucune publicité, le nombre de “ hits ” est aussi bien supérieur que dans les versions précédentes, quatre mille en moyenne par mois et cela ne cesse d’augmenter. Je suis arrivé à un stade où l’état de mes compétences sont atteintes, j’ai beau me creuser la tête pour l’améliorer, je ne trouve rien. La télévision ne m’inspire plus, aucune séquence ne mérite une diffusion sur le site. J’attends la Télévision Numérique Terrestre (en septembre) mais les programmes semblent bien décevants. Peut-être que la diversité me donnera l’envie de continuer, mais pour l’instant je reste dans l’expectative.

La musique comme psychotrope ? C’est très juste, je peux même dire qu’elle m’a sauvé la vie. Plutôt “ bluesie ” votre sélection, en dehors de Tom Waits, je n’ai aucun de ces albums dans ma discothèque, nous ferons, chambre à part si cela ne vous dérange pas, ainsi nous ne nous déchirerons pas en lutte intestine pour savoir ce que nous écouterons. Malgré tout, comme je suis très tolérant et curieux, quand vous serez absente, j’irai écouter vos disques en cachette et il n’est pas dit que je les trouve à mon goût. En ce moment, ce qui tourne en boucle sur ma platine, ce sont les deux premiers albums de Nina Hagen, respectivement de 1978 et 1979. Ce n’est pas tout jeune mais ça a bien vieillit, l’orchestration est bonne, sa voix envoûtante et les paroles en Allemand donnent un brin d’exotisme détonnant. Bon, depuis qu’elle est bouddhiste son travail est moins intéressant, si toutefois l'on n’appartient pas à cette religion mais des “ mantra ” accompagnées à la guitare sèche et au tambourin, je n’accroche pas une seule seconde. “ Hare Krishna, Hare Lama ” pendant quatre minutes au minimum, non merci, ceci étand dit avec cette allemande, je ne peut pas m'empécher aux cimetièrex qu'ils ont construit, il y a peu…Donc, j’ai jeté aux oubliettes Krichna avec ce disque de cette souris grise à la voix de cantatrice et je préfère nettement ses débuts. Je reste très attaché aux années 76/82, un brin nostalgique ? Non pas du tout, mais c’était encore une époque où la musique n’était pas tout à fait un business comme les autres. Aucun formatage, une représentation quasi nulle dans les médias et une bonne dose d'adrénaline lors des concerts. Je me revois à la fnac étoile m’offrir pour Noël l’album des Clash “ London calling ” en 1979. Quelle claque dans mes jeunes oreilles. Mon premier album de rock et certainement l’un des meilleurs. Désormais, j’écoute les radios indépendantes sur Internet, quelles bouffées d’oxygène ! Après Nova et autres Mouv, Ouifm, ou FG sur la bande FM. L’internet a permis cette révolution, cette évolution, je ne me permets pas de télécharger de la musique sur le net, 1) C’est du vol,
2) On y récupère également des virus.

Les radios sont réellement un plus, incontournables mais la télévision sera probablement la prochaine révolution du net, bien que des expériences ont échouées au début de l’aventure du net, je crois que l’on peut s’attendre à voir arriver une multitude de programme en tout genre venir inonder la toile. Je sais que des accords ont été conclus entre Microsoft et Alcatel sur la télévision sur IP. Je ne me prends pas pour un gourou à la petite semaine, d’ailleurs quand je me relis (rapport d’activité sur le compact disc interactif) je me trouve pitoyable de naïveté, mais bon il y a eu le dvd, et je ne me suis trompé que sur un standard et c’était en 1992. A ce jour, les rares tentatives de télévision sur Internet, ce sont des robinets à clip vidéo : Yazoo Tv, Ministry of sound, Yahoo Usa et j’en oublie. Quand tous les industriels du secteur auront défini des normes techniques, tout ira sans doute plus vite. Donc, l'on peut s’attendre à ce que des nouveaux médias hybrides voient le jour, comme ce fut le cas avec les radios. Finalement, ce qui différencit la radio de la télévision sur le net ce sont les caractéristiques techniques. Avec unz transmission 512 k on peut écouter la radio dans des conditions excellentes. Avec 1 Mo ou plus, le tuyau est largement supérieur et supporte une diffusion broadcast. Internet n’a que dix ans d’existence et il a subi plusieurs métamorphoses, l’email, l’E-commerce explose, les langages de programmation ont évolués, et toutes ces améliorations vont continuer. Un secteur dont l’optimisme était surévalué, qui a vu sa bulle financière et spéculative partir en fumé, mais il faut avouer que les plus pugnaces ont finalement réussi leur pari. Vingt millions d’internautes en France à ce jour. Des fusions importantes chez les professionnels des logiciels du secteur. On n’a pas fini de parler d’internet, la révolution numérique est en marche, a dire vrai je ne sais pas ce que cela va avoir de bon ou de mauvais, mais elle est en marche, inexorable et définitive. Un gadget de plus ? Un outil ? Nous verrons bien ! Sur ce, je vous souhaite une très agréable journée, riche et passionnante. Sur le net, dans la vie où ailleurs.

Christophe

Deauville, le 23 avril 2005

Ma chère Nana,

C’est avec attention que j’ai suivi TV Show de samedi dernier. A vrai dire comme chaque semaine pour ne rien vous cachez, mais vous deviez vous en douter. Philippe T. est un remarquable acteur, les extraits diffusés étaient saisissant, je l’ai beaucoup apprécié dans “ Capitaine Royan ”, le film de Bertrand T. S’il est bon acteur, je crois qu’il ferait un piètre homme politique, j’ai sentis qu’il n’avait pas bien compris l’épisode Goyemard, l'homme politique. On lui a reproché de ne pas avoir dit la vérité sur son patrimoine, il a sciemment mentit avant que le “ canard ” ne l’épingle en beauté. Après sa démission, on pouvait toujours taper sur l’ex-ministre des finances cela n’aurait rien changé et à ma connaissance, je n’ai pas l’impression qu’il y ai eut un  “ acharnement ” sur sa tête. C’est tout à son honneur de vouloir être un politique mais je crois qu’en fait, il y a mélange des genres et que venant de la société civile, il ne rencontre qu’obstacle et difficulté s’il devait s’engager. La représentation des hommes politiques dans les médias audiovisuels est soumis à un contrôle rigoureux, vous l’avez évoqué, je ne crois pas que Nicolas S. a eu plus qu’un représentant de la gauche. Bref, je le préfère en acteur, il ne m’a pas du tout convaincu. La classe politique a besoin de sang neuf, après tout pourquoi pas lui. Mais sans mon bulletin de vote. Quoi d’autres ? Ah oui le chorégraphe de l'école des Star, mielleux, gentil pas forcement désagréable mais sa complainte “ être à la hauteur ” ne vaut pas vingt centimes et puis c’est d’une mièvrerie ridicule, je n’accroche pas une seule seconde, mais l'on peut s’attendre a ce qu’il en vende des milliers avec la grosse artillerie TV1 derrière… Et Fiontel, il n’a peur de rien et est prêt à toutes les cascades, si vous le voulez bien. Son grand écart vis à vis de TV1 est tout de même très osé, je trouve terriblement malsain l'ambiance qu'il a évoqué mais il y a peu de chance, pour que je l’invite dans mon salon, c’est épidermique. C’est l’individu que seul l’argent guide, l’éthique est chez lui inconu, pour résumé : une merde, dans un environnement de merde. Tout ce que j’exècre. Point barre.

Alors comme ça vous passez Devo dans votre émission ! Bravo, un groupe incontournable à mes yeux, du moins pour les premiers albums. A partir de “ new traditionalist ” ils ont commencés à s’essouffler et la pêche des débuts a fait place à une lente déclinaison de tout ce qui à fait leur originalité. Après les avoir vu en concert à la fin des années quatre-vingt, j’ai trouvé qu’ils avaient beaucoup vieillis et surtout beaucoup grossis, ils présentaient une surcharge pondérable sur scène pas très photogéniques. C’est un souvenir sans intérêt…Je garde une bonne image de la période 1976/1982, mes fameuses années musicales que je chérie plus qu’aucun autre moment. L’autre jour, j’ai failli acheter les deux premiers albums de Air, j’aime beaucoup le titre je crois qu’il s’appelle “ kelly watch the stars ” je ne suis pas très sûr. Et puis finalement j’ai acheté Moloko avec un DVD de l’intégralité des clips vidéos. Je regrette amèrement, ce disque est une daube sans nom. Du disco sauce 2000, je craque néanmoins sur le titre qui ont fait leur succès. Un seul pour l’intégralité de leur production, c’est un peu court pour me faire acheter leur album. Mon prochain achat pourrait bien être Air ? Après tout, je sais à peu près à quoi m’attendre. Ils sont Versaillais, avant d’habiter Paris j’ai passé mes dix premières années à Versailles. Je garde un bon souvenir de cette tendre enfance pas encore corrompue par la capitale et ses lumières. A l’époque, nous habitions entre l’église et les jardins du château de Versailles. Une famille bien sous tous rapport. Je n’avais pas encore remis en question la parole de Jésus en doute, j'étais sans conscience. A Paris quand ce fut chose faite, un aumônier a commencé à me parler de Marx et là ce fut le commencement de la fin. A douze ans, la vie de jésus me paraissait un odieux mensonge pour en calmer quelques-uns. Je ne devais remettre les pieds dans une église qu’à l’occasion de baptême et de mariage. Une foi prise au vif, désarçonné par des prêtres piteux et galeux. Je ne vis pas dans les limbes, je suis catholique mais avec de profonde discordance avec l’église d’aujourd’hui qui ne me ressemble pas, c’est une de mes contradiction, je l’explique volontiers. Je ne crois pas en une entité divine, mais le fondement de la civilisation occidentale repose sur deux milles ans d’histoire judéo-chrétienne, ce qu’il ne faut pas négligé. Et puis il y a deux mille ans, compte tenu des moyens de communication de l'époque, l'on pouvait mieux contrôler les femmes et les hommes et leur croyance. J’ai été choqué par “ Adolf II ” La parodie des Guignols, que va faire l'executif ? Et la direction de TV4 ? Va t-elle prendre des dispositions à l’encontre des auteurs ? Je m’en moque finalement, ils ne me font plus rirent depuis des lustres, mais malgré tout, je regarde tous les soirs, par curiosité…

Dans votre émission, vous n’évoquez jamais Internet, je suppose que c’est un choix éditorial mais peut-on négliger aujourd’hui ce média incontournable ? Xavier D. était le spécialiste du web sur TV show, aucun journaliste ne travail sans aujourd’hui, alors ? Pourquoi ce mutisme ? Et dire qu’avec des idées simples Yahoo a fait son succès, en reprenant une liste de site et ensuite a réussi à convaincre les agences de presse de faire passer leurs brèves sur leur site. Une idée simple qui vaut des millions aujourd’hui, comme quoi le net est pour certain un Eldorado. Sans avoir fait d’enquête préliminaire, je vous parlais de la télévision sur IPTV (télévision on Internet Protocol) et bien en fouillant un peu sur Google, j’ai trouvé que Numéwire (une filiale de TV4 à 100 %) avait déjà cinq chaînes du group en accès direct sur le net. Ils offrent même une sorte de “ 6 minutes ” des régions, un comble pour une filiale du groupe. Par ailleurs en cherchant des infos sur le skateboard avec l’inévitable Google, j’ai remarqué que les grands journaux de sports extrêmes ont tous été rachetés par Temps Wagner, c’est dire l’importance qu’a prit le net comme terrain pour la bataille des médias. J’ai un copain avec lequel je faisais du skate dans les années 1980 qui est maintenant le président d’une marque de chaussure et d’une ligne de vêtement aux USA. Il fait travailler 400 personnes et d’après ce que j’ai vu, il mise beaucoup sur l’Internet. Le site de la marque est une mine d’information sur tous les sports actions, c’est un support marketing efficace et le moyen de diffuser ses produits. En Europe, l'on est trop frileux, ce concept n’est que peu exploité. Je ne porte pas dans mon cœur des gens comme Alain L. mais il faut reconnaître que la politique de la boite en matière de nouvelles technologies était innovante et risqué (les animateur sur le net, Paris Virtuel, ect ect). Cela n’a pas atteint les objectifs souhaités mais c’était une bonne entrée en la matière, cela se termine avec des milliers d’euros de déficits, il faut savoir parfois prendre des risques, rien n’est vraiment écrit à l’avance, d’ailleurs si cela l’était on le saurait… Je ne sais pas pourquoi, je vous raconte tout ça ! Je suis peut-être à mille lieues de vos préoccupations ? Je ne tiens pas pour journal cette correspondance, je vis une solitude que j’ai du mal à supporter certes. Prenez ces lettres comme elles viennent, sans but, sans attente, un livre ouvert sur les sentiments que j’éprouve à votre égard, bien que cela ne soit pas réciproque (comment le pourraient-ils ?) Je vous aime bien, vous êtes un ovni dans ce petit monde du Paf. Je vous ai suivi tout au long de vos pérégrinations sur l’écran de ma télévision. Je me souviens de tous les instants qui m’ont poussé à oser un rapprochement de nos âmes respectives. J’ai traversé tous les stades de la folie intérieure, si cela était à refaire, il y a de fortes chances pour que je le refasse à l’identique, je ne sais pas, vraiment, vous me captivez et cela j’en suis certain. “ La télévision, l’opium du peuple ” je suis accro, à la limite de l’overdose, et c’est comme un produit stupéfiant de savoir que je suis lu par une personne que j’estime au plus haut point et ce, sans flagornerie de bas étage. Je comble le vide de ma vie raté. Je n’ai plus envie de plaisanter avec mes blagues à deux balles, je suis grave et pathétique, d’une provocation “ No future ” je suis tombé dans la réalité de ces deux mots qui me collent à la peau comme du synthétique brûlé. Il ne me reste que mes disques comme antidépresseur et j’en use et en abuse. Ne parlons plus de moi, on m’oubliera, on m’oubliera vite.

A en croire, les résultats de l’audience de samedi soir, TV1 et sa Eternity Dance a fait un flop. Que pensez-vous de votre compatriote Nicos A. ? Des rumeurs circulent sur votre relation avec lui. Je n’ai jamais suivis un programme entier qu’il présentait. A mes yeux, je le trouve simplement insignifiant. C’est le prototype du bellâtre qui doit plaire aux femmes, un brin viril avec des poils partout. Une grande gueule, genre Bernard T. le mâle aux fortes épaules, et au moindre mouvement avec des auréoles sous les bras. Je ne suis pas tendre, ce sont peut être des préjugés débiles, mais de ce que j’ai vu de lui, notamment à l'école des Star, je trouve qu’il rabâche un peu, il finit par arrangué une foule qui est toute dévoué à ce genre de programme en se répétant toutes les cinqs minutes. C’est un peu facile et certainement pas très compliqué. Le travail d’un Jean-.Luc D. est plus acrobatique, plus alerte, il connaît en général bien son sujet. Le problème reste entier pour tous les présentateurs/producteurs il faut être concentré sur la durée. Ils cherchent de nouveaux cobayes pour leurs émissions, les sujets s’amenuisent, ils leurs faut trouver sans cesse de nouvelles idées pour perdurer. Entre ces deux personnages, pour moi aucun doute possible. Je préférerais vous imaginez avec un Jean-Luc D. qu’avec un Nicos. Ceci étant dit, vous êtes complètement libre d’organiser votre vie comme bon vous semble et je suis persuadé que c’est le cas et je respecte vos choix.. Je vous donne mon point de vue qui n’a que valeur de conseil extérieur à la société du spectacle. Pour résumé, je vous vois plus avec un entrepreneur, un producteur qu’avec un simple chauffeur de salle au charisme d’un jeune cervidé. Mon avis n’a bien évidemment aucune valeur, mais mon devoir est de le faire partager. Je referme cette parenthèse aussi vite qu’elle n’est apparu, finalement c’est votre vie privée. Je ne vous reproche rien, prenez cela comme ça vient, sans grande valeur, il ne m’appartient pas de vouloir vous trouvez un amant, avec tel ou tel caractéristique. Je ne fais pas ni de pronostique ni une ingérence dans vos histoires de cœur. Quoiqu’il advienne, je vous crois assez “ Smart ” pour faire un choix judicieux.

J’attends la rentrée pour savoir si vous serez dans la case 19/20 Heures sur TV4. Je l’espère. Prenez soin de vous.

Christophe

Deauville, le jeudi 28 avril 2005

Ma chère Nana,

Une semaine chargée en rumeur et bruits de couloir de tous poils. Vous êtes vraiment magique, vous me faites faire des trucs carrément incroyable. Jamais je n’aurai pu imaginer en arriver là. Chose abracadabrante, cette semaine j’ai acheté “ Ici Secret ”. J’ai été très discret dans le magasin, j’ai dissimulé le journal rapidement après avoir tendu, penaud, la monnaie à la caissière. J’ai honte, mais après avoir vu par hasard ce qui fait leur titre, je n’ai pas pu résister. La tension trop forte, l’envie d’en savoir plus, je devais être concierge dans un hôtel dans une autre vie. L’article est minable, tout repose sur le titre. Votre virée en Grèce, avec Antoine C. il n’y a que ça à retenir. C’est sur cette seule information que l’article se base. Je suis maudit pour sept générations, j’ai acheté “ Ici Secret ” au moins une fois dans ma vie et à cause de vous. Déjà, il y avait des rumeurs sur “ usenet ” bon bah pourquoi pas ? Je crois que l’information s’est vérifiée toute seule. Etes-vous heureuse ? Oui je suppose ! Donc tout va bien dans le meilleur des mondes. Je ne peux pas dire que cela m’enchante de vous savoir avec ce bonhomme.

Vous voyez en effet, je ne peux pas dire que je l’apprécie cet Antoine, enfant gâté du petit écran. C’est qu’il ne doit pas être tout jeune ? cet enfant du rock, Il a une cinquantaine d’années, environ ? Je l’aimais bien pour certaine de ses émissions, il y a plus de vingt ans et puis le temps a fait son œuvre de destruction. Aujourd’hui je le trouve, décevant en tant qu’acteur ou comme réalisateur. L’important c’est que vous soyez bien avec lui. Il y a pire comme fréquentation et vous savoir avec lui, m’inspire certes un brin de jalousie. Est-ce qu’il a été contacté pour faire “ La ferme et ses amis ” ? Ouh, je suis méchant, il n’est pas si “ dépassé ” tout de même ! enfin si un petit peu. Il a eu son heure de gloire et maintenant il essaye d’exister malgré tout. Restez sur vos gardes et s'il vous déçoit, quitter le sans arrière pensée. Je ne veux pas que vous ayez mal, pour rien au monde. Vous ne méritez pas d’avoir du chagrin. Protégez-vous au maximum. Vos vacances en Grèce ont dû être agréables, l’annonymat, le climat clément malgré la saison, tout devait être réunis pour que vous passiez un agréable séjour. S’est-il bien comporté ? Se mouche-t-il dans les rideaux ? c’est un rockeur, il ne faut pas l’oublier, bon d’accord pas “ Né aux USA ” mais Porte de Vanves, avec les rouflaquettes et les santiags. Bon j’arrête de vous embêtez avec lui, je suis cruellement jaloux mais je respecte votre coup de cœur. Quand vous viendrez à Trouville, venez faire un tour à Deauville (la ville qui compte le plus de Mercedes au mètre carré) Je vous recommande “ Le Village ” on y boit de très bon cocktails. J’ai un faible pour le “ Long Island Iced Tea ” Ambiance feutrée, musique douce, accueil chaleureux, si vous voulez sortir et être un peu tranquille, c’est l’endroit qu’il vous faut.

Il y a une drôle de polémique autour de Bruno G. il aurait été espionné par la direction de TV4 ? C’est quand même un peu fort. Le staff aurait pu prendre ses précautions avec l’espion de service. Très, très mauvais pour l’image de la boite. S'il gagne son procès cela risque de coûter cher. Il faut avouer que cela ne ce fait pas. Lire son courrier, écouter ses communications, l’espionner, c’est complètement dingue cette histoire. Je n’en reviens pas. En parlerez vous la semaine prochaine ?

Aujourd’hui, alors que je promenais la chienne de la famille le long de la plage, j’ai vu Arnaud V. il vote non au référendum. Ses théories fumeuses sur l’Europe me laisse froid, je suis convaincu, je vote oui. Le petit écrivaillon pourfendeur du libéralisme vient passer ses vacances ici, c’est son droit, mais pour la cohérence ! Zéro. Il y a deux mois Karl Z.et sa femme dînaient dans la pizzeria la plus fameuse de Deauville. Voilà j’ai commencé avec “ Ici secret ” je continu avec les potins du 21 éme arrondissements de Paris. Je m’en moque au plus haut point. Le zoo est ouvert toute l’année, mais il est recommandé de ne pas donner à manger à ses résidents

. Je vis dans la plus grande confusion, en vous écrivant régulièrement, je sais que ces missives ont un impact limité. C’est ridicule d’entretenir une telle relation, voué désespérément à l’échec. Comme je vous l’ai déjà dit, je n’attends rien, je ne recherche rien de particulier, vous me fascinez, personne sur terre ne me fait un effet tel que vous. A chacune de mes lettres, j’attends l’impact “ Ring the bell ” Le très à l’heure rendez-vous de l’inconnue de dix neuf heures quarante-cinq. Je confirme le fait qu’avec vous lorsque vous quittez un homme, vous lui dites “ à toute à l’heure ” et que vous ne rappelez jamais. Un défaut que vous auriez tendance à vouloir changer. Je n’attends, d’ailleurs rien du service après vente, ma démarche n’a rien de rationnelle, je ne me l’explique pas. Finalement, ce n’est que de l’amour à sens unique. Dans mon désert affectif, vous êtes l’oasis, vous avez toute mon affection et mon profond respect.

Le samedi 30 avril 2005
Très intéressante émission de ce jour. Bon Dalida ce n’est pas exactement ma tasse de thé, de toutes les façons, je ne regarderai pas. Je ne lis pas la collection Arlequin, donc ce programme n’est pas pour moi. L'on parvient mieux à comprendre les raisons d’un tel acharnement à vouloir flouter les émissions. Le CSA veille, la peur du procès, on ne voit plus que ça dans les reportages, dossier bien traités et des réponses claires et précises. Excellent montage des émissions de Pierre B., drôle, surprenant, du travail d’orfèvre dans les archives de l’INA. Bravo ! Il est très fort ce Pierre, il n’a pas dit une seule bêtise, tout en restant très pro, clair et humble. Je l’aime bien ce dinosaure de la télévision, absolument rien à redire sur son interview.

Je vous ai concocté une petite compilation, je voulais le faire depuis longtemps et puis après quelques recherches, je crois avoir trouvé l'essentiel. Voici donc quelques psychotropes, pour soigner le syndrôme de l’amour. J’ai l’impression de ne pas avoir vieilli depuis mes vingt ans, je réagis de la même façon depuis mon adolescence, c’est grave, docteur ? Vous préférez maintenant, peut être… ? “ Bruce S. ” ou “ Doctor F. ” ce choix vous appartient. Non, en fait, je plaisante, mais maintenant que vous êtes avec votre vieux beau “ has been ” je m’autorise quelques libertés. Il a encore de beau reste, son ultime erreur réside d’avoir surestimé l’ampleur de ses moyens, en devenant acteur puis réalisateur. Reviendra t’il à la télévision ? Mystère, mais à vouloir être trop gourmand, parfois l'on se brûle les ailes. Je ne suis rien du tout, zéro parmi les zéros, une petite molécule de merde et la seule chose qui me reste, encore, c’est mon esprit critique. Je me dois de vous faire part de mon ressentie, c’est un devoir, un but ultime, vous m’êtes trop précieuse, je n’ai pas envie de tricher avec vous et je n’ai pas le sentiment, une seule seconde d’avoir dérogé à ce principe. Quoique que vous fassiez, je resterai le plus fidèle de vos téléspectateurs et le plus attentif de vos admirateurs. Permettez-moi seulement d’avoir un avis. Sans haine, ni peine.

Christophe

Deauville, le 2 mai 2005

Ma chère Nana

Je ne reviendrais pas sur votre idylle, la presse à scandale en fait ses choux gras, il fallait s’y attendre. Moi, ce qui m’intrigue cette semaine c’est l’affaire Pierre M. On a pu voir le bonhomme hier soir, ses explications sont vagues, il n’était pas à son aise et son affaire sent le pétard mouillé. C’est un coup pour faire parler de lui, il n’a aucune envergure. Des livres, il en a vendu quelques uns, il n’est même pas sûr qu’il soit le réel auteur. Visiblement, ses interlocuteurs n’étaient pas la direction de la chaîne. Un démenti de TV4 fini par contredire tous ses propos. Toutefois, si la direction a donnée un ordre pour espionner Bruno G. ils ont dû prendre leurs précautions. Le principal intermédiaire démissionne pour mieux se défendre. Pas d’ordres formels, rien qui ne puisse supposer que cela vient d’en haut et à fiortiori externe à TV4. Les journalistes s’interrogent et demandent des éclaircissements sur cette affaire. C’est formidable l’ambiance qui règne chez vous ! Remarquez, derrière Bruno G. l'on trouve sûrement pas très loin les syndicats, qui on le sait, dans les coups tordus sont parfois pas les derniers. Evidement l’affaire est évoqué par les guignols de ce soir. Ils en font trop, ils usent et abusent, cette histoire ne vaut rien, elle se dégonflera comme elle est apparu. La chaîne est depuis sa création, une télévision de gauche. Cela ne me choque pas, c’est un contre poids dans le Paf, face à TV1 et NT6 qui s’affichent moins mais avec une perspective de droite. Et puis c’est une façon comme une autre de toucher un certain public. La vision politique de la plupart des émissions est parfois sidérante, la peur du complot à tous les étages, le journaliste seul face à l’odieux hydre capitaliste, témoignant de sa lutte pour la vérité dans un monde sans foi ni loi. C’est souvent caricatural à l’extrême, un scoop toute les semaines, quelle santé ! Je suis bien persuadé que Karl vote à droite et pourtant ses limiers sont vraisemblablement dans l’autre camp. En fait, je pense que la politique telle que je l’entend est une chose sérieuse, le ton de la dérision ou de l’humour n’a pas sa place dans le discours politique. Faire cohabiter les deux est une cruelle erreur. Les plus jeunes sont souvent victimes de ce double langage et tombent dans le panneau. Pour moi, c’est clair quand j’écoute un politique, je ne fais pas le lien avec une quelconque marionnette, mais parmi les téléspectateurs, combien tombent dans le piège ? A contrario, lorsque j’écoute une marionnette, je sais à qui j’ai affaire : les auteurs, et au prisme de leurs divagations “ humoristiques ”. L’humour en politique c’est réducteur et annoncer la brioche avec le parcours politique, l'on s’en passerait bien. Ce genre d’amalgame profite aux extrêmes et nuit à la démocratie. A force de dire : tous pourris, on fait le jeu d’une droite proche du maréchal Pétain et d’une gauche fidèle à Staline. Je regarde avec attention les émissions consacrées à la constitution et j’avoue ne pas avoir entendu de bêtise, de la part des partisans du oui à gauche comme à droite. Les clivages stériles n’ont pas lieu d’être dans ce débat. Votez non, pour contrecarré le gouvernement est idiot, cela n’a rien à voir, c’est déplacé le problème et en faire une question de principe imbécile. Pour moi tout est clair, je vote oui à l'Europe.

J’ai été un peu déçu par l’émission de Pierre B. avec ses incroyables histoires. Je l’imaginais en face d’une caméra, derrière un bureau, ménageant le suspense jusqu'à la fin. Les séquences où il apparaît sont très courtes et entrecoupés par des comédiens qui témoignent de la véracité de l’histoire. Ces séquences sont, pour la plupart mal jouées, elles n’apportent véritablement rien aux histoires. Au final, le programme est un peu long et n’est pas très adapté à la télévision. A la radio, ce format était tout à fait naturel, alors que maintenant c’est un peu “ trop”. Eléphants Productions a voulu enjoliver la formule, c’est un peu raté et c’est dommage.

En errant sur la toile, j’ai trouvé par hasard votre email. Je ne l’utiliserai qu’à bonne escient, je ne vais pas “ spammer ” votre boite. Je risque d’avoir quelques problèmes avec mon imprimante qui ne fonctionne plus très bien. Si cela devait être le cas, pas de panique, j’en ferai usage avec parcimonie.

Je n’ai pas pour habitude de m’étendre sur mes faits et gestes que cela soit au téléphone ou dans d’autres circonstances, mais surtout au téléphone, sur mes communications, j’ai un argument de choc qui désarçonne toutes velléités dans savoir plus “ Pour mes communications, j’ai choisis la pré-selection ” ça calme tout de suite très vite, que cela soit pour un sondage comme pour une curieuse. Je n’ai pas le sentiment d’être insolent, Je vis dans mon rêve et ce n’est pas si désagréable.

Entouré par la direction de la communication de TV4, je me demande parfois si les réponses à vos interviews ne sont pas influencées par les directeurs de la communication. Les réponses du Gafiro, sont toutes assez stéréotypées, elles envoûtent obligatoirement le lecteur. Je suis le premier touché, mais il y en a pleins d’autres, je suppose. La retranscription de l’interview du Gafiro sur le net, dans un forum m’apparaît comme troublante. Est-ce une opération de communication ? Cette proximité avec les dircoms est-elle bien nécessaire ? L’émission “ L'appartement ” a t’elle été vécue comme un élément déclencheur de cette prise en main ? Je ne le saurais jamais. J’ai lu pour ainsi dire toutes vos interviews parus sur le net et ce, depuis le début. Le charme a agit à chacune d’elle. Maintenant que vous êtes avec le pur produit maison de la boite, j’imagine que cette relation à toute l’attention des expertes en communication. Vous êtes aussi une très belle vitrine qui suscite et c’est bien normal, tous les soins de la direction. Loin de moi, l’idée que vous pourriez être un porte manteau à fantasme, pour la simple raison que je n’ai aucun fantasme. Quand aux autres , je ne sais pas. Que vous le vouliez où non, vous faites maintenant partie des “ people ”. Comme je vous sens loin de toute cette publicité qui vous ai faite. Même en Grèce, vous n’êtes plus à l’abri. N’attendez pas de répit à ces charognards de paparazzi et autre Presse Extra, car vous êtes maintenant très exposée.

Deauville, le 3 mai 2005


Ma chère Nana,

J’ai appris que vous ne prendrez pas la place de Michel D. à la saison prochaine. Je suis déçu. Un plateau avec vous en maîtresse de cérémonie, cela aurait pu en scotcher plus d’un…Ce que je disais à propos de Jean-Luc D. sur la difficulté de se renouveler s’avère vérifiable aussi pour les autres. C’est un “ brainstorm ” permanent pour savoir comment agir demain. Marc et son désir de présenter le 13 Heures, je crois qu’il n’y parviendra pas, sur T2, ils misent tout sur cette petite sotte de Carole G. Elle ne comprends pas ce qu’elle raconte. Je préfère de très loin Benoît D. qui s’en tire très bien en remplacement de Christophe H. Devellopement d’enquête est également une très bonne émission, selon les sujets, je la regarde avec plaisir.

Deauville, le 4 mai 2005


Ma chère Nana,

Je me demande ce que vous lui trouvez à ce cow boy ? Fidèle à mon image, je vais être sincère. Non seulement, je le perçois comme “ has been ” mais, en plus, tout son parcours. Cela ne vous a pas sauté aux yeux ? J’ai regardé une demi-heure un téléfilm, c’est une catastrophe. Il a le caractère court des enfants gâtés et une très haute estime de sa petite personne. En 1987, alors que je préparais un mémoire sur les vidéos clips, j’avais approché sa boite de production. J’ai obtenu les renseignements désirés, sa collaboratrice était parfaite. En plus de la plaquette de cette boite de prod, il y avait une sorte de curriculum vitae, certes, à prendre au second degrés, mais tout était rédigé à la troisième personne du singulier. Alain D. n’aurait pas fait mieux. Finalement dans ce désert des émissions de djeunes et de moins jeunes, il a occupé une case qui n’existait pas auparavant et son nom a plus que joué pour lui. Je suivais avec attention ces émissions, j’appréciais, mais ce n’était pas révolutionnaire. Rien de culte qui laisse, réellement une trace dans la mémoire collective. Je suis certain que dans un soupçon de conscience, en quittant la télévision pour vouloir “ faire du cinéma ” C’est la chape de plomb de ses origines qu’il a voulu abandonner et vouloir enfin exister avec son “ talent ” propre. C’est loupé, n’est pas acteur qui veut. D’ailleurs aujourd’hui, il n’a aucune actualité en dehors de celle que vous partagez. C’est maigre. On le sort du placard afin de sortir un DVD des meilleurs moments de TV Show. Je ne suis pas fan, faire l’apologie de la fumette, à l’époque certain évoquait encore le mot “ drogue douce ” dans le discours politique, à présent, ils sont tous unanimes. Pour revenir à votre amant, toujours prêt à nous vendre sa salade sur son éternel idole. Le bonhomme sort son dix neuvième album cette année. Les Stones à partir de 1970, l'on a commencé à se méfier. Alors le plouc “ né aux états-unis ” non merci. Je me demande s'il garde ses bottes pour dormir votre rocker ? Et son blouson en cuir avec un aigle dans le dos ? Je ne peux m’en empêcher mais cette association digne de la carpe et du petit lapin me fait tordre de rire. Je suppose que sa côte de popularité sur TV4 doit être à son plus haut point. Un vendeur de sketches à deux balles emballé dans un coffret DVD, ça doit rapporter tout de même ; Sans parler de toutes les minettes qui lui on écrit durant cette funeste période et auxquelles il n’a pas daigné répondre. Remarquez sur ce point, vous faites la paire. Ce mutisme s’explique parfaitement, je ne vous en veux pas, à votre place, il y avait de forte chance pour que je réagisse de la même façon. En tous cas, je n’aurai jamais pris la grosse tête comme votre “ fils de ”. Cette union me laisse dubitatif, je suis consterné. Vous n’aviez vraiment personne d’autre sous la main ? d’un peu plus.. comment dire… Brillant. Un saltimbanque raté, un looser publique, voici ce qu’il m’inspire. Je parle en toute connaissance de cause, moi qui suis également un digne représentant de la “ looserie ” mais pour des raisons médicales, exclusivement. Ceci étant dit, vous faites strictement ce qui vous semble être le meilleur pour vous. C’est votre vie privée, après tout.

Quand on prend un peu de recul et que l’on observe jour après jour le pif, paf, pouf, il arrive d’être surpris par tel ou tel événement. Je m’interroge sur le bien fondé de la stratégie de TV4. “ No sports ” comme disait Churchill. Il faut réellement un retour d’investissement important pour placer 600 millions d’euros pour une année de championnat.

Ce n’est pas une chaîne de télévision, c’est aussi un magasin vidéo. Je vous rappel la date au cas où vous l'auriez oublié, Le 3 mai 2005. Les finances restent en déça des espérances du groupe. Le groupe finira-t-il vendu ? L’arrivée de la TNT va peut être réduire les budgets publicitaires consacrés aux six hertziennes ? La télévision sur IP va-t-elle révolutionner les moyens de diffusion ? Rendant ainsi obsolète le satellite, l’ADSL, le câble et par la même la transmission par antenne râteau. Dans dix ans, l'on peut s’attendre à tout. L’internet n’a que dix ans. Revenons un peu en arrière à une époque où mon ordinateur affichait des séquences vidéos de la taille d’un timbre poste, aujourd’hui l'on peut lire des DVD sur des PC à 600 euros. Sur quelles débouchés aboutiront les accords entre Microsoft et Alcatel ce dernier étant l’inventeur du procédé ADSL et le premier le leader des systèmes d’exploitations pour PC ? La Gamebox de Microsoft, la PS2 de Sony se transformeront-t-elles en boite magique où cohabitera : télévision, Internet et Jeux en Réseaux ? La VOD (video on demand) va t’elle exploser comme le téléchargement ? On est en droit de se poser toutes ces questions, ce monde me passionne et vous ?

Christophe

Deauville, le vendredi 6 mai 2005

Ma chère Nana,

J’ai, peut être été un peu rapide dans ma conclusion sur votre Antoine, mais le peu que je connaisse du personnage ne me fait pas sauter au plafond. Je suis attisé par une sorte de jalousie à son égard. Toutefois, je ne peux m’empêcher d’exposer mes ressentiments avec sincérité et loyauté. Je me fais un devoir de ne rien laisser passer qui ne soit pas le réel reflet de ma pensée et par ailleurs le soin à votre perspicacité d’en faire le tri.

J’ai suivi mercredi soir l’émission de Phillipe L. avec votre Antoine. La première des choses qui m’a frappé lors de l’interview, c’est le “ un peu schizophrène ” Ce mot est galvaudé, exprimé, à toutes les sauces. Je ne supporte pas que l’on puisse l’utiliser sans en connaître la définition. Rien à voir avec un certain dédoublement de la personnalité. C’est une maladie grave, handicapante, qu’une personne saine empreinte ce terme pour faire un bon mot dans une conversation, me révolte. La seconde chose n'est finalement pas très loin de ce que j’affirmais dans mes précédents courriers. La télévision qui aux yeux de ses parents n’était pas (ne devenait pas) un métier très convenable. L’opportunisme du bonhomme devait l’emmener loin des chemins tout tracés. Je ne lui reproche pas d’avoir bifurqué vers d’autres horizons, bien au contraire c’est plutôt courageux. Et si certain, on cru voir en lui un bon acteur et bien pourquoi pas ! ? Leur mauvais goût ne me tracasse pas, je penserais simplement que l'erreur est humaine. Bien que je pense profondément que ce n’est pas une vocation tombé du ciel ou un déterminisme lié à une quelconque filiation. Je ne peux m’empêcher de penser à Lino V. car, avant d’avoir une “ gueule ” il avait du talent. Quant au fait de ne pas savoir ou poser sa caméra le matin, lors d’un tournage, à mon avis, c’est plus grave. Car le story-board, c’est fait pour ça, encore faut-t-il en avoir un. On a cette impression que c’est finalement l’équipe qui soutien du bout des bras le réalisateur (Pardon, par le saint Caribou, je voulais dire le metteur en scène). Si en plus, l'on s’aventure à traiter des sujets comme Napoléon, qui par ses exploits a réussi à mettre l’Europe à feu et à sang, on lui taille un short en bonne et dû forme au lieu de le sacraliser comme homme déchu. Point positif, toutefois, l’évocation d’Arsène Lupin. Maurice Leblanc a habité mes jeunes années avec son héros cambrioleur, à travers ses livres. En tout cas, l’égocentrisme qui plane durant toute l’interview est suffocante Pour finir, et ce que Phillipe L. chuchote à mi-mots, en fin d'interview, c'est qu'il faut mieux être que paraître. Le problème entier réside ici et vous y êtes associée. A la différence près, c’est que vous, je considère que vous êtes Nana.

Après avoir passé une nuit en région Parisienne, je suis de retour dans mon antre, mon Q.G. Dans la voiture qui nous ramenait en Normandie, j’ai imposé ma sélection musicale. Norah Jones, en l'occurence. A toute heure de la journée, vous êtes présente dans mon esprit, les rares fois où vous n’apparaissez pas, c’est lorsque j’entame une conversation avec un tiers. Dans mes lectures actuellement, je suis à la moitié de “ Promesse de l’aube ” c’est littéralement génial, J’ai découvert quelqu’un d’immense grâce à vous. Romain Gary. Quelle fluidité d’esprit, quelle facilité dans la narration en précisant avec justesse, tous les détails qui le lie à sa mère comme de son enfance. Je ne savais pas qu’il avait été ambassadeur de France sur la côte ouest des USA, ni son passé en tant qu’aviateur pendant la seconde guerre mondiale. Je connaissais l’affaire Emile Ajard, son suicide en 80, un film avec Philippe Noiret. mais c’est à peu près tout. Je suis transporté, agréablement subjugué par le talent de cet homme. Un très fin psychologue qui écrit d’une manière remarquable. Mon prochain livre sera “ pseudo ” je vais le commander, dés lundi. Vous m’avez conquis encore un peu plus. Avec la lecture de cet ouvrage, je vous dois beaucoup pour ce confort intelectuelle que vous m'apportez. J’ai lu également deux pages de Julien Gracq, du “ Rivage des Syrtes ”, c’est trop peu pour réellement avoir un avis, j’ai choisi la page 36 au hasard, on y parlait d’amour. Je lirai “ Un beau ténébreux ” le titre m’a tout de suite paru intriguant. Si je pouvais vous recommandez un livre de Marcel Aymé, deux me viennent tout de suite à l’esprit “ La belle image ” un roman désopilant sur l’art d’aimer et “ Uranus ” lequel doit être remis dans son contexte historique, un roman après l’épuration de 1945, une grande leçon sur la bêtise humaine. J’aime bien Faulkner aussi, Fante, Easton Ellis, Coupland, mais les traductions ne sont pas toujours extraordinaire et je n’ai pas la capacité de les lire dans leurs textes orignaux.

Je m’interroge sur un coup de téléphone des plus bizarres, survenu la semaine dernière. Un voix féminine voulait en savoir plus sur mes communications. J’ai pensé aussitôt à vous et coupant court à la conversation par une réponse net et précise. J’ai répondu que j’avais choisi “ la pré-sélection ” ce qui est la vérité. Je m’attendais à une négociation possible, ou, à en savoir plus. L’opératrice fut complètement décontenancée et elle a raccroché. Parlait-t-elle de mes lettres ? Je me fais des films hallucinants. Vous voyez à quoi j’en suis réduit ? Bizarre, bizarre…tout de même. Plus tard dans la journée, j’ai eu droit à la charmante inconnue de 19 H 45 qui s’assure que c’est bien vous et qui vous raccroche au nez, je suppose que c’est une manière courtoise de vous dire “ allez vous faire voir ailleurs ” pour parler poliment. Je vous aime, je ne le fais pas exprès, vous m’attirez terriblement. Rien n’est plus pareil depuis que je vous ai découvert et chaque semaine, je reste rivé à mon téléviseur en cherchant le moindre regard, le plus petit feedback qui pourrait me laisser supposer un brin de complicité entre nous. Quand je lis, “ grand muet et grande muette ” dans le bloc notes d’Eric D. tout me porte à croire que vous commentez avec humour votre très médiatique nouvelle relation. Lorsque j’observe que le reportage sur Jean-Luc D. contient “ Parole d’expert ” je me pose la question de savoir qui a eu une parole d’expert, lui, moi, personne ? Les schizophrènes sont de grands sensibles qui aiment le mystère, toujours à l’affût d’un signe ou d’un autre. Je suis fais ainsi avec mes doutes et mes interrogations, mais ça se soigne avec un bon repas et j'adore le steaks.

Le Samedi 7 mai 2005

Ma chère Nana,

Vous n’étiez pas présente dans le programme de cette semaine. J’ai trouvé Michel D. très bien, très pro répondant aux questions avec aisance, sans en faire trop. Presque 20 ans de Festival de Cannes et il est indéboulonnable, un roc dans ses interviews, un diplomate dans la maison TV4 et une simplicité toujours de bonne facture qui ne recherche pas le sensationnel. J’aime beaucoup son émission "La Grande Télé" tous les soirs, je regarde cette émission. Vous avez choisi de traiter l’affaire “ Martin ” avec une neutralité qui vous honore, rappelant les faits, clairement, simplement sans pour autant, donner une démesure à l’événement. Si cette histoire s’avère réel, c’est très grave pour la chaîne et dans cette période où de nouveaux plans sociaux sont évoqués ici et là, la tension doit être à son comble. Ce soir chez Thierry A. il vient pleurnicher une fois encore arguant au scandale dans une affaire où les dés sont loin d’être jetés. Lors du reportage sur Michel D. à Cannes, le passage avec Iggy Poulpe était illustré avec une chanson des Stranglers, "96 Tears" était-ce un message qui est destiné à votre “ Antoine ” ? Une mise en garde de ce qu’il risque d’arriver “ He’s gonna cry ” ? Je crois qu’il est fan d’Iggy Poulpe. Mystère, mais j’ai l’impression que cette liaison, nous réserve des surprises. Je ne voudrais pas faire des prévisions à deux balles, néanmoins, il ne vous mérite pas, cela, j’en suis sûr et certain. A bonne entendeur “ salut, pourris ”. Dans le bloc notes, la dernière séquence sur les chansons, le titre était “ Change de disque ” Je me suis obligatoirement senti visé. La compilation que je vous ai préparé, je suis assez inquiet pour penser qu’elle ne vous convient pas. Je ne sais pas. C’est peut être le fait du hasard. Comment savoir ? Je dois sûrement me répéter dans mes différends courrier. J’essaye de faire au mieux, je n’écris pas très bien, j’oscille entre des périodes d’euphories et de sombre pessimisme. Mon sommeil est plus long à venir, je vous imagine dans d’autres bras et à quelques kilomètres de mon domicile. Je suis dingue ! Et je suis dingue de vous, maboule au plus haut point. Cela relève de la médecine. Je ne puis m’y résoudre, partout où je vais, votre présence m’accompagne.

Hier soir sur T2, il y avait un excellent reportage produit par la chaîne sur le traitement médiatique de la guerre du Viëtman, de l’intervention à Grenade par les Américains dans les années 80, de la guerre du Golfe et pour finir, le conflit en Irak. C’est stupéfiant, l’analyse était très juste, le Pentagone était mis à l’index, on finissait par découvrir, la véritable censure que l’armée US a mis au point pour donner un visage “ correct ” aux différends conflits auprès de la population. Si vous avez l’occasion de le voir, n’hésitez pas, c’était passionnant et très instructif. C’est un reportage “ contre venant ”.

Dimanche 8 mai 2005

Bruno s’est plutôt bien comporté chez Thierry. Je m’attendais à pire, son avocat a dû mettre les pendules à l’heure et ses conseils ont portés. Pas d’attaque frontale avec la direction de TV4, visiblement, l'on s’observe et personne ne tire de conclusion à la hâte. La justice a en main, les éléments du dossier. On verra bien la suite donné à cette affaire. C’est curieux, en ce qui me concerne, je veux bien être espionné, flicé, je n’ai strictement rien à me reprocher. Quant l'on n’a rien de particulier à cacher, je ne vois pas pourquoi, l'on fait une esclandre pareil. Ceci étend dit quand l'on travaille dans une entreprise les choses sont différentes, mais l’affaire est grave et le livre de “ Martinet ” précise que l'espion était en charge, éventuellement, de faire tomber Bruno avec une fausse affaire de stupéfiant ou de viol. A partir de là, cela devient important et très nauséabond.

Dans mon esprit, dans mon corps et dans mon âme, vous êtes présente à chaque instant. Mon temps vous est consacré exclusivement, je ne travaille pas, rien ne me passionne plus que vous. Mes seuls centres d’intérêts sont la lecture, la télévision et l’Internet mais vous occupez la première place. L’élan : le geste que vous préférez chez un homme. Il m’a fait défaut, à trois reprises, avec d’autres femmes. Cela n’aurait pas changé grand chose à ma vie. Finalement des petites gourdes sans grand intérêt. Avec vous, c’est un défi permanent, j’espère que vous pensez à ces mots, plus vite que je ne les dis. Je ne joue pas, j’ai horreur des jeux qu’ils soient vidéos ou autres. Je ne dissimule rien, pourquoi le ferai-je ? J’ai mis mon âme à nu, je vous appartiens tout entier. La fascination que vous exercez sur moi est totale et je sais pourtant exactement pourquoi je vous aime. Vous avez la chaleur des femmes du sud Méditerranéen, comme tous les timides, j’ai une retenue maladive mais quand la glace se fend, je suis complètement barré. Plus débile que moi, j’ai rarement trouvé, si, mon frère est pareil, en pire. C’est difficile de parler de soi, un exercice périlleux, je n’aime pas tellement ça, une certaine pudeur imbécile. Comme je regrette de ne pas avoir le talent d’un “ Gary ” pour vous exposez plus correctement ce que je suis, ce que je vis. Les mots me manquent pour vous décrire comment vous êtes, à mes yeux, précieuse, unique. Depuis votre interview par Olivier dans TV Show, je suis tombé dans les arcanes de l’amour, je n’avais pas tous mes moyens, la maladie m’a fait croire dans des choses erronées, mais dans mes sursauts de conscience, je n’avais Dieu que pour vous. Vous êtes si différente, la vie ne m’a pas donnée l’occasion de rencontrer une femme aussi exceptionnelle telle que vous. J’aime cet esprit à la fois très concentré sur ce qu’il fait et complètement “ délirant ” dans son approche au quotidien. Je suis identique. Méticuleux, pratique, et par ailleurs dans la plus grande confusion parfois. Irrationnel. Pessimiste. Je fais tout comme si demain la terre explosera et dans ma situation elle explosera. Mes parents vieillissent inexorablement. Ce sont les personnes les plus proches physiquement et pourtant si un jour, je devais vous rejoindre, je n’hésiterai pas une seule seconde. Je dois me rendre à l’évidence, ce jour n’arrivera pas, mais l’espace de quelques secondes par jour, il m’arrive d’y penser (et pas seulement dans ma salle de bain, le matin en me rasant). Je suis fou, fou de vous, comme disait Bossuet, l’amour n’existe pas, seules les preuves d’amour existent. Mes lettres sont autant de preuves, les bouquets de fleurs et les cadeaux, j’ai appris qu’ils ne se remettaient qu’en main propre. Selon les semaines, je ne suis pas forcement bon dans mes écrits. Je me répète. Je me distingue peut être par mon imbécillité chronique, mais rien ne me fera changer d’avis, vous êtes la femme, inoxydable, parfaite, idéale. Je n’ai pas pour habitude de m’extasier devant toutes les beauté que je croise. Je suis difficile, exigeant, la plupart sont de toute façon hors de porté. Moi, j’aime vos “ schtars ” sur votre front, ils m’attirent, qu’importe vos vêtements, une paire de lunettes suffit à vous habillez. Je suis un cas, ma raison ne répond pas à une quelconque logique lorsque je suis là à vous écrire. Je distille quelques mots qui ne sont que le dixième de ce que je pense dans la totalité.

Deauville, le 17 mai 2005

Ma chère Nana,

Je reprends mon bâton de pèlerin pétillant, pour vous écrire une fois encore. Je reviens d’un enterrement en Sologne, où l'un de mes oncles est décédé la semaine dernière d’un cancer des os à l’âge de soixante-douze ans. Du fait, qu’il souffrait beaucoup, tout le monde attendait son ultime souffle pour qu’il soit enfin “ libéré ”. Nous avons fait une étape dans un très agréable hôtel avec un parc, l’Eure coulant à proximité. Mes parents apprécient le confort et ne se refusent rien, j’en profite et c’est très agréable, d’autant plus que cela ne sera pas pour toujours le cas. Le temps doucement les usent et ils ne sont pas dans une forme exceptionnelle. L’un comme l’autre, ils ont des difficultés à marcher. Je redoute avec anxiété le jour où ils partiront, ils me sont si chère. Mais bon parlons de choses plus gais !

Alors Cannes ! Comment était-ce ? J’imagine que cela ne devait pas être désagréable. L'émission “ Rectangle ” s’est bien déroulé ? Je me demande dans quel cadre l’émission a-t-elle été enregistré. Vous deviez être comblée, c’est vraiment l’événement international incontournable et TV4 l’invité de marque. Ce n’était pas une ambiance de “ Disneyland ” ? Car, c’est la sensation que l’on peut avoir derrière son petit écran. On sent que le public est très attentif à ce festival, L'émission spéciale a fait des records d’audiences, la chaîne renoue avec le succès et je sens que la page “ esprit TV ” est désormais révolue, il était temps. Il faut savoir vivre au présent et anticipé le futur, arrêtez sans cesse de vouloir ressasser le passé, la période de Pierre L. est belle et bien terminée, dans la "steak culture", et je ne le regrette pas. Les chaînes retenues pour la Télévision Numérique Terrestre laissent une grande place aux filiales de TV4, j’espère ne pas être déçus par ces nouveaux programmes qui arrivent sur le numérique en septembre. J’ai lu “ L’histoire réelle de TV4 ” de Pascal M. On y apprend beaucoup de chose avant l’éviction de Pierre, c’est bien documenté et j’y ai apprit des détails que j’ignorais. La grille est épouvantable en ce moment, sur les hertziennes. Je sélectionne évidemment ce que je regarde, mais pour les téléspectateurs leurs infliger certaines émissions c’est délirant, l'on prend vraiment les gens pour des débiles profonds. Au regard de l’audimat quand FT1 fait un malheur, l'on vient quand même à se demander pourquoi des programmes aussi avilissants soient tant regardés. “ Le chaînon d'Or ”, “ Obscession ultime ”, “ la ferme des amis” ce genre est dégradant et je suis persuadé que c’est dans un environnement rural et faible économiquement que FT1 ramasse ses meilleurs points d’audiences. Je me faisais cette remarque alors que nous traversions des petits villages très moches pour revenir de Sologne. La pauvreté dans le monde rural est complètement dissimulée par celle plus apparente des grands ensembles et dans toutes ces chaumières le Bolto et FT1 sont les rois du téléviseur. Aucune place pour la culture, où les emplois sont rares et le potager, une question de survie. Quand est-ce que cela va s’arrêter ? Et le cynisme de Patrick L. sur le  “ temps d'attention disponible ” existe t-il une alternative ? La Télévision Numérique Terrestre apporte du sang neuf, l'on peut espérer que les choses vont évoluer dans le bon sens. Tout le monde est unanime, quand l'on constate ce que FT1 est devenu : une immense machine à laver les cerveaux, Phillipe L. n’hésite pas le dire. Ce n’est pas le fait de sa privatisation, mais ses managers qui sont responsables. Au final, je ne regarde que la grand messe de 20 heures sur FT1, le reste m’horripile sauf peut être “ les décors de l’économie ” et “ la Méthode Cayouette ” quand je tombe dessus après “ Frasks ” et Guillaume D. sur FT2. Et que dire de toute cette publicité qui envahit l’écran de façon récurrente sur toutes les chaînes et qui rapporte des milliards d’euros. J’en ai assez de subir la loi du nombre et que la masse supporte ce qui lui est proposé sans broncher et au pire, l’apprécier. Le formatage est partout sur la bande FM, ou à la télévision. A la radio, je n’écoute pas Inter, mais j’espère qu’ils sont encore un dernier rempart face à la déferlante lobotomisante des autres stations. De la soupe, voilà ce que m’inspire les médias TV et radio actuellement, la seule alternative : le Net. Encore faut-t-il savoir trouver. Je suis trop isolé, je ne partage avec personne, mes passions sur la télévision et sur l’Internet. Mon père et ma mère la regarde très peu, pour les infos exclusivement. J’aurai souhaité vivre une aventure hors du commun et conquérir de nouveaux espaces culturels, ou faire parti d’une équipe, la maladie m’a rendu asociale, complètement en dehors de l’essentiel primordial. Mes années à Paris ont été terrible, j’ai vécu l’enfer, j’avais de si mauvaise fréquentation, que je vivais dans l’erreur perpétuelle. Je me désintéresse partiellement de mon site Internet Terminal-Media, je sais que tel qu’il est, il est visité par dix personnes en moyenne par jour. Quatre mille cinq cent “ hits ” par mois et cela ne me procure aucune satisfaction, juste l’impression d‘avancer dans le néant. Seul, je me demande, tous les jours quelles améliorations je pourrai y apporter et puis, au final, je me dis que ça ne vaut rien et je laisse tomber.

Dans l’émission d'Olivier du 14 mai à l’occasion de la présentation de Guy C. et Jean-louis L. pour l’Eurovision, le “ teasing ” indiquait “ l’association de la carpe et du lapin ” J’ai tout de suite pensé qu’une de mes phrases avait dû faire le tour des rédactions, remarquez, je n’ai pas de copyright sur une de mes lettres idiotes que je vous fais parvenir. Mais, enfin tout de même, c’est avec une certaine stupeur que j’ai entendu ceci de la bouche de Marc. Je ne l’aimais guère et je trouve qu’avec le temps, il s’assagit, il est moins roquet et plus clément mais toujours cet esprit vif, qui le caractérise. Les reportages donnent à l’émission un nouveau ton, un nouveau regard, je l’apprécie de plus en plus. Il a su faire évoluer l’émission, ce qui n’est pas le cas de Thierry.A. qui m’agace au plus haut point, ce ton, ses questions, la bisouille de principe à chaque numéro, n’a pas changé depuis le début ou presque. Systématiquement, je m’endors après le premier invité, c’est dire à quel point c’est passionnant. Quel vitalité, ce P.Sebastien, Marc-Olivier l’a bien épinglé, allez pondre un bouquin sur des boites libertines, c’est d’un goût ! Un sinistre personnage dont la vulgarité n’est plus à prouver… "Vulgos" l’adjectif qui le décrit si bien. Je regrette toutefois que Marc lui ait coupé la parole quand il a commencé à délirer sur l’héritage de mai 68, qui était la réponse d’un tel comportement. On a compris l’essentiel de sa pauvre conclusion, mais ça en dit long. Les gens qui fréquentent ce genre d’établissement, ce n'est pas jolie, jolie, c’est comme dans le milieux du porno, sordide, sans âmes. Quelle horreur ! une sorte de principe comme “ Le sexe hygénique ” comme disait Nietsche, qui, entre parenthèse est mort de la syphilis.

Dans la dernière édition de TV show, j’ai suivi de très près le reportage consacré à la télévision destinée à la diffusion sur les téléphones mobiles. J’avais complètement occulté ce moyen de diffusion dans mes précédants courriers. J’ai voulu jouer au grand spécialiste avec IPTV et j’en oubli les portables, c’est impardonnable, quelle sombre cloche, je suis. Ce que l’on observe et ce que l’on retient dans le reportage, c’est que d’une part :

a) Il y a une réécriture spécifique aux médias mobiles (TLC1 et ses deux journalistes à plein temps pour deux journaux quotidien), 

b) Une éventuelle création originale de la part des diffuseurs (sitcom pour les ados),

c) Une réécriture pour les formats courts de type “ teaser ” (25 heures par jour),

d) Qu'un indépendant sort ses marrons du feu avec sa chaîne destiné aux 15/35 ans et se place en bonne position en terme d’audience

e) Et avec pour finir l’autorisation de la part du CSA donnée aux constructeurs sur des fréquences de test pour intégrer des “ tuner ” aux téléphones.

C'est pour quand 2007 ? Avant que notre mode de consommation de la télévision ne change.

Ce n’est qu’une question de temps, mais ça viendra et certainement plus vite que la télévision sur IP.

Deauville, le jeudi 19 mai 2005

Ma chère Nana,

J’ai rêvé de vous cette nuit, vous donniez une conférence de presse en anglais. Puis, ensuite, nous étions dans une ville d’Europe de l’Est avec des grattes ciels, nous parlions toujours en anglais en faisant des travaux de terrassements dans les reflets bleutés des immeubles. Curieux non ? Complètement curieux comme rêve, mais assez étrange car c’est la première fois que je vous visualisais, d’habitude l'on me parle de vous mais vous n’apparaissez pas. De quoi me mettre de bonne humeur pour la journée. Que faites-vous pour la couverture du Festival du film Américain de Deauville par “ Le rectangle ” ? Viendrez-vous en Normandie pour l’occasion ? Si cela était le cas, il faut absolument que vous dîniez avec moi. Allez, un bon geste ! En quoi mon invitation est indécente ? Nous irions à la meilleure table de Deauville au bord de la manche. Le “ Schiros ” est le restaurant de Deauville. Nous passerons, j’en suis certain, un bon moment. Je ne vois strictement rien qui puisse vous gênez dans cette invitation. Je ne vous demande pas l’impossible, simplement me faire plaisir et vous faire plaisir par la même occasion. L’endroit est discret, vous ne pouvez pas me refuser ça. Cela fait sept ans que j’attend ce moment. Auriez-vous peur que je vous saute dessus, pour vous embrassez ? C’est hors de question, je sais me tenir, je le dois à mon éducation. Depuis toutes ces années, je n’arrête pas de penser à cet instant. Soyez imprévisible, acceptez cette invitation, loin de la bienséance de TV4. Vous ne pourriez me faire plus plaisir. J’ai peu d’occasion d’être heureux, je ne cherche pas à vous apitoyez sur moi, en terme d’existence, il y a pire, mais comme vous êtes une femme atypique, j’ose espérer que vous dérogerez à la règle qui prévaut dans vos métier. Je serai discret. Une vraie tombe. Je ne suis pas un fan, je n’aime pas trop ce mot, je suis bien plus que cela, une sorte d’éminence grise qui planerait comme un ange gardien, avec ses conseils (bien que, parfois, j’estime que vous n’en n’ayez pas besoin) et son libre arbitre.

Je crois qu’à terme, les producteurs de télévision vont finir par devenir diffuseur. Une boite telle que Paf, pif, pouf avec ses filiales finira par proposer aux internautes directement ses programmes, ils finiront par intégrer la publicité en faisant appel à une régie externe ou en la finançant en interne. Cela vaut pour le net comme pour la télévision sur les mobiles. Les enjeux sont considérables. Je l’ai toujours su, il ne faut pas être devin pour l’imaginer. Je l’ai su, dés que j’ai lu que des chercheurs aux USA ont effectués leurs premiers tests en 1999. La seconde annonce qui m’a fait sursauter, toujours à la même époque c’est quand les grands groupes US de télévision par câble ont stoppé leurs travaux de recherche sur le coaxial. Ce n’est pas compliqué de mettre en œuvre une émission de télévision, les moyens techniques sont ridicules, le tout est d’avoir une équipe solide sur le plan éditorial, quand tout le monde sait ce qu’il a à faire et que tout roule sur des roulettes, réitérer l’opération n’est pas difficile. Il faut un flair certain pour faire tourner la machine, vous opérez bien à votre poste de rédactrice en chef, avouez-moi que ce n’est pas si compliqué à gérer. Tous le monde le sait dans le milieu, mais personne ne dit rien, le futur laisse présager des changements fondamentaux, ce n’est pas un hasard si Ebémol a investit dans Pif, paf, pouf. Dans dix ans, l'on va assister à une ribambelles de boite de production de tous poils qui vont se lancer dans l’aventure. Comme pour la FM dans les années 80. Les moyens de diffusion ne sont pas très coûteux, en tout cas, infiniment moindres que le satellite. Je me pose la question de savoir comment les industriels et les politiques vont aborder respectivement le problème. Pour les industriels c’est assez simple, Microsoft, en grande fanfare compatible windows puis viendront les outsiders baissant les prix de manière significative. Ils vendront des licences et des services clés en main. Quand le MPEG 4 sera tombé dans le domaine publique (ce n’est peut être pas pour demain). J’anticipe peut être un peu, certes, mais c’est une réalité tangible et même actuellement. Par exemple, il y a des chaînes qui ne diffusent que des clips et ce à la seconde précise ou vous lisez ces lignes. Ca reste encore très amateur mais le principe est bien présent. TV4 Espace est la filiale du groupe en charge de la VOD, là ce n’est plus de l’anticipation, c’est la réalité. Pour les politiques, ce sera le CSA qui tranchera avec d’une part une déclaration préalable et ensuite un avis d’autorisation, si la loi de 1986 reste en vigueur. Je crève de ne pas être un acteur de cette révolution en marche, de faire des plans sur la comète sans quitter mon logis et convenir un peu plus tard que ce n’est pas concevable. Je ne pourrai continuer mon site qu’avec des extraits “ officiels ” et non pas piller le petit écran pour un pelé et trois tondus. La seule chose qui m’appartient c’est le nom de domaine, espérons qu’un jour je puisse éventuellement le vendre, mais les chances sont minimes. Je suis condamné à végéter, cela me rend malade plus que je ne le suis déjà.. Seul, je ne pourrai rien faire d’autre que d’attendre sur mon rocher la fin du monde car le mien il est enterré depuis longtemps, un désert affectif, un désert social, une petite molécule de merde qui attend gentiment son cancer ou son infarctus comme les autres et ça c’est vraiment dur à avaler. Bonjour chez vous.

Christophe

Deauville, le jeudi 2 juin 2005

Ma chère Nana

Bonjour, j’espère que vous vous portez bien ! En ce qui me concerne, je me sens revivre. Une page de mon histoire vient de se tourner. Depuis deux mille, j’étais sous médicaments, à Dreux on m’avait donné un double traitement Zyprexa et Loxapac, le premier est le médicament le plus performant pour traiter la schizophrénie, cette molécule régule le flux de dopamine dans le cerveau, la dopamine c’est un peu comme l’adrénaline, un excès rend dingue. Il a peu d’effets secondaires, le laboratoire Américain qui le commercialise est le plus réputé du monde, c’est un médicament très chère mais pour soigner mes maux, on ne trouve pas mieux. Loxapac traite aussi la schizophrénie, même s'il remplit bien sa tâche ses effets secondaires sont nombreux et handicapant, léthargie, beaucoup de sommeil, dépression. Ma psychiatre est devenue ma grande amie, elle s’est étonnée de la double médication, elle a réduit la posologie de moitié. J’avais pour habitude de dormir douze à quinze par nuit, j’étais devenu un légume sans motivation, je ne voyais pas les journées passer en me levant à midi, je buvais, seul, comme les alcooliques savent le faire, pour faire bref, je glissais sur une mauvaise pente. Depuis la baisse du traitement, c’est un nouveau monde, je dors six à sept heures, je me lève vers sept heures en pleine forme, prêt à attaquer la journée qui commence. J’ai repris la programmation HTML et CSS qui sont les langages de description des sites sur le Net (il y en a d’autres mais ce sont les plus répandus) depuis une semaine, je suis dans le code jusqu’au cou, j’adore programmer c’est un réel plaisir de finalement corriger les bugs informatiques, c’est parfois un coup de chance. Mon site avait bien besoin d’un relookage, ma technologie était dépassée, j’ai travaillé d’arrache pied pour refaire une nouvelle interface, le plus difficile a été accomplit, je dois apporter quelques modifications mais le squelette du site est terminé. Je ne connaissais que très peu le langage CSS, j’ai appris sur le web, il y a de nombreux cours plus où bien documentés. C’est bien plus difficile de programmer avec ses codes que de faire un site avec SPIP comme le site de David D., j’aime bien la philosophie de Spip, mais le serveur de Tevetel est configuré uniquement pour le HTML, je ne pouvais donc pas utilisé Spip. Je pense avoir terminé mon nouveau site pour le début juillet voir la rentrée en septembre. J’adore ces phases de travail intensif, bourrées de test, de choix, de recherche et développement, j’ai trouvé un nouveau format vidéo, celui de Microsoft, il date un peu mais à 95 %, les utilisateurs pourront le lire. J’ai une technologie maintenant aux standards de Microsoft 98 mais je l’utilise à 100 % et c’est du solide pour le matériel neuf où moins récents, sans oublier le bas débit sur modem RTC. Par ailleurs, dans ma nouvelle ferveur, j’ai réalisé un spot de pub pour le concours Art’Dsl que Tevetel organise. Je vous donne l’adresse en fin de page, j’ai mis votre “ pomme ” dedans, on verra le résultat, je n’espère pas gagner mais c’est un bon moyen pour faire de la publicité pour mon site. Et puis ce qui est formidable c’est de faire “ mumuse ” avec les paramètres divers et variés que vous offrent tous ces logiciels. Obtenir exactement ce que l’on veut avec acharnement et pugnacité, c’est infiniment ludique, bien mieux qu’un vulgaire jeu vidéo, ces processus de création sont très motivant et je me sens en pleine forme pour les exploiter, une nouvelle ère s’offre à moi, il me pousse des ailes dans le dos, je ne désespère pas pour devenir à presque quarante ans, finalement un mec pas trop mal. Presque 20 ans de maladie, je peux envisager maintenant un avenir plus radieux à la conquête du Web. Pour la première fois depuis huit ans, je renoue avec l’enthousiasme, un nouveau vent d’optimisme crétin, mais cela fait énormément de bien pour la tête. Bon voilà, j’ai assez parlé de moi, il fallait que ça sorte, c’est un bouleversement colossal dans ma vie, je ne pouvais le garder que pour moi.

Et vous ? J’ai appris que vous ne ferez pas la prochaine saison de votre émission. C’est un choix ; j’imagine que vous devez avoir de bonnes raisons mais où vous verrais-je dans ma télévision ? A quel poste envisagez-vous d’occuper ? Le rectangle, c’est sans doute bien mais dans la confidentialité de la chaîne du cinéma. Sur le hertzien, dans quelle case va-t’on vous placer ? Moi, du moment que dans la semaine, vous exercez vos talents dans n’importe quel domaine, je suis heureux devant mon poste. Et une émission sur le Net, l’avez vous déjà envisagez ? Je pourrais bien avoir besoin de vous un jour où l’autre. Que vous acceptiez est un autre débat. Vous êtes une fois encore sacrée par les internautes comme la meilleure des présentatrices de télévisions dans votre catégorie et plébiscité comme l’émission sur les médias de référence. C’est toujours satisfaisant de quitter une émission dans ces conditions, ce n’est pas désagréable, non ? Bon je vous laisse, passez une agréable journée, quant à moi, je retourne dans mes codes et mes fichiers. Dans la vie sur le net où ailleurs…

Christophe

Deauville, le samedi 11 juin 2005

Ma chère Nana,

J’ai terminé mon site, je ne suis pas très content du résultat. Ce n’est pas mal, mais ce n’est pas du travail de professionnel, je reste cantonné à faire dans l’amateur. Primo, je ne suis pas un bon graphiste, secondo, en ce qui concerne la programmation, je suis encore dans les vieux standards, certes qui donnent de bon résultat, mais ce n’est pas le nec plus ultra, j’ai essayé de donner le meilleur de moi-même, mais malgré tout je ne suis pas informaticien. Je ne sais pas… J’ai le nez dessus depuis trois semaines, sans savoir si au final, si je m’égare dans mon jugement. Le fait d’avoir rajouté une rubrique de sélection de site me semble judicieux, mais devrais-je me consacrer qu’à ce seul thème ? Ce qui me fait extrêmement plaisir, c’est qu’aujourd’hui, je peux dire que je fais réellement du Multimédia, et ça c’est formidable, j’ai atteind les objectifs que je me suis donné, il y a 15 ans. Maintenant, la prochaine étape, c’est dans vivre et là c’est un autre problème. Ma santé est au beau fixe, je revis depuis un mois, mais je ne me supportais plus, cette apathie, ce sommeil trop long, me pourrissaient l’existence. A presque 40 ans, je me sens comme neuf, alerte et vif comme à 20. Quel temps perdu ! A quoi bon penser à tout ça, le présent comme le futur m’intéresse d’avantage. Dans une semaine, vous présenterez votre dernière émission de la saison, je me demande dans quel état d’esprit vous êtes ? Une page se tourne, vous étiez parfaite dans le rôle d’ambassadrice des médias, finalement à part l’épisode d’Arthur, tout c’est bien déroulé. A la rentrée vous aurez une émission sur le cinéma, je regarderai avec intérêt. Le septième art ne me fascine plus depuis quelques années, mais j’adore ça. Un bon film, c’est captivant, entre les blockbusters et les films intimistes français, rien ne me pousse à franchir le seuil d’un cinéma. Je n’aime pas la grande et sombre famille du cinéma français de gauche, à la bouche des bons motifs, qui ne rate pas une occasion de donner son avis sur tout. Des bobos pour la plupart, sans talent voir sans âme. J’ai hâte de voir le résultat et l’atmosphère de votre nouvelle émission, je suis certain que vous vous débrouillerez très bien. Il y a une chose que je trouve étrange dans votre émission, c’est le nombre énorme de personne qui travaille pour ce programme, c’est ce qui m’a étonné, lorsque vous avez présenté l’équipe, l’année dernière. Une dizaine de personne, au grand maximum, me suffirait, si j’avais besoin de créer une entreprise et vous êtes au moins vingt. Bizarre. Je rêve d’avoir ma propre web-tv, je ne sais pas vraiment. Pour l’instant j’en suis loin, mais c’est un futur proche. Sur leur site Web, les grandes sociétés comme Boréal où DEFI sont déjà à pied d’œuvre. Ils annoncent clairement leur statut en tant que Web-Tv, j’ai lu ceci sur un site qui y est consacré. Vivotan Universita risque d’être un acteur majeur dans cette révolution, ils ont les tuyaux et ce qui rentre à l’intérieur. Le successeur de Jean-René Partou l’a annoncé dans “ la Nouvelle Usine ” il croit beaucoup dans la convergence des métiers au sein de son groupe. Les comptes sont bons cette année, après le fiasco de Jean-Marie Berthier, avec ses rachats de n’importe quoi et à n’importe quel prix. Un certain pragmatisme émerge de la part de Lully, si je pouvais jouer un rôle aussi petit soit-il dans cette grande aventure du Net, je serais comblé. Il faut que je trouve un moyen pour mener à bien cet objectif. Je ne sais pas vraiment comment je vais m’y prendre, je sens que si j’ouvre un placard chez TV4, je trouverais mon bonheur. Des archives, il y en a plein, il suffit de chercher un peu, de remettre ça au goût du jour et je suis certain que cela marcherait. J’ai déjà une petite idée sur la manière d’opérer, c’est encore très vague, je ne suis pas encore très au point. Juridiquement parlant, je sais où il faut s’adresser pour obtenir un cadre officiel à l’entreprise, mais ce n’est pas gratuit, pour l’instant il vaut mieux ne pas faire trop de vague, je suis dans l’illégalité la plus totale et puis se précipiter ne sert à rien, mieux vaut réfléchir deux fois avant de s’engager dans une entreprise qui reste pour l’instant très hasardeuse. Pour l’instant, j’observe, je butine, je m’inspire de toutes les bonnes idées qui germent ça et là. Je suis en pleine possession de mes moyens, il ne faut pas que je me loupe cette fois ci. Ma petite entreprise ne connaît pas la crise. C’est vrai dans le texte comme dans la réalité. Je ne pourrai subvenir à mes besoins quand mes parents ne seront plus là, pour l’instant je bénéficie de l’Allocation Adulte Handicapé environ 500 euros par mois. Ma mère paye mes courses et si demain, ils venaient à partir, je ne sais pas comment faire pour payer les charges de l’appartement. Je n’ai pas le choix, il me faut trouver une situation confortable, sinon, je finirai SDF.

J’espère que vous passerez de bonne vacances pour attaquer en fanfare à la rentrée. Je compte sur vous, sur le net, dans la vie où ailleurs.

Christophe

Deauville, le jeudi 16 juin 2005

Ma chère Nana,

Il m’arrive parfois de me relire, je constate que je laisse passer des fautes d’orthographes monstrueuses. Mes deux dernières lettres ont étés écrites dans la précipitation, ne pas en tenir compte, rétrospectivement, je ne suis jamais content du résultat. Je ne cesse de penser à vous, mes occupations ont diminués, après un mois de travail intensif, je reste dans l’expectative quant aux améliorations que je pourrais donner à mon site. Je ne vois rien. J’ai besoin d’un “ feedback ” externe, seul, je ne progresse plus.

Comment allez vous ? Dernière émission pour vous le week-end prochain, vous reviendrez avec un programme le dimanche midi sur le cinéma. Viendrez-vous à Deauville, pour le festival Américain ? Accepteriez-vous de dîner avec moi ? Ce serait inespéré ! Nos mondes sont si différends, vous dans votre notoriété envahissante et moi dans mon vide existentiel. Une invraisemblable union ne serait-ce que pour l’instant d’un repas. J’ose pourtant espérer qu’un jour, vous déniez accepter mon invitation. Ce n’est pas si simple, en aucun cas, je ne vous téléphonerai. Je suis tétanisé à l’idée d’entendre votre voix. Laissez un message sur un répondeur est un signe tout à fait impersonnel, je ne suis pas en mesure de le faire. L’élan me manque terriblement, il me fait cruellement défaut. Le problème est posé, je m’en remet entièrement à vous. Dans l’incapacité d’aller au delà de ces simples lettres, il faudrait que vous preniez contact avec moi, je vous laisse le choix des armes. Est-ce complètement irréaliste ? Je ne sais pas, lorsque je vous écris, bien à l’abris derrière mon écran et devant mon clavier, je me sens pousser des ailes, la chimie qui opère dans ces moments-là dans mon cerveau est indescriptible. Je pense à vous constamment, cela tourne à l’obsessionnel, il m’arrive de regarder votre émission sur TV4, plusieurs fois pour m’imprégner des questions que vous posez aux intervenants, je veux connaître votre état d’esprit à l’instant même. Vous êtes la femme dans toute sa splendeur avec ou sans schtars, je vous apprécie toute autant. Lors des flashs infos de dix huit heures vingt-cinq pendant la période NPA, il vous est arrivé de présenter l’actualité sans aucun maquillage, vous étiez magnifique, ne vous tourmentez pas sur ce détail, il vous rend encore plus attachante. Cette image, diaphane, pixelisée qui laisse apparaître une femme sans défaut, triche mais vous êtes bien plus qu’une simple image de télévision. Une femme atypique dans ce monde vulgaire du petit écran, pour avoir lu toutes vos interviews sur le Net, je reste subjugué par cette lumière qui émane de vous, comment ne pas tomber sous le charme ? Je suis envoûté, séduit, comme au premier jour de novembre, lors de votre passage sur TV4. Cette sensation est croissante au fur et à mesure que je vous découvre un peu plus, je n’ai pas envie qu’elle s’arrête, cette douce torpeur amoureuse unique. Je ne suis pas un fan, je ne suis pas un admirateur zélé. Je ne rentre dans aucune catégorie, je veux être à part dans votre cœur et dans votre âme. Bien qu’ayant flirté avec la folie pendant quelques années, je revois avec un certain humour mes frasques et mes divagations, cette vieille douce amie ne m’a pourtant pas quitté complètement, elle est présente à chaque mot, je suis fou de vous. C’est une folie bienveillante et tranquille, elle opère dans la nuit de mon inconscient, elle est inoffensive et je la maîtrise finalement très bien.

Samedi 18 juin 2005

Les mouettes, ici remplacent les pigeons. Elles braillent même en pleine nuit, l’air marin et la lumière de la ville doivent les stimuler. Deauville est une ville agréable en semaine, mais dés que vient le week end, elle est envahie par des hordes de touristes en goguette et la foule encombre les rues. Des “ m’as-tu vu ” crânent fièrement dans leur décapotable et les 4X4 sortent des garages.

Je viens de suivre votre émission. Vous avez été très bien. Le traitement de l’affaire Florence A. était parfaite, je n’aime pas, tellement Jacques A. mais je suis d’accord avec lui sur la médiatisation à outrance des otages. Cela donne une surenchère et ne sert pas les négociations. Evidement, il y a eu rançon mais le dire renforcera le phénomène. Je ne comprends pas ce Robert M. Mais je suis totalement d’accord avec ce qu’a pu dire l’ambassadeur de France en Irak et je préfère entendre un politique qu’un journaliste, j’ai toujours un doute sur la partialité des journalistes, c’est d’un naturel méfiant que j’écoute les actualités souvent pleine d’invraisemblance quant on connaît les sujets qui y sont traités. Carole G. est, je le confirme, peut être idiote, mais on sent qu’elle fait des efforts désespérés, pour palier à cette tare. Elle est pleine de bonnes intentions, répète ce qu’elle a probablement entendue ailleurs avec plus où moins de succès. Entre Benoit D. et elle, il n’y a pas photo, mais comme d’habitude le public, constitué pour la majorité d’abrutis, préférera ses petits yeux bleus au professionnalisme de Benoit D. c’est triste, mais c’est ainsi et ça, je saurais m'en souvenir.

La grille de programme pour l’été m’apparaît comme particulièrement minable. Je regarde les émissions de TV4 exclusivement, les autres chaînes ne m’intéressent pas. L’originalité des chroniques, l’indépendance du ton, la courtoisie de Michel D. vis à vis de ses invités, pour moi il n’y a qu’une chaîne qui sort du lot avec de bonnes émissions, en dehors de quelques rares exceptions. Je suis moins catégorique sur “ Demain ta planète ” et sur  “ Pas des anges ” voir “ Guignols ”. L’hommage qui vous a été fait pour la fin de votre émission m’a donné l’occasion de vous revoir dans des moments délicats avec Bernard T. où Paul A. Je me souviens également de la question de Thierry A. qui a été bipé, quel mufle d’avoir osé parler de votre vie privé. Tout ceci est du passé, quatre ans se sont écoulés qui ont été l’occasion pour vous de prouver que vous êtes une élégante femme de tête, je ne vous dis pas ceci pour vous faire plaisir, ce n’est pas une basse flagornerie, vous m’êtes indispensable à mon équilibre télévisuel, je voudrais me reposer dans votre ombre quand la journée s’achève.

Dîner avec vous relèverait du miracle, vous ne pourriez me faire plus plaisir. Un miracle vous dis-je ! J’y crois à moitié, un 50/50 en fait, je préfère couper la poire en deux, ainsi je suis optimiste dans l’action et pessimiste dans la pensée, c’est une moyenne. C’est envisageable et tout à la fois irréaliste, je ne suis pas à une contradiction près, la manière dont je perçois le futur relève parfois du rêve quand ce n’est pas du délire. Sachez qu’en dehors de ce miraculeux dîné avec vous, je n’attend rien d’autre, que cela soit professionnel où personnel. Mes pas seront silencieux quand nous devrons nous séparer, aucun écho, le silence de la nuit pour seul compagnon.

Le monde change, au mieux s’adapte et nous petit pays en Europe, nous restons sur des schémas passéistes, frileux du monde qui nous entoure. La victoire du non s’est avéré être un vote de protestation contre le gouvernement Spadassin. Ils n’ont pas répondus à la question qui leur était posé. On marche sur la tête. Ca m’agace.

J’ai trouvé que ma lettre précédente était assez stupide, j’y parle de moi abondamment, de mon statut d’Adulte Handicapé, de ma perplexité face à mes aptitudes, pas très glamour tout ça. Tout n’est pas si sombre, mon site est-ce qu’il est, le travail d’un bidouilleur pas d’un informaticien, on obtient un très bon résultat avec SPIP comme le site de David D. Mon approche est totalement différente puisque j’élabore avec un logiciel de base HTML et qu’ensuite je travaille directement dans le code de la feuille de style, dans SPIP aucune programmation n’est nécessaire, c’est un logiciel vraiment bien pensé, mais je ne peux l’utiliser sur le serveur de Tevetel, donc c’est réglé. Il me reste à apprendre le Php, mais là pas de chance, aucun cours sur le net, donc c’est réglé. Reste le Xml, mais là pas de chance, il faut être informaticien c'est vivement recommandé. Ce n’est pas grave au final, j’ai le niveau d’un élève de troisième, ce qui ne vaut absolument rien sur le marché du travail. En ce qui concerne ma pub pour Tevetel, là je suis content du résultat, j’ai obtenu rigoureusement ce que je voulais, j’avais les logiciels pour, la chance était avec moi, mais là aussi la perspective de travailler dans la post production est quasi nulle. A Deauville, je ne retrouverai jamais du travail dans le multimédias, d’ailleurs comme je l’expliquais plus haut, à mon âge et avec mes compétences diverses mais flaiblardes, me lancer sur le marché du travail est inconcevable. Le problème c’est que je ne sais rien faire d’autre, impossible pour moi de me mettre à mon compte, faire de la publicité sur mon site serait une solution, mais aucune régie n’accepterait, le trafic est quasi nul, 15 visites par jour, ce n’est rien du tout. Les blogs ont plus de succès, c’est dire…Avoir ma propre Web-TV, quelle idée délirante, personne sur terre ne me contactera pour élaborer ce genre de projet, pour commencer il faudrait déjà par approcher des sociétés de production où réalisé ses propres programmes, seul c’est complètement impossible, j’ai essayé, le résultat est plus que médiocre. J’ai bien pensé à diffuser des numéros de “ l’œil du Polygone ” mais je n’aurais jamais les autorisations pour le faire, essayer de “ dealer ” avec TV4 relève du rêve éveillé. Et puis en temps et en heure, ils finiront par le faire, mais sans moi. Je n’ai pas “ l'envergure ” pour prétendre travailler avec Vivanti ou ses filiales et même avec toutes les bonnes intentions du monde. Même Brace TiVi avec son chariot de soupe pour bercer les banlieues est dans le rouge, ils sont déficitaires avec un sérieux réseau international de quasi bénévolat. Ils sont dix en France, une vingtaine dans le monde, soutenu financièrement par Lacaissière. Pour bien faire, pour commencer, il faudrait déjà créer une entreprise individuelle, réglez les droits d’auteurs, environ au minimum 200 euros par mois, pour pouvoir présenter 100 programmes courts par mois. Envisagez des revenus par la publicité et reversez 6% à la Sacem, ce n’est pas donné la liberté d’expression quand elle génère des profits. Tout ceci représente au final : “ peanuts ”, ce n’est pas très compliqué à mettre en œuvre et ce n’est pas si chère que ça. Sauf que dans ma situation et avec mes revenus, c’est irréalisable. Seul, je n’ai pas les moyens, attention, je ne vous demande pas d’adhérer à cette idée, seulement j’essaye d’exposer clairement les raisons de mon impasse. Remarquez, si vous voulez investir votre argent et votre image, nous pourrions l’évoquer, mais je ne vous demande rien. Je suis à l’affût d’opportunités, je ne m’adresse pas à la soupe populaire. Même si ça peut s’avérer un peu difficile. En 2006, j’investis dans une nouvelle machine pour la sortie du nouveau Windows Longhorn de quoi faire face pour quelques années, il était temps, je suis encore sous Windows 98 mais je l’exploite complètement. Une fois encore, je crois que ce projet est farfelu, je rêve, mais je ne peux pas m’en empêcher, de toute les façons, sans associés rien n’est envisageable. Mais faites-le vous ! Avec toutes vos relations, ce serait bien étrange que vous ne trouviez personne chez TV4 qui ne soit pas séduit par l’aventure. Sans moi et alors ! ? Je suis condamné à faire du bricolage au fin fond de la nuit, je ne serais pas surpris si vous vous lanciez sur cette voie. Les films conçus à la maison sont diffusés sur le net, il n’y a pas de raison pour que TV4 s’arrête en chemin. Même si je suis en dehors de cette aventure, je ne vous en voudrais pas de ne pas avoir fait appel à moi. Certes, je serai un peu déçu, mais je ne vous en porterais pas grief.

Christophe

Deauville, le dimanche 26 Juin 2005

Ma chère Nana,

J’ai passé le week end chez les beaux parents de mon cousin (à dix kilomètres de Deauville). Il fêtait ses quarante ans, c’était l’occasion de faire une fiesta à la campagne. Le thème de la soirée était "les hommes de la préhistoire". Pour ma part j’avais décidé de ne pas me déguiser, j’ai passé une semaine insupportable avec des otites internes dans les deux oreilles, cela fait extrêmement mal et malgré les médicaments j’ai passé trois nuits de douleur intense, ce n’est que depuis aujourd’hui dimanche que mon état de santé s’est stabilisé. Je ne souffre plus. La soirée Cro magnon était pathétique, des bons pères de famille avec famille nombreuse de quarante ans se lâchaient. De l’autre côté, une partie de ma famille, cousins, cousines avec enfants en bas âge. La plupart d’entre eux était déguisé, mais passer le stade de la bonne franche rigolade avec des costumes bigarrés, il s’est mis à faire un peu froid, c’était déjà beaucoup moins drôle. Pour finir, la fameuse bande de copains s’est mise à boire et très sérieusement. Comme ils étaient tous plus ou moins en représentation des clans se sont formés et cela a faillit se terminer en bagarre autour du banquet. Evidement notre famille est resté en dehors de toute cette histoire. C’est dingue, je revois dans les fêtes des étudiants de mes vingt ans les mêmes réflexes, le même acharnement de plaisanter avec des blagues de potache et s’enivrer sans limite. Vingt ans après ce sont les mêmes, des gamins qui boivent comme des trous et qui s’envoient des projectiles alimentaires autour d’une table comme à la cantine. Et dire que tous ces types retournés dans leur “ Espace ” de chez Renault, iront travailler lundi avec des postes à responsabilités. Leurs femmes, elles passent leur temps à papoter, de diverses choses probablement très intéressantes. Quant à ma famille, passer les salutations d’usages, les adultes m’ont partiellement évités, ils sont tous au courant de ma situation, la maladie mentale semble leur faire peur. Un de mes autres cousins est arrivé vers dix heures, il a un sens très personnel de l’humour et tous les deux, heureusement nous avons bien rit. A 43 ans je le connais peu, mais s’est toujours un plaisir de le voir car il est décapant. Sans une goutte d’alcool, je peux dire que finalement j’ai passé un bon moment. Je suis encore sous antibiotiques, mais avec mes autres médicaments, je ne ressens pas du tout l’ivresse, j’ai pris assez de cuite dans ma vie pour me dire qu’à quarante ans, il y a une fin à tout. C’est terminé, je ne boirais qu’avec modération et seulement pour le plaisir des parfums dans mon palet. Je n’ai pas d’animosité vis à vis de ces gens, mais je ne comprends pas leur soif de modernité et du “ show off ”. Pour eux, ne pas adhérer à leurs frasques est synonyme de rejet et de non-considération. Le monde est étrange, je constate, fréquemment que je suis complètement en dehors de lui. Est-ce une tendance négative ? Le résultat d’avoir voulu être trop perché avec un fort penchant pour la drogue ? Un scepticisme maladif ? Je n’ai pas de réponse exact, mais je sais que les gens très proches de moi me comprenne, mon frère en particulier. Je ne vous embête pas trop avec toutes ces histoires ? J’essaye de vous faire partager ma manière de penser, cet événement me semble anecdotique.

J’ai essayé de connaître votre nouvelle adresse professionnelle. Je savais depuis longtemps que votre bureau ne se trouve plus Quai André Gépéhaine, je pensais que le siège social se trouvait à Issy les Musicos. J’ai consulté l’annuaire j’en ai eu confirmation ; par sûreté, j’ai même téléphoné au standard. J’ai appris que vous ne travaillez plus chez TV4 mais pour Téléparici qui produit “ Rectangle ”. J’ai un numéro de téléphone, je vais appeler dés demain pour confirmer si c’est bien votre lieu de travail. Et si je tombe sur vous ? et bien ma réaction, sera celle d’un lâche, je ferais semblant de ne pas vous reconnaître, vous me tétanisez ! Si je vous avais au bout du fil, je serais comme pétrifié, une indicible peur m’envahirait. Et si vous cassiez la glace ? Je serais le plus charmant des hommes. En voulant jouer les plus malins, alors que j’étais le plus malade, je me suis fais rembarrer une fois, c’est bon, je ne suis pas masochiste.

Le Lundi 27 juin 2005

Ma chère Nana,

J’ai appelé votre bureau chez Télédici, rue Artoisse, personne n’a répondu, je suppose que vous êtes en vacances. J’hésite à envoyer ce courrier, rue Artoisse, si vous deviez le recevoir seulement en septembre, cela serait dommage. Hier, après le dîner, j’ai un peu bullé comme j’en ai l’habitude avant de rejoindre mon lit douillet. J’ai regardé des photographies prisent lors de votre “ L'appartement ” j’ai récupéré des captures d’écrans sur le net, peu après votre passage dans l’émission de Pascale C. Longuement, j’ai examiné ces huit clichés, le verdict est sans appel, vous êtes la plus belle femme de l’univers, il n’y a rien à dire sur votre plastique, vous êtes parfaite, votre nez, votre bouche qui laisse découvrir un extraordinaire sourire, la symétrie parfaite de vos traits, un front large, des sourcils magnifiques et surtout ce regard envoûtant, ces yeux marrons/verts parfaitement dessinés. Ce qui est le plus flagrant c’est dans chacune de vos mimiques, ce charme qui n’appartient qu’à vous, resplendit de mille feux. Vous êtes la plus belle femme que j’ai vu dans ma vie. Je suis en extase devant le portrait de Lauren Baccal quand elle était jeune, mais vous représentez à mes yeux le summum de la beauté féminine. Je ne fantasme pas sur vous, vous ne serez jamais un porte manteau à fantasme pour moi. J’ai connu une douzaine de fille dans ma vie, des biens, des moches, je ne me suis jamais arrêté au physique, le charme devait être l’élément essentiel qui dominait la situation. Mais vous ! c’est carrément l’hallucination la plus totale dés que je tombe sur votre portrait, quelque soit la coiffure que vous adoptez, les vêtements qui vous habillent. Vous êtes la plus séduisante des femmes. Il n’existe aucune femme aussi belle que vous, j’ai beau chercher, je ne vois pas. Vous avez tout, le charme et une tête bien faite, j’adore vous lire comme j’aime vous regardez, pour vous je décrocherais la lune. Vous auriez dû faire de la politique, vous les auriez tous écrasé, d’un mot de votre vocabulaire élaboré et séduit l’électorat de masse avec un simple sourire. Je crois que je m’égare un peu. Non, restez comme vous êtes, pour la politique, il faut un certain cuir comme de l’acier, c’est un boulot de chien, cela doit être passionnant mais ce n’est pas fait pour vous, je les admire (enfin, certains, pas tous, bien entendu) mais c’est un saincerdoce terrible. Pour revenir à vous, non seulement magnifique mais intelligente et là le contact des deux opère et le charme fait surface tel un iceberg majestueux. Dans une des chansons de “ Marquis de Sade ” un titre instrumental s’appelle “ Iceberg and submarines ” c’est magnifique, c’est une des raisons pour laquelle j’apprécie autant “ l’ambient ” dans une prochaine compilation que je vous ferais parvenir en septembre, je tâcherais de l’enregistrer sur le CD. C’est sublime.

Belle comme un iceberg ou comme descend un sous marin dans la profondeur. Tout de suite j’ai été séduit, si différente, une véritable extra terrestre, un personnage de roman.

Faisons un voyage dans le temps, nous sommes en 1998, je suis à Germainville depuis six mois, une âme perdue et malade, j’ai commencé à ne plus aller très bien, je ne prenais plus le traitement de cheval que l’on m’avait imposé, je ne me croyais pas malade, j’admettais des problèmes liés au sommeil. Après avoir commencé à écrire des textes en septembre 98, à cet instant, j’étais encore à peu près normal bien que…C’est l’émission de Marc qui a tout déclenché avec vous en vedette. Là, j’ai voulu jouer au petit malin en envoyant des fax aux rédactions de "Ici et ailleurs". J’étais bien avancé. Après ma santé à déclinée, j’ai écris des textes sulfureux, sans grand rapport avec quoique que ce soit, je vous ai eu au téléphone, première gifle, (elle me fait encore un effet douloureux) Message sur votre répondeur, ( là cette fois, c’est Kaehlin, je suppose qui me demande d’arrêter de vous importunez, je m’exécute) A ce moment, j’ai opté pour une technique plus large d’envois massif d’email, un à deux par 24 heures. Tous les sujets étaient bons et la qualité des plus médiocres. Au fil des jours dans ma folie intérieure, j’ai envisagez le suicide. J’en voulais à mes parents, j’en voulais à tous le monde et le premier que je souhaitais supprimer c’était moi. La séquence de l’ultimatum pour habiter chez vous, complètement délirant et sidérant. Je pensais que la télévision et en l’occurrence vous communiquiez avec moi pour m’adresser des messages. Lors du “ Monica Gate ” les enregistrements avec une femme politique républicaine. Pour trois des messages téléphoniques, j’ai reconnu des voix de filles que j’avais connu aux USA, j’ai compris leur avoir laissé un mauvais souvenir. J’étais devenu “ the big guy ” ha, ha, ha, désopilant mais l’exact réalité de mon cerveau malade. Une schizophrénie à tendance mégalomaniaque. Il fallait absolument prévenir Jacques C. et Pierre C. ce fut fait, ha, ha, ha, j’en pleure de rire. Mais pour finir, tout ceci n’était qu’un vaste complot et nous étions vous et moi le centre de cette grande escroquerie. Avec la tête que vous faisiez à certain de vos passages à dix huit heures vingt cinq, j’imagine qu’au sein de la rédaction cela devait être tendu et particulièrement avec Bernard Z. J’ai découvert vos schtards sur le front à cette époque, je croyais que chez TV4, ils vous avaient agressés, du complot sur nos têtes, ils étaient passés aux actes, diantre les infâmes félons, les pleutres, vous serez maudit pour sept générations... pensait-t-il entre deux tasses de café et un paquet de gauloise. Après ce fut encore quelques textes minables sur le vide de mon horizon, là, je me suis surpris à vous attendre mon sac de voyage à la main dans le jardin en pleine nuit, guettant les phares de votre voiture, vous apparaissiez comme le messie, un acte divin, la délivrance ultime, l’attente et quelques pages vous étaient adressés plus particulièrement, un peu moins stupide que les précédentes, mais complètement irréaliste. Il faisait froid, en avril. Puis vint le temps du zapping “ littéraire ” fumeux, incompréhensible et diffusé sur le net. J’avais un certain succès auprès des internautes, une femme m’a même avouée que mes textes la faisait rire et pleurer. Je ne cherchais pas à donner un sens quelconque. Mes phrases devaient être chocs, elles devaient interpeller, le sens était global et surtout l’exact reflet déstructuré de ce que pouvait exprimer la télévision, la publicité, l’actualité ou les talk-show. Vous seule pouviez juger de leur véracité, vous étiez la seule qui pouvait apprécié ces textes à leur juste valeur puisque je parlais de nous en fait. Enfin, c’est ce que j’imaginais… Jusqu’à la fin du programme en juin, j’ai distillé mes textes, chez TV4 comme sur mon site. Pendant l’été, vous m’êtes apparu en plein mois d’août, il me semble et j’ai continué à vouloir faire mon intéressant. Une forme d’esprit inspiré par la maison de l’époque. Nul, sans concentration, à l’instinct et malade. A la rentrée, j’ai commencé les brèves sur Internet, ma santé était déplorable, je dormais quatre heures par nuit, je buvais huit café et une bouteille de Coca, par jour, une vraie pile électrique. Je sentais que je pouvais déplacé des montagnes. En octobre après une dispute avec mon père, j’ai décidé de partir, j’ai pris mon sac quelques affaires et ai quitté la maison familiale, j’ai fais 80 kilomètres en stop, j’ai eu de la chance, le soir même, j’étais à Paris, porte de Champerret, le quartier que j’avais laissé sans regret un an auparavant. J’ai pris une chambre dans un hôtel et j’ai téléphoné à mon frère. Il a été très dur avec moi, sous la fatigue et le stress accumulé depuis plusieurs mois, dans le restaurant où nous étions j’ai fondu en larmes comme un gosse de huit ans. Il a toujours été abrupt avec moi mais là j’étais sous le choc. Suite à ce pleurnichage de gamin, ses bras fraternelles m’ont calmés et je n’oublierais jamais ce qu’il m’a dit à cet instant précis. Bien sur, toutes mes tractations, mes textes étaient un secret, mes parents ne comprennent rien à Internet et le fossé inter-générationnel est considérable. Mon frère a lu quelques passages de mes textes, nous n’avons jamais évoqué le problème ensemble. TV4 est un sujet tabou entre nous depuis qu’il m’a conseillé de ne pas travailler six mois sans être payé, en 1989. J’ai changé d’hôtel, le lendemain pour m’installer avenue de Villiers, près de l’avenue de Wagram. De, là je vous ai laissé un message sur votre répondeur, toujours cette tendance négative de penser que j’avais confiance en moi. Vous étiez à l’écran à 19 H 30 dans NPA et je vous parlais via le téléphone. Un grand moment…de bêtise inconsidérée, j’étais accro à vos moindres gestes, mimiques ou commentaires sur l’actu de la journée. Je suis resté quatre jours à Paris, il y avait encore de belles journées durant cet automne, j’allais à pied au Palais de la Découverte pour quelques emails qui vous étaient réservés. Le contenu était délirant, je réglais toute ma conduite sur votre personne et le moindre incident n’était pas le pure fruit du hasard, mon esprit malade partait aux quatre coins de l’hexagone et les textes de complètes divagations. A mon retour, à la campagne j’ai continué mes délires. La situation avec mes parents commençait sérieusement à dégénérer, je m’enfermais dans ma chambre, refusant toute nourriture, je sortais la nuit et reprenais mes intelligibles soliloques, je débranchais tous les appareils électroniques, pc, magnétoscope, télévision, ect ect, je voulais du silence. Après plusieurs nuits sans dormir, environ trois nuits, j’ai “ crashé ” mon ordinateur en supprimant les répertoires de Windows, un à un. Ma chambre n’était qu’un vaste champ de ruine. Mon cerveau en désordre, envahie par les plus sombres pensées. Abattu, usé, démoli, nous sommes allés, maman et moi chez le “ bon ” docteur Scobain vers vingt heures. Il connaissait le mal qui me rongeait, il m’a tout de suite fait une ordonnance pour me rendre à l’hôpital psychiatrique de Dreux, le soir même. Je suis arrivé dans l’HP vers 21 heures, tout de suite je me suis endormi ; en pleine nuit je fus réveillé par des malades qui ont ouvert ma porte et j’ai entendu “ en tout cas ce n’est pas dans sa chambre.. ” J’ai eu peur, le terrain était hostile et les lieux ultramodernes mais sans verrous. Le lendemain je suis partie, j’ai parcouru dix kilomètres à pied pour revenir à Germainville, après la stupeur de me voir, mes parents m’ont ramenés à l’hôpital. Entretien avec un médecin, nous avons fini par nous mettre d’accord, je ne resterais que dix jours. Traitement intensif, lobotomisé par les médicaments mais hygiène de vie remarquable, exactement ce qu’il me fallait, je m’effondrais de fatigue après le repas du soir. Le rythme de l’hôpital s’appliquait à être très lent ; des cas curieux parmi les patients et je ne favorisais pas les échanges, en revanche, je les observais ; finalement pour la plupart, ils s’avéraient être des cas sociaux qui avaient tentés de se suicider. D’autres étaient ici pour des problèmes plus délicats mais je n’ai rencontré aucun schizophrène, enfin il me semble, car ce mot m’était encore tout à fait étranger. Papa et maman sont venus me voir tous les jours, ils ont étés extraordinaire, je leur dois beaucoup, après tout ce qu’ils avaient endurés. Après ce court séjour, je ressortais tout neuf et rétablit de mes maux, enfin c’est ce que je croyais. J’ai arrêté mes brèves à cette époque sur TV4 avec Noguy, puis avec Thierry D. ; je n’ai pas souvenir d’avoir fait de textes vraiment marquant, je donnais toujours mon avis comme si cela devait être important, je finissais par trouver Noguy meilleur que je ne l’aurai supposer. De très loin la période avec Guillaume D. est pour moi la plus passionnante j’attendais avec impatience 18h 25. Noguy : insignifiant, Thierry D. : soporifique ; remarquez lui il doit plaire aux femmes, non ? J’ai opté pour la télévision par satellite, pour mon anniversaire, j’ai choisi SPS, c’était peut être une erreur, mais bon, je ne voulais plus de “ l’esprit TV4 ” bien que je vous regardais tous les soirs présenter les infos. J’ai commencer à me désintéressé d'Internet vers 99/2000, je regardais la télévision tard et je me réveillais vers midi, je regardais Fox News avec le fameux Bob O’Crane et les derniers films jusqu’à la fin des programmes, je n’étais jamais endormi avant deux heures ; j’ai vu et parfois revus énormément de films. Après le repas, il m’arrivait souvent de m’endormir à nouveau. Je dormais 12 à 14 par jour, une véritable marmotte, par ailleurs et ce qui était plus inquiétant, c’est le fait que je ne parlais plus beaucoup et lorsqu’on m’adressait la parole, je cherchais désespérément mes mots.

Un soir, Jean-Luc D. a présenté à la télévision, un numéro de “ça s'occupe” consacré à la schizophrénie. Nous avons suivis ça, avec beaucoup d’intérêt. Tout était dit. Je pouvais donner un nom à ce qui avait jalonné, pendant mon parcours et à cet instant, j'ai fais un pas de géant. Renseigné grâce à l'Internet, aucun doute n’était possible et par ailleurs, j’ai trouvé des livres traitant du problème. Je garde globalement un mauvais souvenir de ma vie rurale. Avec mon médecin, j’ai toujours eu l'impression que mon cas ne l’intéressait absolument pas, je me sentais considéré, comme un cas parmis d'autres. Il est possible que je sois peut être tombé sur un mauvais toubib, tout simplement. Je le voyais tous les deux mois pour l’ordonnance, exclusivement. D’origine Polonaise, ses réflexions, quand elles devenaient un peu technique, étaient flous et incompréhensibles car j’avais le sentiment d’en savoir plus que lui sur la maladie. La seule alternative qu’il m’offrait et me proposait face à mon ennuis et la dépression passive qui végétait en moi, était l’hôpital de jour. Je l’ai donc testé deux jours par semaine. Je me suis retrouvé parmi des gens au destin tragique, soit brisés par la maladie mentale, des cas cliniques ou sinon, des gens malades mais qui curieusement n’avaient pas conscience de leur différence face à la santé, d'autant plus que la plupart étaient analphabètes. Ils m’aimaient bien et chose curieuse, certains m’appelaient: Monsieur. Les infirmières jouaient les mamans autoritaires et revêches, j'ai fini par venir à l'hôpital de jour, uniquement pour la séance cinéma mais je n’ai vu que des navets. Au bout d’un mois, j’ai pris rendez-vous avec la directrice du centre psychiatrique, devant, elle, j'ai mis les choses au point, calmement, tranquillement et je lui est exposé clairement, ma façon de penser sur son petit boulot bien peinard, elle m'a écouté et je suis parti, sans remords..., libre.

Le 28 juin 2005

Ma chère Nana,

Voilà, je viens de relire ma lettre précédente, et les choses sont, maintenant dites, le reste de l’histoire, il me semble que vous la connaissez. Toutefois, en 2001 un nouveau médicament est apparu, le zyprexa, une molécule des laboratoires américains Elly Lilly. Pour autant à Dreux, ils ont continués à me prescrire un double traitement comme assommoir thérapeutique, une camisole chimique devait me faire tenir tranquille, c’était réussi, j’étais devenu un légume, un véritable zombie.

2002/2004, la transition

Avec quelques lettres sporadiques au ton familier, c'est en cherchant à être drôle, que je vous les aient fait parvenir. Enfin, le dénouement de l’histoire avec mon arrivé à Deauville et la rencontre avec ma psychiatre qui a eu un jugement au délà de toutes mes attentes et espérances. Le dialogue adulte/adulte est favorisé, cette femme, en plus d’être une fine psychologue de part son métier est, en plus, intelligente et lumineuse; je suis très à l’aise dans nos conversations. Une approche littéralement différente du centre psychiatrique de Dreux où j’avais la sensation de n’être qu’un numéro, un quidam qui quoiqu’il dise, quoiqu’il fasse serait infantilisé. Tout ceci est un mauvais souvenir, je suis actuellement au meilleur de ma forme depuis 1988, je dors sept heures par nuit, mes facultés intellectuelles sont normales, je m’exprime avec facilité, je me sens responsable et dynamique, peut être toujours, un peu envahie par un pessimisme de rigueur mais sans les symptômes apparents de la schizophrénie, ni sans les hauts et les bas d'un maniaco-dépressif ou sensible à la bipolarisation. Aucune phobie particulière, peut être un retrait et une mise à distance du monde qui m’entoure, comme une sorte de spectateur intrigué par cette planète. Il n’en faudrait pas beaucoup pour que je me lance et agir en tant qu’acteur assumé du formidable spectacle de la vie.

Je suis schizophrène, en tout cas, l'on cherche à me mettre dans cette case. Je le serais toute ma vie et les médicaments seront présent jusqu'à mon dernier souffle, jusqu'à ce que je ne sers plus à rien et je ne ressens rien de particulier, le seul rêve que j’ai, il se résume à un nom : Nana et c’est toute ma vie qui s’articule dans le secret de nos deux âmes. Pas question de faire part à quiconque de ces courriers. De cet amour impossible, ils ne comprendraient pas. Vous êtes ma lectrice privilégiée, je ne tiens pas un journal, ceci n’est pas un blog, tout ce que je vous écris n’est pas un exercice dans lequel, je cherche à me découvrir, je connais parfaitement mon parcours, je ne souhaite que vous le faire partager avec mes mots simples, un style ordinaire mais facile à comprendre. Dans mes écrits, pas d’esbouffre, pas de tricherie, c’est le travail d’un homme qui a volontairement voulu être le plus pur possible, transparent, vous cachez quelque chose, jouez la dissimulation est un exercice périlleux et idiot, la tendresse que j’ai pour vous est noble, honnête et droite, je ne pourrai être différend à votre égard, j’ai infiniment trop d’estime pour vous. Un seul maître mot dans ces lettres, la communication, être le plus sincère possible pour être le plus proche de vous. Je n’attend rien, je suis dans l’incapacité d’envisager une quelconque approche, mon âme vous appartient, je m’en remet à vous et j’ai peur de vous importunez. Sur les millions de personnes qui vous reconnaissent, il devait bien en avoir un qui ne réagissent pas comme les autres, qui ne voit pas en vous le seul prisme déformant de la télévision. Au delà de la simple image médiatique, j’ai découvert une femme d’exception. Vous suscitez auprès du public une fascination exceptionnelle, à nouveau, vous êtes la présentatrice de l’année. Vous ne laissez personne indifférent. Je sais que cette popularité ne vous monte pas à la tête, cela aussi c’est une vertu qui me fait dire que vous respirez le bon sens et la vanité, vous est étrangère. Cette association de détails qui vous entourent est tout à votre honneur. Il n’y a pas une raison mais trente six mille qui me pousse à vous écrire, vous faites partie de ma vie au même titre qu’un proche. Pourtant, je vous connais si peu.

J’ai adoré le passage dans votre émission dans lequel entre deux prises sur le plateau vous disiez : “ alors maintenant, l’au revouar ” avec un accent venant de nulle part. Partager cet humour très second degrés avec vous est une des choses qui me manque le plus. Sur le papier il est difficile de le restituer, c’est dommage.

D’un naturel assez “grave", je trouve formidable de délirer sur tout et sur rien, je suis en fait assez “ cornichon ” sur ce registre de la plaisanterie, je peux être assez débile, parfois, mais je suis un très mauvais public, c’est rare de me voir sourire aux blagues, j’ai horreur de ça, en revanche l’humour British j’aime beaucoup. Have a nice day.

Christophe

Deauville, le mardi 28 juin 2005

Ma chère Nana,

Ma lettre précédente à peine terminée, je commence, dés à présent avec un autre courrier. Evoquant les faits tels que je les ai vécus pendant ces sept ans, je vous donne les clés de l’autre face de l’histoire. Comment ces épisodes ont-ils étés vécus par vous, depuis ma première lettre ? Je ne le saurai sans doute jamais. Je pense, tout simplement, avoir été pris pour un fou. Attention ! J’ai eu également des moments de lucidité, mais globalement, c’est le résultat d’un homme malade avec trop ou trop peu de médicaments qui se trouve des pretextes pour construire une histoire d'amour. Je reviens de loin mais avec ma psychiatre, j'ai, il me semble, échappé au pire. C’est étrange de se replonger dans cette atmosphère de délire, avec des souvenirs d'il y a quelques années en arrière. En les couchant sur le papier et en revivant ces instants, je n'apprend rien que je ne savais déjà et parcourir, ainsi le passé me pousse à rire de moi-même, en fait je me moque de moi, plus qu’autre chose. Car, j’étais parfois un peu belliqueux, presque dangereux dans ce ton guerrier avec mes textes. J'en voulais au monde entier, malgré ce flot de bonnes intentions qui vous était aussi adressé. J'ai appris, maintenant que la haine et l'amour, cela va souvent de paire. Maintenant, je suis vraiment à mille lieux de cet état d’esprit, cette séquence se veut d'être efficace, en m'en souvenant de cette période triste, je la trouve lamentable entre 1999 et 2002 que j'ai vécu comme un parcours dans un labyrinte en étant aveugle. Désormais, le pragmatisme, le recul et une mise à plat avec philosophie sont en place car il faut avancer, même sans “ feedback ”, même "sans retour d’information venant de vous". Cette volonté de transparence de mon âme, je l’ai dressé en sagesse, en réflexion de vie, à travers toutes mes démarches vers vous. En fait, j’avance dans le noir sans savoir, si je suis dans l’erreur, mais en prenant du recul. Est-ce que vous percevez ce chemin qui a été parcouru depuis sept ans ? Maintenant, j’ose parler de moi avec humour sur cette partie de ma vie. J’ai mis six ans avant de devenir un peu naturel, libre dans ma tête, à l’aise pour décrire des exploits et des évènements dont personne ne serait fier, je fini par en rire, car c’est le meilleur angle d’observation que je puisse faire. C’est une histoire qui nous ressemble et qui nous rassemble et je suis heureux de la partager avec vous. J’ai exprimé tout mon amour sur ce que j’avais de plus intime, de plus fort à expliquer à une femme et c'est sans regret. Je ne comble pas un vide, ma vie se remplit de vous, à travers l'écriture. Je vis une aventure intérieure mémorable, un secret, où vous êtes à la fois l’héroïne et la confidente avec en arrière plan, la télévision, cette instrument, aussi géniale qu’il peut être infâme. L’image qui est la votre à la télévision n’est qu'une partie infime de vous. J’ai appris à séparer l'image de la réalité et de ne retenir que les faits dans vos différentes interviews. Les élucubrations et conclusions des journalistes, je les imagine, en ayant la difficulté de faire un “ bon papier ”. Parfois, j’ai été très crétin dans mes lettres, je crois que cela ne vous a pas échappée, en particulier, après, l'émission “ L'appartement ”, Mais quel sot suis-je ? Hé, hé. Car, je veux toujours jouez au malin, c’est en moi et voilà un défaut qu’il faudrait que je gomme, que je bloque. Je suis infiniment plus sérieux maintenant et je ne plaisante plus avec l'art de l’amour. Toutefois, me masquer derrière le ton de la plaisanterie est peut être une dissimulation des sentiments que j'éprouve et c’était le cas, à l'époque. Si tout était à refaire, je m’y prendrais probablement différément, car je suis un éternel acharné, jamais content sur le résultat final. Sur le fond, je vous aime et sur la forme, j'ai conscience de mes difficultés. Je ne suis pas un acharné mais un peu pointilleux et à la fois complexe et en roue libre car je continu à faire des fautes de français. Je suis désolé, excusez-moi, je regrette et vous peut être aussi, je ne suis pas "Superman" et très franchement, je crois que c'est mieux comme ça. C’est d’autant plus gênant que je m’adresse à une “ littéraire ”, un personnage intellectuelle, c’est dommage, vous ne pouviez pas être serveuse topless au Pink Flamingo ? Hé, hé ! Car avec mon style de collégien tourmenté par son "Brevet des collèges", Hé, hé, je dois vous paraître bien fade ou très triste, le pire c’est que l’on m’a apprit à écrire ainsi avec: article, verbe complément mais avec le vocabulaire, je me suis fais tout seul et je dois avoir 150 mots et vous ? 250 ? 500 ? J’ai encore du chemin à faire. J’ai le style d’écriture d’un prétentieux qui n’a pas le niveau mais qui rêve de l’avoir et qui travaille pour l'atteindre. Mon écriture au stylo est une catastrophe, j’écris en majuscules, en minuscules, mais dés que je commence une phrase, je vais trop vite et invariablement je fais une faute à tous les accords, vous avez dû remarquer que sur l’enveloppe, c’est un brouillon incroyable, ma nièce de huit ans a une écriture plus régulière. Je mange la moitié des lettres et en particulier, je ne fais pas de boucle à mes e. En revanche, j’aime beaucoup votre écriture, régulière, rapide, haute et large. Allez, stop, j'ai un petit problème, il faut que j’arrête de me diminuer ainsi, de me sentir, peu ou pas à la hauteur. Car, comme je l’exprimais plus haut, je ne suis jamais satisfait du résultat, je sens que je peux m’améliorer mais j’ai une longue route devant moi. Ce qu’il y a d’extraordinaire dans cette histoire peu commune, c’est que vous n’avez absolument rien fait pour me séduire, votre naturel a joué sur toute la ligne, je m’interroge parfois sur des coups de téléphone intriguant que je reçois, mais au final comment savoir, si s’est vous ? Je suis souvent dérangé par des démarches téléphoniques, j'imagine que c'est vous et qu’il vous arrive de décrocher votre téléphone pour m’appeler mais ça relève un peu d'un délire plus qu'autre chose.

Le Mercredi 29 juin 2005

Mon idée de créer une entreprise, dans l’état actuel des choses, est inconcevable. Seul, ici sans contact ou presque je n’y arriverai pas. Donc “ stand by ” il me faut attendre et rester dans l'attente. Je suis juste bon à vous écrire une fois de plus, mais c’est loin d’être une corvée, bien au contraire, c’est un réel plaisir. Néanmoins, savoir comment vous considérez ma démarche est un autre problème. Je préfère ne rien savoir, je caresse l’idée que vous êtes heureuse de recevoir du courrier. Mais suis-je gnan-gnan ? voire prévisible ? Je reste patient. Point final. Je ne peux assurer le service aprés-vente sur toute la ligne, c’est en dehors de mes capacités, je ne pourrais plus jamais vous téléphonez et prendre un air détaché en prétextant un quelconque motif ; vous invitez à dîner chez moi est incroyable, je vous parle d’amour et finalement, je vous explique que je ne souhaite que dîner avec vous. Vous aurez comme moi remarqué la cohérence de la requête. Alors que faire ? Vous avez le droit de tirer la sonnette d’alarme quand vous le souhaitez, mais me rendre à Paris ne me pose pas de problème. Sont t-ils nombreux à vous avoir écrit quarante pages en l’espace d’un an et demi ? Rassurez-vous, je ne tiens pas une comptabilité sur ce que je vous fais parvenir, hé, hé, un comptable de l'amour, avec sa calcutatrive dans la sacoche mais pourtant dans mes sauvegardes, j’ai un fichier conséquent. Sept ans de vénération sans limites qui ne repose que sur du silence. Sept ans avec parfois du découragement, des silences réciproques, des erreurs, la folie qui s'invite au désert dans un buffet campagnard gratuit, avec un condensé de péripétie dans tous les genres, sous toutes ses formes. Tout ceci est du passé. Il reste l’évocation d’un amour fort, basé sur de la pugnacité qui ne peut ressembler à aucun autre, unique, comme nous le sommes tous ; forcement sans trait commun à toute autre histoire. Pour ma part, c’est avec un plaisir non dissimulé que j’aimerais voir un final grandiose au générique dans cette histoire qui tous les jours ne fait que commencer. S'il fallait l’expliquer à mes enfants c’est un conte merveilleux qui les endormirait, qui les accompagnera, je l'espère toute leur vie, en s’inscrivant en leçon d’éducation romantique. Pas de dressage de chien savant avec des principes, ils seront élevés, portés par l’amour de leurs parents.

Ma tête ne ressemble à rien dans les petits clips “ Canal Up ”, j’ai le visage gonflé, des poches sous les yeux. Probablement dû au fait que je prenais en grande quantité des médicaments ; heureusement, mon visage s’est désépaissit, je n’ai pas les joues creuses mais on observe réellement un amincissement du faciès. La même cause entraînant les mêmes effets, j’aimerais bien perdre quatre kilos, rien de plus. Suis-je assez correct pour la déesse de la beauté ? J’en doute quoique, je n’ai pas à me plaindre, je suis bien proportionné, solidement charpenté avec tous les sports que j’ai pu faire. Mes épaules auraient pu être plus large, mes muscles plus fermes, plus grand, mon ventre plus plat. Quel exercice infiniment nombriliste de parler de son physique. J’essaye en vain de vouloir vous plaire, de susciter en vous un frisson d’envie. Et quand nos corps vibreront à l’unisson, je n’aurais qu’une phrase à la bouche “ C’est à Tout long que sévissait la véloce vermine ” Mais combien de temps peut-on embrasser une déesse, sans avoir de crampe dans la langue ? Hé, hé. Le problème est posé ! Je crois Jean-Paul que vous extrapolez légèrement ! Il faudrait tout de même, que j’arrête d’envisager l’impossible. C’est plaisant de penser à ces improbables situations. Oh ! et puis, je n’ai aucune imagination pour ce genre de chose, je m’en remettrais à votre savoir faire, j’espère que vous prendrez les rênes pour un “ big time sensuality ” en hauteur ; pour ne blesser personne, nous conviendrons d’un chacun son tour, c’est bien plus équitable qu’un pic et pic et colegram. Malgré tout et sans prétention, j’ai une certaine dextérité dans les mains.

Parlez de soi n’est pas simple, j’essaye d’être le plus objectif possible, ce n’est pas le point central de la conversation, c’est accessoire, anecdotique, énormément de sujet sont bien plus intéressant que ma petite personne, zéro parmi les zéros et si l'on va plus loin “ moins que zéro ” comme le titre d'un écrivain américain. Un sujet me révolte carrément depuis quelques mois : la hausse des prix. Une enquête du journal “ Choisir ” a démontré que depuis 2000, une hausse de 12% à été constaté dans le panier de la ménagère, tout comme dans les services et plus globalement dans tous les secteurs. A cela, l'on observe le salaire faramineux du président de Carrouf, complètement disproportionné face aux rétributions de ses employés. Ainsi, pas un mois sans une manifestation des petits producteurs de tomates, de lait, ou de fraise qui râlent contre les prix infiniment bas que leur impose la grande distribution. Prix trop élevés d’un côté dans le caddy des consommateurs, achats trop bas de l’autre avec l'achats des produits aux producteurs, de qui se moque t’on ? Pour couronner le tout, l'on apprend pendant la messe du 20 heures, qu’un Polonais achète une fois sur deux dans une enseigne Française. Cela ne me gène pas que l’externalisation des grandes entreprises Française se fasse dans les pays de l’est mais cependant s'il n’y a pas de répercussion sur les prix en France, mais l'on comprend trop bien comment ils l’ont financés, ce developement à l'étranger. Avec Nicolas S. un détail qui le caractérise, je porte en horreur les hommes qui portent des bijoux, bagouze, chevalière, bracelet, gourmette, chaîne autour du cou. D'ailleurs je considère que les lunettes et les motres cela habille suffisament. Pour les femmes c’est différend, il existe de magnifique bijoux, vous les portez bien mais je vous préfère sans. ”C’était une parenthèse qui ne regarde que moi".

Il y a aussi un texte que j’avais écris pendant mes crises, il traitait de l’homosexualité. Il faut l'avouer que chez moi c'est un peu épidermique, sans doute en ayant besoin d’exorciser un vieux démon. En réalité, toutes ces histoires de sexe ou d'amour ne représente rien de très grave sur votre personnalité et en général, plus vieux, ces questions s’estompent avec le temps. Quand l'on est jeunes, vous êtes travaillés du jupon et vous êtes peut-être attirés par le même sexe avec le désir des nouvelles d'expériences. Il faut savoir dédramatiser ce détail et savoir prendre le temps de se demander "Combien de temps cela dure l'homosexualité, chez les femmes, chez les hommes ? Par ailleurs, "Avant de savoir, ce que l'on veut, l'on commence par savoir ce que l'on ne veut pas". En ayant répondu à ces questions, que la religion n'évoque pas directement ou mal, vous en saurez plus sur vous et sur quel chemin vous désirez poursuivre votre vie. Pour moi, le vieux punk que je n’ai jamais été c’est une époque d’un autre âge à déconstruire absolument. Porter préjudice à quelqu'un, selon son attirance sensuelle est une erreur, la liberté ou rien, car vraiment la sexualité de l'un, de l'autre ou du soleil, ce n'est pas important et très franchement, c'est un détail, donc, pas besoin d'en faire une grosse affaire. Je pense, ma chère Nana, à la question de Christophe D. qui vous avait demandé, si vous aimiez les femmes ? Je me rappel de cette réponse “ non, pas vraiment ” J’aurai eu la même réponse, a propos des hommes “ non pas vraiment ” car d’une part, c’est physique et parcourir un corps avec les mêmes attributs, je trouve qu'il n’y a absolument rien d’excitant. Si c’est d’ordre purement sexuel c’est difficilement compréhensible, car au nom d'un petit désir en envisageant un plaisir, quasi-immédiat et furtif, doit-on pratiquer une sexualité de pulsion, voire de la monnayer, cas échéant ? Alors soyez dans la clarté et creuser en toute considération le phénomène, et posez-vous la bonne question. Pourquoi ?

Cette totale liberté que je tiens dans ces lettres est peut être à la limite de l’indécence. Je vous offre mon âme, à vous de décider quel usage vous en ferez. Je vous appartiens corps et âme, sans restriction, sans pudeur idiote, je n’ai rien qui ne mériterait d’être caché, ce serait une erreur de vouloir s’investir qu’a moitié dans cette histoire hors du commun. Dans mes lettres précédentes l'on sent une certaine retenu. Elle était prête à ne s’appliquer qu’a des problèmes liés à la télévision, une surenchère intellectuelle, avais-je donc tant de choses à prouver ? N’étais-je pas atteint par la rétention  ? La peur de s’ouvrir de manière plus personnelle et finalement être moi-même ? J’ai franchi un pas vers l’intimité, je suppose que le changement du traitement n’y est pas étrangé car “ Chapeauté de plomb, chemisé de béton, pas une seconde ne passe, sans que je ne rêve d’évasion ”. Je ne suis pas si différend qu’au premier jour, la méthode du discours a évolué, mais il n’existe pas de formule miracle, c’est un travail de longue haleine, une course vers un horizon toujours plus lointain. Tous les jours recommencer, si un événement, une rencontre devait se produire c’est dans cette optique que j’essayerai de reproduire le même schéma ; basé sur la transparence, le dévouement, la pugnacité, je n’ai qu’un seul objectif, vous rendre la femme la plus heureuse de ce bas monde, sans situation, sans avenir pour l’instant, nous partirons de presque rien, nous avons des sommets à atteindre. Dans quelques mois vous finirez par connaître tout de moi. Vous obtiendrez mon avis sur vos émissions, je continuerai à vous trouvez toujours aussi splendide et brillante, si ce n’est plus. C’est curieux, autant je vous dis tout sur moi et c’est vous la femme publique. De ma sphère privée, vous connaissez tout ou presque, mais de votre image publique, j’ai tout appris au fil du temps, empirique et étrange cette situation. Chacun de nous deux, nous misons sur le 50/50 dans nos vies respectives, une symétrie s’installe dans nos relations. Je me demande si j’apprécierai de prendre votre rôle, être continuellement en représentation dans la rue, se faire accoster pour un autographe, une photo ou pour rien, cela doit finir par être pesant Vous disiez que les gens réagissaient de manière courtoise à votre égard, qu’ils n’osaient pas vous abordez, est-ce toujours le cas ? Je me pose la question suivante, pour vous, votre compagnon doit-il obligatoirement faire parti des gens possédant une légitime notoriété ? Ce n’est pas qu’elle me manque cette notoriété, elle peut être désagréable, mais finalement quand on vit au quotidien cette situation cela crée des liens, des motivations semblables, Je m’en moque de votre notoriété si elle devait interférer dans cette histoire. Je ne cherche pas à vous plaire dans l’intention de flatter mon ego, j’ai plus de loyauté dans mon cœur qu’un vulgaire fan. Dés lors est-ce une obligation pour vous de trouver un homme déjà dans la lumière ? (je n’aime pas cette expression, il ne manque plus que l’auréole) Est-ce un détail  que vous balayez d’un revers de main ? J’ai déjà peur de la réponse et si l’effroi venait à me gagner, j’arrêterai de vous écrire et ce n’est pas mon intention. En premier lieu ce qui me motive ce sont ces coups de téléphone inexpliqués, il me faut peu de choses pour rallumer la flamme qui brûle au fond de mon âme. Si cela s’avérait être vous, cela serait extraordinaire, d’un silence jailli l’amour. Chacune de mes lettres est écrites comme si cela devait être la dernière, celle qui vous rapprochera le plus de moi. Vous avez la part belle, un simple appel et la machine se met en marche, inexorablement, méthodiquement pour qu’une femme sincère ou qu'une petite curieuse, s’enflamme ou se gausse devant les réactions qu’elle provoque. C’est la première de mes phrases la plus acide, j’en viens à mettre en doute ma démarche. Telle que je vous connais c’est la première des deux possibilités que je place en avant, celle qui a été le moteur depuis sept ans. Je tâcherais de ne pas user de phrase assassine, ce côté obscure n’est pas de mise dans mon discours, il parasiterait, endommagerait nos relations, même si elles sont à sens unique et c’est ce que je redoute le plus au monde. Quoi que vous fassiez, je ne vous en voudrais pas, ce sera juste un accent forcé, un brin vulgos qui dira “ Alors maintenant, c’est l’au revouarr ” Je serai déchiré par la peine et la tristesse, mais mes pas ne feront pas d’échos dans le silence de la nuit, “ à jamais un certain au revoir ”.

Christophe




Ma chère Nana,

Deauville, le mercredi 6 juillet 2005

Malgré un ennui latent, je vais bien et je suis en pleine forme et je profite chaque jour de la journée de sept heures le matin à vingt trois heures le soir. Cette vie est bien plus agréable ainsi, j’ai repris cette semaine, une partie de la programmation de terminal-media ; je présente une version sans cadre c’est à dire un seul fichier, sans architecture avec des éléments indépendants et qui comporte tous les liens correspondants, le tout est en ligne malgré quelques bugs persistants. Je vais lentement, en essayant de ne rien laisser au hasard. C’est surtout une nette amélioration pour les moteurs de recherche, ce n’était pas indispensable mais cela l’améliore de façon significative.

Et vous ? Je vous imagine en Grèce vous baignant dans une petite crique et profitant à plein temps du soleil et de cette délicieuse cuisine si caractéristique des pays du sud-est Méditerranéen. Je suppose que vous serez de retour en août pour la préparation de vos émissions. C’est avec une certaine candeur que je pense à vous, vous la femme la plus magnifique de l’univers, je fais ce que je peux pour vous être agréable. Quant je vous écris, l’optimisme est de rigueur et n’entre dans aucun statistique aveugle. “ Je rêve de vous même le jour, j’entends la voix, la voix de l’amour ” Vu de l’extérieur c’est complètement dingue, personne ne comprendrait ma démarche, je n’ai osé l’avouer à personne, c’est un secret qui ne regarde que nous, mais avez-vous fais part de ces courriers à vos proches ? J’espère que non, bien que je n’en sois pas persuadé.

Jeudi 7 juillet 2005

Ciel gris sur Deauville, le mois de juillet commence bien mal, nous verrons bien pour la suite. Au programme des réjouissances, l’arrivée de mes nièces qui vont venir passer quelques jours ici. Je les héberges toutes les deux, elles sont attendues pour la seconde quinzaine de juillet. 18 et 21 ans, cela va me faire du bien de les voir, je les adore, l’une comme l’autre. La cadette vient de passer son bac, elle l’a obtenue avec la mention “ assez bien ” je suis ravi pour elle, maintenant ce sont les choses sérieuses qui commencent, elle va préparée le concours d’entrée pour HEC. L’autre est plus délirante, un peu fantasque, mais très indépendante.

L’allocation adulte handicapé vient de passer de six cent euros à sept cent soixante six, c’est une bonne nouvelle, bien que cela ne soit qu’une béquille, le système est bien fait et on peut remercier le gouvernement de cette état de fait.

Dans les deux lettres précédentes, j’ai essayé d’être le plus objectif possible, je n’ai pas le sentiment d’avoir dépassé les bornes, certes je suis allé assez loin dans cet intimité qui me raccroche à vous. Est-ce indécent ? Je ne sais pas. Je ne le saurai sans doute jamais. Je vis assez bien ma solitude, je ne cherche pas absolument l’âme sœur et la seule femme auquelle je pense c’est vous et je me satisfais de cet amour impossible. Il ne suffirait que d’un instant pour que cet impossible devienne un envisageable et c’est cet espoir qui me tiens en haleine. Pour une nuit où pour la vie, je serai le plus attentionné des amants, d’une douceur incomparable, d’une tendresse sans limite, choses qui m’ont été complètement étrangère depuis la nuit des temps. Pour une entrée dans la matière, que vous soyez dans mes bras serait une façon de faire table rase du passé et démarrer sur une nouvelle vision des éléments qui nous entourent. Je n’ai pas la prétention de vouloir vous apprendre quoique ce soit, mes mots sont prévisibles et j’espère que vous les pensez aussi vite que je ne les pose sur ces lettres. Je fais de mon mieux pour vous plaire, mais j’ai bien le sentiment que la vie et les civilisations sont bien plus compliqué que l’on pourrait le supposer. Je ne suis pas naïf pour un sou et certainement pas dupe non plus, c’est d’ailleurs la raison qui m’a rendu si crétin dans mon approche vers vous. Le dessin que j’ai dressé de mon petit être est bien pitoyable. Vous m’imaginez, recroquevillé sur moi-même ? N’ayant que pour seul horizon Internet et la télévision ! c’est d’une psychologie qui ne vous ressemble pas, c’est un peu pourtant une de mes facettes mais c’est un peu réducteur. Je suis en fait un peu plus complexe que je ne le laisse supposer, je ne suis ni impénétrable ni perché. Un professeur ayant fait des études de psychologie, m’a dit une chose qui m’a frappé. Il me disait que j’étais à la fois introverti et extraverti et je trouve cette remarque assez juste. En observant de plus près votre écriture j’ai découvert que vous non plus, vous ne faites que des toutes petites boucles à vos e, c’est étrange, j’ai la même habitude. Je me demande ce que cela signifie. Nous avons donc des traits en communs, des petits détails qui en disent peut être long sur nos caractères respectifs. Je crois en fait que vous aussi, êtes une introvertie, extravertie c’est une des raison pour laquelle, je vous porte un tel culte, un amour sans bornes, comment expliquer une telle vénération. Je sens que je suis d’une platitude énorme et que les mots et le style me manquent pour vous déclarez à sa juste valeur mes sentiments. C’est triste, mais je n’ai pas le talent d’un Romain Gary, ni le charisme poétique d’un Charles Baudelaire. Je suis un homme ordinaire qui vous aime à en devenir presque gâteux, un vieux de l'amour. A maintes reprises, j’ai frôlé le ridicule, heureusement il ne tue pas mais après tout ce n’était pas douloureux, j’ai fais un rêve, celui de vous aimez.

Christophe

Deauville, le 9 juillet 2005

Ma chère Nana,

Ca y est ! J’ai enfin terminé la version définitive de terminal-media, en tout cas jusqu’au prochaine modification majeure. Sans bug et dans la règle de l’art de la programmation, maintenant, c'est du travail professionnel. Il reste un détail à régler : le formulaire. N’ayant aucune connaissance en programmation PHP, j’ai confié cette partie à un développeur externe, en une heure, il réglera le problème. Ca me coûte 80 euros mais c’est un détail que je n’aurais pu surmonter, il me fallait une aide externe. Je suppose que cette nouvelle est le dernier de vos soucis, pour moi c’est toute ma vie qui repose sur ces quelques données informatiques. Alors que j’étais en pleine crise de delirium tremens en 99, je n’ai trouvé de rien à mieux à faire que de me séparer de mon second ordinateur, c’était une cruel erreur. Je n’ai plus depuis ce jour de programme d’image de synthèse, de logiciel 3D. Un coup de tête, une erreur de ma part que je regrette amèrement. Terminé aussi la musique basic que j’avais fait parvenir à TV4. Les ordinateurs sont dotés de fonction, ce que l’on produit avec l’un n’est pas toujours valable pour la génération suivante, c'est ici que l'on peut crier au scandale, au nom du soi-disant progrès du consumérisme car en fait c'est un problème de profit toujours plus conséquents, de la part des industriels du secteur. J’explose mes statistiques avec mon site de 15, je passe à 20 visites par jour, c’est inespéré. Toujours est-il que je n’ai aucune inspiration pour le doter de nouveaux articles. Il paraît que lorsqu’on se retourne vers son passé, c’est que l’on a perdu toute imagination. Je suis peut être atteint, c’est possible.

Dimanche 10 juillet 2005

Après avoir longuement écouté le dernier album de Moloko, je suis moins catégorique sur le fait que cela soit de la disco sauce 2000. J’aime bien ce disque finalement, si éloigné de mes habituelles oreilles, je fini par l’apprécier. La télévision est épouvantable en ce moment, je la fuis au maximum. Les journées sont longues depuis avoir terminé mon site. Sur CN5, dans l’après midi, les documentaires parfois retiennent mon attention mais c’est rare.

Levé de bonheur, comme tous les matins maintenant, je tourne en rond pour savoir comment organiser ma journée qui commence. Je ne sors plus le soir. J’avais pour habitude cet hiver, d’aller au “ Village ” un bar situé à quelques mètres de chez moi. Cela fait un mois et demi que je ne n’y mets plus les pieds. Je préfère m’offrir une bière au bar “Le Cochrane ” dans l’âpres midi, une à deux fois, dans la semaine. Le week-end, la ville est infréquentable, il y a trop de monde et puis dans cette petite ville, l'on a l'impression d'être comme dans un épisode de la série " Le prisonnier" avec Patrick Mc Gohan, je plaisante à peine. C’est mon premier été à Deauville et j’ai déjà hâte d’être en septembre. Dans la famille, les choses sont loin d’être au beau fixe, Franck, mon frère est sans emploi depuis décembre dernier. Il travaillait depuis quatre ans. Un salaire conséquent, il avait bien négocié dés son entrée dans l’entreprise, d’après ce que je sais. Des résultats corrects et une conduite irréprochable mais néanmoins des divergences avec le président, cela a suffit pour qu’il soit licencié. Il envisage de créer une autre boite, je ne connais pas exactement la nature de son projet. Il donne des cours à Science Po, mais ses rémunérations sont ridicules, j’espère que cette situation précaire finira par trouver un dénouement. Mes parents sont inquiets, mon père surtout, il dort mal, ressassant sans cesse, ces événements. Mes parents m’inquiètent, leur santé n’est pas bonne, l’un comme l’autre, ils marchent avec difficulté. Je redoute le jour où ils ne pourront plus se déplacer. Je serais là, combien de temps encore ? un an ? trois ans ? cinq ans ? c’est difficile d’anticiper une situation, mais je serais à leur coté, je leur dois bien cela. Je rentre de la promenade dominical de la chienne, j’ai l’habitude d’accompagner maman, une fois par semaine. Nous avons prit un verre sur le bord de mer, là, où nous étions la foule ne s’y rend pas et il y a plein d’espace vert pour Tina. C’est une très agréable bête, docile et sans problème avec un sacré tempérament, c’est un Setter anglais, elle est magnifique. Je suis partiellement gâteux avec cet animal, j’y suis très attaché.

On peut dire aujourd’hui que je n’ai plus d’amis si toutefois, j’en avais déjà eu. Le dernier email que j’ai fais parvenir à une copine est sans réponse. A vingt ans, les relations que j’entretenais m’ont amené à avoir une foule de contact en tout genre. Entre le skateboard, les filles et les copains d’enfance, j’avais chaque soir quelque chose à faire. Leurs points commun reposaient sur le fait qu’ils fumaient tous comme moi du H. La majorité était d’un milieu socio-culturel différend du mien. Celui que je prenais pour mon meilleur ami, la dernière fois que nous nous sommes vu, un week-end en juin il y a cinq ans, à Germainville, n’a rien trouvé de mieux à faire que de voler des jouets pour ses enfants et quelques bouteilles de vin. Son ultime réponse pour expliquer son larcin, c’est qu’il m’a laissé une boulette de H. Pour lui, j'imagine que son comportement était normal. C’est dingue, ce type était con comme un balais et j’ai pensé que les multiples pérégrinations que nous avions fait ensemble étaient gages d’amitiés solides. C’était un abrutis, je le savais mais c’était mon ami et aussi mon dealer. Le reste de mes relations ne mérite pas d’être évoqué. Un point commun qu’ils avaient tous c’est qu’ils avaient des convictions politique mais j’ai toujours évité d'en parler avec eux. Mes amis les bobos, qu’ils aillent au Diable ! les pleutres. Des gens sans profondeur d’esprit qui pour la plupart n’ont jamais lu d’autres livres que ceux que les professeurs leurs imposaient de lire sur les bancs des collèges. Voici un certain nombre d’élément qui font qu’aujourd’hui, je suis partiellement asociale, je n’aime pas les gens. Mon estime ne porte que vers ma famille et vers vous et je suis courtois mais froid avec mes contemporains. Je n’engage la conversation qu’avec les personnes âgées de mon immeuble. Je suis poli avec les commerçants, aimable mais cela s’arrête là. J’ai bien essayé de générer des contacts au “ Village ” mais finalement les gens sont trop crétins, je les méprisent. Pourtant, j’ai mentis par omission, je me suis bien gardé de parler de schizophrénie et quand on m’a demandé le métier que j’exerçais, j’ai carrément élaboré un mensonge honteux. J’ai dis être informaticien free lance, une vraie belle couverture. Ils ne savent parler que d’eux mêmes, c’est incroyable. C’est exactement ce que je fais dans cette lettre mais à la différence près, c’est que j’en suis parfaitement conscient.

Lundi 11 juillet 2005

Comme à mon habitude depuis bientôt deux mois, je suis réveillé depuis 7 heures 30, une tasse de café, un bain bien chaud, consultations des statistiques du jour sur le web, j'ai eu 21 visites hier, c'est beaucoup. Expresso sur le zingue du bar PMU à deux cent mètres de chez moi et me voilà d’attaque pour la journée. 10 heures 26, les pieds sur la table, le clavier sur les genoux, je me balance dans mon fauteuil de bureau. J'écoute Siouxie and the Banshees qui m’accompagne dans cet exercice narcissique de me consacré à mon site Internet. Le monde marche sur la tête, les événements de Londres le confirme, pour l’instant cinquante morts officiels mais le bilan risque de s’alourdir, c’est dément, comment le fanatisme peut conduire des gens à poser des bombes au nom de Dieu pour ne tuer finalement que des civils innocents. En 1995, à Paris, je me souviens avoir eu un peu la “ pétoche ” lorsque je prenais le métro. Je ne montais qu’en tête de train où dans le dernier wagon, scrutant le moindre comportement qui m’aurait paru louche. Je ne suis pas d’un naturel anxieux mais je regarde toujours deux fois avant de traverser une rue. Les accidents domestiques possibles et la prudence m’entraînent à faire attention à mes moindres gestes. Ma vie, j’y tiens. Vous savoir, conduisant un scooter dans Paris, m’inquiète. Je vous imagine prudente et respectueuse du code de la route, mais malheureusement ce n’est pas le cas pour l’ensemble de la population. A deux roues, l'on est très vulnérable, j’ai été la victime d’un accident de scooter alors que j’avais dix huit ans, heureusement sans séquelles, tous les torts reposaient sur un imbécile ayant fait une infraction flagrante . Mon scooter était en miettes. J’ai vraiment eu de la chance, moi j'aurais pu ce jours-là mourir. Faites très attention, je redoute qu’il vous arrive quoique ce soit. Je veux bien croire que ce mode de déplacement devient incontournable dans une grande ville comme Paris; congestionné par les embouteillages, les deux roues sont parfois la seule alternative pour les gens qui travaillent dans la capitale. Les transports en communs c’est pénible et inimaginable dans votre cas, la voiture c’est hors de question, si l’on est pressé, il ne reste donc que le scooter, pratique, rapide, mais très dangereux.

La vacuité de mon discours est infini. Je le sais bien, c’est difficile d’être pertinent constamment, encore faudrait-il prouver que je l’ai déjà été une seule fois dans mon abondant courrier. L’internet est un courant d’air, c'est difficile de garder les internautes, il faut une mise à jour quotidienne, voir hebdomadaire, un seul mot d’ordre : le contenu. C’est vrai pour la presse comme pour la télévision. Je vais attendre six mois et ensuite peut être créer une EURL, une entreprise en nom propre. C’est encore trop vague mais la version définitive avec le programme de formulaire ne sera achevé que dans une dizaine de jours. J’ai un nombre conséquent de visiteurs par rapport aux anciennes versions mais c’est en deçà des sites professionnels. Il faudrait une centaine de visites par jour, pour prétendre faire de la publicité. Toujours les mêmes questions récurrentes, comment faire pour en vivre ? Je ne vous embête pas trop en traitant des mêmes sujets constamment ? Je suis obsédé par deux choses dans ma vie : vous, Nana et mon site sur le Net. Cela rend le bonhomme assez pauvre en matière de communication, pour l’une, c’est un secret jalousement gardé qui amuserait bien la galerie s'il était dévoilé, et pour l’autre une passion de vieille adolescent qui a finit par réaliser son rêve, faire du multimédias. Pour l’une, il passerait pour un doux dingue, pour l’autre, je ne peux partager cette passion avec quiconque, mes parents y sont totalement hermétique, ils n’y connaissent rien. Pour faire plus bref, je suis dans le néant, le vide, pas exactement dans les limbes mais nulle parts, je n’existe pas, je suis transparent, l’homme invisible. Je ne veux rien de particulier, je n’attend plus rien, tous le monde m’a plus ou moins tourné le dos (remarquez en ce qui concerne “ mes très chers amis ” ce n’est pas un mal) personne ne prend contact avec moi, je suis dans l’impasse ; terrassé par la maladie, j’admet que cela pouvait se comprendre mais avec l’ensemble de mes facultés, c’est rageant. Dans le monde entier, personne ne fait quelque chose avec moi. Si au moins ce satané site pouvait générer des contacts de gens susceptibles de travailler avec moi, mais non le seul email que j’ai reçu était un reproche sur la façon dont j’ai jugé un site référencé (Des remarques dont je n’ai pas changé une seule lettre car c’était complètement justifié). C’est donc le vide, la vacuité). Je suis un homme seul, solitaire et célibataire) C'est vrai, je l’ai toujours été un tant soit peu, mais ici, j’ai atteind le summum. En étant enfant, vers cinq, six ans, je jouais seul dans ma chambre pendant des heures, j’avais mes jeux, je construisais des villes en Légo que je détruisais avec quelques billes. Vers 17 heures 30, mon frère et ma sœur rentraient des cours, nous avons sept et six ans de différence, à cet âge, c’est important. Je recherchait leur présence, ils avaient pourtant des devoirs à faire, je venais quotidiennement les déranger avant qu’ils ne finissent par fermer leur porte à clef. Un souvenir en passant, juste pour rappeler qu’en ce moment la solitude me pèse.

Il y a une semaine j’ai envoyé un mail à un ancien copain qui habite en Suisse, sans réponse de sa part je pensais qu’il m’avait enterré. Chose extraordinaire, je viens d’avoir de ses nouvelles, ce n’est pas le pire parmi mes anciennes connaissances et son courrier est à la fois sobre et amical, je lui répondrai demain. C’était les tribulations d’un ermite seul et parfois désemparé mais dévoué à son icône, Nana, depuis trois ans et qu’il vénère le plus au monde.

Christophe

Deauville, le mercredi 13 juillet 2005

Ma chère Nana,

Grosse semaine ici à Deauville, pas d’événement très important, mais mon site est en ligne dans sa version définitive, les journées sont longues mais le soleil bien présent.

Le dimanche 24 juillet 2005

Calme plat dans la petite ville balnéaire, les touristes présent le week end provoquent des embouteillages, des jeunes banlieusards roulent en Mercedes décapotable et dorment sur le parking de la plage, parvenus de tous les horizons arpentent les planches de long en large. Autant de raison qui explique le fait que je reste chez moi la plupart du temps et lorsqu’il m’arrive de sortir, j’évite les rues commerçantes et le centre ville. J’ai probablement été un peu rapide dans le jugement que j’ai pu avoir sur mon copain qui réside en Suisse. Trop sympathique pour être sincère il m’a proposé de me faire parvenir un DVD de son sport, le Snowscoot. C’est une version hybride entre un BMX et un Snowboard, en bricolant un peu, il a construit un prototype en 1992 et depuis il essaye de faire vivre le sport qu’il a mit au point. Sa mère Allemande s’est remariée avec un industriel, il habitait Neuilly sur Seine, avec d’autres nous pratiquions le BMX dans les années 80. C’était un sale gosse, une caricature de petit bourgeois Trash qui fumait des pétard et buvait bière sur bière. Grande gueule et portefeuille bien garnis, c’était néanmoins un ami. Ce type d’intelligence moyenne, élève au lycée Pasteur ; son bac en main, est parti en Suisse pour suivre les cours une école d’hôtellerie. Un jour, il a mit au point son produit, a déposé un brevet, créé sa boite. Un an plus tard, il déposait le bilan et avec l’argent du beau père, il a recréé une autre boite cette fois-ci en Suisse, depuis, il a fait un enfant à une fille, l’a quitté quand il a trouvé une remplaçante à la plantureuse silhouette. En fait, ce qu’il attendait de moi c’est que je lui donne un avis sur son DVD dans lequel, évidemment, il est la figure emblématique. Pire cabotin cela n‘existe pas. Son truc repose sur trois choses, moi, ma boite, ma voiture. Sur son bras il arbore fièrement un tatouage du nom de sa société, cela fait de lui un rebelle. Néanmoins je lui ai fait un petit topo sur ce que je pensais de sa petite entreprise, j’ai été gentil mais franc et je suis bien persuadé qu’il n’équilibre pas ses comptes. Il ne m’a même pas remercié, mais compte tenu de ce que je lui ai dit et connaissant le bonhomme cela n’a rien étonnant. Ce n’est pas grave, des amitiés pareilles, je préfère les esquiver et ce sport, ce n’est absolument plus ma tasse de thé. Donc…bonne chance à lui.

Je me suis replongé dans la lecture de Marcel Fermé, j’ai relu “ Aller retour ” et “ le chemin des écoliers ” c’est toujours un bonheur intact de le retrouver, un vocabulaire riche, une aisance intellectuelle qui décrit si bien les hommes et les drames qui les accompagnent.

Nous sommes allés voir mon frère ce week end, c’est un homme tendu que nous avons rencontrés mes parents et moi. Il a dressé le portrait de Jacques. Chirac dans les grandes lignes, ce fut magistral, il nous a également parlé de la France et de son état, c’était brillant. Une redoutable intelligence informé et subtile qui malheureusement ne supporte pas la contradiction. Ménageant le paradoxe il peut être parfois arrogant dans une conversation et si humble quant il donne des conseils en particulier. Longuement, nous avons discuté sur mon avenir à court et moyen termes. Ces conseils m’ont éclairés, je ne découvre pas la Lune mais cela m’a confirmé dans les moyens à mettre en œuvre pour penser vivre un jour de mon activité. Mon cas ne m’intéresse pas tellement de toute façon, je verrai bien en septembre. Ce qui m’inquiète plus c’est la santé de mon père, à notre retour, il digérait mal et est parti directement se coucher dans sa chambre. Il se fait énormément de souci à propos de mon frère, sa seul maladie repose sur ce fait. Le perdre, une épée de Damocles perpétuellement au dessus de nos têtes. C’est inexorable, je redoute cet instant à chaque seconde qui passe.

Le Lundi 25 juillet 2005

Mon père va mieux, il est tout à fait rétablit. Je n’arrête pas de rêver de chose étrange, la semaine dernière c’était de vous, nous nous entendions comme larron en foire, riant à gorges déployées, vous étiez accompagnée d’un petit chien, nous étions sur l’île de la Jatte, c’était extrêmement précis et clair, pour le moins curieux.... Samedi je rêvais d’Afrique et cette nuit, je m’achetais des disques au Japon. Je n’ai aucune idée de ce qu’ils peuvent représenter dans mon subconscient, je n’ai pas de signification qui me vienne à l’esprit, c’est agréable et parfois étonnant.

Je trouve fascinant que vous désiriez être nonne quant vous étiez plus jeune. Donnez votre vie à Dieu est particulièrement troublant, bien que je sois athée, la religion a toujours exercé chez moi une curiosité attentive. Au fil des siècles, l’église a joué un rôle prépondérant, irremplaçable parfois avec intransigeance, bêtise mais elle élève plus l’homme qu’elle ne le rabaisse. Les moines sont les premiers scientifiques, leurs travaux notamment dans le secteur vinicole ont créés des processus industriels, l’occident doit beaucoup à l’église. Si le dogme a été parfois aveugle de zéro à mille ans après Jésus Christ, son apport à la civilisation est incontestable, peut être que l'histoire aurait pu l'éviter, je ne sais pas. Vos interviews représentent pour moi les évangiles, je n’ai d'yeux que pour vous. J’aimerai m’abandonner en vous, déposer les armes. Tout ça n’est que pure spéculation, je sais bien que je vis un rêve, qu’il faut se rendre à la raison. Mais existe t-il un principe qui interdit aux fervents amoureux de dormir près de leurs dulcinées, même lorsqu’elles ont un soupçon de notoriété. C’est de l’amour, simplement de l’amour, je ne vois pas pourquoi inventer des croyances stupides qui jugeraient cet amour alors que nous le savons bien, cette planète est, par ailleurs, un bordel innommable fondé principalement sur le mensonge et l’intérêt bien compris. Je me demande quelquefois, si je vais rencontrer des gens équilibrés dans ce qui me reste de mon existence. En dehors de ma famille, j’ai toujours été en contact avec des cas. Trouver des personnes normales comme relation m’a été impossible. Peut-être étais-je moi même un peu malsain ? Au fond de moi, j’ai toujours eu une certaine répulsion aux personnages troubles. J’ai découvert en vous ma moitié, l’exacte réplique des sentiments que je partage, fondé sur l’amour, la noblesse du cœur. S'il en existe une, c’est bien vous avec ses doutes, ses contradictions, sa passion, une femme quoi ! Mais pas n’importe laquelle, la meilleure. Votre charme a joué sur toute la ligne, Vous êtes humble mais pas dupe, vous êtes splendide mais vous n’y croyez qu'à peine, d’une mécanique intellectuelle rare en particulier dans le domaine de la télévision. Vous respirez la bonne humeur, le "fair play". Je ne vous crois pas vénéneuse et comme je suis conquis, je vous livre mon cœur, purement et simplement. J’ai perdu toute pudeur au fil de mes lettres, je ne ressens aucune gène, je suis au delà de toute crainte, quoiqu’il advienne. Dés votre premier passage dans TVPresse, j’ai su que vous étiez différente, rien ne m’a fait changé d’avis bien au contraire, vous êtes majestueuse même dans ce silence. J’aimerais vous découvrir dans un cadre familier, vous observez, loin de moi l’idée de devenir voyeur mais quelle chance ont les mouches qui s’introduisent chez vous. Ces créatures ailées et velues volant en escadrille et en carré sous les luminaires, au milieu des pièces et mourir d’un coup de Baygon ordonné par votre main céleste, quel plaisir que j’envie à ces insectes bruyants. Je me demande, si vous êtes une combattante de l’amour ? Peut être qu’après tout, cette histoire terminée avant qu’elle n’est commencée, ne soit trop facile. Séduit, je le suis, alors dans ce cas, vous n’avez plus rien à attendre, seulement l’amour est insatiable, il ne se réduit pas à la minute, c’est un travail de longue haleine perpétuellement à redécouvrir. Je suis devenu un élève de la vieille école, moi qui ne pensais qu’à des aventures d’un soir, étant adolescent. Je n’ai jamais vraiment aimé. J'ai vécu des histoires fades, sans goût qui sont déjà très loin de mes préoccupations actuelles. La seule que j’aurai pu aimé toute ma vie était Anglaise, plus âgée de deux ans, j’ai passé d’excellents moments avec elle. Quand elle a comprit pourquoi j’appréciais tant être avec elle, nous nous sommes séparés. J’ai compris un peu tard mon erreur, elle avait déjà disparu, pas de nouvelles pendant six ans et puis un jour coup de téléphone, elle s’était marié avec le métier de son mari, citoyen de sa très grâcieuse majesté. Ce financier lui a fait un garçon et comme il s’était tout dit, elle a divorçé. A cette époque, nous avons mis un mois pour nous détester. Puis le désert, nous nous sommes tout de même bien amusés ensemble. Elle doit probablement vivre en Angleterre actuellement, bonne chance…

Je ne sais pas si je pourrais devenir amoureux à nouveau, c’est qu’avec vous, j’ai placé la barre très haut. Les raisons qui pourraient engendrer une telle situation seraient, je le crois très différentes. Pour l’instant depuis que je suis à Deauville, deux tentatives, deux vestes, je n’insiste pas et je ne suis pas en situation de le devenir. Votre souvenir est trop présent bien qu’irréaliste. Quand j’aurai une meilleur situation, je verrais bien, pour l’instant je ne suis pas travaillé par la chose. Je ne suis plus exactement le même qu’à mes débuts, au départ, j’ai voulu jouer les petits comiques, bien mal m’en a prit, c’était la pire des périodes. Puis cela est devenu le moment de tous les espoirs, puis à nouveau le ton de l’humour sarcastique sur ce pauvre Stéphane B. qui ne m’avait, au demeurant rien fait. D’une part, il doit s’en moquer de manière magistrale et par ailleurs la seule évocation du torchon Paris Kash doit le mettre dans tous ses états, donc mes remarques aussi ironiques soient-t-elles, avaient un impact limités. Et ensuite j’ai eu ma période, celle du "petit professeur", donnant bon point et images à cet objet qui trône dans mon living room appelé “ télévision ”. Le petit prof à lunette avait toujours une idée sur tout et est un spécialiste de tout, distillant ses réflexions et ses états d’âmes, comme s'il détenait la science infuse ou des fulgurances. Après et c’est la dernière des métamorphoses que nous avons constatés, moi-même, et je; c’est l’écorché vif ou le supplicé au pal, celui qui avait si bien commencé et qui fini si mal. L'éternel écorché vif, tout dévoué à la seule cause qui a jalonné pendant toutes les phases précédentes, le mal d'amour. D'ailleurs, les adeptes d’Intervilles appellent ceci dans leur jargon, le fameux “ fil rouge ”. Et pour quel résultat ? Rien, mais "je" est au delà d’un simple rapport de productivité, sa quête est dans un premier temps biblique quoiqu’il faudrait l’appelé plutôt mythologique avec un prénom tel que le votre et puis je préfère les histoires compliqués des dieux Grecques à la simplicité de la Sainte Trinité. Enfin, toujours est-il que le résultat est assez médiocre en comparaison à l’énergie déployée, où c’est un travail de tous les instants mais ce n’est pas fatiguant, c’est un véritable plaisir. Au final et depuis sept ans, je n’obtiens que du silence, mais quel silence. Incontestablement, c’est un beau silence.

Le Mardi 26 juillet 2005

Incontestablement, c’est un beau silence. De toute les façons, je redoute qu’il soit brisé. Si cela devait être le cas, j’ai peur de perdre une partie de mes moyens. Je ne sais pas. C’est une éventualité à laquelle, je ne porte pas attention, elle est devenue tellement illusoire. Quoique je fasse vous m’accompagnez constamment. Chacun de mes gestes, de mes paroles, sont conditionnés par votre présence invisible. Ce n’est pas le résultat d’une quelconque maladie, je n’entend pas de voix, ce n’est pas une hallucination liée à ma schizophrénie. Elle est bien loin celle-ci et cette chère folie n’a pas de place entre nous. Il me semble avoir les pieds bien sur terre et aucun symptôme qui pourrait prouver le contraire. C’est à vous d’en juger. Toujours est-il que je ne pense qu’à vous. A l’heure actuelle, je vous imagine en Grèce en d’autres compagnies, sur des rivages où dans des calanques turquoise. Je vous voie attablée autour de mille saveurs parlant une langue qui m’est inconnu mais qui dans votre bouche doit avoir une volupté toute exotique. Que me faudrait-il faire pour gagner votre cœur ? Vous couvrir de présent ? je ne suis qu’un simple mortel, une goutte d’eau, une petite molécule sans importance, comme les milliards d’individus vivant où ayant vécus sur cette planète, nous n’avons qu’une vie, qu’un soleil pour l’ensemble et je regrette que nos destins soient si éloignés l’un de l’autre. C’est la vie.

Christophe

Le Mercredi 27 juillet 2005

Ma chère Nana,

Ca fait un peu tâche, cet article de “ L’organe ” sur le Net. C’est un regrettable accident cette émission avec Arthur. Je vous comprend parfaitement, vous n’aviez pas le choix, mais cela, le petit scribouillard de la rubrique “ chien écrasé ” du premier papier toilette venu, y verra une erreur. Son avis importe peu. La vie sociale et professionnelle est une succession de compromis, j’aurais voulu être plus proche pour comprendre d’avantage la trame de ce triste événement, ce qui s’est passé, avant, pendant et après est probablement très intéressant, je ne peux donner mon avis sur des faits dont je ne connais pas l’historique. Depuis peu, je sais que vous ne travaillez plus directement pour TV4 depuis trois ans ? Date à laquelle votre émission était produite par Pif paf pouf Production. J’ai toujours cru que malgré cela vous étiez payée par la chaîne, quelle drôle d’idée, j’avais là. Néanmoins je continue pour l’instant d’envoyer votre courrier au siège à Issy les Bobino; à la rentrée, je verrais quelle adresse est la plus appropriée. Mon imprimante présente des signes de faiblesse, pour bien faire, il me faudrait votre adresse email, je sais bien que c’est un peu délicat de la réclamer et la manière de l’obtenir n’est pas simple, c’est pourtant essentiel si je veux continuer à vous écrire. Cela ne devrait pas changer grand chose sur la fréquence de mes courriers ni de leurs contenus. "Don’t take away my illusion". C’est une formalité, je n’encombrerais pas votre boite à lettre, c’est seulement un moyen plus souple et plus rapide de vous faire part de toute mon admiration et parfois de mes états d’âmes. J’imagine vous accompagnez tant que vous serez sur le petit écran et bien après probablement. Prenez-moi comme un cousin éloigné, un camarade de CE 2 qui habite désormais en Australie. Je n’en n’attend pas plus. Je suis un proche à distance, un fantôme, mes écrits n’ont rien de très percutant, je le sais bien. "Nobody’s perfect. I need a voice to fall in love with… in my silent world ” J’adore le son de votre voix, une voix grave pour une femme. Ce n’est pas une obsession mais je me demande ce que cela donnerait si vous chantiez. Pourquoi pas ? Ce qui m’énerve lorsque je lis des conversations sur les forums vous concernant, ce sont des réflexions du genre “ Cette fille, elle a de la classe ! ” C’est bien une réflexion de plouc, je ne sais pas ce que c’est d’avoir de la classe, avoir un certain maintient, une certaine distinction, je sais, mais de la classe, je n’en ai aucune idée. Psss, évidemment quant on sort du lot avec élégance, il y a toujours des individus qui ne remarquent que le vernis et l’enveloppe.

Les journées sont longues, j’ai relu ce que je vous ai fait parvenir depuis avril, finalement ce n’est pas si mal, écrit sans beaucoup d’humour, me répétant parfois, bon je sais aligner deux mots, mais pour le style c’est assez lourdeau. De là à dire comment cela a été perçu c’est une hypothétique réponse que je ne peux apporter. Un type au final sympa, un malade qui se soigne, un quidam aveuglé par l’amour, autant de question qui restent à ce jour sans réponse et qui ne le seront peut être jamais.

Vous venez d’apparaître dans la boite à questions de TV4 avec Antoine, la question portait sur la chirurgie esthétique. Y aviez vous déjà pensé, je me demande pour quelle partie de votre corps ? Enfin bref, c’est étrange car vous êtes parfaite. Une seule chose vous auriez pu avoir le bon goût d’avoir comme moi, ce sont les yeux bleues. C’est un détail qui n’a absolument aucune importance, vos yeux sont clairs, d’un vert envoûtant. Comme j’aimerai m’y plonger. Je ne suis pas poète je ne pourrais développer plus en amont cette phrase.

Le Jeudi 28 juillet 2005

Les programmes de télévision sont particulièrement exécrables cet été, c’est le cas tous les ans et si l'on ne fait pas son choix, cet outil d’aliénation merveilleux que je trouve fantastique est mieux silencieux qu’animé. Je me rappel qu'en 1987, alors que je faisais un fanzine sur le skateboard appelé “ Grave ” tout allait bien pour moi encore à cet époque, j’avais de bon résultat en cours, en pleine forme, évacuant ce que je fumais dans de longue session de skateboard. Je ne regrette pas cette époque, mais j'aurais pu l'éviter, en l'occupant à d'autres activitées. Et puis en 88/89 la maladie a commencé à me ronger, petit à petit, sournoisement.

De toute façon dans le milieu des sports extrêmes : surf, skate, bmx ect ect, c’est un monde de beauf, c’était le cas à la fin des années 80, je ne crois pas que cela est beaucoup changé, je jouais les petits branchés à cet époque, fasciné par les USA et par le mode de vie de quelques marginaux qui pratiquaient ces sports. Aussi brillant soient-ils sur leurs planches dans l’eau ou sur le bitume, ce sont de parfait abrutis qui ne vivent que pour de furtif instants. Ce qu'ils apportent aux individus reposent sur du vide abyssal. J’ai perdu mon temps, cela a duré dix ans, j’ai pris des risques inconsidérés, je garde des séquelles dans les genoux et les coudes, que de temps perdus pour quelques secondes entre ciel et terre, chargées d’adrénalines. Dans ces sports, où se trouve l'intelligence ? La lecture des magazines américains entretenait le mythe et la légende. A cette époque, ma vision du phénomène était tout à fait personnelle et loin de la triste réalité des marginaux de la côte ouest des USA. J’ai finalement crevé l’abcès, en me rendant en Californie, les choses furent beaucoup moins glamour et quelques mois plus tard ce voyage devait être probablement l’élément déclencheur de la maladie. Avec où sans drogue, le résultat aurait peut-être été, il me semble, le même, je ne pouvais échapper à la maladie. Une réunion en conseil de famille m’aurait peut être remit les idées en place ? Probablement, il ne s'est pas fait. Des phrases du genre “ Tu crois que tu vas continuer à faire tes bêtises jusqu'à quarante ans ? ” Aurait peut être été fort utile. Même, si elles étaient latentes, ce n’était pas le genre de la famille de les exprimer en face. Cependant, je n’ai jamais été dresser comme un petit chien de salon. Mon résultat n’est pas brillant, mais la maladie n’a rien arrangée, quelle soit l’unique vecteur de mes échecs, c’est difficile à dire, mais je crois que oui, cet élément a été déterminant dans mon parcours.

Se découvrir

Il me faut maintenant m’inventer la vie qui sera la mienne pour les vingt prochaines années. Reste à voir dans quel état je serai si toutefois je ne suis pas mort avant. Mon paquet de cigarettes quotidien, mes divers cafés prient tout au long de la journée, je me demande si peu à peu, je ne m'approche pas de la fosse commune plus vite que je ne le devrais. Est-ce que vous viendrez à mon enterrement ? Parlons d’autres choses...

Dans la boite à questions de ce soir, l'on vous interroge et la question est la suivante “ Payez vous trop d’impôt ? ” La réponse est oui, nette, tranché, direct. C’est exact qu’une certaine tranche de la population paye trop d’impôt, je suis d’accord avec vous. Personnellement compte tenu de mes revenus, je ne paye rien. Remarquez, mes seules ressources proviennent de mon Allocation Adulte Handicapé, soit 766 euros par mois, depuis juillet. Vous êtes dans une tranche de 10 000 euros, vous devez en payer un maximum, qui plus est, en étant célibataire. Pour mon cas, c’est normal, avec le traitement de cheval que j’avais, j’étais dans l’incapacité de travailler et je n’ai pas l’impression de voler à l’état mes 5000 mille francs mensuel. La schizophrénie a été reconnu par des médecins comme maladie handicapante, tous les cinq ans, mon cas est examiné par des spécialistes, le dossier médical de ma psychiatre établit ou remet en cause mon allocation. La prochaine a lieu en 2007. Je dois vous semblez pénible à parler ainsi de moi, j’essaye de vous expliquez où vont vos impôts. Autant l’état fait un effort pour des handicapés, autant est-ce qu'il dilapide l’argent des biens portants qui travaillent pour des galeux, des sans noms, des impotents, des gens plus sensible ? En France les gens ont des droits, j’attend qu’ils aient des devoirs. Je ne sais pas si Nicolas Sirtaky est l’homme de la situation, j’ai perdu mes illusions politiques depuis les quinze ans à la tête du pays avec Jacques Manirac, c’est juste un homme anodin, à la pointe de son incompétence. J’attend que les uns ou les autres sortent du bois avec un homme hors du commun, hors normes, pour le placer à la tête des hommes et des femmes de ce pays. A gauche, personne pour l'instant, à droite, je m’égare à penser qu’un Dominique Vilpelvus ou un Nicolas Sirtaki soit ce modèle. A choisir, j’opterai pour le second bien que le premier est séduisant dans l’art et la manière de procéder, d'entretenir un discours politque mais n’est-ce pas juste un rêve dérisoire et illusoire ?

Vendredi 29 juillet 2005

Je viens de regarder “ Le roi réveur ” de Terry G. Mac Coy, c’est un conte philosophique, j’ai bien aimé et Bob Rilliams joue admirablement bien. Le fond prédomine par rapport à la forme mais c’est un bon film et cela fait longtemps que je n’avais pas pris le temps de regarder un film dans sa totalité, le cinéma c’est agréable et unique.

Je vais aller rejoindre mon lit, voici quelques mots écrient dans l’interrogation de savoir si mes maux sont partagés. Le manque d’information sur la façon dont ils sont perçus me taraude au plus haut point.

Christophe

Deauville, le jeudi 11 août 2005

Ma chère Nana,

J’ai appris que votre première émission, “ Cinoche Hebdo ” aura lieu à Deauville, je suis particulièrement préoccupé par cette nouvelle. Vous savoir si proche pendant le festival du film me rend nerveux. Plus que rien au monde, j’aimerai passer un moment avec vous. Ma démarche est stupide et gauche, mais le simple fait de dîner avec vous me rendrait le plus heureux des hommes. Je n’attend rien de particulier, je ne serais jamais votre amant et encore moins votre mari. La curiosité me guide pour savoir de quelle manière mes multiples courriers et autres égarements ont été appréciés. J’ose croire qu’après toutes ces lignes noircies, je suis devenu intime. J’aimerai vous emmenez dîner au Sixroses, est-ce trop demander ? La salle est discrète, personne ne fera attention à nous. Faute de pouvoir être votre amant, je souhaite être l’espace d’un instant votre ami. A quoi donc cela vous engage ? Je ne serai qu’un fantôme passant dans votre vie que pour quelques heures. Vous sentez vous suffisamment inaccessible pour balayer cette idée d’un revers de principe ? Je suis à la recherche d’un spectacle inattendu, j’attend que mes contemporains me surprennent, devrez-vous une fois de plus faire la morte et ne pas entendre mon appel ? Je vous en prie, que diable ! Accepter cette invitation, elle ne vous engage que très peu, je veux juste savoir ce que vous pensez de ces sept ans de correspondance à sens unique, je ne vous en demande pas plus. Vous savoir si proche pendant un laps de temps me rend fébrile, c’est tellement important de me dire, “ je ne me suis pas trompé sur cette personne ” et seule, une rencontre dans un lieu agréable pourra confirmer ce que je pense depuis si longtemps. Ne prenez pas pour argent comptant mes dérives en dessous de la ceinture que vous avez pu observer dans mes lettres précédantes, ce n’est que le fruit d’un idiot devant sa feuille blanche. Avez vous peur de moi ? Je suis inoffensif comme un petit garçon de dix ans, je vous suis tout dévoué. Je ne comprends pas les raisons qui vous pousserait à décliner cette invitation. Je vous aime, c’est un fait ! Mais je sais me tenir et mes quelques questions ne devraient pas vous posez de problèmes. Je ne cherche pas à vous plaire absolument, je n’attend rien de particulier, je veux juste avoir la confirmation que vous êtes exceptionnelle, telle que je l’imagine depuis tant d’années. Est-ce trop demander ? Je ne le pense pas. Ce moment, je l’attends depuis sept longues années, c’est une occasion inespérée, pourquoi ne pas accepter ? Je me moque du festival mais néanmoins, je prendrais mon invitation pour la semaine. Si je devais vous croisez au hasard d’un couloir, je resterais en retrait. Diantre ! acceptez de dîner avec moi ! Que dois-je prouver à nouveau ? C’est finalement facile de rencontrer les gens, mais les trouver est bien plus difficile, j’ai fais le rêve de vous découvrir, car vous êtes la meilleure chose qui m’est arrivé depuis quinze ans. Deux heures de votre temps, je n’en demande pas plus, pour évoquer tout et n’importe quoi.

Vendredi 12 août 2005

Je ne pense pas que cette requête soit saugrenue, je n’y vois rien qui puisse être gênant pour vous. Depuis bien longtemps la raison domine la situation, nous ne serons jamais amant, je n’ai jamais pris au sérieux cette éventualité. J’ai l’intime conviction que je ne dépasserais pas les cinquante ans, emporté par une maladie quelconque, parfois j’envisage le suicide mais je sais que je ne le ferai pas. Les occasions d’être heureux ne serait-ce que quelques heures, sont rares. Je suis atteins par la pire des maladies : l’ennui. Ce repas est l’opportunité pour moi de passer une agréable soirée en votre compagnie. Rien d’autre qu’une simple rencontre autour d’une table. Rien ne me parait incongrue, mes sentiments sont nobles, c’est en tout bien, toute honneur que je souhaite vous invitez. Mon regard bienveillant vous accompagne pour toujours, je n’en demande pas plus. Quoiqu’il advienne, j’observerai avec attention votre parcours et cette rencontre sera l’occasion de mieux vous comprendre. Je suis en train de lire “ Recto ” de Romuald Farci, il est complètement déjanté, je ne savais pas qu’il avait longuement fréquenté les établissements psychiatriques. Cette écriture chaotique est absolument géniale, je ne suis qu’au début mais je suis encore une fois très séduit par le bonhomme. C’est étrange, j’ai pensé à plusieurs reprises à mes soliloques télévisuelles, c’était carrément déstructuré et je retrouve cet état d’esprit dans son livre. Evidement, je suis loin d’avoir son talent, mais sur bien des points, je me suis identifié au personnage. Ne suis-je pas un peu taré ? Sans aucun doute, et je me demande comment se termine le livre, je serai fixé dimanche soir. Un brin de folie me taraude, devrais-je le retenir ? ou bien essayer de passer pour la plus normale des personnes ? Je dois finalement être assez gnan-gnan pour tenter de vous convaincre de dîner avec moi. “ Don’t kill your crawling shadow …” En fait, ma folie tient en quelques lettres “ Nana”, la reine des Chinoises. J’en aurais noirci des pages et des pages pour cette créature asiatique. "Si vous saviez, elle me rend malade, madame le bon docteur Chaume car j’en rêve la nuit, de Nana. “ Oh melody, tu m’en auras fais faire des conneries… ” C'est comme un culte païen, du woodoo avec un sacrifice de mouches sur l'autel et statuettes de cire, avec un personnage transpercé par des aiguilles, il me ressemble étrangement. Nana, elle est mon héroïne, mon speedball. Une seul prise et l’on est accro pour la vie. Nana incarne tout autant les neuroleptiques, l'on retrouve aussitôt son état normal quand elle vient à vous adressez la parole, la chute est vertigineuse et garantis sans parachute. Je maudis ce petit écran qui l’enferme définitivement dans l’univers de la notoriété, alors prière de laisser son chapeau au vestiaire car la vanité n’est pas accepté dans cet établissement. Heureusement, en dehors de la lucarne du living room, l'on peut avoir des surprises et bien sûr, c’est elle la surprise. Sur tous les tons, j’ai essayé d’intervenir; dans toutes les gammes, je n’ai jamais été certain du score final. Chaque jour, je le vis comme le dernier, une sorte de course de fond où j’ai misé sur tous les canassons de cette foutue course. D’autres se seraient flingués, pas moi. Vous en connaissez beaucoup des types comme moi ? Oh certes, j’ai le cerveau mal irrigué, j’ai par moment des sueurs froides, avec tous ces petits bonbons pour le crâne qui me garde en vie, sinon, j’aurais déjà ouvert la fenêtre. Des tas de petites molécules qui irriguent et contrôlent des substances chimiques inavouables. Un cerveau en panne, une histoire rocambolesque illustrant une histoire en dehors de toute logique. J’avais un charisme de circonstance, je fluctuais dans mes appréciations mais elle était présente dans chacun de mes mots, j’ai déballé mon lourd fardeau rien que pour ses yeux avec quelques lieux communs. Ma chemise, mon pantalon et à ce jeu, j’ai laissé mon âme dicté ma conduite, aveugle, sourde et débile. Le portrait est peu flatteur, à la limite, "borderline". Je les voyais défiler dans mon espace public sous la lumière des projecteurs, aucune n’avaient son élégance. Des ersatz de tous poils se perdant en conjecture sur leur petit métier. Un jour, un vieux beau avec quelques restes de coke dans les cavités nasales a cru bon de lui poser une question sur sa vie privée, la Pravda à sévit dans la table de montage. Elle a apprit à ses dépens qu’il ne faut jamais tendre la main à un requin. Il ne respecte rien. Un épisode sans lendemain. Une anecdote, rien qui ne pouvait porter préjudice à la reine de l’univers, d’autres frictions, il y en a eu, mais l'on n’en retiendra que l’essentiel. De bon et loyaux services pour la chaîne comme pour son patron. Un peu trop d’ailleurs mais qu’importe ses frasques télévisées, cette télévision, elle ne m’inspire pas ou si peu. Cette histoire doit-elle rester dans le domaine du mystère, personne ne le sait. Un dîner, un simple dîner, un plat de pâte à la Carbonara chez moi où une cuisine plus raffinée dans le meilleur restaurant de la ville. J'ai l’impression d’avoir attendu ce moment toute ma vie, il est bien réelle, c’est obsessionnel depuis deux jours. Mais pourquoi exactement ? Pour la beauté du geste, pour rire, parce que parler aux murs n’est plus tout à fait satisfaisant, pour se plonger dans ses yeux, se noyer dans son sourire, pour faire un pied de nez à la fatalité.

Samedi 13 août 2005

Dans “ Circo”, Renaud Garcin joue les schizophrènes au fil des pages, il raconte prendre des neuroleptiques, en l'occurence, de l’halopéridole, pour en avoir pris au début de ma maladie, c’est bien un traitement de schizophrène, mais l’était- il réellement ? Je ne le crois pas, demain j’aurai terminé le récit, nous verrons bien. Une rencontre au sommet au dessus de ma tête, voilà à quoi tient mes préoccupations les plus folles, il y a de fortes chances pour que nous nous croisions au détour des salles obscures de Deauville. La peur au ventre, je n’irai pas au devant de vous. Dans votre émission, je ne serai jamais dans le public. Vous pourrez me trouver au bar “Le  Cochrane ” entre six et sept heures , mon regard vide scrutant les passants comme une vache près d’une voie ferrée. Je suis si peu de chose. Eternel errant dans une petite ville de province, marchant vite comme si j’allais à un rendez vous. Pilier de bar, rasé de près, gentleman pauvre et paumé entretenant une réserve et si peu affable, je zone ici et là dans un timing de métronome. Affligeant portrait d’un anormal, cas banal pour la psychiatrie, il voudrait encore y croire, ne serait-ce que pour l’instant d’un dîner. Fantôme habité par le rêve, jusqu’à trois par nuit, son plus grand souhait à ce jour, reste une sole meunière et un peu de mènetou-salon accompagné par la Diva de l’oreillette sur la table, l’éternel angoissée ne se dévoilant qu’à moitié, mon tout et bien plus encore. Hanté à chaque seconde par une plastique parfaite, “ une vraie beauté à son zénith ce n’est jamais à dix huit ans, l’histoire devait être écrite pour qu’elle soit si belle maintenant…”. Parasite en chef, parmi les amoureux éconduits, je virevolte autour d’elle comme une mouche, elle est ma déesse, mon démon, elle est ma gorgone. Le temps s’est figé depuis avoir croisé son regard pixélisé, et être tenu en haleine par une formulation sans égale bien au dessus de ses chers confrères. Je reste statue de sel dans le labyrinthe au hasard des courants d’air, de vagues plaintes viennent à ses oreilles. Je ne crie plus très fort dans mon vertige, mon chaos. Un million d’années se dérobent sous mon poids de poussière. “ Sous toutes les coutures elle m’a observé, car rien dans la matière ne doit lui échapper ” Je reste là, soufflant des volutes bleutées, soignant mes maux avec un probable cancer. Petit soldat des mots, chair à canon de son cœur, je riposte en envoyant des lettres d’un seul teneur, je suis seul sur le champ de bataille, ma légion d'honneur en bandoulière, de l’eau de vie plein la tête, baïonnette au canon, je suis bel et bien con. Dans ma mine de charbon, je creuse, à la pioche, à la pelle pour extraire des poèmes éternels, coup de grisou dans le tunnel, explosions perpétuelle, c’est fini, je ne verrai plus la pluie.

Que pensez vous de ma prose à deux balles ? lamentable, non ? L’envie est venu d’un seul coup. Je compte sur vous. A quatre heures du matin je suis toujours disponible. Sans y croire vraiment mais on ne sait jamais, je vous donne mon numéro de téléphone : 02 31 81 40 58.

Christophe

Deauville, le lundi 15 aôut 2005

Ma chère Nana,

Vous n’êtes pas responsable de toute la misère du monde. Je ne veux pas de votre compassion, soit, ma solitude est présente, mais ne vous sentez pas obligée de satisfaire ma requête par une profondeur d’âme toute à votre honneur. Bien que j’y fonde tous mes espoirs, je ne crois pas que vous déniez dîner avec moi. Un pressentiment, un soupçon, me pousse à croire que vous n’accepterez pas. Je ne sais pas. J’ose l’espérer c’est tout. J’ai terminé “ Circo ” j’ai entamé “ La vouivre ” de Marcel Fermé, vous êtes présente dans chacune de ces pages, c’est une délicieuse histoire avec des paysans têtus, un personnage merveilleux qui vous ressemble, je vous recommande de le lire, c’est une leçon de vie, tellement, les antagonistes sont saisissants de réalité. Cette lucidité que l’on retrouve chez Marcel, c’est un vrai travail de salaud qui croque avec délice la nature humaine, l'on est complice avec lui sur toute la ligne, c’est infiniment déstabilisant. Rien n’est tout à fait noir ni blanc, tout est en demi-teinte, pas de super héros ni de super salaud, juste l’essentiel des rapports humains disséqué par un très fin chirurgien sociologue et psychologue toute à la fois. J’aime bien Renaud Garcin c’est un grand écrivain, mais plus grande est mon admiration pour Marcel, toutefois j’aime cette folie qui habite le premier. “ Circo ” est un hymne sur l’abandon de soi, à l’absolu, à toute les injustices du monde, c’est une lutte de pouvoir aussi, une lutte pour la création, un requiem pour l’œuvre unique et sans égale.

Ce soir je regarde “ le flegme du délire” de Wim Wanglers, c’est mon film fétiche, tout y est. Bien que je n’apprécie pas toute la filmographie de Wanglers, ce film exprime pour moi une histoire simple et complète. Tous les thèmes du cinéaste y sont abordés. Un film sur la décision, sur le fait qu’aujourd’hui tout peut changer, Homère le gardien de l’histoire et de la mémoire symboliser par le vieille homme, un film sur l’action par la seule pensée. Un film où l’on dit, c’est ici et maintenant, l’heure des prises de conscience, lorsque jaillit la vie ou l’heure de la mort, un nouveau départ de chaque instant. Une ode à la poésie, un grand film.

Mardi 16 août 2005

J’attend votre verdict, écoperai-je de la perpétuité ou bien la tête coupée ? Dans quinze jours débute le festival, je ne me fais pas trop d’illusion, la plaidoirie est trop faible, ma cause est perdue. A moins qu’une grâce présidentielle n’intervienne et l’étincelle de la vie renaîtra de ses cendres. Je suis perdu dans la pratique des arts divinatoires, comme dit, madame Trucmuche, “ Le ver de terre amoureux d’une étoile ” à la différence près, c’est que je ne suis pas un acteur, je ne joue pas. Petit stakanoviste de l’amour, celui dont la quête ne rapporte rien au politburo, je creuse à l’aveugle dans une mine de charbon. Peu de chance que Natacha ne me prenne le bras. Mon portrait sur la place Rouge, salué par tous les membres du parti. Brandissant mon petit livre rouge à la gloire de l’embaumé, à l’affût de la moindre parole du petit timonier. Impératrice de mon bonheur, bientôt peut-être qu'ils chanteront en chœur. J’ai creusé l’éthique et l’esthétique dans un récit fleuve, bravant les lois de la bienséance, j’ai dépensé sans ménager ma piètre élégance. Chef de gare de mes torpeurs, ne pas l’entrevoir provoque l’horreur, sans elle, je divague dans les limbes, sans elle, je deviens dingue. C’était mon quart d’heure en chanson, des rimes à deux balles, j’aurais tout essayé.

Finalement, les 166 euros d’augmentation de l’allocation adulte handicapée n’aura été qu’un mensonge du gouvernement, il faut en faire la demande auprès de la COTOREP et être atteind par le handicap à 80%, mon cas est à 79 % je continuerai à recevoir 599 euros par mois, c’est un peu court pour vivre, si je devais travailler, je ne tiendrai pas deux mois. Bref, ce n’est pas simple, mais bon, je bénis le ciel sans divinité supérieure que mes parents soient toujours en vie d'ici l'éternel.

Et dire que dans moins de quinze jours vous serez à Deauville, vous savoir proche me rend malade et mal accompagnée de surcroît. Vous irez dormir chez l’autre brêle ? l’homme dont l’image est plus forte que sa propre réalité. Quel scandale, en faire si peu pour en arriver là. J’avais décidé de ne pas l’évoquer, je trouvais plus élégant de ne pas le mentionner. Le savoir avec vous est pesant. J’ai un faible pour les femmes plus âgées, je comprend parfaitement cette attirance, mais au final, qu’est-ce que vous pouvez bien lui trouver ? Je le vois en perpétuel gamin distillant conseils et principe sur le fondement des apparences. L’art de paraître, un toutou de salon, estampillé rock’n roll; il draine dans son sillage une multitude d’auteur inconnu qui faute d’avoir le physique se réfugie derrière un porte drapeau plus médiatique. Ce n’est pas un auteur, ce n’est pas un acteur, ce n’est pas un réalisateur ou si peu. Je crois tout de même que son éducation l’a toujours préservé des tumultes de l’existence. Un homme à l’intelligence moyenne, qui ne doit à son talent que sa naissance auréolée et à ses bonnes manières. Je ne sais pas, si finalement ce n’est pas un sursaut de jalousie qui me fait devenir si sévère, je pense que non. Je suis sévère mais juste. Pardonnez-moi pour cette cruelle lucidité, c’est mon plus gros défaut, cet homme ne vous mérite pas et je sais de quoi, je parle. Je crois qu’il en ressort un charme incontestable mais en grattant un peu on ne retrouve qu’un vernis de circonstance, un piètre artiste qui n’accouche d’aucun chef d’œuvre. Ce n’est pas que je me juge meilleur, loin de moi cette idée et puis sans élément de comparaison mais une chose égale par ailleurs, vous pourriez en avoir dix pour celui là. Autant Thierry D. c’était une erreur, lui, c’est un échec. Remarquez, maintenant l'on parle de vous deux dans les feuilles de choux. Si votre concierge ne connaissait pas votre existence, maintenant elle est au courant. Avec toute l’estime que j’ai pour cette profession, je ne pense pour autant pas que cette notoriété soit indispensable. N’était-ce pas pour échapper aux salons Parisiens, aux civilités biaisé par votre statut. Le retour vers la valeur du feu de bois dans une maison Normande ? Je n’y vois, une fois encore que le mariage de la carpe et du petit lapin. Une bien belle carpe ma foi, qui devrait voir en moi un bien beau brochet, au lieu de ne vouloir vivre qu’au dessus de l’étang. Laissons les poissons vivre, je n’ai pas l’âme d’une bête à écailles, vous n’ont plus du reste. Que mon style est ronflant, péremptoire, à vous de me prouver le contraire, je n’attend que la controverse.

Pour moi en ce moment vous êtes la Jouivre ce personnage mythologique des Pyrénées. Elle apparaît parfois au grès des étangs une vipère la précédent. Coiffé d’un diadème, orné d’un énorme rubis, celui qui souhaite s’en emparer sera poursuivi par des hordes de serpent et mis à mort. Elle se promène ça et là au détour des sentiers et ne quitte sa pierre précieuse que pour se baigner nue dans les cours d’eau. Une créature errant depuis la naissance de la vie. Un jolie brin de femme, un tempérament qui dépasse les âges. Ce livre est un régal, je ne saurai que trop vous le recommandez. L'on est très loin de Kevinson et de son “ Poulpe au trésor ” c’est pour les petits garçons ce genre de lecture…Laissez-moi parler avec la dame, diantre !

Je me moque du mystère, la seule évocation de votre prénom me met dans des états digne du loup de Rex Averty, aux aboies, les yeux sortant des orbites, le moins que l’on puisse dire c’est que je suis hors de moi. Et dire que dans quinze jours vous serez dans les murs de cette satanée ville. “ so close to me ” Accepter ce dîné ! En quoi cela vous engage ? Au pire ce sera un mauvais souvenir avec un idiot du village. Deux heures, deux petites heures de votre temps en compagnie d’un malade qui absorbe tous les jours des médicaments. Un homme qui ne vous prend pas pour un porte manteau ni pour une armoire Normande. Un homme bien réel avec ses contradictions et ses interrogations. Sept ans que je suis amoureux de vous et bien conscient que le grand soir n’arrivera jamais avec ce repas. Mais qu’est-ce que je vous ai fait pour mériter un pareil sort ? Vous n’avez donc pas d’âme ? Une image porté par les ondes et puis point barre ? Lisse, docile et tout à la ferveur du client, jusqu'à un certain point ? Je me moque de ce que vous représentez pour le commun des mortels, vous n’êtes pas réelle pour eux, juste une belle fille dans leur salon qui pose des questions, qui minaude sous les éclairages, ils passent un bon moment, regardent vos jambes et pense à leurs femmes. Rien n’est réel, cette image est façonnée, vos toilettes sont étudiés, choisies. Je veux vous rencontrer en vrai parce que je connais votre réelle valeur et je voudrais m’assurer que je n’ai pas été dupé par la valeur du contenu. Je crois en vous, simplement, profondément, rien ne pourra me faire plus plaisir que de vous trouvez. Egale à vous-même, en dehors de tout cadre pouvant déformer ce que vous êtes vraiment. Vous m’intriguez au plus haut point et la teneur de ces courriers ne seront pas plus différend, si je vous découvrais pendant un repas. Qu’imaginez vous ? que je vous fasse du pied entre le plat et le dessert ! Cette situation est ridicule, je suis ridicule mais que diable, osez partager avec moi ce bon moment. Je ne vois pas par quel principe idiot, par quelles lois, ma requête soit impossible. Est-ce le stroumpf à lunettes qui vous conseille ? Une intime conviction ? Je ne suis pas journaliste et je m’en porte très bien, les bons conseils, je les mets aux orties, seul compte l’histoire, celle d’une grande carcasse et d’une "Jouivre" en dehors de toutes considération de situation respective, je ne vois pas où est le problème ? Le court temps qui nous est impartis sur cette terre me rassure dans ce combat. N’auriez vous pas une once de curiosité à mon sujet ? Vous ne trouvez pas la vie parfois un peu compliqué ? Etes vous humaine ? Devrai-je en douter après tout ce que j’ai lu ? Autant de question qui reste en suspens, alors que rien n’a été réellement avoué. A votre avis, j’existe ou je fais semblant ? Je me cache derrière mon clavier ou je fais le guignol pour mon prochain film avec un collègue ? Allons, un peu de sérieux, mes sentiments sont sincères, entiers, je ne pourrais vous mentir et c’est un exercice est un peu limite. Je n’attend qu’une chose, votre appel téléphonique, quelque soit la raison, quelque soit l’heure, quelque soit le motif, d’ailleurs. Qu’est ce qui vous retiens ? un "à priori" ? Arrêtons de transiger dans le néant, il me faut une réponse claire et précise. Me laisser sous terre n’a rien de satisfaisant pour vous comme pour moi. Pourquoi ne pas accepter cette maigre requête ? Faites-moi toucher la vérité, cette unique chose, cet singularité. Je ne serais que bienveillant, un être sage et conciliant. La vie n’a qu’un aboutissant nous mourrons tous, c’est entendu, de ce fait nous sommes d’accord, ils ne nous restent que le décor. Alors soyons un peu fou, notre vieillesse n’en sera que plus douce. Il est tard, je suis fatigué mais pour l’amour du ciel et de l'enfer et des 75 vierges, selon la misèricorde des seins les plus doux, acceptez. C’est une simple requête, j’y donne toute ma foi dans les astres et pour l'astrologue Brigitte Cessier. Je ne crois plus en Dieu, il est mort, je ne crois qu’en vous, illustre femme vestale au prénom mystérieux. Rien de plus ne me fera plus plaisir, ma vie est morne et sans joie, sans cette étoile dans laquelle j’ai donné vie. Non, sérieusement qu’est-ce qui vous empêche d’accepter ? J’ai beau me creuser la tête, je ne vois pas. Vous êtes si inaccessible ? si précieuse ? Qu’imaginez-vous ? Que vous vous donniez à moi ? Je ne suis pas si exigeant. Je comprendrais que nos sorts soient différend “ Le ver de terre amoureux d’une étoile ” comme disait cette madame Trucmuche.

Christophe


Deauville, le samedi 20 août 2005

Ma chère Nana,

J’ai une drôle aversion pour ce que je vous fais parvenir. Un style lourdingue, je radote comme un vieux gâteux et une quantité qui n’a rien de qualitatif. Je ne sais pas écrire et la verve d’un Renaud Garcin où d’un Marcello Fermé m’est complètement étrangère. C’est immensément difficile de trouver les mots chocs ; il me faudrait seulement une once de talent pour donner à sa juste valeur l’océan de bon sentiment que je voudrais vous témoignez. Mes deux lettres précédantes sont épouvantables, je sollicite toute votre mansuétude pour ne pas tenir compte de ce fatras de phrases inconsistantes. Je divague, je suppute des situations, j’erre dans ce dédale ou à chaque tournant, vous m’apparaissez, majestueuse, unique, resplendissante de mille feux. Jamais une femme n’a produit un effet pareil dans mon existence. Je reste pantois d’admiration devant votre hallucinante beauté et ce redoutable sens de la répartie qui n’appartient qu’à vous.

Dimanche 21 août 2005

L’étrange sentiment qui me raccroche à vous est confus, j’ai l’impression d’avoir tout dit et tout à la fois, j’ai des montagnes de questions qui me viennent à l’esprit. Des mots prétextes qui n’ont qu’un but, vous surprendre et susciter en vous un soupçon d’intérêt. Je vous imagine mutine, je suis un bien triste personnage, pas bien délirant, quoiqu’il m’arrive d’être parfois assez cornichon, proche du débile moyen, serait-ce suffisant pour vous faire rire ? Ou sourire tout du moins. L’approche du Festival du film me met dans tout mes états, je renoue avec les salles obscures, chose que j’avais partiellement abandonné pendant ma période rurale, imposée de fait.

Lundi 22 août 2005

Voici cinq jours que j’ai terminé “ La Jouivre ” Ce livre est éblouissant par son charme et son tact. C'est un délicieux récit dans la campagne de l’entre-deux guerre, disséquant des états d’âmes propre aux gens de la terre. Une étude des mœurs et des coutumes aux rapports complexes mais parfaitement relatés avec intelligence et une pointe humour. A chaque page, je vous ai identifié à la Jouivre, c’était plaisant et agréable de penser à vous lorsqu’elle apparaissait au détour d'un étang.

Mardi 23 août 2005

Je n’attend plus votre appel, très franchement, je n’y croyais pas de toute les façons. Insister ne sert à rien, vous devez posséder un bon nombre de raisons qui me sont inconnus. Tout ce serait déroulé dans la simplicité. Vous ne pouvez répondre à chacune des requêtes qui sont probablement innombrables et de ce fait, je comprends aisément que ce dîné était une pure folie, venant de ma part. Vous vous seriez peut être ennuyée, je ne sais pas. Je ne le saurais jamais. Nos destins ne se croiseront pas. Je continuerai à regarder avec plaisir vos émissions, mais je m’interroge encore en ce qui concerne mes courriers futures. J’ai besoin de faire un “ break ”, une cassure, un arrêt, car ces missives intimes ne mènent à rien. Dans tout ce que je vous raconte, il n’y a rien que je ne sache déjà et vous en faire part ne vous intéresse pas. Néanmoins, c’est avec un réel plaisir que j’ai ouvert mon âme et mes ressentiments, maintenant, il me semble avoir tout dit. Mes efforts ont étés vains pour vous rendre plus proche. J’observe un constat d’échec, je n’ai jamais vraiment attendu quoique ce soit, j’aurai voulu être submergé par la surprise. Les gens sont si prévisibles et vous n’échapper pas à cette règle, bien plus encore avec ce soupçon de notoriété que votre travail vous procure. Ce silence si pesant m’est insupportable mais je suis résigné et conscient que votre décision est sans appel; je l’accepte malgré tout, elle est sans doute irrévocable. L’élan qui a motivé toute ces lettres, s’estompe peut être, il est trop tôt pour le dire, mais la stimulation n’est plus la même, je conçois que mes rêves illusoires et dérisoires étaient impossibles.

Je n’ai pas le goût de l’amertume, il faut savoir se faire une raison et je ne regrette rien. Sur la forme, beaucoup de choses aurait pu être meilleures mais sur le fond, je suis en parfaite adéquation avec moi-même. Parfois maladroit, parfois pertinent, ce condensé de jus de crâne s’est déroulé dans la joie et la bonne humeur. Comment il aura été perçu, ceci est une autre histoire. Etre dans votre intimité, partager quelques rires absurdes plein de futilités, voici ce que j’aurai voulu vivre et bien plus encore. Je garde en mémoire l’image de cette jeune femme aussi carrée que les quatre coins de ma télévision, aussi belle qu’un jardin en fleur, une excellente professionnelle qui quoiqu’il advienne fera battre mon cœur et retiendra bien plus que mon attention, lorsque je l’écouterai dans ses émissions. Il faut savoir tourner la page, c’est peut être l’instant adéquat. Gardez à l’esprit, ces quelques lettres écrites dans l’allégresse du départ sans retour, une ode à l’amour platonique, peut-être du gnan-gnan à l’image du rédacteur. En pensant à vous, j’ai toujours pu garder le sourire, mon petit nuage a toujours été douillet, ce fut très agréable. A bientôt peut être.

Christophe

Deauville, le samedi 3 septembre 2005

Salut Nana,

J’ai décidé de te tutoyer, c’est mieux ainsi, comme une vieille copine, puisque de toute façon jamais nos chemins ne se croiseront et qu’essayer de te séduire est vain, je ne vois pas ce que ce ton familier changera dans cette relation à sens unique. Nous allons faire comme si, nous nous connaissions depuis l’enfance, ce n’est pas la peine de me téléphoner et de raccrocher ensuite que cela soit par une assistante où par un type. Des amabilités, toutes Parisiennes, tu te les gardes, je n’attend rien, je ne veux rien, écrire m’occupe tout au plus et la seule chose que je regrette, c’est de ne pas être à ta place, quoique…Enfin bref, je t’écris parce que cela me fait plaisir et le reste, je m’en moque. Point barre. Toujours avec ta brêle de service ? Ton Antoine ? L’homme avec une image resplendissante, celle qui est si peu mérité. Est-ce que vous avez conscience que tout ceci est du vent ? Une petite image toute façonné, un puzzle de petite chose qui fait de vous, un mauvais tableau reconnu par la France entière. Toute ta notoriété, tu la dois à ta rigueur professionnelle et à ton physique, ce n’est pas difficile de bien faire son boulot. La buraliste, dans le tabac où j’achète mes clops est mignonne et rend bien la monnaie, elle a autant de mérite que la première des potiches venues. Attention, je ne crois pas que tu sois une simple potiche, je n’ai pas dis cela. Mais avoue que c’est facile de faire de la télévision, n’importe quel abrutis à les moyens d’obtenir de la notoriété s'il ne se débrouille pas trop mal. Un seul mot dans votre milieux “ l’opportunisme ” ce sont des rencontres qui font ce métier. Le reste n’est que paillette et trucages. Je le sais bien, c’est à ce sujet que s’est porté mes études. Du vent, de la pacotille, pour le téléspectateur lambda, pour l’hyperplouc de toutes les couches sociales, avec des constats venant de la population de jeunes, tels que “ t’es bonne !, t’es pas un thon ! Elle a la classe, Nana ” Ca te fait quoi d’être une semi réalité ? Plus encore que maintenant, tu défrayes la chronique avec Antoine. Lui, il est aguerrit de ce genre de leurre. L’art du paraître, ça il connaît, c’est d’ailleurs cette seule spécificité que l’on peut lui attribuer de bien gérer. En dehors de sa petite image, il n’y a rien, mauvais acteur, piètre réalisateur avec que des navets à son actif. N’est pas bon acteur qui veut, ça ne s’improvise pas et cette réflexion m’est venu à l’esprit alors que tu jouais dans “ le refrain ” la très chiante quotidienne caricature de TV Réalité. Tu penses duper les téléspectateurs, si tu fais une mauvaise prestation ? Certains peut être mais pas tous. Oh moi je t’aime bien, tu sais que je suis toujours indulgent à ton égard. Mais ôtes-moi d’un doute, si tu n’avais pas eue une notoriété aussi importante; une notoriété véhiculée à travers le vecteur de la télévision, aurais-tu acceptée de dîner avec moi ? Je pense que oui. Ce n’est pas grave du tout, je m’en moque complètement au final. L’important c’est que tu m’entendes. Les journalistes sont des pourris, je les maudit, à mes yeux ce sont des ratés. Je n’ai qu’une vague estime pour les politiques, les écrivains et encore… Je me demande ce que tu penses de ta petite notoriété, te satisfaits-t-elle ? Il faut bien faire avec, quel métier de con ! J’étais à l’ouverture du festival, hier soir, les gens se comportent comme des crétins, il fallait entendre les cris de la foule acclamant les vedettes sur le retour. De la poudre aux yeux, les jeux du cirque, je ne comprendrai jamais les gens. Quel mascarade pour une industrie telle que le cinéma pas plus terrible que l’habillement où la musique. Une vulgaire industrie avec son économie et ses profits, Adam Smith avait raison "Ce n'est pas de la bienveillance du boulanger que nous attendons notre pain, mais de son intérêt bien compris" De là, à être séduit par le fameux 7ème art, merci pour l’instant “ the matador ” est un navet. Juste pour le jeu des acteurs qui ont oubliés la caméra l’espace d’un instant. Je me demande comment sera ton émission "le rectangle cinéma", la première sera diffusé à partir de Deauville, hum ne compte pas sur moi pour faire la claque dans les gradins, trop peu pour moi. Il doit falloir une bonne dose de concentration avec le direct mais à partir du moment où l’on connaît son sujet, ça roule. La prochaine révolution se fera sur le net, elle est d’ores et déjà sur le net, les modes de diffusion et la création. Dix ans encore et la télévision ne s’adressera plus qu’aux blaireaux, pour lesquelles ce dont ils ont besoin ce sont du pathos et du sensationnel. “ incroyable mais vrai ” fera toujours un carton car c’est simple à comprendre. Un secret pour les masses, un programme au cognitif faible et l'on retient les foules, TV1 le prouve tous les jours. Planque tes schtards, minaude à l’écran, fais ton job et tu as toutes les chances de rester à l’écran, longtemps. Ce n’est pas les questions que tu poses qui te feront remarquer, ce sont les réponses que tu obtiendras. Si tu te plantes, ce sera dommage mais sans appel, quoiqu’avec une émission pré-enregistré tu ne prends aucun risque.

Dimanche 4 septembre 2005

Hier soir, j’ai vu “ Power Stringers ” de Jake Mushroom. Quel navet, sans rythme, une intrigue vague. Comment ce film a pu obtenir un prix à Cannes. C’est incroyable, sidérant. J’avais pourtant bien aimé “ Stranglers in paradise ”, “ Law by law ” “ Une pluie sur terre ” “ Fed man ”, mais là, il a touché son point d’incompétence, son film est vraiment pas terrible, mais comme d’habitude la famille “ schwartz ” criera au génie.

Ce matin, j’ai assisté à la projection d’un documentaire sur le plus grand flop du cinéma produit à Hollywood “ People’s gates ” Un film qui devait coûté au départ à United Films 12,5 millions de dollars et finalement atteindre 35 millions. Le rêve de Michaêl Firmcino qui souhaitait faire de l’art. Le ton moralisateur de la fin m’a déplut. Imaginez que le cinéma d’auteur était terminé, que plus jamais les studios ne feront plus confiance en un seul homme, se refusez à admettre que ce réalisateur est un mégalomane dangereux, un petit dictateur près à couler une boite pour son petit ego de merde, c’est dingue. Pour seule conclusion, c’est un artiste, son film était bon et ce n’est pas de sa faute…On croit rêver, même à Hollywood, on marche sur la tête dans ce milieu.

C’est curieux dans les salles, à certains moments, les gens rient et je ne comprends pas pourquoi. C’est sensé être drôle, impossible de décroché un rictus, les gens sont bizarres, à croire qu’ils prennent tout au premier degré. Pendant le documentaire c’est pareil ce sont les vilains studio et les méchantes critiques qui ont détruits la carrière de ce génie. A la fin, certains applaudissent…carrément renversant. Inimaginable, bon d’accord la maison mère de UA a vendu la boite et gagné en 48 heures avec la bourse ce qu’elle avait perdu avec ce film, mais tout de même, c’est incompréhensible. Avec cet argent d’autres films auraient pu être financés, 35 millions c’est assez conséquent et Michaêl Firmino a dépassé les bornes avec son comportement infantile.

Enfin une grande joie, je viens de voir “ Grizzli man ” de Werner Herzog, il signe ici un grand film, une satyre amer sur les civilisations modernes. J’ai adoré. D’une part, car c’est une réel prouesse technique de filmer avec des animaux sauvage et par ailleurs, c’est un film grinçant sur l’être humain en particulier ceux nés après 1970, écolo, révolté, en décalage avec le monde et qui s’invente un Graal. Il finira dévoré par un ours dans une nature dont il se sentait si proche, ayant oublié que dans cette même nature, les prédateurs existent depuis le début de la vie. L’acteur est remarquable, l’histoire originale et elle remettra, peut être les idées en place à tous les post hippies de la planète. Les mêmes que j’ai croisé ici et là, mes chers amis les bobos en sandales Quicksilver fustigeant l’église et votant socialiste, ils mangent bio et passaient leurs vacances en Indonésie avant le tsunami. Les plus jeunes, ceux qui ont 20 ans à l’heure actuelle c’est encore pire. Les enfants des bobos de 40 ans c’est inimaginable, merci l’éducation nationale, TV4 période Pierre Pelure et merci tonton, quel bel héritage. Heureusement, cet état de fait, une chose égale par ailleurs, est mondiale, internationale mais n’a pas échappé au regard lucide de Werner. Ce film est génial. Je vous laisse le soin de le découvrir et de le comprendre avec toutes ses nuances et sa subtilité.

Lundi 5 septembre 2005

Présentatrice vedette, voilà ce que tu es devenue. Je me demande ce que tu en penses. Et toute ces gens qui en veulent plus. Tu m’intriguais, j’ai essayé. Je me suis planté, remarques, je n’y croyais qu’à moitié, mais bon c’est peine perdu, maintenant j’en suis certain, le grand soir n’arrivera jamais. Nous ne jouons pas dans la même cour de récréation, j’ai toujours été sous le charme mais au moindre faux pas, je serai sévère mais juste. Déjà, tu changes de case après l’affaire Arthur et L’organe est-ce une cause réelle ? No compromise today and tomorrow too. Tu voulais de la sincérité, tu vas être servie, petite rigolotte. Et si tu y tiens, je vais finir par te prendre pour mon porte manteau à fantasme. Mon armoire Normandes de près de 500 000 caractères, de 1,4 mégaoctets. Je n’ai que ça à faire à mes heures perdues. Les emmerdeurs sont nécessaires à la bonne marche du monde, comme dit Stéphane B. Oui, bof, pas si terrible que ça, comme réflexion. Je souffle le chaud et froid sur ta petite vie bien peinarde qui ne repose que sur un nuage cathodique. Pourquoi n’écris tu pas un livre ? Manque de capacité ? L’envie te manque ? Pas le temps ? Le tout est de savoir si l’on écrit pour soi où pour les autres. J’ai opté pour une lectrice, en l’occurrence toi. La seule fille pour laquelle j’ai beaucoup d’estime. Le reste c’est du biscuit pour la foule. Tu es magnifique, c’est un fait, tu n’es pas idiote, mais compte sur moi pour oublier ces deux choses et te traiter avec une impartialité totale. Je ne suis pas dupe face à l’image que tu as façonné et qui je le crois ne te ressemble pas tellement. Je suis persuadé que tu es la première à t’étonner aux réactions que tu provoques, tu es trop cérébrale pour trouver cela normal et je te donne raison. Dans tes moments de solitude, je te sens toute petite fille et j’aime ça. Bourré d’interrogations, je me demande d’ou ça viens. Tu vois un psychiatre, je trouve cela intéressant, les gens bien dans leur peau m’ennuient, j’aime ces fêlures de l’âme, ces doutes, une quête vers la vérité intérieure. Ce besoin d’oreille attentive est une course vers l’autre, ce qui nous rends profondément humain, parfois un peu trop. Tu n’es pas comme les autres, c’est ta différence et ton recul sur les choses qui font que je t’apprécie autant. Bien que tu sois une petite garce qui m’a renvoyé dans les cordes plus d’une fois, je ne t’en porte pas grief. Tu fais un métier qui ne peut répondre à toute les avances, les plus nobles soient-elles. Qu’importe la porte ! Tu me lis, c’est déjà bien, je n’en veux pas plus. C’est incroyable sept ans après, le même mec, continu à déblatérer ses conneries sous toutes ses formes. Je suis quand même un tantinet grave. C’est la tête, docteur ! L’énigme que je n’arrive pas à résoudre, ce trouve dans tes choix amoureux. Thierry D. le vide personnalisé, tu les choisis au physique seulement ? Et ce Antoine, tu préfères les imbéciles, peut être ? Avec des cuillères en argent à la naissance. Les vieux t’attirent ? j’ai un faible pour les femmes d’un certain âge qui s’entretiennent correctement, nous devons avoir ceci en commun. Gérontophile, il ne manquait plus que ça. Tu dois quand même apprécier son côté un peu rocker des bacs à sable, les camarguaises et le blouson de cuir, pas bien rasé, les rouflaquettes. Génération Balavoine, le rock FM, un peu sale mais pas trop, pleurant sur le sort des SDF et autres “ grandes causes ” ce n’est pas ce que je déteste le plus chez lui mais ce n’est sûrement pas un philanthrope, un petit snob tout au plus, brassant un peu d’air pour la forme. Vois-tu un guide en lui ? Serait-ce ton Pygmalion ? Dans ce monde de paparazzi cachés derrière et dans les arbres et cette planète où des obsédés en veulent à ta petite culotte en t’envoyant un abondant courrier, tu as trouvé un gardien qui pour te séduire t’as donnée des conseils, sur la conduite à adopter ? Facile, remarques, il a de la bouteille, ce vieux pourri connaît les ficelles de la longévité que ce soit vis à vis des employeurs comme des clients. Je le dis sans haine, c’est juste un constat. Je me permet de juger, maintenant que je sais que je n’obtiendrai pas plus. Je ne mens que par omission, un peu comme toi dans ton genre. Tu dis ne pas apprécier la bienséance, préférer l’incongrue. Je change de style, voilà tout. Cherchez tes contradictions ne ressemble à rien, je ne suis pas doué pour ceci et reprendre ce que tu as signé dans un de tes bons jours de bonté pour un journaleux, ne m’intéresse pas. Un papier dans la presse disparaît très vite même si c’est important. L’important c’est ce que l’on retient. En juin dernier, j’ai ris devant mon poste alors qu'Antoine était interviewé par Michel Tolado à l’occasion de Alonadays. Il parlait sur le genre du public qui venait aux concerts. Texto : “ On l’imaginait internaute, replié sur lui même alors que ce n’est pas du tout cela ” Je suis certain qu’il pensait à moi, je ne sais pas, ça m’a fait un truc inexplicable. Oh pour avoir entendu parler de moi, ses oreilles sifflent encore peut être. Quelques soliloques, des textes écrient en dix minutes, puis la découverte de l’amour courtois, un "brainstorm", un typhon du cerveau de tous les instants, je suis loin d’être replié sur moi même actuellement, certes un peu asociale mais qui ne l’est pas ? Le schizophrène est très à la mode en ce moment, ce mot se vulgarise et est associé à tout et à n’importe quoi. Les scheez ! Les skizos, “ hey quoi toi ! ! ! t’es skizo ? tu veux que je te coupe la tête ? ”, bientôt dans vos salles obscures…Circo de Romuald Garcin traite de la folie, mais sans réellement la connaître, cette folie a toujours provoqué une certaine fascination, s'ils savaient…En théorie, l'on doit entendre des voix. (Jeanne D’arc est la première schizophrène de l’histoire, ça s’est mal terminé avec l’évêque Cochon, ils ne s’entendaient pas) hé, hé. Des voix qui vous donne des ordres, des missions, ce sont des hallucinations sonores. Pour moi, je n’ai rien entendu et pourtant, je suis encore à l’écoute, en revanche j’ai eu des hallucinations visuelles, une fois dans un buisson j’ai vu un aigle, stylisé comme sur les papiers à entêtes de la Komandatur époque Adolf, avec à la place de la croix gammée le logo Mercedes, un cercle et une étoile à trois branches. Je ne sais pas ce que ça veut dire mais sur des plaques de H d’un kilo, j’avais vu le logo de la firme Allemande en empreinte sur la résine. Ce jours là, j’étais dans une de mes terribles crises, mais c’est un souvenir plaisant. A part ça, je n’ai rien vu d’autre et rien entendu d’intérieur. J’ai imaginé que j’étais “ the big guy ” un peu mégalomaniaque et parfaitement paranoïque. Non, je le regrette, la schizophrénie n’a rien d’exotique, ni de merveilleux, encore moins de génial. Le plus dure, je crois c’est la rigidité affective. On n’est peu enclin à la compassion, ce qui pousse parfois les malades à tuer pour le plaisir, comme c’est, peut être le cas à Pau. Mais c’est rare, on côtoie aussi un prix Nobel de physique, R.Nash ce qui est flatteur. 1% de la population mondiale est atteinte et l’approche de la maladie est très diversement accepté par les pays du tiers monde et les pays plus riches. Gourou où malade, c’est selon.

J’ai vu trois films aujourd’hui.

Mardi 6 septembre 2005

Je n’ai pas envie de parler cinéma aujourd’hui. J’ai déjeuné au Cirro’s aujourd’hui avec mes parents et un couple d’amis. Je me suis régalé, carpaccio de turbo en entrée, sole grillée en plat et ananas rôti, le tout arrosé par un Menetout-Ladoucette et un peu de champagne offert par la maison. Glurp ! Dieu que c’était bon, je crois que si j’avais les moyens, je l’adopterais bien comme cantine. Alors que je me rendais sur le bord de mer, j’ai fais un micro trottoir, interviewé par une équipe de télévision par sattelite SPS, j’ai répondu à leurs questions, elles tournaient autour de Ron Howard. J’ai été nul, comme d’habitude…Je m’en moque sur TPS personne ne me reconnaîtra et je serai si peu vu. La caméra m’impressionne j’ai beau la fixé je n’arrive pas à être naturel, c’est finalement une habitude à prendre, rien de plus, à prendre comme un sport intellectuel. J’ai vu ma psychiatre ce matin, après lui avoir dis que j’écrivais beaucoup je n’ai pas osé lui dire à qui, elle n’a pas besoin d’en savoir plus, c’est mon jardin secret. En revanche je lui ai cédé que j’avais un certain goût pour l’alcool depuis un mois. Je bois modérément, sans excès et ma grande carcasse supporte bien cela. Elle m’invite à stopper immédiatement. Elle et gentille mais c’est trop demander, je n’arrêterai pas, le blues est parfois trop dur à encaisser. Et puis zut, je n’ai qu’une vie autant la prendre une coupe à la main. Je crèverai jeune, je n’envisage pas la soixantaine, d’un truc ou d’un autre je finirai par une crise cardiaque fatale, mon au revoir, l’ultime souffle qui s’évapore. La seule chose qui me fait penser que je ne me suiciderai pas c’est le fait que je suis un curieux, j’attend toujours le lendemain pour savoir de quoi il sera fait. C’est une méthode comme une autre pour rester en vie. Et toi envisages tu le suicide, parfois ? tu n’a pas le temps d’y penser tu es trop occupée. Je pense à Romuald Garcin, le suicide de Jeanne Cyberg puis le sien après une vie bien chargé, l’intelligence, la reconnaissance, son ultime rapport au lien public, son volte face avec Emile, je me demande si il n’a pas voulu atteindre le soleil lui aussi et puis un jour il s’est dit “ pff à quoi bon ” et puis zou. Je me demande dans quel état d’esprit je serai quand mes proches ceux que j’aime auront disparu.

J’étais un taré de la guerre étant enfant, Action man, maquette d’avion, chars et puis j’ai terminé P4 quinze ans plus tard. L’armée c’est extraordinaire, tu vois un réel panel des individus en France. Tu croises des abrutis, des voyous, des cas cliniques, des prétentieux, des victimes, des vrais fous, des gentils, des salauds et tous les métiers du monde. J’ai fais deux mois c’était suffisant, je ne regrette rien, une expérience unique, sublime. J’étais à Contrexeville dans les Vosges, globalement un bon souvenir. Bon je te laisse infâme garce, je ne devrais pas parler ainsi à la dame, je sais, mais c’est mon nouveau mode opératoire et évite de me déranger par téléphone. J’ai horreur de ça; hé, hé.

Christophe vs Alexandre

Deauville, jeudi 8 septembre 2005

Salut Nana,

Ne m’en veux pas, je sais que tu es très occupée, j’ai beaucoup de temps libre, alors je t’écris et c’est un plaisir infini. Je viens de parcourir le site de TV4, dans lequel se trouve des informations sur tes deux émissions. Sur tes photographies, d’ailleurs pas très bonne, tu affiches un petit air sévère, devrais-je t’appeler Maîtresse ? Cela s’adresse à qui ? Tes fans en mal de photo dédicacé ? Diantre que l’institutrice est jolie habillée par une paire de lunettes ! C’est ce que je me disais quand j’usais mes fesses sur les bancs de l’école, “ so far ”maitenant, si lointaine. Je trouve ces deux photos très marrantes, on dirait Miss Pickwick, la prof d’anglais, une vieille fille qui fouettait les élèves et donnait des images aux fayotes. C’est dingue, ta petite image plaît drôlement aux homo, femmes et hommes réunis, un brin de sophistication professionnel, une allure et tout de suite, ils arrivent comme des mouches, vertes pour les homo, bleues pour les hétéro. Je ne suis pas dupe, tu dois être plutôt marrante comme fille, cet air sérieux et sévère c’est pour la galerie, tu n’es pas à la ville ce que tu es à l’écran et heureusement. Qu’est-ce que ça bosse à la dir’com de TV4, c’est le résultat de ton abondant courrier ? Une étude minutieuse ? Un travail d’expert ? Pff, on t’a dit de ne surtout pas sourire et tu n’as pas souries. Bizarre. C’est vrai que pendant un moment j ‘avais mis les formes d’usages, le vouvoiement, ect ect, pas tellement comique le type, un peu trop effacé, se trouvant gêné dans les entournures, mal à l’aise, doutant d’un peu de tout. J’opte pour une ombre plus taquine qui m’a toujours accompagnée dans mes relations avec le sexe opposé. Je t’aime bien, j’ai essayé, j’ai échoué, nous voici maintenant sur un terrain parfaitement neutre, je sais, comme Olivier Besançon que le grand soir n’arrivera jamais. Il faut savoir se faire une raison, c’est accessoire, inutile. Ce qui nous ramène à une situation bien plus saine, ce n’est pas que j’avais perdu mon libre arbitre mais je t’ai ménagé plus qu’il ne le fallait.

J’ai vu “ Bodysmarcheur ” d’Abdel Ferrari, nul, zéro, no comments. Mais aussi, “ Pretty fats ” pas mal, un film sur la perversion à Los Angeles à travers une adolescente de 15 ans. Intéressant, cynique, et un bon instantané de la vie à L.A, c’est assez drôle et tragique à la fois, mais ça reste du cinéma.

23 heures

Je viens de voir “ Bee Season ” Pas terrible quand un couple d’homo se lance dans un scénario à deux, (mais le sont-ils vraiment ?) le résultat est lamentable, l’histoire tirée par les cheveux, vraiment très décevant. Le film qui m’a le plus marqué reste le documentaire de Werner Herzog “ Grizzli man ” j’espère qu’il obtiendra le prix de sa catégorie. Remarquable de maîtrise, dés qu’il sort en DVD je me précipite pour l’acheter. Je me sens si proche de cette histoire. Mes ours finiront-ils par me dévorer ? Nobody knows.

Vendredi 9 septembre 2005

J’ai 39 ans aujourd’hui, c’est un peu difficile mais ça fait 39 que ça dure, je commence à être habitué, chaque année c’est la même chose. A deux tables de nous déjeunait Marc Denis, très discret, je le trouve plus mince que l’année dernière, un cancer peut être ? c’est ce que l’on pense toujours dans une perte de poids. Je ne lui souhaite pas, bien que cela ne soit pas ma préoccupation majeure. Et toi ? sur les planches pour le week-end, probablement. Seras-tu seule aux commandes de Cinoche hebdo ? L’année dernière, tu partageais le fauteuil avec Christian Laplace, et c’était réussi. C’est bien d’être en binome sur une émission, peut être parfois contraignant mais comme j’ai pu le remarquer, efficace. Quand on n’a des choix à faire c’est toujours rassurant de pouvoir mettre à plat ses idées et les partager. Surtout pour une entrée dans la matière comme tu le faisais pour ton émission précédente, au début. J’ai vu “ Edmond ” cette après midi, un film pathétique qui explique la chute d’un homme l’espace d’une nuit. Flippant. Il ne faut jamais avoir à faire avec la police où la justice. Ce film est bouleversant, le moindre dérapage et la vie s’exprime et devient implacable. Une sacré dose d’humour noir mais un film saisissant. Pas mal.

22 heures 30

Cela fait maintenant presque un an que j’habite à Deauville et il m’arrive de serrer quelques mains. Beaucoup de barman et de serveur, visiblement l'on survit pas trop mal à Deauville, mais dans l’ensemble ce sont des gens bien, travailleurs exemplaires méritant leur salaire. Le 21 ème arrondissement de Paris se porte bien, les gens ont de l’argent et ils le dépense facilement. Pour moi le crevard de service, je fais des choix mais finalement et actuellement, je ne me refuse pas grand chose. J’ai toujours su me satisfaire de peu, même à Paris quand mes ressources se bornait au RMI. Heureusement mes parents sont là, mais sans eux, je sais que cela sera difficile et qu’il me faudra travailler, j’ai des projets, je t’en parlerai en temps et en heures.

Samedi 10 septembre 2005

J’ai suivi avec attention ton émission ce midi. Florence D. est très loin de ce que tu étais à ce poste, elle est présentatrice cela s’arrête ici. Je la trouve un brin ordinaire et pas suffisamment judicieuse, j’ai passé un bon moment, sans plus.

Alors ma petite tyranausorette du paf, dans les starting blocks, prètes au départs pour ta nouvelle émission ? Je pense que cela va être bien, je le pressent et je te fais confiance, tu ne laisseras rien au hasard. Casses-lui les pieds à cette sacro-sainte famille Schwartz du cinéma français si contente d’elle même, si corporative et qui ne manque jamais de l’ouvrir pour dire une connerie. Des moyens, des bobos comme je les maudit ceux là, entretenus par TV4 pendant de si longues années et ils s’étonnent de la baisse des fréquentations en salles. Pourquoi seul les bons films sont étrangés ? En dehors d’un Albert D. et d’un Jean-Pierre Jarnaque, rien, pas un seul pour remonter le niveau. Des petites comédies à deux balles avec Antoine C. ou Edourad B. d’un nombrilisme effarant. Ca sent fort dans le cinéma français, je ne les aime pas sans raison. Je ne suis certainement pas sans contradiction et mon niveau d’analyse est sûrement moindre que les gens que tu côtoies tout au long de l’année ou dans le courrier que tu reçois, mais certaines personnes m’horripilent et je me fais un devoir de te faire part de mes coups de cœurs comme de mes remarques plus cinglantes.

Dimanche 11 septembre 2005

J’ai évidemment regardé avec beaucoup d’intérêt “ Cinoche ” Bien, pas mal du tout, je l’ai regardé deux fois de suite, intéressant, je reste sans voix. Tu as vraiment l’art et la manière de poser des question, tu rebondis bien sur chacune des réponses, c’est un talent qui m’est totalement étranger, je ne le découvre pas, je savais bien que tu préparais avec soin tes émissions, je m’en rends compte une fois encore. Bien ton interview avec Carole B. elle semblait un peu confuse dans ses explications, l'on sent un montage chirurgical, non ? “ Of course ” J’ai apprécié le passage sur James Muschroom, bien que je pense que “ Broken Flowers ” soit une daube totale. Il n’aime pas son personnage, je me demande ce qu’il pense de son film, hors caméra. C’est bien de faire un portrait pour l’ensemble de son œuvre, de rappeler ses films qui sont au demeurant assez bluffant. J’écoute en boucle la B.O de “ Misery refrain ”, j’adore. J’aime bien Jean-pierre Menuet mais vraiment, son envolée lyrique sur le sujet récurant que les distributeurs n’aiment pas le cinéma, ça a tendance à m’énerver. Encore un petit roitelet avec du talent certes, mais qui fustige l’aspect commercial du cinéma. En tout cas, le producteur des manchots je l’ai trouvé très bien, quelle culbute avec un budget de trois millions de dollars, ils en récoltent pour l’instant soixante six; Arg c’est dingue, là ce sont les distributeurs qui ont donnés une chance de gagner le jackpot et c’est réussi. Le cinéma est une industrie comme une autre. Dans le textile, il y a le prêt à porter, la haute couture, la mode ou l’air du temps. Je ne m’offusque pas de la place de l’argent dans ces secteurs. Mais comme je l’ai entendu dans ton émission, un pays qui n’a comme valeur “ L’argent et le cul ” il serait temps de s’inquiéter. J’avais déjà cette impression dans les années quatre vingt lors de mes voyages au USA, je crois que cela soit encore pire aujourd’hui. La disparité des salaires est telle que l’on rencontre des gens très riches et une pauvreté extrême, on l’observe d’autant plus avec les événements de Louisiane. Les premiers méprisent les seconds, c’est indéniable mais leur éducation judéo-chrétienne les pousse à se sentir responsable des gens pauvres (gala de charité sur toute les chaînes, Opra Winter, Céline Dion avec son numéro et j’en passe) la sécurité sociale est absente, ils sont tous concentrer sur eux- mêmes et refuse une certaine curiosité sur le monde en général. Des ploucs pour la majorité mais néanmoins sur le tas, il y a aussi des gens intéressants mais d’un cynisme ahurissant. Je ne les portes pas dans mon cœur pour les avoir approché de près, quelle bande de cow boy, de pionnier avec leur pelle et leur couteau Suisse, partout où ils se rendent sur la planète, ils sont en terrain conquit. Ils cassent, nous réparons, ils cassent, nous réparons et ça dure depuis soixante ans. Je préfère le raisonnement d’un Poutine, net, tranché, direct que les entrejambes d’un pauvre type comme W.Bush. Quelle honte pour le monde ce guignol.

Voilà deux mois que mon site est en place, je le met à jour tous les mois mais ce n’est pas si simple de trouver de la matière à proposer. Des sites intéressants, il y en a des milliers, j’en vois beaucoup, peu retiennent mon attention. A souligner tout de même, une excellente web-radio : “ Radio-404.org ”. Bonne programmation à suivre car ils ont en projet une web-télévision qui s’imposera comme une réel alternative au formatage ambiant de l’hertzien. Mes statistiques sur mon site sont bonnes, j’ai 27 visites en moyenne par jour. Environ 9000 hits par mois, mais c’est encore trop tôt pour en tirer des conclusions. Ce que je peux dire c’est que c’est finalement la page sur les jeux qui bénéficie de la plus grande audience, étonnant, non ? Je suis le premier surpris, ce n’est pas ce qu’il y a de plus pertinent. La partie vidéos aussi obtient un bon score, là, je suis plus convaincu. Bon je vais te laisser pour le moment car je dois m’en aller pour la clôture du festival du film de Deauville, tout à l’heure je pourrai t’en dire plus sur mes premières impressions.

21 heures

Le résultat du festival, je ne peux rien dire de réellement objectif, en dehors du grand Prix attribué à “ Crash ” les films récompensés, je ne les ai pas vu. “ Crash ” oui bof quoi dire, ce n’est pas énorme, cela ressemble à une série TV bien ficelée, ce n’est pas un film extraordinaire, loin de là. Les gentils et les méchants ne sont pas ou ont les attends et puis quoi ? Next, il faut avouer que le jury composé du nain “ Christophe ” a été influencé par “ Les pervers ”, “ NYPD blues and drugs ” et autres “ 911 ” Juste une bonne série, rien de plus. Le reste des films récompensé je ne les connais pas, je me demande pourquoi j’ai pris un passe pour ne voir que la moitié. Néanmoins je regrette que “Edmond ” n’a pas obtenu de prix et la grande déception est pour “ Grizzli Man ” qui est à découvrir absolument.

Lundi 12 septembre 2005

Il est quatre heures du matin, je n’arrive pas à dormir, cela fait deux heures que je suis réveillé. J’ai regardé la télévision, il y avait un gusgusse avec un écran sur la tête qui ayant créé son blog sur le net, présentait son livre. Incroyable, il se dit cadre je le soupçonne agent de maîtrise dans la sécurité, mais 30 000 visites pas jour c’est conséquent . Son genre est infect, disserté sur l’étron qui flotte dans la cuvette des WC est minable et quand il fustige les techniciens du web, j’ai pensé un moment faire passer mon téléviseur à travers la fenêtre. Quel naze ce type, mais qu’a t-il fait pour mériter un succès pareil, les mêmes blaireaux qui font l’audience de la TV l'on finit par les retrouver sur le net, c’était prévisible, mais c’est aussi un parfait outil décentralisateur et pour les plus petits, c’est un moyen de montrer, de vendre, de diffuser. Le net est une révolution perpétuelle, nous ne sommes pas au bout de nos surprises, avec les courriers que je t’ai fait parvenir j’aurai pu en faire un blog, cela ne m’a pas effleuré une seule seconde, un vulgaire blog à la con pour raconter quoi au final, cela ne regarde que toi et moi, personne d’autre, je n’écris que pour toi. Un truc qui m’énerve c’est le journaliste qui à propos du reportage sur Deauville, trouve que le cinéma Américain “ affiche sa schizophrénie ” Diantre, l'on galvaude, l'on distord, l'on interprète, l'on le place à toutes les sauces mais à la fin, en connaît t-il la définition exacte. La schizophrénie c’est un “ brainwash ” la drogue la plus puissante que je connaisse. Moi aussi je l’affiche ma schizophrénie, cette vieille salope m’accompagnera jusqu’à l’au-delà et je lui en voudrai pour toujours de ne pas m’avoir raté. C’est un élément créatif mais tellement destructeur que je préfère un semblant de normalité et une médication astreignante sinon c’est le chaos le plus total. Une fois encore je suis subjugué par ta prestance comme par ton physique si avenant, la femme parfaite dans toute sa splendeur, un magnifique tableau sur le plateau. Deux femmes éblouissantes de beauté, Carole B. et toi, je te rassure tout de suite, tu as bien plus de charme que Carole avec où sans schtards sur le front, c’est curieux pour l’une comme pour l’autre, l'on a entendu les mêmes conneries, femme froide, méprisante, je crois que c’est un vieux fantasme de mec de vous jugez ainsi, n’est-ce pas maîtresse ? Je suis loin d’être un adepte de la cagoule et du collier de chien, mais je sais que cela existe chez des tarés au fin fond d’une cave. Hier soir à Deauville, la clôture du festival a donné l’occasion à des américains de remercier le jury ainsi que les spectateurs, pour tous j’ai trouvé leurs quelques mots sympathiques. Il faut avouer qu’ils sont bien reçus, c’est la moindre des choses. C’est bien que vous soyez à trois sur la production de “ L’hebdo ” Comme disait Bismarck : “ Dans une situation à trois, il faut toujours être l’un des deux ” Une responsabilité partagée est bien pour faire des choix et confronter ses idées, un mini “ brainstorm ”, une tempète du cerveau permanent qui fonctionnait parfaitement sur ton émission et qui commence pas trop mal sur "Cinoche". C’est curieux que Scapa interviennent sur la rédaction Une remarque, ne soyez pas trop “ speed ” dans les commentaires sur les reportages, les gens sont des veaux, ils leurs faut un rythme à la Claire C. en ce qui me concerne je m’en moque il me suffit d’appuyer sur “ rewind ” mais pour les autres c’est un autre problème. Alors, l'on avait le trac pour la première ? Tu t’en es très bien sortis, je suis certain que l’émission aura son petit succès et la profession dans son ensemble en fera des louanges. Ne les égratignes pas trop, tout de même. Autant tu pouvais pousser au “ crash ” vis à vis d’un Paul Anar où d’un Bernard Tapitouf, mais là c’est un peu plus délicat, mais l’art de la négociation, tu connais, je n’ai pas de dessin à te faire.

J’ai le sentiment dans cette lettre de t’avoir ménagé, je ne triche pas et si je n’ai rien à redire à propos de “ Cinoche ” c’est parce qu’il n’y a rien à ajouter. Je ne flingue pas pour le plaisir, je trouve mon texte moyen, nous ne sommes pas tous les jours percutant, je suis donc en baisse de régime. Je reprendrais le cour de la conversation dans une lettre hebdomadaire. Mon emploi du temps a été un peu chamboulé par le festival mais compte sur moi pour continuer à m’exprimer sur tes émissions, “ On en peut plus ”, ”La grande Récréation ” et bien évidemment sur “ Cinoche ”. Bonjour chez vous.

Christophe

Mardi 13 septembre 2005

Salut Nana,

Je dois être à ma quatrième lecture de “ Cinoche hebdo ”, sans parler des retours en arrière. Je m’interroge. Je me demande si moi aussi, je ne fais rien comme tous le monde. C’est infiniment égocentrique mais la séquence sur Boris Beers, elle me parle. Je ne délire pas, je sais bien qu’il est prévu dans ce genre d’émission qu’un maximum de gens doivent s’identifier au sujet d’une séquence. Pour ne rien faire comme tous le monde ? C’est ce qui en fait toute sa diversité. Nous sommes tous unique. Cela peut être une forme de snobisme. Je crois que c’est plutôt flatteur, le ton du sujet sur Boris l’était. C’est un grand cinéaste mais j’ai le regret de constater que son dernier film m’a laissé froid. J’ai peut être changer, mais je n’aime pas non plus le personnage central du film. Ma démarche, telle que je la présente, que ce soit sur la toile ou dans le courrier que je t’adresse, je ne pourrai le faire comme tous le monde, c’est intrinsèque chez moi. A quatorze ans, je portais des Doc Botteens, une veste trop grande et je singeais les groupes de ska du moment, Madness, Specials, Selecter. A seize je suis tombé dans le panneau des sports d’action, avec un look que je te laisse deviner. Mais la Porte de Champerret ce n’est pas Nothing Hill ni Venice Beach et j’en suis revenu de mes fadaises. Reste le personnage quelques années plus tard, un peu plus abîmé mais toujours avec cette peur d’être identique au voisin. La maladie est peut être une cause. A l’heure des blogs à tout va, dans tout le monde, par tous le monde, je n’écris que pour une seule lectrice. Je préfère la qualité à la quantité et les 30 000 visites de l’autre connard de service, il se les gardent. Je ne m’adresse pas à n’importe qui, ces textes sont mes seules liens avec l’extérieur où presque. Tu es une femme d’exception. Je ne pourrai pas t’expliquer pourquoi j’agis ainsi. La vérité est à l’intérieur de toutes ces pages. Depuis le début.

Dans ce que j’ai fais jusqu'à présent sur le web notamment, j’ai toujours essayé d’avoir un semblant d’originalité. Pour mes projets, si un étudiant ou un sauvageon tombe dessus et que cela peut l’aider à rédiger, mon but est atteint. Pour la sélection des sites, c’est un vrai plus, à quoi cela sert t-il d’avoir le monde à porter de souris, si c’est pour ne pas savoir ou aller ! ? Ni commerciale, ni pour les branchés, je sélectionne des sites qui me ressemble, des passionnées avec quelque chose à présenter, à montrer, à écouter. Je tente de satisfaire une communauté, si je pouvais atteindre cent connectés par jour, ce serait déjà bien, mais j’en suis loin. Je repense à mon clip sur Tevetel, il ne ressemble à aucun autre, mais je n’ai aucune chance de remporter quoique ce soit, je le savais dés le départ, ce n’est pas de l’art mais dans cet exercice hybride le fond et la forme ne font qu’un et le web deviendra un robinet à images tôt où tard. Si tu ne prends pas un tant soit peu de recul dans ce que tu fais, tu es condamné à rester à faire comme ton voisin. Je vais te dire un secret : “ ça me fait chiez de faire comme tous le monde ”.

Dans ce que je t’ai écris, je ne sais pas si j’ai fais comme tous le monde. Cela serait embêtant pour moi, je me sentirais coupable de ne pas avoir essayé d’être différend des autres. Je dépense sans compter lorsqu’il s’agit de t’adresser la parole, je t’ai dans la peau, je ne vois aucune autre explication. C’est d’ailleurs assez paradoxal dans la vie courante, je suis légèrement en retrait, j’écoute, j’analyse, j’essaye de trouver des révélations inavoués, je ne communique qu’avec parcimonie, c’est une des faces de ma personnalité que j’aimerai gommé. Mon frère en revanche est un orateur extraordinaire, il sait parler de tout avec une dextérité à toute épreuve. Avec toi, je ne sais pas, je suis passé par toutes les phases, tantôt petit comique, tantôt schtroumpf à lunettes, donneur de leçons, taré dans les grandes lignes, vieux copain, vieille aristocrate aux souliers vernis, soupirant désemparé et j’en passe. Ne rien faire comme tout le monde, mais tous le monde ne fait rien avec moi, ou si peu. Tu es très entourée, sûrement sollicitée par le tout Paris, qui n’attend qu’une seule chose c’est de t’avoir dans un dîné en ville, c’est sûrement agréable pour une personne vaniteuse, bien que je pense que tu ne le sois pas. Toutes ses relations biaisé par le seul fait de ton métier. Des dragueurs de peu d’envergure attendant un soupir, des demandes en mariage par paquet de douze. Je n’envie pas cet état de fait, tu dois donnée beaucoup de ta personne. Donc, par ce simple truchement tu es astreinte de ne pouvoir faire comme tous le monde, enfin c’est ce que je crois… J’aime le tumulte de la ville, j’en ai besoin, voir des têtes anonymes, assis au bar du “ Le Petit Bob ” m’est indispensable deux fois par semaine. Pourtant j’aime mes moments de solitude derrière mon ordinateur, t’écrivant ou zonant sur le net, avec pour seul choix difficile, trouver à mettre dans la platine CD, un disque qui m’accompagnera dans cet exercice. C’est marrant j’ai pris ce passage dans ton clip comme une réelle question qui m’était posé. Toujours complètement bargeot, je prends tout au pied de la lettre comme si tu me lançais des défis imaginaires.. Il m’a semblé intéressant de répondre tant bien que mal à ton clignement de paupière du lancement de la séquence. J’ai pris ça pour moi, comme un con ou un malade, au choix, peut être les deux ? En fait, j’ai surtout trouvé ma lettre précédente très mauvaise, j’avais remarqué la séquence, mais je ne voulais pas y croire, attention je ne me prends pas pour Boris, c’est plaisant de faire des paralèles saugrenues, décalés et de se prendre, ne serait ce qu’une fois pour quelqu’un d’important. Je m’aperçois que je viens de dire une énormité, mais n’est pas schizophrène qui veut. En effet ce statut d’handicapé mentale m’offre à loisir de me prendre pour ce que je ne suis pas. Ce rapport à la folie pure totalement déraisonnable est agréable l’espace d’un instant et je prendrais comme tous les soirs ce qui me rattache à la réalité, mon traitement, ma béquille. Cette contrainte pour rester dans la normalité est insupportable aux yeux d’un créateur et indispensable dans le regard que tu portes sur moi.

Christophe

Deauville, le mercredi 14 septembre 2005

Ma chère Nana,

N’insistes pas trop quant un de tes invités à des réticences à donner une info. “ C’est Moby Dick ? Regardez-moi dans les yeux ! c’est Moby Dick ? ”, “ A la louche, à la louche ? ” Pour une fois ça va, l'on a comprit. Pour clôturer le propos, tu pourrais conclure par “ Bon puisque vous ne voulez rien lâcher ”, avec un soupçon de regret, je ne sais pas, tu choisies… mais évite la double question”. C’est bizarre dans mes lettres, la mort est omniprésente, il faudrait que j’élimine cela. J’ai vu “ Kiss, kiss, bang bang ” vas s’y c’est divertissant, et pas mal du tout. Si plusieurs m’énervent, d’autres me surprennent, c’est le cas de la petite tafiole officiel du Paf, visiblement son rapport avec les hommes a évolué, sans nul doute, la période où il mordait l’oreiller est terminé. Je ne l’aimais pas, mon opinion sur lui s’est transformé, de là, à en faire l’éloge, n’exagérons rien. Une fois de plus, la bonne cliente est de retour Mireille Berthier déjà présente en juin revient pour mettre de l’ambiance sur le plateau de "On vous aime pas". La revoir pour Noël, est-ce envisageable ? Toujours avec ton blaireau ? Serait-ce lui le bouffon bourrin du cinéma français ? Selon toute vraisemblance les larrons, Albert A., Laurent Marshmallow, José Gafa et le quatrième m’échappe sont les nazes de la rédaction. Ca ne te déranges pas de t’afficher avec ce lourdeau. Moi j’ai une histoire, pas lui. Sophia Lewis Bastard en mamie Nova, voilà qui lui va à merveille. J’ai honte pour toi. Fais lui mal, soit sans indulgence, il ne le mérite pas, soit sans pitié pour lui, il me fait penser au personnage de James. Soit impitoyable avec ce minable et son coussin péteur. Et dire que tu l’as présenté à ta famille, à tes amis en Grèce. Il fallait peut être qu’ils jugent par eux-mêmes, sans doute ? Je ne sais pas. C’est un mauvais souvenir, un petit gosse de rien du tout. Le sang où le mérite il faut choisir. J’ai vu “ L'union de Jack et Jane ” une film sur l’œdipe, ne fait pas l’erreur de l’héroïne, je ne m’en relèverais pas, je n’envisage pas le pire mais c’est tout comme. Respire l’idée que tout dans ce monde n’est dirigé que par un simple snobisme. Les traces affectives dirigent le monde, choisit le meilleur, ne soit pas endormie par la médiocrité, leurs positions n’est qu’un créneau, une niche, alors, ne tombe pas dans le panneau. Je sais de quoi je parle, ne m’arrache pas le cœur, j’en crèverai. Tu t’es inventée une romance à deux balles sous les objectifs des appareils photos avec ses temps morts et ses séquences rapides. Moi c’est bon, enfin je crois, je suis près à pousser le manche vers un avenir que je veux complet, sûr et serein. Peu de risque que je m’égare, je connais mon sujet comme si c’était un frère. Pas une once de paranoïa, ni de mégalomaniaque, j’ai appris que tous les jours est un nouveau combat. Les canulars des débuts sont très loin, je ne me rappelle pas avoir signé quoique ce soit, mes soliloques sont une imposture. Elles existent sur le net, je n’en ai que faire. Ces textes ne m’appartiennent plus. Pour Obscur et Manirac, j’invoquerai la maladie, ce sera épatant pour l’histoire. Yvonne, mon amour infini, en direct dans “ Loser ” sur le net. Ha, ha ha,, les connards. Non, je plaisante. Un espoir pour tous les autres. Dans mon building, ils sont nombreux les laissés pour compte. Je pense à eux. Sans cynisme, sans pitié. Pour le geste. J’ai peur qu’il ne pollue ton air cette chiure de mouche, ce lamentable pitre. Il me pollue, il m’indispose, nous avons besoin d’air, l’avenir c’est nous. Je ne tiens pas à m’encombrer, d’un vieux garçon sur le retour, base-le, direct, net, sans bavure et prend le soin de lui dire ce qu’il exprime à mes yeux. Un gogo, une larve, sans avenir, avec ce qui lui reste de cartouche. Il ne comprendra pas, j’y mettrais ma main au feu, mais pour l’exemple, pour l’histoire, qu’il se souvienne de la mère de ses enfants. Qu’il aille au diable, lui et sa petite conne de fille. Je voudrai le voir pleurer mais je te laisse le spectacle à contempler. Un mec qui pleure devant une femme, ce sera sa mère qu’il retrouvera. “ 96 tears, you’re gonna cry, cry ,cry, cry. ” Je ne veux pas de bon copain qui tienne, un adieu définitif, net, précis, sans espoir de retour, qu’il reste avec ses “ potes ”, avec celui qu’il a dans le crâne. Comment as- tu pus avec ce vieux beau ? Je préfère ne pas le savoir, je ne savourerai que l’ultime séparation, le reste qu’il y réfléchisse, si toutefois cela lui ai arrivé une fois dans sa vie. Ce vieux pourri, cette ordure prêt à l’invective lors de mes soliloques, qu’il vienne à vouloir à en découdre, ce morpion. La crème Mont Blanc, ha , ha ,ha, ce minable qui tient sa réputation sur un nez rouge et une perruque tout en récitant les textes d’un autre. Une larve, un cloporte, digne cracheur dans la soupe pour un peu qu’il soit remis à sa place. Qui d’autre aurait pu convoquer les nullards avec leurs appareils photos ? De quoi relancer une carrière pour le moins, nauséabonde… Je le maudit qu’il disparaisse de mon monde, je ne veux rien en souvenir. Je ne veux rien de son monde, je me suis toujours demandé ce qu’il exprimait pour moi. Je ne te portes grief de quoi que ce soit mais vire le de notre planète, tu me feras plaisir. Cette anecdote des jambes en l’air aura eu le bon goût de te faire passer à la vitesse supérieure dans le cadre des tabloïds à la con. Nous ferrons comme Mini Maquis avec un inconnu qui est monté sur l’estrade. Ce sera extraordinaire. Unique. Lumineux face à ces quatre mois que tu oublieras comme moi. J’ai oublié mes fréquentations de jeunesse. “ Love lace a gogo ”. Un gogo, un lapin dans le chapeau, il nous aura rendu bien service. Maintenant à toi de sortir du lac et de remettre à sa place notre pigeon de service. Il ne le mérite même pas. Déchire-le ce charlot. Sois impitoyable.

Bon je vais m’arrêter ici sur le registre des peines de cœur nécessaire. Reprenons sur une attitude plus cordiale. Tout d’abord Boris Mushroom les extraits de ses précédants films sont marquants “ Do you know my poetry ” et il tire sur le shérif de mes deux, le cow boy de situation. Les temps morts, Boris est une référence sur ce sujet, j’avoue avoir utilisé cette technique dans ma pub pour Tevetel au début comme à la fin. Inconsciemment ? Le sujet l’imposait de fait, je ne me suis pas posé de question. Le reportage sur le festival, bien traité avec profondeur et il me parlait. Intéressant comme analyse, bon, les poncifs sur W c’est ce que veulent entendre le public. Ca n’en reste pas pour autant faux. A quoi l’avenir ressemblera il ? Et bien on retrouvera un vieux con sur son île avec sa fille amoureuse de lui, dans son délire de communauté auto suffisante, son rêve de petit bourgeois qui a agit par pur snobisme, il crèvera avec sa fille à ses côtés, la seule qui l’accompagnera jusqu'à son dernier souffle. Elle reprendra le triste flambeau de son père et fera les mêmes erreurs “ So long Boris and good luck ”. Et puis par ailleurs, il y aura des combats de mastodontes robotisés qui s’affronteront dans les réseaux, des entreprises internationale fourbissant leurs messages pour plaire aux individus, quelque soit le secteur d’activité les grandes entreprises auront leurs propres programmes sur le net. Nos amis les ours boufferont des petits “ Treadwell ” Un nouveau flux pour la création et pour tous le monde ou presque, avec des tirs de lasers dans toutes les émissions, cela apportera un sens critique nouveau à la planète entière. Des IP-TV sur tous les coins du net, des home cinéma chez soi avec des écrans larges et épais comme un tapis. Des “ Set Up box ” dans le salon qui seront multifonctions, X-box 900 par exemple. L’audiovisuel sera prépondérant, les marques (nos amis les ours) rivaliseront de dextérité pour séduire de l’est à l’ouest. Pas si différend que ce nous connaissons aujourd’hui mais avec plus de matière. Pour tous les goûts et en se déchirant dans des luttes cérébrales à l’échelle de la planète. Des films d‘entreprises blockbuster en téléchargement gratuit directement sur des sites d’entreprises. Possible.


Evidemment ce que j’avance ici est purement spéculatif, une étude plus approfondie pourrait étayer mes propos, je me demande si je ne vais pas faire dans le bénévolat auprès de ton patron. Tu sais, celui avec sur le visage de la peau orange et sur la tête jaune d'oeuf, une piste d'atterissage pour les mouches. Sur ce sujet, en matière, d'insecte volant, je crois qu’il est très mal conseillé, une bande de nulles à première vue avec du vrai, et du faux, ou un incertain peut-être, sur des sites Internet à la noix. Il y aurait pourtant à faire sur ce sujet. Forcement, accompagné par une bande de cruches, il peut toujours attendre pour des résultats corrects. Mon approche est différente, pragmatique, empirique, mais je ne suis ni devin, ni gourou. Car mes réflexions reposent sur du concret, de la matière grise, comme aurait écrit Agatha et comme le reste, ça se paye, si toutefois, c'est à vendre. De passer de la théorie à la pratique, cela me semble envisageable dans une europe concrète et je ne cracherai pas sur une perspective à notre avantage avec mes amis de l'est Lesquels ? Je te laisse, j'ai un train à prendre. Mais dis-moi, tu ne veux pas apprendre à mettre en ligne ta séquence vidéo sur mon site ? Non, je n'y tiens pas car je trouve qu'au kremlin, il n'est pas toujours gentil mais il n'est pas borné, voire insupportable comme vous deux; et puis ce n'est pas parce que l'on fait la guerre que l'on est forcément méchant. Alors, surtout encore merci, car nous avons terminés nos expériences sur les rats et les souris de laboratoire et c'est assez criait la baleine, je me cache à l'eau avec cette mobilisation. C’est extrêmement simple, je vais te le présenter pour lui apprendre à gérer une vidéo. Car, il ne va pas passer par un skyblog, weblog, 20six, ou par une entreprise à la con. Car, ce que je lui propose, c’est de la haute couture, du fait maison.

N’oublie pas de mettre à la porte, ton comique troupier, tu me feras plaisir.

Je t’embrasse.

Christophe


Deauville, le samedi 17 septembre 2005

Ma chère Nana,

C’est avec plaisir que j’ai regardé “ Dimanche Pétantes ” où tu étais présente et dans la tribune, il s’est prit une bonne rafale d’entrée de jeu, Stéphane avec “ Montrer ses fesses dans Paris Cash…” Je ne disais rien d’autre, il y a quelques années, mais c’était bon que tu lui rafraîchisses la mémoire. Est-ce que les gens sont tous des cinglés, des branques, où la moindre notoriété monte à la tête, comme un verre d’absinthe ou comme toi. C’est sidérant, affligeant. Arielle, sur ce sujet est complètement à la masse, il me faisait pourtant rire pendant “ la grosse Goulue ” sur Radio Vodka, c’était une autre époque. Dans ces moments, la plupart du temps, j’étais sous l’emprise du H, il en fallait peu pour me faire sourire. Quelle triste clown cette Arielle. Je me souviens d’Arielle la Vizirette et ce sobriquet lui va à merveille. Chez Thierry, il se targuait d’avoir fait des “ études ”, mais pour le poste qu’il occupe maintenant, je me demande à quoi peuvent t-elles bien lui servir dorénavant, ses études. Un dandy décalé pas très vigoureux avec un humour qui commence un peu à dater tellement les ficelles sont éculés, usés. Une sorte de comique de répétition, qui rabache, qui rabache, qui rabache et qui n'a jamais fait autre chose que de ne rien prendre au sérieux. Remarques, pour trouver un quelconque intérêt à passer des disques dans une soirée Parisienne, il doit avoir probablement un diplôme. A moins que cela soit la musique qui lui soit monté à la tête ? Avec son fameux groupe, enfin parlons plutôt, d’association unilatérale, pour au final un résultat plus que confidentiel. J’ai rarement eu l’occasion de rencontrer une petite personne aussi porté sur son nombril. Il avait le recul d’un chef de gare avec une nonchalance “ Je m’en foutiste ” tout à fait déplorable. Le succès de cette feuille de choux n’a pas marqué les esprits et ce pastiche “des journeaux des USA” n’a pas fait long feu. Son parcours mégalomaniaque dans les galas et autres cocktails mondains lui vaut maintenant une carrière pour une mouche du coche, et Stéphane en fait les frais, ce qui dans ce genre de programme donne une touche de : comment dirai-je ? Selon vos mots “ Hype ” Qu’ils la gardent leur tendance, moi je regarde l’émission pour l’épisode de “ Chez Maman ”, le reste, je zappe.

Enfin bref, tu rayonnais de splendeur, hier soir, comme d’habitude, mais c'était hier. Tu me subjugues littéralement, tout ce que tu fais remarquer est juste, simple, limpide, le tout plein de brio, hélas, c'est un leurre, du mensonge. Une forme d'histoire d'ovni sur la planète du Pif Paf Pouf, c’est dingue, tu es tout ce que j’ai toujours recherché chez une femme, mais tu mens et de façon de plus en plus intenses ces dernières années. J’ai l’impression de te connaître depuis l’enfance et il règne chez toi une empathie qui me touche en plein cœur à chaque fois que tu prends la parole. C’est extraordinaire de t’entendre dans ce panier de crabes des gens de la planète et des personnages femmes et hommes de la sphère publique et de la patisserie "maison". Je n’ai jamais vu cela, ni ressentie un rejet pareil. C’est abracadabrantesque comme disait Jacques Manirac, je ne soupçonnais pas qu’un jour je puisse me sentir dans une telle osmose avec une personne pendant la guerre froide dans un silot. Sublime ! Il n’y a pas d’autres termes. Et très à l’aise, ce qui ne gâche rien, tout ce que tu as dis, je voulais l’entendre. C’était un régal. A ton âge, tu es resplendissante, quoiqu’en pense qui que ce soit. Nous sommes jeunes, c'est un cap, certes. Stéphane s’étonne surtout que tu ne sois pas encore mariée mais tu l’as vivement remis à sa place en souriant, je trouve cela parfait mais reste calme surtout. Ton acteur préféré ? hé, hé, hé, ce n’est sûrement pas l’autre brêle car pour conclure en beauté, elle est un peu dure de la feuille, madame prète pour la minute nucléaire. Alors terminons avec panache sur : “ Quelle vie privée ? ” et oui en effet, laquelle ? Celle que tu partages dans les tabloïds à scandale ou dans le secret de tes lectures et souvenirs qui ne cessent et que tu ressasses. Mystère. Ton poste sur "Cinoche Hebdo" ne te manque absolument pas et tes invités non plus, ça en dit long sur ce que tu penses d’eux et de leurs frasques. Nous, tu sais, nous sommes éloignés de leur façon de penser et de faire, car je vais te dire un secret, ce sont des barbares... La nouvelle de ce matin, c’était sans appel, avec le ton, et la réponse tranchée, nette et précise qui indique le regard mais sans la complaisance que tu leurs portes, je tenais aussi à te dire que tu ne sais pas écrire, nous sommes, au moins deux à penser la même chose. Je méprise, un peu, mais il y a une fin à tout, même pour les disputes. Vas-tu voter pour ça ? Je suis content d’apprendre que oui, reste à trouver pour qui. Vraisemblablement, nous aurons l’embarras du choix. Ta carte de presse, ta carte peau d'orange, ta carte d’électeur,  je ne savais pas que tu prenais les transports en commun. Bon point, si cela est le cas et si c’est une forme d’esprit pour évoquer la vie publique, hé hé, moi, j’en souri. Dans ce paysage audiovisuel où le moindre singe savant présente son émission ou ses images, tu revendiques ton statut, j’ai toujours une sorte de respect avec cette profession, mais tu sors tellement du lot que cela me dérange d’entendre dire qu'une journaliste qui fait son travail était au mauvais endroit au mauvais moment avec une conclusion qui ne semble pas être la vérité. Alors augmente le niveau et change d'habitude, parce que ça fait rire, vos habitudes. Car évidement, ils ont essayés de t’épingler avec l’usage intensif de la psychiatre et une fois par semaine, c’est suffisant. Le divan comme thérapie existentielle, je n’ai rien à y redire, le métier en dépend. Il n’est pas faux que tu manquais terriblement et deux mois sans te voir cela commençait à faire long, n'exagérons rien... je n'ai pas tellement besoin de toi, finalement. Je t’aime mais pas pour tout et savoir que l'amour que tu me portes est vain, sauf avec du sonnant et trébuchant, ça me glace le sang, je préfère ne pas y penser. Parfois, j’ai quelques soubresauts qui m’entraînent à penser que tu vas mettre de côté ton amourette de pacotille avec l’autre zig. Quoiqu’il advienne, ce n’est pas un type pour toi, tu mérites mieux, ça ne fait aucun doute. Pourtant quel couple détonnant et atypique. Une frèle histoire d’amour en tous cas, c'est inquiétant de se regnier et en général ça fini mal. Pendant le festival, ils repassaient “ un homme d’exception ” j’y suis allé, je pensais à nous, je pense à toi tous le temps, c’est insurmontable et je ne le partage avec personne. Je n’ai que faire de cet écran qui te donne une notoriété relative. Ce n’est pas une partie de poker, je ne joue pas, seul l’amour dictent mes pas, sans grenouille de bénitier.

Je n’ai pas l’intention de faire du bénévolat pour Sergueï ni de lui apprendre comment faire de l’argent, alors qu’il gagne, et s’il veut s’offrir le travail d’un informaticien, il le peut. Au diable cette idée. Je ne veux rien de ton monde, j’ai tourné autour, il ne m’inspire que très peu. Tu me donnes matière à imaginer un contrôle terrestre, vécu individuellement en castes, en strates. Depuis 1998, j’ai changé d’optique à quelques nuances près, cependant, je retiens que tu as voulu m'éliminer et ça je ne pourrai pas l'oublier, il y a des gens qui pardonnent, pas moi, je ne sais pas ce que c'est le pardon, l'on peut juste oublier et chez moi, oublier c'est difficile, et l'on ne plaisante pas avec le souvenir.

Tu n’étais pas à Deauville et cette histoire de repas était idiote alors que j’attend tellement plus et c’est un doux euphémisme. Pas une seconde ne passe sans que je pense à toi, tu es l’objet de toutes mes attentions. Eloigné de toi, est ce que la vie te semble insipide, sans saveur. Si ce que je sais est vrai nous en tirerons toutes les conséquences et ce, à l'echelle de la planète. et je te rappel que nous sommes en période de guerre. Est-ce un regard furtif et distrait que tu portes sur toutes mes lettres ? Je ne le saurai peut être jamais mais je me fais un devoir de t'expliquer les choses en détail un jour. J’ai une multitude de question et l’espace d’une vie n’est pas suffisant pour toutes les énumérer.

J’ai regardé “ Cinoche hebdo ”, le mot “ culbute ” dans ta bouche m’a particulièrement mis dans tout mes états. La séquence “ cinétruffe ” est celle qui me parle le plus, parmi toutes. “ Schizo après une tragédie ” La maladie se déclare vers vingt ans, ce n’est pas un choc psychologique, la plupart du temps, c'est dès la naissance, comme une sorte de sélection post natalité, à l'origine ce sont les lunettes et l'on présente déjà les caractéristiques qui deviendront apparents. Pour l’instant, l'on ne connaît pas les causes des maladies handicapantes, peut être parce que je suis loin de vous. Mais y a t-il une antidote ? Un remède, un médicament, une pillule pas seulement qui soigne, mais qui guérit définitivement. Parce que soyons sérieux ces grosses bétises à deux balles de ces gentils et braves gens, je trouve cela minable, shérif et vous pouvez pour commencer, enlever vos cagoules du KKK. Jusque ici, nous sommes restés politiquement correct, mais avec mes amis, nous pourrions être sévère mais juste et voilà comment l'on retourne à la base du "seul contre tous" et votre solitude vous pèse de plus en plus et savez-vous comment nous pourrions vous dégustez, soit cuit, rôtie ou bien farcie. Car comment expliquer, ce chemin, ce tournant que prend l'histoire et votre aveuglement, stérile, revanchard, ridicule et rasciste, car, nous avons tous quelquechose à vous repprochez et la comédie, c'est fini. Je tenais à vous dire que nous n'allons pas mordre ou seulement sans nos dents et l'on vous en parle depuis de nombreux jours, alors, il est temps que vous entendiez la vérité car du coup nous avons changés d'idées et faites attention, la maladie du handicap va peut être frapper et pourquoi pas

Deauville, le 22 septembre 2005

Ma chère Nana,

Suis-je complètement malade ? Non, je crois pas, mais j'imagines que l'on peut se demander, ce que je fabrique avec ce site Internet. A mille lieues de la réalité, en me raccrochant à un rêve comme à une bouée de sauvetage. J’interroge, par mon comportement qui pose question, évidemment, car je sens une atmosphère de mise à l'écart, faites de suspicion dans la petite station balnéaire où j'habite. je croise les gens, je connais leur tête, en tout cas, celles des autochtones, des habitants. Car seul maintenant à Deauville, la vie est plutôt simple et tranquille et toi, ça va ? tu as repris ton émission "Le Rectangle". Car au risque de le dire encore et tu commences à le savoir, la seule chose dont je suis certain, c’est l’amour que je te portes. Il guide mes pas dans cette obscurité. Dans cette demi-teinte, je fais un pas en avant et deux pas en arrière mais l’essentiel c'est que tu saches que je te suis fidèle, comment pourrait t-il en être autrement ? Tu es si parfaite, la femme qui ne pouvait pas déclarer la guerre, un homme la déclare, une femme ne pouvait pas et je n’en reviens pas; je n’imaginais pas qu’une femme puisse à un tel point me mettre dans un état pareil. Sur ton plateau, il y avait Brigitte, elle parlait de la psychologie et de l'aide qu'elle pouvait apporter aux autistes "Asperguer" à travers sa fondation. Elle est bien cette femme, je l'a trouve habile et intelligente, elle semble entretenir une franche proximité avec les français, elle dégage une bonne énergie. Puis, tu lui as posé une question sur la mort, la perte d'un proche ou son approche comme une sorte d'éteau et sa réponse subtil et honnète: "Le pire, c'est l'abscence". Tu respires le bon sens, mais je n'ai pas très bien compris ce que tu voulais dire avec ta phrase, "Vous savez, en Angleterre, l'on est tous un peu juif". Tandis que pour moi, "mon temps était le votre" en Globish, ce que tu as pu apprécié et j'ai entendu à cet instant que sur ton île ou à New York, nous étions plutôt "Techno, techno, techno" avec un ton gouailleur et là, tu m'es apparu comme magnifique. Tu me subjugues littéralement. Tu m’envoûtes. Je subodore avec une seule certitude, c'est que l’amour me transporte et me donne des ailes à ta simple évocation.

Il y a quelque chose qui m'éclate, mais depuis un mois, j'ai récolté sur le net et installé, un module de détection d'adresse IP fonctionnant sous PHP. Je t'explique..., c'est une sorte de petit programme qui me permet d'avoir quelques informations, comme avec des statistiques, en fait, mais avec juste un filtre. C'est mon cousin, qui m'a aidé à le paramétrer et en tout cas, ce petit truc du dimanche est vraiment sympa. Moi, je m'en fiche, d'en connaître toutes les subtilitées, je veux juste mieux comprendre, la logique des internautes qui visitent le site et, ça me fait marrer car, comme, avec de la magie de gérard majax, fais-moi confiance avec la ligne Maginot, les allemands ne passeront pas avant Noël, alors rassures-toi, Nana, il reste le flegmme humoristique pour rester éclairée.

Ma chère Nana,

Mardi 26 septembre 2005

Ma chère Nana,

Hier soir, j’ai reçu un message provenant de mon formulaire qui est installé sur mon site “ terminal-media.fr ”. Il y avait juste un prénom : Thalia et une adresse internet un ".com". Je me demande qui cela peut être, qui a bien pu m'envoyer, ce message. Evidemment, j’ai tout de suite pensé à toi. Ce serai bien ton genre de me faire une petite blague, une petite marrante comme toi ! J’ai trouvé ça très amusant, mais très intriguant, aussi. Quand as-tu envisagée la chirurgie esthétique, voulais-tu une poitrine plus volumineuse ? Des obus de soixante- quinze comme Thalia, dans "Tout le monde en parle" ? De bon gros nibars en silicone avec lesquelles, tu asphyxierais les hommes ? La tueuse aux gros lolos, bientôt dans vos salles de cinéma ! Ne change rien, tu es parfaite. Mais si tu le souhaites tu peux m’appeler Brandon et nous pouvons nous inscrire sur “ L’île de la tentation ” en tant que séducteur et séductrice. A ton avis ce genre de fille comme Thalia me met dans tous mes états ? Je crois qu’il m’en faudrait un peu plus, pour que je succombe à son charme, la vraie est particulièrement laide, mesurant un mètre cinquante à tout cassé, un visage ingrat, reste ce qui n’est pas désagréable, deux sphères protubérantes. C’est un peu jeune pour me séduire, a fiortiori, elle a le quotient intellectuelle d’un cochon d’Inde. “ N’est-pas Nana qui veut ! ”. A moins que tu ne joues à la Thalia avec ton pitre de service, notre pigeon, ce qui expliquerait le .com. Base-le ! Je ne peux pas te dire quand j’apparaîtrai car j’ai encore la trouille de t’avoir au téléphone, car je suis scié par la terreur de me faire blackbouler. Un jour viendra pourtant ou bien je rassemblerai tout mon courage et je tenterai de te parler. Je ne peux pas te dire quand, je n’en sais strictement rien. Pour l’instant, j’ai peur. C’est curieux, j’ai appris que dans un couple, quand surgit une névrose, la femme avait tendance à penser “ Il ne m’aime pas ” et l’homme “ S’engager est difficile ”. Je t’aime, et je n’éprouve aucun réticence à te le dire, car tout mon amour, tu peux compter dessus. Mais reste le passage à l’acte, je suis tétanisé par l’idée de briser la glace épaisse qui nous sépare encore. Je suis hanté par l’idée de l’échec et que mon beau rêve se brise en mille morceaux. Je serais désespéré. Cette situation est effroyable, d’un côté, le temps que nous perdons en étant séparés, de l’autre, les divagations d’un homme paumé qui s’invente une histoire d’amour préférant ne pas savoir si ce qu’il croit est fondé. Cruel dilemme. Je n’ai pas de réponse appropriée, la confusion est totale. Effroyable situation, dans un cas d’école, cela me rend malade cette attente, je suis d’un pessimisme parfois…, toujours à la recherche de certitude. J’aime le confort de la situation actuelle, je peux te parler sans retenue, je suis sur mon petit nuage. Si tu devais m’envoyer dans le mur, histoire de me remettre dans le droit chemin, je n’ose pas imaginer dans quel état d’esprit je me retrouverai. “ So sad ”. Errant sans but, ayant forgé tous mes espoirs sur une rencontre au sommet et me retrouvant abandonné comme un chien sur une aire d’autoroute.

Je suis persuadé que tu signes la séquence “ Show-Buzz ”. Je ne sais pas, mais elle respire ta patte, “ your touch ” et comme tu n’annonces pas l’auteur dans le lancement, ce ne peut être que toi. J’ai bien aimé dans ton passage chez Stéphane, la réflexion au sujet de ton métier “ Oui et bien je travaille… ”, “ ...J’ai la chance de faire un boulot qui consiste à aller au cinéma ” ce détail ne m’avait pas échappé, mais l’admettre en direct est un élément qui te grandit, la tête bien vissé sur les épaules, avec le recul qui te caractérise, tu portes un regard sain sur ta situation. Ce genre de détail me fait une fois encore penser que tu es exceptionnelle, c’est la première fois que j’entends cette remarque venant d’une personne de télévision, mais où ont-t-ils la tête ? Cette bande de nuls !

Je n’arrive pas à faire la part des choses. Suis-je un fou bouleversé par l’amour et qui s’enferme dans une histoire à dormir debout ? Un grand sensible happé par la présence invisible d’un être chère et qui, au final à peur de la confrontation de la réalité ou du lachage ? Tu dois tellement être courtisée par tous les mâles de la capitale, je ne suis peut être qu’un parmi d’autres. Autant, il y a sept ans, j’étais malade, ce qui ne m’empêchait pas de t’aimer déjà. Depuis mai, la donne a changée, je suis en pleine possession de mes moyens, j’ai une vie équilibrée. Je suis sain, je résonne sainement. Comment me trouves-tu ? Ca va bien, non ? Je ne suis pas à enfermer. Tant que je prends mon traitement assidûment, il ne peut rien m’arriver, il est indispensable et ce n’est pas une contrainte. J’aurais du cholestérol, les choses ne seraient pas différente. Ma chère Thalia, comme je le disais plus haut, je me raccroche à des hypothèses alors que j’ai besoin de certitudes. J’ai l’impression d’être devant l’autel à mon mariage et que ma compagne en répondant à la question du prêtre, au lieu de dire “ oui ” dirait “ peut être ” créant de fait, un silence dans l’assemblée. En ce moment, j’ai un moral d’acier mais dés que le doute m’assaille, je me pose un maximum de question. “ Optimiste dans l’action, pessimiste dans la pensée ”, voilà ce qui me résume actuellement. Je donne ma langue au chat. Dans l’incapacité de trouver une réponse adéquate, je me retranche dans une passivité indolente continuant à t’écrire au sujet des oiseaux, de l’air du temps, ou de la dernière chanson à la mode. Tu vas penser que je suis lâche c’est un peu plus compliqué, j’ai horreur d’avoir mal.

Dans le “ Show Buzz ”, il y avait une séquence qui présentait “ Moi, toi et les autres ” Les extraits diffusés sont très parlant, morceaux choisis à première vue. J’ai envie de penser qu’ils détenaient un message caché. Suis-je dingue ? C’est possible. Serais-je ce connard dont l’héroïne attend le coup de téléphone pour commencer une vie ensemble ? c’est possible. Deux hypothèses qui s’affrontent dans la tête d’un homme, l’une pas plus plausible que l’autre. Elles sont sur un pied d’égalité parfaite. Toutes les deux envisageable. L’une en noir, l’autre en blanc. Que les choses soient bien clair, en dehors de ton amour, je ne cherche rien d’autre. Je ne joue pas au Loto pour changer de vie. Ce n’est pas un jackpot sur lequel je compte. Je n’attends pas un quelconque job pour échapper à la situation qui est la mienne actuellement. Je suis amoureux de toi, je n’attend rien d’autre qu’un amour réciproque. Je me moque de tes revenues bien supérieur au mien. J’ose espérer que tu n’auras pas envisagée une banale histoire d’intérêt venant de moi. Je suis sincère, il faut me croire, je le dis, je le cris, seul l’amour me guide, comment pourrait-t-il en être autrement ? Au fil du temps, j’ai découvert une femme, bien sous tous rapport, sans égale dans sa manière d’être, tu es incontournable. D’un charme époustouflant, une femme que l’on rencontre une fois dans sa vie, la femme, la femme de sa vie. Il n’y a pas de compliment suffisant pour te décrire et le culte que je te voue est considérable, sans limite. Chaque jour, je suis subjugué par ta grâce et ton maintient, je t’accompagnerai jusqu'à mon trépas et tu sera l’objet de toute mon affection, de toute ma tendresse. J’ai peu à offrir, mon corps et mon âme, je te les donne sans réticences, j’ai confiance en toi. Je voudrais être l’homme qui te comblera de bonheur, chaque jour, à chaque instant. Envisager une progéniture que nous regarderons grandir et à laquelle nous insufflerons le meilleur de nous même. Je suis sérieux.

Tu es admirable, quoique tu fasses, quoique tu dises, je suis sur un petit nuage dès que je t’entrevoie. Serais-ce toi, Nana qui avance vers moi avec un pseudonyme aussi drôle que ridicule “ Thalia ”. Je m’interroge. Je sais que tu as de l’humour, toujours prête, à faire une plaisanterie. Cette “ Thalia ” m’intrigue, doté d’un .com c’est encore plus troublant. C’est le seul message que j’ai eu pour l’instant par le biais du formulaire, mon site c’est comme un magasin, les gens n’ont pas pour habitude de laisser ses coordonnées au vendeur. Premier message, première ambiguïté. Je reste dans l’expectative. Le choix du prénom de cette potiche est un mystère mais ne manque pas d’humour, je ne vois que toi pour te représenter de la sorte, et moi suffisamment "corps nichon" pour ne pas manquer de sourire à la simple évocation de cette créature à la nature généreuse et au cerveau de la taille d’un petit pois. Ha, ha, ha, appelle moi Franck, Franck Michaël, l’artiste du troisième âge de la collection Arlequin, chantant ses ritournelles à la “ Santa Barbara ”. Un chanteur sentimental, les cheveux teints en foncé, pas un passage en télévision et des dizaines de milliers d’albums vendus, amoureux de la ménagère de plus de cinquante ans. L’horreur personnifié. J’ai autant de similarité avec ce gugusse que toi avec la “ bimbo ” de “ Première compagnie ” Tout comme moi, aurais-tu loupé ta vocation ? La prochaine fois essaye de trouver, un prénom plus rassurant mais tout aussi drôle, que Thalia. Ne sois pas farouche, tu peux me faire confiance, je suis loyal, honnête et droit. Aurais-tu peur que je me sente en pays conquis si tu devais te dévoiler un peu plus ? N’aies crainte, je t’aime plus que tout. Je t’embrasse.

Christophe

Deauville, le vendredi 23 septembre 2005

Ma chère Nana,

J’ai l’invocation tenace. Tu es devenue maintenant une bonne cliente des plateaux, décontracté, souriante, tu es rayonnante. Ta jolie binette télégénique ne te fais pas défaut, mais c’est par ta présence d’esprit que tu fais toute la différence. Ta faconde semble être sans limite, tu as toujours le mot juste, “ gisant ” par exemple. Comment ne pas être sous le charme ? Une kyrielle d’individus doivent t’écrire sous toutes les formes, suis-je le plus assidu ? J’ose l’espérer. Ceci n’est pas un concours ni une compétition. Je ne cherche pas à faire le beau attendant mon “ sussucre ”, loin de moi l’idée de me prendre pour un canidé. Je ne suis ni très roué ni très malin, je t’aime c’est tout.

J’ai trouvé bien d’avoir donné aux producteurs la possibilité de s’expliquer après les propos de Jean-Pierre Fleuret. D’une part, vous avez diffusés la séquence dans son contexte et sa salve sur les producteurs. Par ailleurs, ils pouvaient répondre aux attaques, ce qu’ils ont fait très justement. Il est exact que son cinéma est un peu, un calendrier, une nature morte. Je vais regarder “ un long dimanche de fiançailles ” ce soir, c’est la première fois, il paraît, m’a t’ont dit que c’est une belle histoire d’amour. Je verrais bien. Avant d’être un art, le cinéma est une histoire d’argent. Six millions d’euros de passif pour “ bluberry ” cela risque d’être difficile pour les prochains.

Après avoir vu une partie de “ Bel Ami ” sur T2 il y a 15 jours, ça m’a donné envie de lire le livre de Guy de Maupassant, j’ai son œuvre complète. J’ai rarement lu quelque chose d’aussi vénéneux et méchant, c’est incontournable, drôle et personne n’en réchappe. J’ai adoré. Mais quelle différence entre le livre et l’adaptation télévisée, ce n’est pas très fidèle, c’est le moins que l’on puisse dire. Ma prochaine lecture sera le nouveau M.Houellebecq, “ la possibilité d’une île ” J’ai beaucoup apprécié “ les particules ” et “ plateforme ” je me demande si je ne serai pas déçu. Je verrais bien.

Cette “ Thalia.com ” m’intrigue, ce ne peut être que toi, il n’y a que toi pour faire des plaisanteries pareilles. Elle éveille en moi, une certaine concupiscence que je ne contrôle pas. Qu’est-ce que je pourrai bien faire, pour te répondre ? Que je serai ton “ Brandon ” aux cheveux longs. Quel épître suffisamment salé pourrai-je te faire parvenir ? Il faudrait que tu m’aides un peu plus, trouves autre chose qui pourrai me guider. As-tu peur que je ne profite de la situation ? C’est mal me connaître, je serai tellement heureux si tu jouais un peu plus avec moi. Ne me fait pas languir, je suis le plus doux des amants, le plus attentionné. Je ne vis que pour cet instant et tous les autres qui suivront. Tu m’intrigues de plus en plus. Tu as tout pour plaire, tu es une belle femme, tu gagnes bien ta vie, tu fais un travail pas trop fatiguant mais de toutes les attentions. Qu’est-ce qui pourrai te faire aimer un type comme moi ? Je me le demande. D’ici à ce que je pense que tu m’aimes, j’ai encore du chemin à faire, mais cette “ Thalia.com ” me trouble et je ne vois personne d’autre qui puisse prendre une telle identité. Et moi, comme un gros con je n’ose pas te téléphoner et prendre un air détaché pour te parler de la pluie et du beau temps. Tu avoueras que c’est idiot. Je crève de trouille, je suis dans l’incapacité actuellement de faire une chose pareille. C’est plus fort que moi, je balise comme un dingue à l’idée que tu m’envoies bouler comme un vieux kleenex. Cette situation est intolérable, insupportable, mais je ne peux me résoudre à passer à l’acte. Cela me paraît insurmontable. S'engager est difficile.

J’ai regardé “ un long dimanche… ” Ce film est une carte postale aux jolies couleurs sépias. Je me suis endormi, c’est dire à quel point, l’intrigue m’a tenu en haleine. Bien filmé, bien joué mais lent, je reste sur ma faim, ce n’est pas un hasard si il n’a pas obtenu le succès escompté.

“ Thalia.com ” L’originale doit passer la journée en peignoir se morfondant avec une bouteille de whisky comme seul compagnon, en pensant que tous les hommes sont des salauds. Ces protubérances mammaires lui donne un soupçon d’intérêt, j’ose imaginer que celle à qui je tiens est bien au dessus de ce triste portrait de femme, c’est sans mal que je la vois bien différente. Qu’elle porte son regard sur moi serait aussi étonnant qu’inattendu, je l’espère tous les jours sans savoir exactement si cela arrivera.

Je viens de regarder “ Ciné Show ”, je me rend compte que tu es ma thérapie mentale. J'aime t'écouter parce qu'en même temps, j'apprend et tu m'informes et c'est une source merveilleuse de connaissance que tu m'apportes et je m’ouvre à toi sans calculs cauteleux. Depuis que je te suis, à travers tes émissions, je suis comblé d'admiration pour toi. Hélas, bien que je crois que ma démarche est vaine, je t’aime par dessus tout en ayant des milliards de question qui m'assaillent, j'admet que je suis peut être un peu tordu, j'entretien ce paradoxe, désolé. Il existe en toi une faille, une faiblesse et je te trouve excessivement humaine, c’est ce qu’il me plaît chez toi. Tu as tout pour être heureuse et malgré tout, il existe une sensibilité qui détermine l’essentiel. Tu ne t’aimes pas, c’est flagrant. Pourtant, tu es la personne la plus remarquable qu’il m’a été donné d’observer, je ne cherche pas le grandiose ni l’exceptionnel, j’ai trouvé en toi une femme hors du commun et c’est énorme, indescriptible. N’est-ce pas le travail d’un dément de porter aussi aux nues une personne du petit écran ? Je ne sais pas. En tout cas, la déférence que je t’accorde est sans limite et ponctué d’un respect sans borne. Certainement, je suis bien banal, dans cet exercice qui consiste à te plaire, mais bien conscient que je n’obtiendrais pas tes faveurs, j’essaye pourtant de soulever ton cœur et me faire remarquer. Cet amour m’encombre, il est omniprésent, je suis peut être dingue, il ne faut pas être très net pour t’écrire deux fois par semaine et envisager un amour qui ne restera qu’à sens unique. Ca fait parti de ton job, au même titre qu’un simple autographe dans la rue. Tu es désirable, ça suscite un certain émoi chez certaines personnes. C’est ta fameuse carte orange. A l'écran tu apparait parfois comme couleurs carotte, ce doit être ça la carte Orange, hé, hé. Je n’échappe pas à la règle et quant on s’échine à vouloir t’aimer, tu finis par trouver cela agaçant, c’est normal. Je suppose que tu dois te demander ce que l’on peut bien te trouver. Je ne te téléphonerai pas, je connais déjà la réponse et je n’ai pas envie que tu sois désagréable avec moi. Seul dans le noir, on n’aime s’inventer des histoires. A chaque passage télévisuel, un monceau de lettres doivent te parvenir. Toutes sont probablement élogieuses et bardés de bonne intentions. J’ai beau me retourner le problème dans ma tête, je ne vois pas d’issue à cet amour impossible. Je ne déroge pas à la règle, je suis sous le charme du soir au matin. Est-ce que chaque lettre venant de moi est une immersion dans la tête d’un détraqué ? J’essaye de trouver une signification sur tout tes choix, sur tout tes moindres gestes et paroles. Une partie relève de la folie douce, penser que tu attends après moi est dingue, complètement inconsidéré. J’ai peur que tu restes sur le souvenir d’un malade schizophrène, cette image me colle à la peau. J’ai le sentiment que les médicaments m’ont apportés une nouvelle conscience, c’est curieux je suis à la fois très lucide et pourtant parfois j’échafaude des histoires à dormir debout qui ne repose que sur des suppositions. C’est une sorte de rêve éveillé, la raison n’a pas lieu d’être quant il s’agit de l’amour que je te portes. Mon amour est sincère tu peux y compter. Il y a deux jours, j’ai envisagé très sérieusement de ne plus t’écrire, inexorablement, je reviens vers toi, avec mes fadaises et mon dévouement sans limite. Ne t’indigne pas sur ce que je vais te dire, je ne suis qu’un pauvre diable, sans fortune et dont la position est à faire. Mais j’ai de la volonté et je suis en route, en bonne route. Avec un homme arrivé on sait ce qu’on prend, avec un homme qui commence, on ne sait pas où il ira. Tant pis ou tant mieux. Mon rêve le plus cher serait d’épouser une femme telle que toi. Je te répète aujourd’hui ce désir, je tiens seulement à ce que tu le saches et que d’un simple mot, tu puisses me rendre heureux. Tu peux faire de moi soit un ami fraternel soit un mari, à ton gré, mon cœur et mon âme t’appartiennent. Je ne te demande pas une répons Même, habillée d'une simple veste grise et d'un pull noir, je te trouve magnifique. Je serai là, dans les prochains jours, alors prends ton temps, réfléchit. Tu ne répondras probablement pas, et de cette douce illusion, je ne garde que le meilleur : l’évocation d’une jeune femme qui me surprend dés qu’elle apparaît quelque part. Rayonnante, splendide, brillante, je ne taris pas d’éloges au simple souvenir que j’ai de toi dans Ciné-buzz. Il doit être courant de recevoir des lettres d’admirateurs zélés, parmi les gens qui t’écrivent, existe t-il des cas similaires ? Je ne me sens ni très original ni très différend, des tarés comme moi, ce doit être légion dans les archives. Oh pas si bringuezingue que ça. Je te trouve juste et incontournable.

Je me demande si tu es toujours avec le comique troupier, monsieur néant sous le maquillage. Qu’est-ce que tu peux bien lui trouver ? C’est une énigme totale. Quoique qu’il advienne, portes toi bien. Je t’embrasse. Je t'embrasse.

Christophe

Vendredi 30 septembre 2005

Ma chère Nana,

Bonjour, tout d’abord une petite remarque sans importance, il y a quinze jours dans “ Dimanche pétantes ” tu employais le mot :  “ viduité ” pour qualifier la télé réalité. Or ce mot désigne un état de veuvage et non pas le vide ; vacuité comme l’a reprit Stéphane aurait été plus approprié. C’est drôle de te prendre en défaut de vocabulaire, tu as manqué une occasion de te taire ; dans la même émission tu parlais de catharsis, c’est un peu ce que je fais ici régulièrement. Elément libérateur, je m’exprime sans retenu dans un déballage que je juge parfois obscène. Oublies tout ce que j’ai pu te dire de farfelue ou que tu trouves délirant et il ne restera pas grand chose après le tri. Parlons d’abord de notre mariage et de nos hypothétiques enfants, je crois que c’est la chose la plus dingue que j’ai pu inventer, je peux attendre longtemps ta réponse. C’est un beau film, certes mais c’est l’immersion dans la tête d’un détraqué. Je suis timbré, je vis par procuration à travers toutes ses pages, à l’affût d’un bonheur irréel. Oh je ne suis pas violent, un gentil maboule qui attend après les tribulations d’une journaliste à la télévision. Rien de très original ni de très important. C’est le constat d’échec d’un homme de quarante ans que la maladie a marginalisé, petit à petit. Je me sens bien seul, l’avenir me semble bien sombre et plus globalement dans la famille c’est la Bérézina pour l’ensemble. Depuis un an, c’est une avalanche de mauvaises nouvelles pour ma sœur comme pour mon frère. Que du négatif pour eux. Cette situation est préoccupante pour l’un comme pour l’autre. Bon pour moi, ça ne va pas trop mal, ma psychiatre m’a prescris un seul médicament au lieu de deux, je suis sous Prozac actuellement. Je suppose qu’elle pense que je suis dépressif, ce n’est pas complètement faux, mon moral oscille entre deux pics. En dehors de toi rien ne m’intéresse. Je ne gère pas trop mal ma schizophrénie, en dehors de mes écarts te concernant, tout est à peu près normal. En fait je n’ai jamais eu une vie aussi agréable depuis le début ou presque. A Paris, à l’âge de seize ans j’étais installé dans une chambre de bonne indépendante de l’appartement de la Porte de Champerret, j’y suis resté 15 ans sans avoir les moyens de me loger dans un appartement. 9 mètres carrés, on se sent un peu à l’étroit à la longue. Après ce fut la campagne, la période la plus terrible de mon existence et enfin Deauville. Depuis un an, c’est un changement radical de vie. Pour bien faire, il me faudrait une compagne, j’ai fais deux tentatives, résultat deux vestes, courtoises mais sans appel. Toutes les relations que j’avais ne sont qu’un triste souvenir, si malgré tout le bilan est positif par certains aspects, ce n’est pas encore le Nirvana, j’attend la femme qui me fera l’effet d’une bombe, elle n’est peut être pas très loin, ce n’est pas un rêve lointain, je l’espère de tout mon cœur, implorant le ciel avec ferveur. Bien que je sache que ce n’est pas toi, elle attise cependant tout mon intérêt. Je ne peux pas me prononcer plus en avant mais le peu que je connais d’elle me laisse pantois et attentif pour le futur. J’ai révisé mes ardeurs à la baisse et si je trouve une femme qui m’aime pour ce que je suis, rien ne me rendra plus heureux. Tu ne devais être qu’un rêve dans la tête d’un malade touché par le charme d’une jolie femme avec, ce qui ne gâche rien, de l’esprit. Onze millions de célibataires en France, celle que je convoite l’est aussi, nous pourrions former un couple heureux. On n’y est pas encore mais ce serait peut être salvateur. Je n’arrive pas à décrire ce que j’ai pu t’écrire de délirant, il y avait les soi disant messages subliminaux que tu m’envoyais, les morceaux choisies. Tu as du rire plus d’une fois en me lisant, ce sont les tribulations d’une âme errante, rien de très intéressant. Pfff, ce n’est pas si grave, l’espace d’un instant j’y ai cru et alors ? mon intégrité mentale est t-elle remit en cause ? J’ai aimé m’inventer des histoires, j’ai osé croire des choses et puis quoi ? Tu me prends pour un taré ? Cela me fait une belle jambe ! J’ai d’autres soucis, t’écrire est un loisir, j’en ai le temps, c’est un privilège. Alors de là à me dire que je suis un dangereux dingue c’est un peu “ too much ” je ne suis qu’un pauvre type qui s’ennuie voilà tout. Je ne vois rien d’autre. Ce que tu en penses ne m’empêche pas de dormir, j’imagine que tu me prends pour un détraqué intrinsèque, un être plus sensible que les autres, c’est ma maladie, je ferai avec pour le restant de mes jours, je n’ai pas le choix. Ce monde est un bordel, un peu d’amour parmi cette décadence n’a jamais fait de mal à personne.

Je viens de regarder “ Ciné-Buzz ” je n’ai pas grand chose à rajouter. Je n’y ai décelé aucun message qui me serait destiné. Suis-je sur la voie de la guérison ? Je n’extrapole que peu. A quoi bon remuer ces crécelles dans ma tête, alors que nous resterons des étrangers l’un pour l’autre pour le restant de notre vie. Il passe “ la Jouivre ” lundi sur T3, je regarderai. Je penserai à toi, évidemment. La solitude, cette après midi me submerge, j’ai le moral à plat. Toutes ces pages ont été rédigées dans la douleur, dans la perspective de jours meilleurs. Je t’ai souvent parler du bonheur que cet exercice provoquait chez moi, en fait, un profond vague à l’âme m’a accompagné au fil de ces lettres, une satisfaction relative me gagnait après les avoir postés. C’est le besoin du devoir accompli. T’écrire est un besoin, te séduire un désir, cet harcèlement sensuel ne mérite pas la prison, c’est plaisant et à la fois cruel car je sais qu’au final c’est d’un œil distrait que tu liras ces lignes. Je ne t’en veux pas, je ne suis qu’un pion, une erreur dans le fracas de la vie. D’un point de vu professionnel, j’ai de très mauvaises nouvelles, je suis dans une impasse, un trou noir. Mon avenir est obstrué, bouché par des contraintes qui me dépassent. Le pire c’est que je n’arrive pas à me relever. Je bois plus que de raison, invariablement et trois fois par semaine il me faut mon litre de bière. Cette spirale m’est insupportable, je ne sais pas ce qu’il me faudrait pour sortir la tête de l’eau, si bien sur : une compagne. L’amour donne des ailes, je changerai pour elle. Mais nous n’en sommes pas encore là, pour l’instant je suis dans la mouise jusqu’au cou et je ne vois pas vraiment comment m’en sortir. Je dois te faire chier avec mes histoires si loin de tes préoccupations. Pardonnes moi de te faire perdre ton temps si précieux pour me raconter ainsi. Je n’en suis pas à mon coup d’essai, mes psaumes existentiels étayent la discussion depuis le début. Je suis désolé de te faire part de mon sombre profil mais je n’ai rien à cacher et c’est une libération de me montrer sous cet angle, avec ses faiblesses et ses interrogations. Tu as de la chance, tu sais, un physique splendide, un cerveau sain et bien remplie, un job que beaucoup convoite et chose merveilleuse, cela t’amènes à voir du divertissement ou de la matière grise, en pleine action. Tu l’avoues de manière très simple et cela ne t’échappe pas. Tu es une fille vraiment bien, je tiens à ce que tu le saches. Si c’était à refaire, il aurait fallu que je ne sois pas schizophrène, la maladie s’est déclaré en quatre vingt huit et en quatre vingt neuf, je venais de terminer le livre sur le skateboard chez Glandroit. Cela ne sert à rien de refaire l’histoire. Je suis dans la panade la plus totale et voilà tout. Je me demande ce que je représente à tes yeux, un pauvre type ? Un quidam parmi tant d’autres qui pousse la chanson un peu plus loin ? Je ne le saurai jamais, je me suis fais une raison. Après avoir poussé ma vindicte contre ton vieux, je suppose que je ne suis pas dans ton cœur. Ce n’est pas de la jalousie stupide, je n’apprécie pas son parcours, c’est ainsi. Il ne m’inspire aucune sympathie particulière, je resterais impassible à la simple évocation de son nom. Cette lettre est rythmé par les canettes de bière que je décapsule, les Chesterfield que je fume. Pas bien brillant le constat ! Pour l’ambiance je rajoute des vieilles rengaines de mon adolescence qui me bercent plus au moins. C’est pathétique. Un homme sans destiné, ancré dans ses erreurs passés. Un mauvais film, l’histoire d’une vie gâchée. Un marasme total, rien de bien qui ne mérite d’être relaté. Je ne sais pas où ce déballage va me mener, il ne sert en rien l’ouverture de la conscience, ce que je te dis, je le sais depuis le début. Alors à quoi cela peut il servir ? je n’en sais rien. L’errance trône parmi ces textes, je ne perçois rien qui puisse m’aider, je vais à tâtons dans ce dédale de mot et de phrase juxtaposés. Je ne sais pas ou je vais, t’écrire est un soulagement, une fuite ultime. Vais-je continuer à retenir ton attention dans ces sporadiques ouvertures sur ma triste existence ? Cette utilisation du “ je ” à ses limites, aurai-je tout dis ? N’est-ce pas obscène de te faire partager mes sempiternelles humeurs ? Autant de questions qui résonnent dans ma tête et restent sans réponses.

Belle comme un astre, tu ne dois cette personnalité qui est la tienne à personne, elle t’appartient, fais en bonne usage, comme j’aimerais être dans ces traits de caractère et cette plastique irréprochable, je pense au début des “ ailes du désir ” Pourquoi es-tu toi et moi je suis moi. C’est le plus beau film que j’ai vu dans ma vie. Gardes à l’esprit que la vie est brève, prends le maximum de ce que tu peux, je ne t’apprends rien. Tu es unique. Portes toi bien. Je t’embrasse.

Christophe

Deauville, le dimanche 9 octobre 2005

Ma chère Nana,

J’ai oublié le motif de cette missive, peut-être est-ce devenue une habitude dans laquelle je n’abandonne pas les armes. Ta prestation dans l’émission de ce jour est très réussie, comme d’habitude me diras-tu ? Ta rigueur ne te prend pas en défaut et c’est toujours un plaisir de te découvrir une fois de plus. Une autre vie, un autre destin distant de quelques kilomètres et pourtant rien ne nous unis en dehors de ces quelques mots disséminés ici et là. Je te trouve fabuleuse et de plus en plus, je suis séduis par ta prestance, par ton élégance. J’ai beau me dire que cette correspondance est vaine et sans lendemain, je n’arrive pas à rompre l’étroit lien qui me raccroche à toi. L’impression d’avoir tout dit me gagne et pourtant mes mots prétextes reviennent comme un leitmotiv comme au premier jour.

Lundi 10 octobre 2005

J’ai postulé cette semaine pour un emploi de délégué culturel à la mairie de Deauville, une bonne culture musical et un bon rédactionnel étaient demandés, je n’ai aucune espérance, en tout état de cause, j’ai quand même tenté ma chance car il faut absolument que je travaille, il en va de mon équilibre. J’en viens à penser que l’argent est un parfait stimulant, je n’ai pas de gros besoin, mais pour vivre ou même survivre, il m’en faut plus qu’à l’heure actuelle.

Ces derniers jours, mon taux d’alcoolémie a baissé, c’est variable d’une semaine à l’autre, je ne fais pas de statistique rigoureuse. Mon moral en va de même, il oscille, vacille et finalement, je retourne toujours à l’épicerie m’acheter quelques canettes. Je bois de la bière comme je fais du sport, c’est un loisir. Pas très glamour comme constat. J’ai bien aimé la remarque de Micheline Bobin à propos d’Alain Belon. Son côté “ Saint-Bernard ” voulait le sauver. Tu ne veux pas venir à mon secours, toi ? Je ne pense pas que tu attendes cela d’un homme et quant à moi, c’est passager, bien que récurant, la promenade de la chienne.

Mardi 11 octobre 2005

J’ai regardé le film de Claude Cabriole, hier soir, j’ai constaté une fois encore, que l’acteur principal, Antoine le Faune est terriblement mauvais en comparaison à Sandrine Postère et à Jacques Goncevin. Le summum est atteint lorsqu’il joue l’ivresse, cette situation, c’était mal joué. Le métier d’acteur ne s’improvise pas, à moins d’avoir des prédispositions, mais c’est rare. Mon avis importe peu, je tiens néanmoins à t’en faire part. J’ai appris qu’il allait se retrouver derrière la caméra, à nouveau. Existe t-il un producteur assez fou pour mettre des billes sur le tapis et lui faire confiance. Cette fois-ci il a co-écrit le scénario avec Peter Socrate. Lui, c’est un type très bien. Je me demande ce que cela va donner.

Terry Gorgan avait poussé la chansonnette lui aussi, dans le répertoire sur les producteurs incultes, incompétents, qui ne pensent qu’à gagner de l’argent ou pour rectifier le sens des choses et plus exactement, de ne pas en perdre. Ceci dit, je suis contre les phénomènes de famine et des réfrigérateurs vides Déjà cinq émissions et deux discours similaires sur les financiers du cinéma, l’un de Jean-Pierre et l’autre de Terry Gorgan. Finiront t-ils par avoir raison ? Je pense qu’ils ont une vision aux ras des pâquerettes, un ego tellement surdimensionné que leur rapport au monde est partiellement biaisé et ça fait longtemps qu'ils n'ont pas travaillé. Et toi, je serai curieux de savoir ce que tu en penses. Pour ma part, je crois que le cinéma est un business à peu près comme les autres, c’est une industrie comme l’a si justement dit Monica Bellachichi, elle est bien cette fille qui favorise la rencontre avec l'univers d’un réalisateur et pas forcement l’image qu’elle va donner d’elle-même. Elle et Vincent Bretzel, ils aiment trop l’argent pour cracher dans la soupe, pourtant, ils aident les petits jeunes qui débutent comme par exemple Court-Métrage-Coniacq-Jay. Dans ce milieu, il n’y a pas de recette toute faite, prenons un réalisateur comme Yann Komagen, le roi de l’effet spécial mais avec des films creux, vides, et à chaque essai, un bide moyen et pourtant je suis persuadé que l’on va à nouveau, parler de lui dans quelques moments. Entre temps, il en aura gaspillé de l’argent et de l'argent, et après, il n'y en a plus...Trop de films inondent le marché et ce marché n’est pas suffisamment conséquent pour donner à tous le succès attendu. Pourtant la multiplication de l’offre de la diffusion a explosé depuis quinze ans (la télévision, les salles, le DVD, et le net) et ça, ce n’est pas près de s’arrêter, mais c'est une bonne nouvelle pour le service public. En ce qui me concerne je suis bien loin de cette réalité. Je ne vois absolument rien qui me préoccupe sur le cinéma, j’aime bien ça mais j’ai d’autres chats à fouetter, si je puis dire. C’est ton univers, j’essaye de faire mon intéressant sur ces sujets dans lesquels tu baignes vingt quatre heures par jour et j'aime la bière sans alcool. Rien de bien intelligent comme remarques, un poncif de plus à rajouter à la longue liste de mes écrits intempestifs, mais cela me fait sourire. Je le regrette mais paraître intelligent, alors que je ne le suis pas est un exercice dont je ne me sens pas capable. Certains le font avec une extraordinaire vitalité et d’un réalisme effarant, je pense à Antoine le Faune en disant cela, mais pour moi cela me fait dépenser une énergie telle et pour un résultat non garanti, donc cessons ici la surenchère intellectuelle car je ne suis pas d’humeur. Je m’ennuie et plus j’y pense, plus je m’ennuie. Je n'ai pas encore commencé le M.Houestlebeck, quelle flemme, aucun coup de téléphone depuis juin en dehors de mes parents, ça commence à m’enquiquiner sérieusement. Je me demande si j’existe ? Une vie d’ermite, si mes parents n’étaient pas là, comment cela finira t’il ? Je n’envisage pas le suicide, j’y ai pensé, je ne le ferai pas. Mais en attendant que faire ? J’ai horreur de l’apathie mais il faut bien admettre que ma vie repose la dessus pour l’instant. J’ai bien essayé d’écrire un roman de mes tristes aventures, au bout de huit pages, j’ai abandonné tellement le talent me manque. Je ne sais pas quoi faire de ma grande carcasse c’est horrible et plus j’y pense plus je déprime sans trouver d’alternative valable. Mes écrits sont en ce moment une longue litanie de réflexion triste et répétitive, je ne vois pas le bout du tunnel. Je ne sais définitivement pas comment cela va se terminer aussi bien pour les autres (mon frère, ma sœur) que pour moi et ça m’angoisse. Je n’ai pas de solution. Je suis dans l’impasse la plus totale. Mais bon, t’en parler ne changera rien et j’imagine que cela ne t’intéresse pas. Parlons d’autre chose. L’épisode de 'L'index' le dernier défraye la chronique actuellement, pfff, Monsieur Komagen, cherche à faire parler de lui, une fois de plus, comme toujours, ce n'est qu'un pion, lui, il ne comprend pas la situation et il est probablement manipulé par plus haut dans la hiéarchie, ils doivent le tenir avec une autre affaire. Les ficelles sont énormes. Son supérieur risque gros avec une mesure législative, car il sera condamné et dans cette affaire ça repose sur la fameuse fonction, a t-il été écrit par la société de production, oui ou non et par qui, et pourquoi car plomber le programme, moi, je vois ça d'un très mauvais oeil. Pour l’instant, la justice souligne cette série d'attentat et toi, Nana, tu stigmatises, non seulement l’animateur, la société et la chaîne qui diffuse. On verra bien, si l'animateur va faire appel. Mais après, en cassation, plus rien à faire, sauf modérateur. Je viens de regarder la météo, ils mettent le doigt exactement ou je me posais la question, et l'on est au cœur de l’affaire. Quel panier de crabes. Je n’aimais pas le directeur général, je trouve qu’avec le temps, il n'a pas su évoluer.

Christophe

Mercredi 12 octobre 2005

J’ai l’impression que ton statut ne te monte pas à la tête, je te trouve si différente des autres que s’en est devenu presque suspect, l'intérêt que je te portes. Tu gardes une souplesse qui t’honore car je suppose que le moindre soupçon de notoriété doit les rendre dingue, honneur, gloire et beauté. J'ai replacé l'antenne comme je l'ai annoncé précédemment, mais tu sais, s'il y a sabotage, une chose égale par ailleurs et ce n'est pas bon pour les affaires et ça se termine soit en prison ou en ayant faim, par conséquent aux mêmes. Néanmoins, c'est une chose étrange de parler à une caméra, car ci-tôt avoir commencé cela devient au départ un exercice, puis une habitude et ensuite une routine. Un peu comme un selfie permanent où l'on passe devant l'objectif régulièrement et l'on s’installe dans l’inconscient d’une population que l'on soit jeune ou vieux et rien n’est plus comme avant, l’anonymat disparaît, les tics, les rictus reviennent à l'image, la fougue j'aillit et si la nervosité apparait, l'image, elle, ne trompes pas. As-tu remarqué que les enfants ne prennent pas la pose quand ils sont photographiés, ce n'est pas toujours vrai et ceux qui y sont confronté maîtrisent vite cet outil tout comme d'ailleurs d'autres s'écoute parler. Cette situation ne me fascine absolument pas, je pense qu'il y a mieux à faire. Mais toi, c’est extraordinaire, tu sembles garder les pieds bien sur terre et ne pas prendre au sérieux cet état de fait. Regardes-moi, attaché à tes basques depuis sept ans, un maboul enveloppé par l’amour et l’infini respect que je te portes. Il faut avouer que ta jolie frimousse joue en ta faveur mais cela ne repose pas uniquement sur ce détail. Je ne connais pas de visage aussi gracieux que le tien, aucune femme n’est aussi belle que toi, j’ai beau chercher, je ne vois pas. Tu as tout pour plaire, c’est incroyable cette chimie qui détermine les individus, le bon dieu, ou la nature et ça t’as donné une sacrée bonne occasion, te rends-tu compte de la chance que la nature t’as offert ? Un peu comme Thomas Poisson le spationaute dans la république fédéral de france qui sera sans doute choisit par le polit-buro pour diriger le pays. Même si ce don du ciel n’entraîne pas forcement le bonheur, c’est un facteur non négligeable d'une nation qui a la tête dans les étoiles, et les pieds ailleurs. Les chinois l'ont bien comprit et ce sera une bonne prise officiel alors que ça bombe le torse de toutes parts comme s'il fallait remettre ça, absolument 80 ans après. Symboles des cymbales et de la fanfare à la gloire du casse-cou pressurisé, du pilotage en mode de l'arrière place nommé pour être à l'élection, sélectionnés. L’intelligence et la plastique ! Au service d’un imbécile, pour l’instant, petit robot, docile et parametré, prince de la soupape et de ton ami le guidon. Mais désormais plus négligé car paris est sale et à vélo et que les pauvres vivent à neuilly. Je me demande si cette histoire va continuer encore longtemps, Avec ton comique troupier comme j’aime le caricaturer. Qu’est-ce que tu fiches avec un mec pareil ? Remarques, cela doit être reposant entre deux, escales ? Tu ne dois pas être très regardante sur ton temps de cerveau disponible. Non, il m'arrive seulement de penser que tu as, pardonnes-moi l'expression, le feu à ta culotte, durant les jours qui se termine en paire et heureusement, il existe les plats surgelés entre deux films ou du potage aux seigles. Lui, je le vois comme un grand mystificateur, l’art de l’esbroufe en permanence, une réussite (n’exagérons rien) basé sur un déterminisme social qui lui a ouvert toutes les portes, peut être une sorte de bioman sans effort particulier mais dont le chemin fut balisé comme un terrain d'atterissage, une sorte de touriste de la planète qui n'a rien vu, ni entendu quoique ce soit. Aucun mérite, en dehors de la souris obstiné, une succession de rencontre avec la pastille à avaler, c’est peu pour celle qui hante mes nuits comme mes jours, car moi, je ne suis ni amoureux d'un aigle ou d'un ours, ni même d'un coq. ni même d'un rassemblement. Et tu sais, si tu veux me tuer, l'aigrefin fait-le maintenant, car après, ce sera trop tard, car, elle, elle est con et lui, c'est autre chose. Et gouverner, c'est la passoire

Bien à toi et ta petite famille.

Christophe

Deauville, le Vendredi 21 octobre 2005

Ma chère Nana,

Je pensais, il y a encore quelques jours qu’il était ridicule d’entretenir une pareille correspondance et puis, il y a eu ce coup de téléphone que je t’attribus, un simple coup de fil où la personne se contente d’appeler et de raccrocher aussitôt, après le caractéristique et systématique, "allo". Je ne sais pas si c’est toi, peut être que je ne le saurai jamais, mais il ne faut pas trop chercher, ce genre hypocrite, c'est bien ton genre et à quoi bon se poser la question, si tu en est restée, là. Moi, je préfère revenir à mon traitement de texte pour te donner de mes nouvelles, comme, s'il était important que tu sois informée pour traduire ce que tu représentes à mes yeux. Comme, s’il s’agissait d’un acte, impératif et interactif. Je n’ai rien à te dire, te concernant. Ton émission est huilée comme une horloge Suisse et je crois savoir que les téléspectateurs sont au rendez-vous du dominical, "rectangle", fidèles moutons de la culture, car l’hostie à la menthe que tu leurs administres doit être à leur goût. Quant à moi, je suis une vraie grenouille de bénitier, pour rien au monde, je ne louperais le prêche de cette adorable nonne stop. Les femmes prêtres sont conspuées par l’église ce doit être pour cette raison que je suis si troublé par ta grande messe cathodique. Un psaume de cette dévotion, ça s’entretient et si cela ne te coûte qu’un coup de téléphone, ça m'encourage à aller plus loin. Avec ma lithanie éclésiastique du gisant dans son linceul. Au programme, des bonnes et des mauvaises nouvelles, commençons par les mauvaises. Nous avons perdu au rudby et ça c'est terrible. Mais passons sur ce triste épisode, bien qu’il occupe beaucoup de mon temps de cerveau disponible. Pour moi, cela s’arrange, peut-être enfin car j’ai une piste, un filon. J’ai contacté la fille qui dirige l’atelier multimédia de la ville de Deauville et en proposant mes services. Le courant est bien passé avec elle, elle m’a expliqué que beaucoup de gens venaient la voir pour des cours particuliers d’informatique, elle ne peut faire face à la demande et elle se contente d’enseigner à des enfants l’utilisation d’un PC. Elle m’a donc proposé de me trouver des gens qui trop fainéant d’apprendre dans un livre veulent des cours particuliers. J’ai sauté sur l’occasion. J’ai mon premier client mardi prochain. L’atelier multimédias se trouve à 5 minutes de chez moi, et enseigner dans son sein ne pose aucun problème à la municipalité, quelle aubaine ! D’une part, je vais pouvoir fixer mes tarifs et par ailleurs, je n’ai pas besoin de me rendre à l’autre bout de la ville pour distiller mon savoir et là, je vais commencer à gagner de l'argent, car pas question de travailler en tant que bénévole. Depuis 24 heures, je parle tout seul comme un procureur révisant son réquisitoire, afin d'aborder mon premier cours de manière sereine. Et l'accusé, c'est windows et je passe en revu tous les B.A BA sur l’utilisation de ce logiciel PC, qui, je trouve est une arnaque, mais ça, nous le gardons entres nous, ne le répéte pas. J’ai créé un programme contenant des cours et des informations sur le matériel, les réseaux, Internet, le webmastering et la programmation; le tout, je l'ai trouvé sur le net à la pêche au contenu et c'est agrémenté d’un glossaire regorgeant de lien hypertexte comme sur un site Web. Tout ça est en ligne, alors au boulot...Cependant, pour en revenir sur notre duo, elle, je la trouve plutôt assez habile et lui, il n'aime pas qu'on lui casse les pieds.



Samedi 22 octobre 2005

J’ai passé ma journée à réviser mes cours, je connais, pas trop mal mon sujet mais j’ai besoin d’être le plus professionnel possible, donc je m’entraîne, contrôle et tant que cela ne fonctionne pas complètement s'il y a un détail qui cloche, je recommence car il faut être précis.

Dimanche 23 octobre 2005

J’ai bien évidement regardé ton émission, diantre ! Tu as vraiment le physique d’un avion, quel sourire magnifique ! Je ne connais pas de fille aussi belle et séduisante que toi. Tu peux vraiment remercier tes parents pour avoir engendrés une incomparable beauté et remmercier, je ne sais pas qui, pour que la nature fasse naître une inéfable et splendide femme. Il faudrait absolument que l’on te clone, une Nana II. Hélas, je n’aurais pas l’original mais une exacte réplique ne me dérangerait pas. A l'heure actuelle, je suis en plein dans le livre M.Houestlebec, c’est la raison pour laquelle, je pense à ça. C’est bien, j’y prend un réel plaisir, c’est plutôt malin, fin et bien vu. Ce type est à ranger dans le cercle des écrivains qu’il faut lire. Sa vision du monde est implacable, ses rapports entre ses personnages sont perfides, rien n’est manifestement glauque, même quand il décrit les ébats de ses protagonistes. Le mythe de la petite pétasse de dix huit ans comme objet sexuel, transpire dans ses pages. Il suffit ouvrir la télévision et de se mettre sur M26, pour en avoir le triste reflet. Je ne sais pas si je suis normal mais si il a deux choses sur lesquelles je ne fantasme pas c’est la prostitution et la jeunesse. Je ne pourrai jamais donner une valeur pécuniaire pour un stupide coït. Je ne l’ai jamais fais et ça ne me viendrait pas à l’esprit. Quant aux minettes dont le string dépasse du jean taille basse, leur manque d’expérience m’agace. Je suis resté deux ans avec une fille de huit ans plus jeune que moi, j’avais 26 ans. Je me suis enquiquiné, c’était terrible, au diable les gamines, j’aime les femmes de mon âge, ou presque. J’ai dans le collimateur une jeune femme de trente cinq ans environ, je la connais à peine, je m’emballe peut être un peu vite. Elle promène son chien et je l’ai déjà rencontré à une occasion mais c’est ma mère qui la rencontre souvent et elles discutent. Les chiens jouent ensemble. Elle est célibataire, d’origine Allemande et infirmière à l’hôpital de Trouville. Elles évoquent, bien évidement, la future opération probable du poumon de mon père, mais pas seulement. D’après ce que je sais, elle désire s’acheter un ordinateur, elle souhaite venir prendre des cours à L’atelier, il est bien évident que je ne la ferai pas payer et la conseillerai dans son achat. D’après ce qu’en dit maman, elle semble être intelligente et compétente dans son job. Elle parle remarquablement bien le Français, à tel point que ma mère n’avait pas remarquée son léger accent Teuton, moi si. Je croyais qu’elle vivait avec quelqu’un, je n’ai pas été très loin dans la conversation, mais maintenant ça change tout. Plusieurs années sans élément féminin dans ma vie, ce serait très agréable et plutôt constructif comme relation. Je ne me rappelle même pas, si elle est jolie. Je verrai bien, mais ce serait un plus. Je crois qu’elle est pas mal, impossible de m'en souvenir. Définitivement cette union, si elle devait voir le jour serait ce que je peux attendre de mieux pour l'instant, en ce moment. Elle est infirmière, elle comprendra avec indulgence et peut être en tout état de cause ma schizophrénie. Une fille normale et sans compétence particulière dans le domaine de la médecine, risque de me prendre pour un incurable maboule. Mon rapport à la maladie sera entendu, ma psychiatre (mille bisous pour m’avoir prit en considération, chère petite madame) baisse les doses de façon significative depuis six mois et tout ce passe bien. Je dors comme un loir six à huit heures par nuit, je ne ressens rien de particulier, tout va bien dans le meilleur des mondes. Donc, je disais, qu’une femme issue du milieu hospitalier a de plus grandes chances de me comprendre et ne pas obligatoirement fuir à l’évocation de cette maladie qui pour le moment n’en est plus une, en ce qui me concerne. Redoutant une rechute, je prends mes médicaments de façon rigoureuse et cela n’est pas près de changer. En tout cas, Nana, Je n’ai pas de meilleure amie que toi, nous nous connaissons bien, maintenant. Enfin surtout toi, car je n’ai jamais été aussi sincère avec le sexe opposé, ni même avec un hypothétique ami. On ne se rencontrera jamais, je me suis fais une raison et cette fascination platonique reste du domaine du privé pour ma part. Je sais que tu es là, pas loin dans le silence de mes messages. Même si je devais avoir une compagne, il est bien entendu que je n’abandonnerai pas pour autant mes courriers. Elle devra faire avec, comme c’est un amour impossible, je ne vois pas où est le problème. Je lui cacherai dans un premier temps et si elle venait à le découvrir, je serais franc et j’espère qu’elle comprendra. Tant que j’aurai du temps pour le faire, je tiendrais le rythme. Je n’ai parlé que de moi ou presque, j’ai un peu honte et j’ai peur que tu ne trouves qu’un relatif intérêt à lire cet épître, ces archétypes vers une image de télévision, lisse et sans défaut. Je crois que tu es la personne qui me connaisse le mieux, je suis transparent, je ne dissimule rien, je ne vois d’ailleurs pas ce que je pourrai y gagner et comme je n’ai rien à perdre, je ne peux être plus sincère. Je réalise que ma maladie m’a lourdement handicapé dans ma carrière professionnelle et que j’aurai dû accepter le job de TV4, il y a seize ans, te parler comme je le fais, est une sorte de revanche sur la vie. De toute les façons, j'ai l'intime conviction que j’aurai été dans l’incapacité de garder ce job, à cette époque, à cause de la maladie. Je t’écris de façon régulière depuis un an, le déménagement m’a fait beaucoup de bien et depuis cette date, les choses vont en s’améliorant. Je suis stable, je picole un peu trop mais je sais que ce n’est juste que passager (quand le blues est trop important). J’ai acquis un rythme de vie à peu près normal, je commence à tisser des liens, j’espère que tout va continuer encore longtemps à cette cadence (et avec mon père vivant). Cela fait six mois que je n’ai pas fumé un joint et cela ne me manque pas tellement et cela fait partie des choses que je ne regrette pas. Une fois tous les six mois, je ne dis pas non mais je ne le conseillerai à personne, on prend trop de mauvaises habitudes avec cette drogue. Véritable catharsis, écrire comme une envie pressante me structure un peu plus chaque jour. Je n’y apprends pas grand chose à entretenir un tel exercice, mais cela agit certainement sur l’inconscient. Aucune valeur littéraire, juste une histoire qui évolue depuis un an et c’est intéressant de constater les différentes strates de cheminement mental qui défilent au gré des pages. En ce moment, même si le constat est pour moi “ globalement positif ” comme selon Georges. Heureusement le déménagement s'est déroulé convenablement, car mes parents ont toujours fait preuve d’un sens de la concertation et des responsabilités extraordinaires, s'il n’y avait pas cette opération et cette maladie tout irait pour le mieux. Pourvu que l'opération du poumon de mon père ne porte pas à une conséquence, ultime. Je trouve que d’un seul coup, il a prit quelques années. Comme un sérieux coup de vieux. Je sais que tu fumes comme un pompier, deux paquets par jour, est-ce une légende ? A quarante ans, une chose est sûr, j’arrête. En plus, elles me coûtent chères, ces cigarettes. Donc, cela sera sans regret, mais je me donne encore un an. Quelle guigne cette histoire d’opération, vraiment, nous n’avions pas besoin de ça. Je n’ai pas le droit d’être désespéré, je voudrai juste un peu plus de temps et que cette échéance n’arrive que dans dix ans. Juste pour avoir le temps de me faire une petite situation sans avoir à compter sur eux et leurs aides. Dans le meilleur des cas, je serai logé, avec un travail et une femme dans ma vie et même si nos revenues ne sont pas conséquent mais suffisant pour vivre, je m’en moque, je n’ai jamais eu la folie des grandeurs et comme je dis toujours, l'on ne mange que deux à trois fois par jour; l'on ne vit que dans un seul lieu à la fois et l'on ne conduit qu'une voiture à la fois, le talent d'ubiquité physique, c'est impossible. J’ai toujours plutôt bien vécu, mes parents n’ont jamais rechignés à m’emmener au restaurant souvent. Ce sont des souvenirs savoureux et en bonne compagnie. De l’argent, j’en ai toujours eu un peu, mais rentrer dans la vie active avec six cent euros comme seule ressource d'allocation, c’est inconcevable et très difficile et si cela dur jusqu'à sa retraite, n'ayons pas peur des mots, c'est criminelle alors d'accord vu sous un autre angle, c’est mieux qu’un coup de pied aux fesses mais cela n'ai pas suffisant. Il y a une phrase de Bertoll Bretch, qui était un dramaturge allemand juif d'avant guerre qui disait, pendant la montée du nazisme : "Si tu ne sais pas et que tu ne dis rien, tu es un imbécile et si tu sais et que tu ne dis rien, tu es un assassin". Je pense beaucoup à ça et je ne suis pas juif mais j'ai le sentiment que voilà. Voilà, que ça recommence...Il faut absolument que mes cours d’informatique me rapporte quatre cent euros par mois pendant un an. Après, il me faudra essayer d’obtenir un job peut être avec la municipalité, car c’est indispensable. Petit à petit, je tisse des liens, l’important c’est de correctement faire son travail et si je suis sérieux, je devrai pouvoir me faire des relations. Passer mon temps chez moi, devient sclérosant. Je vais mieux, je peux m’en sortir. Il n’y a pas de fatalité. Le tout s’est d'être un peu cohérent et bien préparer mes cours. Je peux le faire pendant un an et je travaille net d’impôt en gardant mon allocation car à hauteur du SMIC, je n’ai rien à déclarer au fisc. Après deux mille sept, il me faudra trouver d’autres ressources. Je n’ai pas d’autres choix. J’espère ne pas avoir été trop pesant avec ces sujets lourds, intimes, que je soulève, ne m’en veux pas, si j’ai tendance à me raconter un peu trop. Je vois que tu vas bien, ta case est toujours aussi bien meublée. Portes-toi bien. Je t’embrasse.

Christophe

Deauville, le 28 octobre 2005

Ma chère Nana,

Le verdict est tombé, mon père a un cancer du poumon, il va être opéré en janvier. Je viens d’avoir la nouvelle à l’instant, c’est lui qui me l’a annoncé. C’est sans appel, implacable et peut être fatal. A Caen, c’est soi-disant, le deuxième hôpital qui est le mieux équipé en France pour faire face avec ce genre d’opération, le professeur qui l’a rencontré est certainement un excellent spécialiste, il semble être confiant et a eu l’honnêteté de rentrer dans le vif du sujet, sans trangiverser.

Le 29 octobre 2005

Autant mon père est stoïque, autant ma mère semble être abattue, c’est peut être le dernier Noël que nous passons avec lui. Je préfère ne pas y penser, c’est trop déprimant. Pour mes cours d’informatique les choses avancent lentement, je n’ai donné aucun cours jusqu'à présent, la personne n’est pas venue, j’en donne un cette après midi, ce sera le premier.

Ce n’était pas exactement un cours, juste une recherche à faire avec Google, sur un stylo vaporisateur fabriqué en Chine. Le type d’une cinquantaine d’années est l’inventeur d’un nettoyant pour lunettes à base de bleuet. Malgré quelques prix de la meilleur invention dans des expositions, il ne trouve pas d’industriels pour le suivre. Il cherche donc un packaging pour son produit et souhaite ensuite le commercialiser lui-même. Je ne sais pas trop quoi en penser, je lui rends service, il me paye cela s’arrête là. Il m’a dit vouloir avoir un site sur le net, il me propose 20% sur les ventes de son produit, si je réalise son site. Evidement cela ne tient pas debout, il ne vendra jamais rien sur le net. Il m’a l’air d’être un drôle de type, peut être pas forcement malhonnête, mais bon, je reste sur mes gardes et je n’imagine pas une seule seconde m’investir plus en amont. Eventuellement, je peux lui demander 150 euros pour un site mais je n’ai pas envie de lui faire miroiter un possible eldorado, il ne roule sûrement pas sur l’or, je suis honnête, je n’abuserai pas de la situation. Maintenant que j’ai analysé le problème, je lui serai peut être de bon conseil, il ne parle pas anglais, dans ce genre de tractations, c’est indispensable, ne serait-ce que pour répondre à des emails car c’est vraiment la langue du business. Ils habitent sa femme et lui à cinq cent mètres de chez moi. Plus j’y réfléchis et plus son histoire de produit miracle naturel me séduit. Le site Web, c’est vraiment la dernière chose à faire. J’étais à la recherche d’une opportunité, elle vient peut être à moi de façon simple et c’est peut être économiquement intéressant. 30% de la population mondiale porte des lunettes, c’est à la fois un marché de masse et une niche, il y aurai peut-être quelque chose à faire. Seul, il n’y arrivera pas, cela est certain. Qu’est-ce que je risque ? Rien, de toute façon, je n’ai pas les moyens d’investir et il est hors de question que je dépense quoique ce soit en dehors de mon temps et de mon forfait téléphonique. Il voudrait acheter 100.000 stylos vaporisateurs à un fabricant Chinois, le problème est simple, à priori. Me lancer dans une aventure industrielle a toujours été une sorte de rêve, les processus, l’exploitation, la mise en œuvre j’ai toujours baigné dans cette atmosphère avec mon père et mon frère dans leurs conversations. Je vais encore y réfléchir et poursuivre les recherches. D’après ce que je sais, il doit partir à Dijon et ne sera de retour que fin novembre. Je le rappellerai à cette date.


Dimanche 30 octobre 2005

J’ai suivis ton conseil de la fin de "Ciné-Buzz", j’ai regardé Croat Verde de Werber Nerzogre. Il y parle de la situation de l’Afrique comme aucun n’avait osé en parler, ce film est une métaphore qui révèle la vie d’un homme entre deux civilisations, deux conceptions aux antipodes l’une de l’autre. C’est vraiment génial, il me reste à voir “ Wormzeck ” le film qui traite de l’univers d’un soldat, il me semble. Toujours avec son acteur fétiche Klauïs Kinskaï. Le doc “ le cauchemar de Darwin ” me semble léger comme approche sur l’Afrique, elle a bon dos la mondialisation, cette tueuse de nourrisson, la méduse, l’infâme hydre capitaliste qui vient pourfendre les enfants tétant encore le sein de leur mère. Très franchement, je crois que les Africains sont responsable de leurs malheurs. Sur le plan politique c’est toujours en dehors de très rare cas, des généraux peu regardant sur la valeur de l’être humain qui prennent le pouvoir. Plaçant leur famille ou leur tribu aux postes à responsabilités. Une corruption latente qui verrouille toute velléité de pouvoir y faire un quelconque commerce. Graisser la patte est devenue un principe. L’archaïsme des relations entre l’homme et la femme, l’excision ou la polygamie, l’appartenance à une tribu, l’impact limité de la Chrétienté, sur des âmes en errance. J’avoue que le colonialisme n’a rien arrangé, l’exploitation par le blanc des richesses de l’Afrique est réel mais en règle générale, les premiers fournisseurs d’esclaves aux blancs étaient noirs, des petits rois imposant leur trône de manière féodal. L’homme est le plus grand prédateur de la planète et l’Afrique n’est pas porté par la grâce comme par de la magie, ou d'une croyance que les altermondialistes utopistes nous bassinent avec une vision manichéenne qu’ils nous rabâchent comme des psaumes. Cité en fin de reportage “ Greasli Men ” est plus qu’un simple film étonnant, c’est une œuvre complète, légèrement cynique mais pas trop. Une histoire humaine, les ours ne représentent pas plus que les entreprises. Elles ne sont que prédateurs, elles vivent, elles meurent, sont d’ôtés d’une force parfois considérable. Il arrivent qu’elles s’affrontent, il n’y a pas plus d’humanité dans le regard d’un ours épluchant un saumon pour le manger qu’une intention de délocaliser dans l’âme d’un entrepreneur, il n’est question ici que d’un processus de survie banal qui existe depuis le début. J’ai vu “ Grizzli ” comme le cheminement d’un homme, né en 1980 avec un parcours dans un monde qui est, il faut l’avouer, hostile. Le plus flagrant dans la caricature de cet homme c’est un profond manque d’éducation, ce besoin narcissique qui transpire sur tous les plateaux de télé-réalité. Sans formation, il préfère la compagnie des ours qui pendant treize ans, l’ignoreront et qui, pour finir, en feront leur quatre heures. C’est aussi un film sur une forme de marginalité si en vogue depuis 1968, pour les avoir côtoyé pendant pas mal d’années mes chers amies, les bobos, je les revois comme s’il s’agissait d’hier. La génération qui est dans ce film décrite est à mon avis à la dérive bien plus encore que les précédantes, mais venant d’eux ils nous réservent peut être des surprises, j’en serai le premier étonné. Barbiche; pantalon taille basse; hordes paumés et pauvres des raves parties, sous prolétariat avec pour seul horizon avoir 26 ans pour pouvoir toucher le RMI ; fumeurs de substances ; blaguant sur les blondes ; sexualité toutes azimut pour marquer son désir de vivre, sans peur du sida qui tue ; petits individualistes sans conscience politique, la moindre trace affective laissé par le dernier des “ Michael Moore ” est parole d’évangile. On les retrouve, glorifiant des “ rois de la provocation médiatique dans des coups pour faire parler d'eux. Ils fustigent le progrès, la science (OGM) mais s'ils ont une crise d’appendicite, composeront le numéro de l’hôpital en urgence, le 911 ou le 15.

Je lisais parfois un forum sur la schizo, les témoignages sont édifiant. Tu n’imagines pas le nombre de crétins qui pensent guérir sans les médicaments où pouvoir se passer de spécialiste. Les forums sont un espace de propagande et investit comme partout ailleurs par la junte des charlatans spécialistes médicaux. Il est exact que souvent, on peut tomber sur des abrutis, pour les avoir fréquentés assidûment, sur les quatre psychiatre, une seule (l’actuelle) m’a prit en considération, d’un point de vue: social, personnel, intellectuel (bien maigre). Le grand reproche que je peux faire à mes précédants toubibs c’est surtout l’infantilisation du malade, ne serait-ce que de vouloir ne pas mettre un nom sur mes maux, je te rappel que c’est dans une émission de J.L Delaplace, dans “ ça ce déroule, ici ” que nous avons ma mère et moi donnés un nom à dix ans de symptômes liés à la schizophrénie. Un pas en avant énorme, il n’y a pas plus terrible que de vivre dans l’ignorance. Les pires médecins que j’ai rencontré ce devait être à Dreux, à l’hôpital. Quand j’ai parlé de schizo à mon toubib, il a osé balbutier qu’il n’avait pas fait de diagnostique, je devais sans doute prendre des médicaments comme ça, pour le plaisir. Quel omerta ou un mensonge. Pfff, Dieu merci, je n’ai plus à souffrir de cet imbécile, quel bond en avant avec ma psychiatre à l’heure actuelle. Je suis sur le point de ne prendre qu’un seul médicament. En six mois, elle a réduit les doses de moitié. Ce n’est pas que j’adore parler de moi, je raconte ceci à titre d’expérience, rapide à lire, ces textes ont une durée de vie limité et je m’en remets à ta sagacité bien que je pense que tu reçois des courriers bien plus passionnants.

Yann Koutmen est exactement conforme à l’impression que j’avais auparavant que ce soit sur son travail comme de sa prestance. Je l’ai trouvé très con, le jour et la nuit avec l’autre réalisateur de documentaire qui s’essaye à la fiction. Y.Koutmen, c’est certainement un bon technicien mais sans rien à raconter d’intéressant, creux, et vide, c’est un peu facile de filmer au ralentit des scènes de liesse aux couleurs bigarrés de l’Inde. Son cinéma, c’est plat et son discours y ressemble étrangement.

Le dimanche s’achève, mon frère et ma sœur sont ici pour le week-end, j’ai trouvé Franck soucieux, il ne pouvait être différend compte tenue des circonstances, le cancer de Papa, mais ce pas la seule raison, en décembre cela fera un an, qu’il est sans travail, heureusement que sa femme apporte son salaire, elle est responsable des relations presse chez un assureur à la carrure internationale. Quant à ma sœur, sur ses deux mi-temps et moi qui survit tant bien que mal, pour moi, il faut l’avouer, les choses vont mieux qu’il y a un an, petit à petit je me reconstruis. Et puis Papa, ça j’en viens à penser que c’est le plus dramatique, l’idée qu’il vit ses dernières semaines m’apparaît comme inconcevable et s’il en réchappe comment vivra-t-il avec un seul poumon ? Ce n’est pas une petite opération, il n’y a pas de risque zéro et ensuite quelques séances de chimiothérapie. Je n’arrive pas à réaliser, les conséquences seraient dramatiques. Il lui faut encore une dizaine d’années à vivre, j’ai besoin de lui. Les repas de ce week-end malgré une légèreté naturelle étaient lourds et graves, les enfants nous ont fait oubliés les soucis de chacun.

Que cette histoire te serve de leçon, mon père a fumé de vingt à soixante cinq ans un paquet de cigarettes par jour, je ne sais pas si c’est la raison de son cancer mais je te laisse y réfléchir, toi avec tes deux paquets par jour. Comme, je te l’ai déjà dit en ce qui me concerne, à quarante ans, j’arrête. Ce n’est pas que j’ai une envie désespérée de vivre mais ma vie, mine de rien, j’y tiens et puis une remarque en passant “ il n’y a que les cons qui ne changent pas ”.

Deauville, le 11 novembre 2005

Ma chère Nana,

Si mon dernier épître n’avait rien de bien gai, une semaine ne ressemble pas à l’autre. Nous attendions des nouveaux résultats d’examens venant de l’hôpital de Caen. Le professeur qui suit papa a téléphoné, lundi dernier. Il a été formel, pas de métastases dans les organes vitaux, reins, foie, ect ect. Seulement une tumeur bénine (de 7 cm, tout de même) dans un poumon. C’est un sacré soulagement, il ne s’agit pas d’un cancer généralisé, il a été dépisté, heureusement, très rapidement. Je m’attendais à ce que cela soit son dernier Noël, donc, au pire. Finalement, il est tout à fait guérissable. Une excellente nouvelle qui rassure tous le monde. Il commence sa chimiothérapie, la semaine prochaine et passe 24 heures à Caen et revient sur Deauville. Autant le grand ponte du CHU avait été prudent et réservé, dés le premier contact, autant il est rassurant maintenant. Une autre chimio est programmée, courant décembre et en janvier on lui retire la tumeur. Ce n’est pas une mince opération mais le sérieux que les toubibs semblent témoigner, jusqu'à présent, conforte notre optimisme. De stoïque et courageux, le moral de papa est passé d’un seul coup dans une forme semi- humoristique sans tomber dans la fanfaronnade ; je préfère cela, c’était un véritable soucis, mais ne crions pas victoire trop vite, j’attends janvier, avec l’opération, et ce que diront les médecins à cet instant...

Christophe
Chère Nana,

Bon en dehors de cette excellente annonce du début de semaine, rien de très folichon à t’annoncer. Calme plat concernant les cours que je pourrais donner et un seul client depuis le 20 octobre, c’est peu et pas très encourageant. De là à pouvoir en vivre c’est impensable, il me reste la piste de l’inventeur du produit miracle que je dois contacter fin novembre. J’occupe néanmoins mes journées ; et il est hors de question que je reste en robe de chambre toute la journée, l’apathie c’est ce que je redoute le plus, autant il y a encore quelques mois, je pouvais dormir dans l’après-midi, autant cela me paraît inconcevable aujourd’hui. Donc, je vaque à mes obligations quotidiennes, c’est à dire l’apprentissage de nouvelles fonctionnalités du logiciel Flash, la mise à jour de mon site, écrire, fureter sur le Net. J’exploite à fond ma machine, je veux l’user jusqu’au dernier semi-conducteur. Ce qui m’a le plus occupé cette semaine, c’est sans nul doute d’avoir écrit à Franck, mon frère. Il est parfois si abrupt et moi si lent pour apporter une controverse qu’il me fallait aborder certains sujets et lui dire certaines choses que je n’avais jamais osé évoqué. Après deux emails de deux pages, il m’a passé un coup de téléphone, nous avons seulement parlé du cancer de papa, mais c’était suffisant, le tout, c’est qu’il est mon point de vue sur deux ou trois petites histoires que je gardais pour moi et qu’il me fallait lui communiquer.

Il y a 15 jours environ, je venais de terminer “ la possibilité d’une pile ” et par curiosité, j’ai cherché des infos sur le Net concernant M.Houestlebec, je suis tombé sur ce qui doit être son site personnel, après avoir tout lu, il y avait aussi une adresse email, je n’ai pas résisté, il fallait absolument que je lui écrive. Oh pas un message aussi intelligent que l’auteur des "Fascicules", de Obusforme, juste un petit mot pour lui dire l’effet de claque que son dernier bouquin a eu sur moi. Je ne vais pas te mentir, il existe des passages dans lesquelles, je ne comprends qu’à moitié, et je passe au dessus sans m'arrêter mais sa vision du monde est lumineuse, il méritait largement le Goncourt. De mon fait, je n’ai pas voulu voir aucune de ses interviews avant de terminer “ la possibilité.. ” et mardi, il était sur le plateau de Michel Tristenivo. Il a été parfait, je le croyais un peu taré sur les bords, il a été très bon. Notamment, il a longuement parlé de l’Internet et des sites non commerciaux, il a même évoqué le fait qu’il recevait des emails de gens plus jeunes, j’étais aux anges, sur un petit nuage, il m’en faut peu pour exister et Narcisse...Bombe le torse. Il a cité un site que je ne connaissais pas : “ sur le ring ” en faisant référence à un texte de Maurice Fantek que je n’ai pas trouvé. Magistral devant des questions aussi cons telles que : Est-ce que vous êtes heureux ? Ambigu, sur celle qui concernait l’actualité brûlante des banlieues. C’est dingue, comme cet homme est cérébral, avec un cerveau qui bouillonne en permanence, quelle belle mécanique ! On le croit cynique, (les cons) il est tout simplement le contraire. Enthousiaste, je lui ai fait parvenir un autre mail, mais cela s’arrêtera-là, j’aime le lire mais je doute que nous puissions devenir amis. Un fossé intellectuel nous sépare, il s’ennuierait avec moi. Il est vraiment trop intelligent pour moi. J’ai été très touché par sa remarque, je crois que mon email l’a émut par sa candeur, pourtant, c’est réconfortant d’être lu par des personnes que l’on estime, même, si sur le fond, je suis juste qu'un gros bêta avec ses gros sabots. Je répète invariablement la même chose à ton intention. Remarques; une femme comme toi qui possède cette élégance, cette tenue, avec l'enthousiasme, la volonté et la ténacité; tu ne peux pas passer inaperçue, toi au théatre ou au cinéma, tu déclenches une émeute et les compagnies républicaines de sécurité, encerclent les lieux et maîtrisent, manu militari, la foule en furie. Comme les Légions Romaines de l'antiquité, avec une formation en tortue. Quelle avenir magnifique, un beau jardin et un grand zoo. Génial.

Je suis sidéré par ces homologues de l'extrème droite qui ne paye pas d'impôts en france et qui viennent nous dévaliser en ouvrant nos coffres et pendant ce temps-là, le malheureux Somalien ne peut pas rester dans son pays sans problèmes et qui ne souhaite que travailler en étant protégé dans une vraie démocratie, alors qu'il existe des prédateurs envahisseurs de l'autre coté de la barrière, prêt à voler nos débats parlementaires tellement, ils sont dans l'erreur. Je te laisse pour l'instant et j'espère qu'un jour, nous dégusterons ensemble cette gastronomie du soleil, si tendre, si riche. Vieni koui mi baby


Ma chère Nana,

Je suis en train de lire “ L’égoïste pathétique ” de Fred Burgberder, quelle déception, je ne m’attendais pas à un chef d’œuvre, venant de lui. 99 Livres Sterling était surévalué, c’était moyen ; “ Nouvelles sous Chiraquie ” pas terrible, et la grande surprise devait être “ Windows with a woman troll ” que j’ai beaucoup apprécié. Un très bon bouquin. Mais “ l’égoïste ” c’est d’un creux, même moi avec mes soliloques de 1999, j’ai le sentiment d’en dire plus et d’être sérieux et drôle à la fois. Si cela ressemble à sa vie, quelle médiocrité, je préfère nettement mon insupportable solitude, mais, je ne suis peut être qu'un vieux rabat joie surtout quand je regarde Julien Gadouille, de Réaction Nationale à la télévision, dans le feuilleton "Honneurs et fierté" avec la garnison Das Reich. Mais là, cela ressemble vraiment a une mauvaise question de goût, car le dessert n'est pas bien passé et que toi Nana, tu ne t'appelles ni Gabrielle, selon les évangiles de Johnny, ni Géraldine car j'ai des difficultés avec le G majuscule dans les Vosges. Car pour ce genre d'affaire avec ma grande carcasse, je préfère interroger toute la population qui travaille sur son sens et ses aboutissements, l'on peut d'ailleurs s'interroger sur le dénouement de ces interventions qui amène des conflits et des drames et aucune avance pour la société dans son ensemble. C'est d'ailleurs pourquoi avec les mêmes nazillons et autres duo d'anglais en goguette qui sont à l'affut comme des chasseurs avec une chèvre de connivence. L'on est en mesure de se poser la question sur le caractère pédagogique que ce refuse de faire toutes les bonnes grenouilles de bénitier avec leurs enfants, au nom du fils et du simple d'esprit. Car il exsite deux mille ans, d'histoire des religion, mais est-ce toujours d'actualité quand l'on se déplace pour aller sur la lune ? Car au final, est-ce que l'on n'a pas plus besoin d'affection et de communication dans un monde de partage que de repli sur soi et de mise à distance avec l'exclusion. L'objectif étand, de ne laisser personne sur le bord de la route, de protéger la société dans son ensemble et ça c'est un vrai défi, pour la france; sans voie de garage pour toujours les mêmes; sans mépris, car c'est le rôle de la république et nous pouvons devenir le phare vers lequels nous pouvons garder le cap; suivre un chemin, avec la prise en compte du rôle de chacun. Afin de se sublimer dans l'action pour le mérite comme hier et transmètre et élever les générations de demain. Ainsi, je te donne ma chère Nana, l'essentiel de mes réflexions qui je le souhaite éveillera en toi la question; une question singulière mais que j'espère honnorable et digne, car il n'est pas question de se dire dans un jour d'après si c'est inconsistant, mais poser fondation pour le bien, le meilleur pour chacun et de commencer par c'est ici et maintenant dans toutes les maisons et les appartements.

Tu n’imagines pas à quel point, je suis soulagé pour le cancer de papa, c’est une toute autre ambiance qui règne ici. Bon évidemment, l'on n’est jamais content de l’éducation que l’on a pu avoir mais globalement ce sont de bons parents, un peu réactionnaire comme toutes les personnes d’un certain âge; bref, je ne suis pas franchement positif sur le bilan, ils m’énervent souvent mais je les adore. Je ne vais pas continuer plus loin sur ce sujet, c’est trop personnel, je suis désolé ; d’une part je ne pense pas que cela te passionne et puis, je ne saurais par où commencer.

J’ai été occupé tous les jours depuis ma dernière lettre et je passe de huit à dix heures, en moyenne devant mes machines et cela ne me coûte en rien. J’essaye d’apprendre au moins, une chose par jour car c’est à la fois de la recherche et du développement, de la pratique, et de la mise en application. Aujourd’hui, après avoir retrouvé dans mes archives le site “ Canal Up ” avec l’intégralité de mes soliloques, soit environ 160 textes, je vais refaire un site parce que j’ai un accès sur les pages perso de Belgetel. Je le fais, comme ça juste pour le fun, tout en corrigeant les fautes d’orthographes et pour le plaisir de la programmation qui occupe partiellement mon temps.

Il y a vraiment quelque chose qui me turlupine, ce n’est pas la première fois que je t’en parles, ceci n’a peut être aucun lien avec toi. Aujourd’hui à 17h45, j’ai reçu un appel téléphonique, je décroche et puis ça raccroche. Qui m’appelle. Toi, Nana. Ca m’intrigue, la fois précédente, c’était à 10h15, une autre fois à 16h35. Je ne sais pas quoi en penser, je ne reçois jamais de coup de téléphone, c’est extrêmement rare et quand cela arrive, il faut que la personne raccroche, comme ça, sans un mot. C’est curieux, mais j’ai l’impression que cela est arrivé souvent. C’était une erreur, je ne vois pas d’autres explications. Je crois et j'espère, que tu as d’autres choses à faire, plus intelligente. En fait, je n’imagine rien de spécial, la question me taraude mais je n’ai aucune réponse et ça reste, une belle intrigue. Il me plaît à imaginer que ce soit toi, mais je me trompe. Je ne suis qu’un quidam parmi tant d’autres et contrairement à toi, il n’y a absolument rien d’exceptionnel en moi, je résonne comme un hamster, d’un physique banal et ma vie n’est pas brillante. Bien que je me satisfasse de cette personnalité, sans avoir d’autre choix, je ne m’aime pas et je n’arrive pas à croire que l’on puisse avoir ne serait-ce qu’un brin d’affection pour moi.

Christophe


Deauville, le 15 mai 2015

Ma chère Nana,

Ainsi, vous êtes désormais mariée avec votre comique troupier, comme je le décrivais à longueur de pages. Est-ce bien sage ? Je me demande, même si vous n’avez pas, par ce geste, enfilés par cette occasion les oripeaux du métier de cet homme. Certes, ce château est un bel édifice, le potager bien entretenu, la cuisine conséquente et ses gens d’une dévotion considérable à l’encontre de ce marquis qui leur doit beaucoup. Je vous ai parlé d’amour, vous répondez par un mariage avec un tiers, je comprend cette insatiable besoin féminin de se sentir en sécurité avec une banale union, c’est très humain. Vous avez envoyés vos sbires pour me traquer, j'en souris encore et aussi pour me traîner devant la justice des hommes. J'ai été entendu par la police royale dans le cadre d’une double plainte, déposé par la marquise et le château à mon encontre pour le motif de harcèlement. Surpris ? Il fallait si attendre tôt ou tard. Il est donc huit heures très exactement. J’avais beaucoup de chose à dire pendant ma déposition, d’une part, je n’ai pas nié les faits, j’étais bien l’auteur des lettres qui m’ont été présentés. Ils ont également vérifiés, si j’avais agit seul, mais pouviez-vous en douter ? Peut être avez-vous pensé à un complot ourdi contre vous ? C’est me faire honneur d’imaginer que je n’avais pu à moi seul, représenté de multiple et dangeureux profil. Est-ce une tare ou une qualité ? Mystère. Lors de mon audition, j’ai expliqué comment le château-fort où vous avez travaillées m’avait proposé, il y a, un moment déjà, de travailler sur l'une de leur gazette audiovisuelle. Le problème reposait sur le fait que je ne devais pas être payé pendant six mois, forcément, j’ai refusé la mission, c’est étrange de travailler pour rien, pour aucun louis, pas le moindre sou. L'on constate, donc, sur ce point un fossé abyssal entre ce que la direction de l'époque s'offusquait à longueur de journée et la réalité des faits. L’affaire est classé par le juge, à une seule condition que je ne réitère pas le fait de rentrer en contact avec vous. Quelle injonction difficile à tenir ! Mais puisque, vous êtes désormais prise, par d'autres bras, je vais obtempérer, sans regrets.

C’est plutôt un élogieux profil que j’ai dressé de vous. Cela faisait aussi partie de votre travail d’icône publique et puisque vous en user, avec votre salaire, que vous en abuser avec votre droit, il est, à mes yeux, tout à fait normal que vous l’assumiez, au même titre que les bals de la cour. Selon, ce que j'ai retenu dans l'une de vos interviews, "il y avait un vide en vous", alors, c'est pourquoi, je me suis évertué à vouloir le combler. D'ailleurs, par la présente, je vous invite même à donner un lendemain à cet épisode de ma vie. Mon audition avec la police s'était bien déroulée, mais qu'est-ce que l'histoire retiendra ? Elle sera, sans doute, réécrite par la bienséance et évidemment à son avantage pour honnorer le "roman national". Franchement, quand je serai mort, je m'en moquerais et de mon vivant, je ne serais pas le premier à qui l'ont aura façonné un devoir d’inventaire et une petite mort par camisole chimique dans un conte pour endormir les enfants et faire peur aux grands. Cela a peut être suscité quelques gloussements hauts perchés dans la galerie des glaces ou l'assemblée à mon passage avec des internautes féroces, sans nuances, ni intelligence. Très sincérement, moi aussi, j'ai ris car j'ai beaucoup aimé les personnages et j'ai aimé comme un dingue, vous aimez. D'ailleurs, en me relisant parfois, je me suis aussi dis "Bah, tu n'es pas trop mal quand même" avec les mêmes "schtars", placés au même endroit, en tout cas, ce détail, en disait long.

A présent, l’histoire qui me rapprochait de vous, s’achève, ici; sans haine, ni peine et des questions, il n'en existe plus encore beaucoup.

Nana, bonjour,

Forcément, j'ai beaucoup donné de moi-même mais jamais à la réelle dimension que j'aurais souhaité interpréter en vrai, dans la vie; mais par cet acte qui m'a conduit à vous écrire, je suis inscris ici sous le regard de la santé comme un animal chancelant, bête malade ou dans le rôle du possible récidiviste avec un harcèlement sensuel que vous m'avez reprocher, il y déjà quelques années. Donc, je vous soumet à la question, comme pour une sorcière aux chats nombreux qui aurait concocté quelques breuvages maudits, mais cela, sans avoir à recourir à la torture. Après l'emballement de l'ivresse et des pages profondes à votre intention, après l'audition, après le "jugement" du magistrat, j'avais tourné la page, définitivement, parce que je vous savais, désormais mariée et estimant que dans ces conditions conformément aux lois de la bienséance mais aussi surtout à mon code de l'honneur, je ne pouvais, je ne voulais, ne serait-ce penser vouloir vous séduire. A ce jour, en réalisant que le temps à passer et que les circonstances, ne sont plus identiques. Je souhaite renouer d'une épistolaire manière, en échangeant de façon simple et détendue sur nous et le monde. Toutefois, si vous ne voulez pas répondre, je vous prie de ne pas prévenir, une fois encore, le ministère de l'intérieur et celui, de la justice car j'y possède déjà un dossier très lourd où je suis considéré comme hautement transgressif et subversif, voire un paria malgré lui. Ce qui me vaut un statut de singe pestiféré à qui l'on pourrait donner, éventuellement, un nouveau cerveau, mais il ne faut pas réver. Il existe trois cas de figure pouvant être définient comme suite, car il me reste une adresse email de vous. Alors, ou bien, je reçois un message d'erreur comme quoi cette adresse mail est invalide et j'abandonne aussitôt. Ou sinon, vous ne répondez pas et sans nouvelle, l'on en reste là. Ou, vous répondez et suivant votre réponse, j'aviserai. L'on ne peut être plus clair car après que les chiens euent aboyés, il reste partout déconvenue.

CS

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